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Athènes, le 30 janvier 2008

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour à tous. Cette rencontre étant la première de l'année, je saisis cette occasion pour vous souhaiter une bonne année. Mes meilleurs vœux. 

 

Lundi 4 février à 11h00, la ministre des Affaires étrangères aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec une délégation du European Jewish Congress.

 

A 16h00, Mme Bakoyannis proclamera l’ouverture de la conférence organisée sous l’égide des Nations Unies, sur le thème : « Protection des témoins aux procès concernant la traite d’êtres humains», axé notamment sur les pays de l’Europe du sud-est et le Caucase. Cette rencontre internationale s’inscrit dans le cadre des efforts déployés en vue de lutter contre le crime organisé transfrontalier, notamment contre le fléau moderne de la traite d’êtres humains et du trafic de stupéfiants.

 

Le 4 février à 19h00, la ministre des Affaires étrangères assistera à la cérémonie de commémoration des Juifs grecs victimes de l’Holocauste, qui aura lieu au Palais de la musique ; les ministres adjoints des Affaires étrangères italien et espagnol sont attendus à cette cérémonie.

 

Le 11 février, la ministre des Affaires étrangères participera à la réunion ministérielle entre l’UE et la Ligue arabe. Cette rencontre se déroule à la Valette, Malte.

 

Le lendemain, à savoir le 12 février, Mme Bakoyannis partira pour les États-Unis. Le programme de sa visite n’est pas encore arrêté définitivement. Sous réserves de quelques changements qui pourraient survenir par la suite, j’aimerais vous informer que le 13 février la ministre devrait rencontrer le Conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, M. Steven Hadley. Par ailleurs, le 13 février, Mme Bakoyannis devrait prononcer un discours lors d’une manifestation organisée en son honneur par le Centre des Etudes stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies). Enfin, le 14 février, une rencontre entre Mme Bakoyannis et son homologue des Etats-Unis, Mme Condoleezza Rice est prévue.

 

Vos questions s’il vous plait.

 

***

 

M. KOTTARIDIS : Nous pouvons lire divers articles dans la presse turque, selon lesquels M. Erdogan aurait annoncé au Premier ministre son intention de procéder à l’ouverture de l’Ecole théologique de Halki, demandant en retour des contreparties pour la minorité musulmane de Thrace. Avez-vous des informations à nous communiquer à ce sujet? Par ailleurs, avez-vous constaté suite à la rencontre entre M. Kostas Karamanlis et M. Erdogan un effort d’assimilation des problèmes que pourrait rencontrer la minorité musulmane grecque de Thrace avec ceux que pourrait rencontrer la minorité grecque de Constantinople.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Comme vous le savez, le ministère des Affaires étrangères prend position sur des déclarations officielles.

 

Pour répondre à la première partie de votre question, j'aimerais être clair : il n'y a aucun rapport entre les obligations assumées par la Turquie – pays candidat à l’adhésion – vis-à-vis de l'UE et la politique exercée par notre pays concernant la minorité musulmane de Thrace. J'aimerais ouvrir une parenthèse et rappeler les différents rapports de suivi qui se réfèrent clairement à toute une série de questions vis-à-vis desquelles le pays candidat doit accomplir un certain progrès, comme la question du respect de la liberté religieuse, qui relève de la question du Patriarcat œcuménique de Constantinople, ainsi que celle de l’Ecole théologique de Halki.

 

La Grèce, pays européen et démocratique, exerce sa propre politique en matière de minorités. Une politique d’égalité devant la loi et l’Etat qui est renforcée, comme l'attestent les mesures prises récemment. Notre politique n’est pas statique.

 

M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, six jours se sont écoulés depuis le jour de la rencontre entre les deux Premiers ministres à Ankara et si mes souvenirs sont bons, et selon ce qui a été rendu public, M. Erdogan a soulevé une question. Il a parlé de deux minorités, il a dit que les deux ministères travailleront à cette question afin de tenter de résoudre les problèmes y relatifs. A quelles minorités il se référait, cela est bien manifeste ainsi que le lien que fait la Turquie entre ces deux minorités. Votre réponse concerne-t-elle les déclarations de M. Erdogan ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Votre confrère a posé une question. C’est à cette question que j’ai répondue.

 

M.  MELETIS : Oui, parce que personne n’a répondu à M. Erdogan, c’est pourquoi je pose la question. Votre réponse peut-elle être considérée comme une réponse à M. Erdogan, une semaine après ladite rencontre?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je dois faire un briefing aux journalistes accrédités auprès du ministère des Affaires étrangères. Une question précise a été soulevée. C’est à cette question que j’ai répondue. Je ne vois pas le lien et le rapport que vous vous efforcez de faire.

 

M.  MELETIS : Bien. Est-ce que le gouvernement grec peut répondre à cette allégation de M. Erdogan qui a affirmé il y a une semaine que les deux pays étaient préoccupés par les problèmes de deux minorités et que les deux ministères y travailleront. Qui peut donner une réponse? Allez-vous s'il vous plait y répondre?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je pense qu’il a été clairement dit depuis le début qu’il n’y a aucune commission ou autre mécanisme de consultations entre les deux ministères sur ces questions. 

 

D’ailleurs, comme je l’ai dit dans ma réponse précédente, la Grèce exerce sa propre politique pour ce qui est des questions de minorités. Pour ce qui est de la Turquie, vous savez que ce pays candidat à l’adhésion, doit effectuer des progrès s’agissant de ces obligations et conditions préalables posées par l’UE afin que son parcours vers l’Europe soit facilité. Il n’y a aucun rapport ou lien entre ces deux questions.

 

M. FOURLIS : Je voulais vous poser une question concernant les rencontres que vous nous avez annoncées. Cela est sans doute prématuré, mais nous aimerions connaître l’ordre du jour de la rencontre entre la ministre des Affaires étrangères et Mme Rice. En ce qui concerne la Valette, j’aimerais savoir si une rencontre entre la ministre et M. Babacan est prévue et quelles seront les questions abordées ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Je commencerais par votre deuxième question. Je n’ai aucune information à l’heure actuelle concernant la rencontre de Mme Bakoyannis et de M. Babacan à la Valette.

En ce qui concerne l’ordre du jour de sa visite avec Mme Rice, il est encore trop tôt pour connaître les points de l'ordre du jour. Quoi qu'il en soit, toutes les questions sont à chaque fois abordées, que ce soit les questions bilatérales, régionales ou internationales.

Dans ce contexte, on peut tenir pour acquis le fait qu'une référence particulière sera faite aux évolutions dans les Balkans occidentaux, c'est-à-dire à la question du futur statut du Kosovo et bien entendu à la question du processus en cours en vue d'une solution mutuellement acceptable à la question de l’appellation de l’ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

M.  MELETIS : Qui a eu l’initiative de cette rencontre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La partie grecque.

 

M.  ATHANASSOPOULOS : Deux questions. Puisqu'il y a un rapport avec Mme Rice. Avons-nous des informations concernant la date de la rencontre entre les deux négociateurs en la présence de M. Nimetz ? Savez-vous si elle aura lieu avant ou après la rencontre de Mme Bakoyannis et Mme Rice ? En ce qui concerne la question déjà soulevée du rapport – du moins sur la base des articles publiés par le journal Huriet – entre l’ouverture de la Faculté théologique de Halki et la minorité musulmane en Grèce, il y a eu en octobre dernier, si je ne m'abuse, des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme concernant la question des « associations turques », décisions qui ne s’accordent pas avec celles rendues par la Cour de Cassation grecque. Votre commentaire sur la base des articles du journal « HURIET » ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne commente pas sur la base de ces différents articles. Pour ce qui est du reste, je réitèrerais que la Grèce applique une politique d'égalité devant la loi et l'Etat, politique qu'elle renforce, étant un pays démocratique européen, respectant pleinement les dispositions et appliquant les dispositions du Traité de Lausanne. Dans un même temps, il est clair que les décisions rendues par les cours européennes et qui plus est concernant des questions afférentes aux droits de l’homme, sont particulièrement importantes et sont bien entendu sérieusement prises en compte par notre pays.

 

En ce qui concerne l’autre question. Je n’ai pas de calendrier concernant la prochaine rencontre des négociateurs et de M. Nimetz. En tout état de cause, la prochaine rencontre aura lieu à quelques semaines – et non à quelques mois – de la précédente. A l’heure actuelle, je ne peux vous dire si cette rencontre coïncidera avec celle de Washington ou bien si elle aura lieu un peu avant ou un peu après, puisqu’une décision y relative sur une date précise sur la prochaine rencontre à Athènes n’a pas été prise.

 

M.  KONSTANDINIDIS : Monsieur le porte-parole, ces derniers temps, l'affaire Zahopoulos a largement dominé l'actualité et le voyage du Premier ministre en Turquie, avec ses dimensions nationales, est resté en retrait de l'actualité; j'aimerais savoir ce que nous avons réussi lors de ce voyage en ce qui concerne l’évolution de nos questions nationales et particulièrement la question chypriote. Avant de conclure, je dirais que le Premier ministre a proposé le 8 juillet à M. Erdogan, comme point de départ d’un nouveau dialogue ; et c’est également la position du gouvernement chypriote. Cette position a-t-elle été rejetée ou acceptée par la partie turque?

 

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne la visite du Premier ministre grec à Ankara, tout le monde a parlé d'une visite historique, puisque c'était la première visite officielle au niveau de chef d'Etat depuis 1949. Force est de souligner que lors de cette rencontre la volonté politique des deux pays d’intensifier leurs efforts dans le sens de l’amélioration ultérieure de leurs relations bilatérales a été consignée d'une telle façon qu’elle ne peut être mise en cause. Cela est un résultat aussi tangible que positif.

 

Dans le passé, nous avions dit que les relations gréco-turques ne se développaient pas selon une ligne droite. Par conséquent, de tels tournants, où nous constatons une expression manifeste de volonté politique d'avancer et de progresser de façon substantielle, revêtent une importance particulière.

D’ailleurs, pendant cette visite le Premier ministre grec a exposé à son homologue turc l'ensemble des questions qui préoccupent notre pays.

En ce qui concerne tout particulièrement la question chypriote, d’une part la nécessité de normaliser les relations entre la Turquie et la République de Chypre est un élément très important du processus d'adhésion engagé par la Turquie. D’autre part, en ce qui concerne la question en soi de la résolution du dossier chypriote, le premier ministre grec a publiquement insisté sur le fait que l’Accord du 8 juillet était la seule base tangible, et c’est sur cette base que peut commencer une procédure bien préparée en vue d’un règlement viable et fonctionnel, dans l'intérêt des deux communautés de l'île.

Il a été dit à plusieurs reprises que la période post-électorale à Chypre sera une période de mobilité et d’activité dans le sens que je viens de mentionner.

 

M.  KONSTANDINIDIS : Quelle était la position de l’autre partie ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous le savez, nous ne parlons pas des prises de position de nos interlocuteurs, quels qu'ils soient. En tout état de cause, M. Erdogan a fait ses déclarations publiques et c’est à vous de juger.

 

Mme SPANOU : Si une solution en faveur d’une appellation composée à usage international est proposée sans changer le nom constitutionnel de Skopje, quelle sera la réponse de la partie grecque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Mme Spanou, votre question est hypothétique.

 

Mme SPANOU : Elle est hypothétique, mais réaliste. J’imagine que vous avez formulé une politique à ce sujet.

 

M.  MELETIS : En d’autres termes, quelle solution recherchons-nous dans ce processus ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Si vous m'aviez laissé finir, vous auriez eu la réponse que vous attendez, ou du moins, la réponse que j'ai à vous donner.

J’ai dit que la question était hypothétique, car elle concerne un processus éventuel, un résultat éventuel d’un processus de négociation en cours, qui, de surcroît, revêt un caractère confidentiel, que la partie grecque respecte pleinement.

Mais puisque vous me demandez quelle est la position grecque, je dirais que la position grecque est la recherche d’une solution mutuellement acceptable qui sera appliquée par toutes les parties. C’est ce à quoi aspire la Grèce dans cette négociation.

 

M.  MELETIS : Monsieur le porte-parole, pouvez-vous nous dire si la partie turque a, de quelque manière que ce soit, pendant la visite du Premier ministre en Turquie, soulevé - que ce soit devant M. le Premier ministre ou Mme la ministre – la question de la minorité musulmane grecque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Les questions soulevées par chacune des parties sont plus ou moins connues. Dans ce sens, il n’y a rien de particulier à ce qu’une partie soulève des questions qu’elle juge bon de soulever.

 

M.  MELETIS : Mon objectif n’est pas de donner un caractère dramatique à la question. Ma question est bien précise. Puisqu’il est confirmé qu’elle a bel et bien soulevé des questions relatives à cette minorité, pouvez-vous nous dire quelles questions relatives à la minorité ont été soulevées par la partie turque ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que je n’étais pas disposé à parler de questions qui concernent la partie turque.

 

M.  MELETIS : Démentissez-vous le fait que la partie turque a soulevé la question du fonctionnement des « associations turques » à Thrace ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous répète que je n’ai aucunement l’intention de reproduire les positions ou les points de vue exprimés par la partie turque. La partie turque a sa politique concernant ce sujet. Elle a des positions qu'elle exprime publiquement. Par conséquent, au-delà de ces déclarations, je n’ai rien à ajouter.

 

M.  MELETIS : Pour que je comprenne bien, pardonnez-moi ce sera la dernière question, si une telle question a été posée, la réponse de la partie grecque est-elle que de telles questions sont rejetées. Cela concerne la partie grecque, non turque.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: J’ai clarifié le cadre de l'approche grecque concernant cette question.

 

La Grèce exerce une politique bien précise, qui lui est propre, en matière de minorités. Une politique qui reflète sa nature européenne et démocratique. Nous avons à plusieurs reprises affirmé que l’application de cette politique d’égalité devant la loi et l’Etat n’est pas figée. Elle se renforce et s’élargit.

 

Mme FRYSSA : Je voulais savoir si vous aviez des commentaires à faire sur les recherches effectuées par le bateau turc en mer Egée?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Non, pas de commentaire particulier. Ce que le service de gardes-côtes turc a annoncé, dans un NAVTEX y relatif, est que les recherches ont lieu à l'intérieur des eaux territoriales turques. Par conséquent, nous n’avons aucun commentaire à faire à ce sujet.

 

M. KOTTARIDIS : Avons-nous du nouveau concernant les deux Grecs qui se sont vus retirer leur passeport en Inde, en raison de leur soi-disant implication dans une affaire de trafic d’organes, etc. Et avons-nous du nouveau concernant le Kosovo ? Est-ce que la position grecque est clarifiée ? Que ferais-vous si la question de l’indépendance est soulevée très rapidement ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne votre première question. L’ambassade de Grèce vient d’être informée que des citoyens grecs avaient des problèmes. L’ambassade a fait ce que toute mission diplomatique ou consulaire se doit de faire dans le cadre de ses compétences et du respect de la loi : offrir son assistance.

Un couple de Grecs (l’une des deux personnes est malade) se trouve d’ores et déjà en Grèce, suite aux démarches de notre ambassade. Deux autres citoyens grecs demeurent à l’heure actuelle à New Delhi, car ils n’ont toujours pas récupéré leurs passeports, puisque l’enquête engagée par les autorités indiennes compétentes est en cours et ces personnes peuvent probablement fournir des informations utiles.

D’ailleurs une assistance a été fournie aux citoyens grecs en question afin qu’ils puissent entrer en contact avec un avocat, si cela devait s’avérer nécessaire.

 

M. KOTTARIDIS : Y a-t-il de nouvelles évolutions relatives au Kosovo ? Quelle sera la position grecque sur cette question ?

 

M. KOUMOUTSAKOS : Il s’agit d’une question extrêmement difficile et complexe. Nous nous trouvons à une étape particulièrement cruciale. La Grèce ne prendra pas des décisions précipitées. Il est très important d’avoir une position européenne commune sur cette question européenne par excellence. Je voudrais également dire que cela ne signifie pas que cette position sera imposée aux autres Etats-membres qui pourraient avoir des inquiétudes ou des points de vue divergents, ce qui sera également évalué et pris en compte.

M. MELETIS : Comment parviendra-t-on à ce compromis – la question est bien précise - si l’indépendance du Kosovo est reconnue ? Par exemple, Chypre affirme qu’elle ne reconnaîtra pas l’indépendance de Kosovo.

Comment parviendra-t-on à la fois à une position européenne commune et à prendre en compte les inquiétudes des Etats-membres ? Et une question supplémentaire relative à la position grecque : Quand la Grèce suivra-t-elle l’exemple de la Roumanie – ou bien le suivra-t-elle -, qui [la Roumanie] a déclaré hier par l’intermédiaire de son Président qu’elle ne reconnaîtrait pas l’indépendance du Kosovo sans une résolution y relative des Nations Unies.  

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : On doit parvenir à une position européenne commune dans le cadre de laquelle les Etats-membres de l’Union européenne devront se réserver le doit de décider quand et comment ils prendront position sur l’éventuelle indépendance du Kosovo. 

Ce que nous voulons signaler est que toutes les actions nécessaires doivent être entreprises en faveur du maintien de la stabilité régionale.

 

M. MELETIS : Est-ce que la position selon laquelle la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo doit être régie par une résolution des Nations Unies  est valable ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous vous êtes référés à la position de la Roumanie et je vous ai dit que la position de la Grèce serait communiquée et décidée une fois que toutes les données auront été évaluées.

 

Mme KOURBELA : Monsieur le porte-parole, quels sont les résultats substantiels de la visite de M. Karamanlis s’agissant du domaine de la coopération économique ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Vous parlez de la visite…

 

Mme KOURBELA : Je parle du domaine économique, de la coopération économique.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Les deux Premiers ministres ont fait des déclarations au Forum économique. Par la suite, je crois que les résultats concrets des coopérations convenues entre des sociétés grecques et turques ont été communiqués – et je n’ai pas l’intention de nommer ces sociétés.

 

Je n’ai rien d’autre à ajouter. Les déclarations très complètes des deux dirigeants et d’autres participants au Forum économique répondent à votre question.

 

Mme KOURBELA : Permettez-moi de vous poser une question supplémentaire : cette coopération revêt également une dimension européenne vu que la Turquie recevra une aide financière de pré-adhésion et depuis quelques années coopère avec la Grèce. Est-ce que cette coopération a été promue après la visite du Premier ministre ?

Est-ce que dans le cadre de l’adaptation de la Turquie à l’acquis communautaire, la coopération entre la Grèce et la Turquie dans ce domaine s’intensifie ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: S’agissant de votre deuxième question, je n’ai pas en ce moment d’informations y relatives à ma disposition.

 

Mme KOURBELA : Permettez-moi à titre d’exemple d’évoquer la visite effectuée il y a quelques mois par une nombreuse délégation de juges turcs en Grèce. Lors de cette visite, la partie grecque et le ministère des Affaires étrangères ont fait une communication d’informations relative au droit communautaire.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Dans le cadre des efforts du pays voisin en vue de progresser sur son parcours d’adhésion, la Grèce apporte sa propre contribution compte tenu de son choix politique principal,

Par ailleurs, il est bien évident qu’il  existe une véritable intensification de la coopération économique entre les deux pays, tant sur le plan bilatéral qu’européen.

 

M. DIMITRIADIS : Deux questions monsieur le porte-parole. La première : Comment la Grèce enverra-t-elle du personnel civil au Kosovo pour soutenir le nouvel Etat sans l’avoir préalablement reconnu et sans avoir consenti à la décision de l’Union européenne - au moins de la majorité de ses pays membres ? 

Deuxième question : est-ce que des consultations sur le règlement du problème avec Skopje sont menées au niveau de l’OTAN parallèlement à celles menées par M. Nimetz ? Est-ce que la partie grecque a soumis une proposition à l’OTAN différente de celle sur laquelle travaille M. Nimetz ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par votre deuxième question. Comme vous le savez, il existe à l’OTAN certaines procédures qui doivent être suivies pour ce qui est d’une éventuelle invitation d’adhésion adressée au pays voisin.

Dans le cadre de ses obligations et responsabilités, la Représentation permanente de la Grèce auprès de l’OTAN, chaque fois qu’une discussion est engagée au sein de l’Alliance sur l’éventualité d’adresser une invitation d’adhésion au pays voisin, procède aux actions nécessaires suite aux instructions qui lui sont données par le service central du ministère.

Cela – et je suis catégorique sur ce point- ne constitue pas une procédure menée en parallèle qui pourrait se substituer d’une manière quelle qu’elle soit, à la procédure en cours sous l’égide des Nations Unies visant à parvenir à une solution mutuellement acceptable.

Pour ce qui est de votre première question, comme vous le savez, le Conseil européen a pris une décision politique sur la réalisation de cette mission. Cette décision a été prise à l’unanimité.

Depuis, il n’y a rien de nouveau quant à cette décision politique. La Grèce prendra également des décisions détaillées et précises, au moment venu. Mais pour l’instant, il n’y a rien de nouveau.

 

M. DIMITRIADIS : La décision unanime qui a été prise par les Etats-membres porte sur l’envoi du personnel civil sur la base de la décision 1244. Toutefois, il y aura une nouvelle réalité, un Etat indépendant et non pas une province serbe sous contrôle des Nations Unies. C’est de cela dont je vous parle.

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous dis donc – et ce n’est pas pour esquiver votre question – que la décision politique cadre qui a été prise, doit être précisée. Le temps de préciser cette décision revêt également une importance particulière.

 

JOURNALISTE: (hors micro)

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il y a une décision unanime, une décision politique générale sur la nécessité d’envoyer cette mission et la résolution 1244 est considérée comme une base juridique suffisante. Cela est un fait. En outre, il y a l’étape de la précision des conditions et des détails techniques et opérationnels ce qui sera de nouveau abordé en temps utile.

 

M. PAPATHANASSIOU : Comme l’heure des décisions sur l’élargissement de l’OTAN arrive et étant donné l’intention de Washington de soutenir Skopje, quel sera le message que transmettra la ministre lors de ses rencontres ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La politique de la Grèce sur cette question a été rendue publique de manière bien claire. Tout ce qui se dit en public, se dit également lors des entretiens privés de la ministre des Affaires étrangères.

Toutefois –permettez-moi de faire une observation- vous avez commencé votre question en affirmant que les Etats-Unis ont adopté une position bien déterminée pour ce qui est de leur soutien à l’ARYM.

En ce moment, d’après les messages récents venant de l’OTAN, tous les alliés prennent très au sérieux cette question, l’argumentation grecque et la clarté des positions grecques.

 

JOURNALISTE : (hors micro)

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Ce que nous pouvons constater par les discussions récentes menées au sein de l’OTAN est que l’argumentation grecque a de l’impact. Cela ne signifie pas que les positions et les points de vue de certains alliés ont complètement changé. Je dis que l’argumentation grecque est prise en considération. Elle a un impact bien précis.

 

M. FOURLIS : Je sais que les entretiens sont régis par une clause de confidentialité. Toutefois, pourriez-vous nous dire ce que pense la partie grecque de la rencontre récente à Skopje ? Est-ce qu’il y a eu du progrès ? Et que pense-t-elle des trois propositions soumises par Skopje ? C’est-à-dire des mesures de confiance, si l’on peux les appeler ainsi ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous avons publiquement souligné – et vous me donnez l’occasion de le réitérer- que la négociation a un contenu et un objectif bien précis, tel que défini par les résolutions y relatives du Conseil de sécurité et  l’Accord intermédiaire : elle vise au règlement de cette question.

 

Il ne s’agit pas d’une procédure de discussion sur des mesures de confiance.

Par ailleurs, une solution mutuellement acceptable, ce qui est l’objectif ferme de la partie grecque, serait la meilleure mesure de confiance. Une telle évolution, un tel progrès sera également significatif pour les autres questions.

 

M. FOURLIS : Mais est-ce qu’il y a eu du progrès lors de la dernière rencontre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS :  il n’y a rien à communiquer comme c’était d’ailleurs le cas lors de la précédente rencontre avec M. Nimetz lorsque une décision sur l’intensification de la procédure a été prise.

 

M. KAPOUTSIS: Monsieur le porte-parole, pensez-vous que la question du statut futur du Kosovo influe sur les relations entre la Grèce et Skopje pour ce qui est de la question du nom ? Existe-t-il une corrélation entre les deux questions ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La procédure de la négociation est autonome. Elle est bien précise. Tous nos efforts sont axés sur cette négociation. Nous entreprenons ces efforts avec la certitude que le règlement de cette question pour laquelle des négociations sont menées depuis 15 ans, constituera une contribution très précieuse à la stabilité régionale.

Et cela signifie qu’il y aura un impact positif sur les autres questions qui préoccupent les Balkans occidentaux, la question du Kosovo étant la plus importante.

Toutefois, la négociation elle-même n’a aucun rapport avec les autres évènements.

 

Mme SPANOU : Est-ce que l’intensification des consultations sur l’Egée, telle qu’elle a été présentée, à savoir que maintenant il y a de la volonté politique, signifie une renonciation à la politique de Molyviatis sur les questions gréco-turques ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La volonté de la Grèce en faveur de l’amélioration des relations gréco-turques est bien ferme et sincère.

L’intensification reflète complètement la volonté de deux parties d’avancer dans ce sens.

L’intensification porte d’une part sur l’organisation de rencontres plus fréquentes et d’autre part sur la surveillance de cette procédure par les dirigeants politiques.

 

M. MELETIS : Il n’y avait pas à l’époque une surveillance ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu à votre question.

 

M. TSAKAS : La plus grande agence de presse albanaise a récemment organisé un sondage en vue de recueillir les opinions des Albanais sur l’appellation constitutionnelle de Skopje. 84% des Albanais se sont prononcés contre l’appellation constitutionnelle. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que l’opinion des Albanais sur la question du nom doit être également prise en compte ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’avoue que je ne suis pas au courant de ce sondage.

 

M. TSAKAS: Toutefois, la participation a été nombreuse.

 

M. G, KOUMOUTSAKOS : Je ne conteste pas vos propos. Comme vous le savez, je ne fais pas de commentaire sur les résultats des sondages. Cela dit, ce qui est affirmé de manière ferme et ce que nous pensons en toute sincérité est que le règlement de cette question contribuera à la stabilité régionale, ce qui sera dans l’intérêt de toute la région, de tous ses habitants et Etats.

A mon opinion, il est très probable que cette position de notre pays reçoive un grand accueil. 

 

M. ΒΙΒΕ : Monsieur le porte-parole, comme vous le savez, le second tour de l’élection présidentielle en Serbie se déroulera le 3 février.  Comme lors du premier tour, les nationalistes devront l’emporter. Si tel est le cas, la Grèce changera-t-elle sa position sur la question du Kosovo ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous nous trouvons à une étape très critique de la procédure électorale, d’une procédure électorale très importante. Je ne ferai aucun commentaire. C’est qui est important est l’objectif de la Grèce, pionnière au sein de l’Union européenne, à savoir que  la Serbie doit réaliser un progrès tangible dans son parcours vers l’adhésion.

Nous pensons que les évolutions survenues lors du dernier Conseil « Affaires générales » sont positives. Un message positif bien fort a été transmis au peuple serbe, à savoir que les dirigeants européens veulent que la Serbie participe à la famille européenne.

 

M. ATHANASSOPOULOS : Est-ce que l’Union européenne, d’après ce que vous savez, a pris en compte une éventuelle victoire de M. Nikolic ?  Car, à mon opinion, l’Union européenne ne prend en compte que la victoire de M. Tadic. Deuxième question : s’agissant de l’intensification des contacts exploratoires, y a-t-il une discussion sur un calendrier ce qui pourrait éventuellement exercer des pressions sur la Turquie de sorte que les contacts ne soient pas longs, à savoir un calendrier lié à des éléments précis relatifs à son parcours d’adhésion vers l’Union européenne.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : S’agissant de la décision d’intensifier les contacts exploratoires, je n’ai rien d’autre à ajouter.

Pour ce qui est de la question relative aux résultats éventuels du processus électoral en Serbie, l’Union européenne, comme le savez, a des institutions chargées de prendre des décisions, comme le Conseil. Elle a également d’autres institutions et structures qui font des études, des analyses et examinent des scénarios, etc. dans le but d’assister les institutions compétentes à la prise des décisions.

 

Mme PELONI: Monsieur le porte-parole, s’agissant de l’intensification des contacts exploratoires, est-ce qu’à votre avis il y a des indications optimistes, à savoir que cette fois un accord bilatéral ou éventuellement un compromis sera convenu sur les questions relatives à l’Egée, vu que cela n’a pas été possible sous le gouvernement Simitis qui a lancé cette procédure ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : La longue durée des contacts exploratoires ainsi que les efforts intenses consentis dans ce cadre attestent de la nature complexe et difficile des questions abordées. L’intensification vise à examiner toute possibilité, tout aspect de sorte que du progrès soit réalisé.

 

La Grèce, bien entendu – et nous n’aurons de cesse de le répéter - participe à cette procédure en soutenant sa position ferme, à savoir que le cadre de ces contacts exploratoires est le plein respect du droit international et des traités internationaux.

 

M. CHADOULIS : En ce qui concerne les deux Grecs qui viennent de rentrer d’Inde, je voulais savoir s'ils en ont fini avec la justice indienne; le cas échéant est-ce que la partie grecque interviendra? Et pour ce qui est des deux autres citoyens grecs demeurés en Inde, qu'est-ce qui empêche leur retour ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai rien d’autre à ajouter sur cette question.

Merci. Bon après-midi.



Traduction non officielle 

 

 




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