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Athènes, le 28 février 2010

 


 

JOURNALISTE : Souhaitons le bonjour au ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Dimitris Droutsas. Monsieur le ministre bonjour.

 

M. D. DROUTSAS : Bonjour M. Parras, bonjour Mme Leonardou et bonjour à nos chers auditeurs.

 

JOURNALISTE : Permettez-moi M. le ministre, avant de nous pencher sur les voyages du Premier ministre en Allemagne et sa rencontre avec Angela Merkel, mais aussi aux Etats-Unis et son rendez-vous avec Barack Obama, de vous demander si l'on a des nouvelles – selon les informations détenues par le ministère des Affaires étrangères – des Grecs se trouvant au Chili après le terrible séisme.

 

M. D. DROUTSAS : Tout d'abord j'aimerais de nouveau exprimer mes sincères condoléances aux familles des victimes et vous assurer du plein soutien et de la solidarité de la Grèce, du peuple grec envers le Chili et le peuple chilien. Nous avons, dès les premiers moments de la catastrophe, envoyé ce message ; moi-même lors de mes entretiens téléphoniques et le Premier ministre qui a tout de suite envoyé un télégramme à la présidente de la République du Chili, Mme Bachelet.

 

C’est un séisme dévastateur. Hier, nous avons tout de suite mobilisé la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères afin justement de pouvoir suivre de près les évolutions, voir s'il y a des problèmes avec les Grecs au Chili, que ce soit les Grecs de la Diaspora ou les ressortissants grecs ayant voyagé au Chili. Heureusement, jusqu’à présent, nous n’avons aucune mauvaise nouvelle concernant ces Grecs.

 

JOURNALISTE : Connaissez-vous le nombre de Grecs se trouvant au Chili?

 

M. D. DROUTSAS : Leur nombre s'élève à 5 000 environ, des Grecs de seconde, troisième et quatrième génération. Ce nombre n'est pas très élevé. Mais cette communauté est très active. J’ai eu moi-même la joie, il y a un an et demi de visiter le Chili et d’avoir les contacts nécessaires. Heureusement, comme je l'ai dit, nous n'avons pas de mauvaises nouvelles.

 

JOURNALISTE : La Grèce enverra-t-elle de l’aide, des secouristes?

 

M. D. DROUTSAS : Nous examinons cette question à l’heure actuelle. Pour être efficace et pouvoir réellement apporter notre contribution, nous devons voir comment la situation évoluera, toujours en coopération avec les organisations internationales compétentes et bien entendu avec le gouvernement chilien. Et lorsque le besoin se présentera, la Grèce sera aux côtés du Chili.

  

JOURNALISTE : Passons maintenant aux voyages, avec des visites à Berlin et à Washington, les 5, 8 et 9 mars. Est-il vrai qu'il y a eu du retard dans l'arrangement du rendez-vous avec Barack Obama? Car de nombreuses choses sont dites à ce sujet, M. le ministre. Par exemple que nous les avons déçus sur le volet Afghanistan car le gouvernement précédent était convenu d'augmenter les effectifs grecs et le gouvernement Papandréou n'a rien fait dans ce sens.

 

JOURNALISTE : Pour être plus précis, il ne s’agissait pas d’augmenter les effectifs, mais d’envoyer nos militaires à Herat, qui est la partie dangereuse de l'Afghanistan et finalement ils sont restés à Kaboul où les choses sont tout de même plus sures.

 

JOURNALISTE : Par rapport à tout ce qui est écrit, qu’est-ce qui est de l’info et qu’est ce qui est de l’intox ?

 

M. D. DROUTSAS : Tout d’abord j’aimerais dire qu’il y a effectivement cette décision du Conseil gouvernemental de politique étrangère et de défense (KYSEA), mais comme vous l’avez si justement dit, on peut lire toutes sortes de choses dans la presse. J’aimerais affirmer catégoriquement qu’une telle question ne se pose pas. Le gouvernement a eu des contacts non seulement avec le gouvernement américain, mais aussi avec tous les autres gouvernements.

 

Nous avons dès le début expliqué nos positions. Nous avons eu l’occasion de parler de cette question à tous les niveaux et je rappellerais qu’une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN consacrée à l’Afghanistan s'est tenue au début du mois de décembre.

 

Je dois dire que jamais les Etats-Unis n’ont exprimé un quelconque mécontentement s’agissant de cette question. Au contraire, notre position a bien été comprise. Cela n’a aucun rapport avec la question du retard de la date de visite du Premier ministre grec aux Etats-Unis, comme certains ont pu l’affirmer.

 

JOURNALISTE : Qu’attendons-nous de cette rencontre avec M. Obama ? En quoi pourrons-nous dire que cela a été une rencontre réussie ? Est-ce que ce sera simplement pour faire connaissance ? Ou bien avons-nous des objectifs bien précis ?

 

M. D. DROUTSAS : Il s'agit de la première rencontre officielle entre M. Papandréou et M. Obama. Il y a eu des contacts téléphoniques, puis une brève rencontre à Copenhague dans le cadre de la Conférence sur le changement climatique.

 

Il s’agit de la première visite officielle du Premier ministre grec à Washington. Vous comprenez bien que des visites de ce genre doivent d'une part être valorisées pour aborder les questions d'intérêt commun - et le Premier ministre grec aura l'occasion de soulever des questions d'intérêt grec - et d'autre part permettre un échange de vues sur tous les dossiers importants et une discussion personnelle afin que les deux dirigeants fassent connaissance et créent un bon climat.

  

JOURNALISTE : Monsieur le ministre et j’aimerais avoir une réponse franche de votre part car on peut lire divers commentaires disant que lors de cette rencontre les Etats-Unis exerceront de nouveau une pression sur la Grèce concernant toute une série de question relevant de la politique étrangère, nos questions nationales, la question de Skopje, les relations gréco-turques, le dossier chypriote, afin que les Etats-Unis répondent positivement pour ce qui est de la crise.

 

Et c'est également ce qui est dit au niveau du rendez-vous avec Barack Obama et Angela Merkel. En d'autres termes, nous devons de l'argent, nous avons besoin d'argent, il est évident que nous avons besoin d'argent pour nous sortir de cette situation difficile, mais moyennant contrepartie bien-entendu. Et tout le monde se demande ce qui sera demandé en contrepartie.

 

M. D. DROUTSAS : J’aimerais vous répondre clairement, M. Parras, rien ne sera demandé à la Grèce. La Grèce traverse une période difficile, une période de défis et elle est appelée à faire certaines choses au niveau financier pour pouvoir atteindre les objectifs escomptés. Comme je l’ai déjà affirmé, il ne fait aucun doute que la situation économique actuelle dans laquelle se trouve le pays ne facilite pas notre tâche en matière de politique étrangère.

  

JOURNALISTE : M. le ministre l’a dit, si vous le permettez, de façon plus catégorique. Il a, je crois, utilisé une phrase qui a d'ailleurs suscité de vives critiques au sein de l'opposition. Il a déclaré que le pays pouvait perdre une partie de sa souveraineté nationale en raison du grave problème économique. Ce qui veut dire que les choses sont assez difficiles pour que le Premier ministre utilise cette phrase.

 

M. D. DROUTSAS : Certes, les choses sont difficiles. J'ai répondu à votre question, à savoir est-ce que des pressions seront exercées lors de ces deux voyages et est-ce qu’une contrepartie sera demandée pour nos questions nationales. J’aimerais dire de façon catégorique que rien ne nous sera demandé.

 

Et j’ai indiqué - je pense que je n’ai rien dit de différent par rapport à ce qu’a exprimé le Premier ministre – que la période était certes difficile. Elle ne facilite pas la promotion de nos intérêts nationaux, mais je dirais de manière claire qu’aucune pression n'est exercée, aucune contrepartie demandée.

 

Et, ce parce que le gouvernement a, dès le début de son mandat, exercé une politique d'initiatives.

 

Vous vous êtes référé par exemple à la question de Skopje. A ce titre, je dirais que le gouvernement grec et le Premier ministre lui-même ont dès le départ montré que la Grèce prend de nouveau les choses en main, elle montre la direction à suivre, elle prend des initiatives – je me réfère par exemple à l’invitation adressée par le Premier ministre grec à son homologue de Skopje d’organiser des rencontres directes pour promouvoir la question.

 

JOURNALISTE : M. Nimetz était ici. Vous l’avez rencontré et M. Samaras également. A-t-il soumis une nouvelle proposition? Le climat est-il meilleur? Êtes-vous optimiste quant à l'éventuelle atteinte d'un règlement?

 

M. D. DROUTSAS : Le gouvernement grec a pris l'initiative d’inviter M. Nimetz. Lors d’un entretien téléphonique en janvier, je lui ai dit que l’heure était venue de revoir le processus.

 

JOURNALISTE : J’imagine donc que vous avez du nouveau mais que vous ne pouvez nous le dire. Sa visite a sans doute un but, vous aviez quelque chose à lui dire.

 

M. D. DROUTSAS : Nous voulions lui dire en tant que nouveau gouvernement que nous sommes en faveur du contact direct avec le médiateur de l'ONU, qu'il nous dise comment il voit les choses, quelle est la situation à l'heure actuelle et que nous lui disions ce que pense le gouvernement grec de la question. Et voir bien entendu comment nous pourrons continuer.

 

JOURNALISTE : Bon, mais au-delà de la mobilité et de tous ces contacts et entretiens qui sont positifs, qu’y a-t-il de nouveau ?

 

JOURNALISTE : C’est le moment opportun de passer à une autre question.

 

M. D. DROUTSAS : Premièrement, M. Nimetz n’a pas formulé une nouvelle proposition. Comme je l’ai déjà affirmé, il s’agit d’une première rencontre lors de laquelle nous avons eu l’occasion de présenter notre propre proposition, notre approche et de réitérer la pleine volonté du gouvernement de contribuer d’une manière constructive à l’atteinte d’une solution ainsi que notre soutien au processus mené sous l’égide de l’ONU. Tel a été l’objectif. C’était vraiment une discussion très constructive et nous verrons comment évoluera le processus dans l’avenir proche.

 

JOURNALISTE : Une dernière question. S’agissant des deux rencontres avec Mme Merkel et M. Obama que vous êtes en train de préparer d’arrache pied, laquelle des deux est à votre sens la plus difficile et laquelle des deux vous angoisse le plus ?

 

M. D. DROUTSAS : Toutes les deux sont importantes. Il s’agit, bien entendu, de deux rencontres différentes. Je pense que la rencontre avec Mme Merkel sera dominée par la question de la lutte contre la crise économique en Grèce.

  

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, on parle d’un plan, d’un accord secret au su du Premier ministre grec, d’après lequel la Grèce recevra finalement une aide à hauteur de 25 milliards d’euros et, qui plus est, les concertations y relatives ont déjà eu lieu. C’est pourquoi le président de la DEUTSCHE BANK est venu en Grèce. Comment réagissez-vous?

 

M. D. DROUTSAS : Le gouvernement grec déploie des efforts très sérieux afin que la Grèce sorte de la crise et que nous puissions vraiment appliquer d’une manière efficace notre programme de stabilité.

 

Le gouvernement grec entreprend les actions nécessaires. Des processus, des consultations sont en cours mais je pense qu’il serait mieux de laisser le gouvernement travailler et, bientôt, nous verrons des résultats positifs pour notre pays.

 

JOURNALISTE : Et une question sur les relations gréco-turques car avant je vous ai interrompu. La Nouvelle démocratie, l’opposition, a demandé la publication du contenu des lettres échangées entre M. Papandréou et M. Erdogan. Sur instructions du Premier ministre, vous vous êtes entretenus avec M. Samaras et vous lui avez lu les lettres. D’après les informations que vous avez fournies au chef de l’opposition, des critiques acérées sont formulées concernant le contenu de ces lettres et des inquiétudes exprimées de la part de l’opposition au sujet des éventuelles actions menées dans le cadre d’une diplomatie secrète, des actions qui vont dans une direction contraire à celle qu’ont pris les relations gréco-turques jusqu’à ce jour. Quelle est votre réaction à cela ?

 

M. D. DROUTSAS : Premièrement, je voudrais clarifier les choses pour détruire les « mythes » que quelques uns sont en train de construire. Nous n’avons pas bien entendu remis la correspondance du Premier ministre grec à son homologue turc. C’est une question de principe. La correspondance du Premier ministre grec ne doit pas être divulguée, même aux dirigeants politiques que nous respectons bien entendu beaucoup.

 

Je n’ai pas lu la lettre à M. Samaras. J’ai remis la lettre à M. Samaras, la lettre du Premier ministre grec à M. Erdogan ainsi que la lettre de ce dernier à M. Papandréou. M. Samaras a gardé la lettre pour pouvoir prendre les notes  nécessaires. Je n’ai pas lu la lettre à M. Samaras, et ce pour, dissiper les fausses impressions susceptibles d’êtres créées.

 

JOURNALISTE : Ici en Grèce nous sommes également des scénaristes.

 

M. D. DROUTSAS : Il s’agit d’une question d’importance majeure qui devrait être abordée en Grèce, à savoir la façon dont est engagé le débat public ou parfois la façon dont les informations sont communiquées au public.  Toutefois, notre discussion ne porte pas sur cette question. Vous m’avez tout simplement donné une bonne occasion de clarifier cette question.

 

Une dernière remarque car vous avez dit que la Nouvelle démocratie avait exprimé ses inquiétudes, etc. D’abord je voudrais vous dire que lors de ma rencontre avec M. Samaras aucune inquiétude n’a été exprimée.

 

JOURNALISTE : Concernant la question des visas des ressortissants grecs qui voyagent aux Etats-Unis ?

 

 

M. D. DROUTSAS : Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer après ma visite à Washington, il y a quelques semaines, la partie grecque a entrepris les actions nécessaires ce qui a d’ailleurs été reconnu par les Etats-Unis.

 

C’est une question de processus internes des Etats-Unis. D’après les informations fournies par les autorités des Etats-Unis, le processus avance sans problème. C’est une question de temps. Nous verrons quand ce processus sera achevé.

 

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, nous vous remercions beaucoup. Nous avons abordé un grand nombre de questions.

 

M. D. DROUTSAS : Merci.




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