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Athènes, le 1er juillet 2010

  

Points principaux :

·       (Sur l’incident relatif à l’activité du navire « Tchesmè ») : Une condition fondamentale au rapprochement des deux pays et à la normalisation de leurs relations, est la confiance. A travers des actions de ce genre, la Turquie épuise la réserve existante de confiance. Le choix de l’escalade et de l’intensification des tensions est un choix facile à faire. Toutefois, ce n’est pas la voie que nous voulons emprunter mais nous connaissons très bien cette voie. Si la Turquie souhaite améliorer ses relations avec la Grèce, si elle veut réellement avoir des problèmes zéro avec ses voisins, ce que son gouvernement affirme à toute occasion, elle devra faire acte de sa volonté. Toutefois, personne ne peut contester notre détermination de défendre nos droits souverains ».

  ·    (sur l’ARYM): « La Grèce veut voir l’Ancienne République yougoslave de Macédoine devenir membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous serons aux côtés du peuple du pays voisin tout au long du processus de négociation, nous avons le savoir-faire et un rôle influent au sein de l’Union européenne en vue de nous trouver aux côtés de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Toutefois, la base de nos discussions doit être claire. Nous devons avoir réglé la question du nom et cela implique l’atteinte d’une solution mutuellement acceptable, une appellation assortie d’un indicatif géographique pour tous les usages ».

 

Texte intégral du discours:

 

M. G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Un peu plus tôt, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas a présenté au ministère des Affaires étrangères une collection commémorative de timbres qui a été publiée par la Poste grecque à l’occasion du 200ème anniversaire depuis l’indépendance des pays d’Amérique latine.

 

A l’issue du Conseil ministériel d’aujourd’hui, le ministre adjoint des Affaires étrangères s’entretiendra avec le vice-Président de la Banque européenne d’investissements.

 

Demain, vendredi 2 juillet à 12h00, le ministre adjoint des Affaires étrangères, et le Secrétaire aux Affaires étrangères, participeront à une réunion des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères avec M. Kaminis, Médiateur de la Grèce. La réunion a comme objectif d’examiner des questions relevant de la responsabilité du ministère en vue de l’approfondissement ultérieur de la coopération entre le ministère des Affaires étrangères et le Médiateur de la Grèce et de l’amélioration de la qualité des services prestés au citoyen grec.

 

Samedi 3 juillet, le ministre adjoint des Affaires étrangères se déplacera à Cracovie où il participera à une réunion de haut niveau de la « Communauté des Démocraties ». Cette entité est une forme de coopération intergouvernementale  dont la vocation est de promouvoir les règles démocratiques et de renforcer les institutions démocratiques. Elle a été créée suite à une initiative polonaise et américaine en 2000 et la déclaration finale de la réunion a été signée par 106 pays.

 

Lors de la réunion de cette année à Cracovie, sera célébré le 10ème anniversaire depuis la création de la Communauté des Démocraties.

 

Vendredi 9 juillet à 11h30, M. Droutsas s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec le Haut Représentant de l’UE pour les relations extérieures et la politique de sécurité, Mme Ashton qui effectuera un déplacement dans notre pays. Lors de cette rencontre, devraient être abordés des dossiers ayant trait à la perspective européenne des Balkans occidentaux, aux relations euro-turques, à la question chypriote, au processus de paix au Moyen-Orient et à la mise en place du Service européen pour l’action extérieure.

 

Mme Ashton sera à Athènes dès jeudi et elle s’entretiendra avec le Premier ministre et prononcera un discours au Palais de la Musique sur le thème « Le rôle de l’Union européenne dans l’environnement international ».

 

Le 9 juillet dans l’après-midi, le ministre adjoint des Affaires étrangères se déplacera à Dubrovnik en vue de participer aux travaux du 5e Sommet annuel « Croatie Summit ». Les dossiers abordés devraient porter sur la  gouvernance économique, la sécurité mondiale, les relations interatlantiques ainsi que l’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’Europe du Sud-est. A ce Sommet participeront les chefs d’Etat et de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères des pays tels que la France, l’Italie, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Bulgarie, etc.

 

Pour ce qui est du programme du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, aujourd’hui à 11h00, M. Kouvelis s’est entretenu avec l’Ambassadeur des Pays-Bas en Grèce. Demain, il s’entretiendra à 11h00, avec l’Ambassadeur d’Australie tandis que le lundi 5 juillet à 10h00, il aura une rencontre avec le Président de la Fondation de l’Hellénisme majeur. A 11h30, le même jour, il s’entretiendra avec le Secrétaire d’Etat sud-coréen chargé des Affaires politiques. Cet entretien s’inscrit dans le prolongement de la récente ratification par le parlement de l’accord de coopération économique Grèce-Corée. La rencontre sera suivie des pourparlers (12h00) et d’un déjeuner de travail (13h00).

 

Mardi 6 juillet, M. Kouvelis s’entretiendra avec l’Ambassadeur d’Egypte en Grèce et à 13h30 il aura une rencontre avec l’Ambassadeur d’Autriche.

 

Mercredi 7 juillet le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères se déplacera aux Etats-Unis pour un séjour de trois jours durant lequel il aura des contacts bilatéraux avec des représentants du milieu d’affaires et du commerce ainsi qu’avec des représentants de la diaspora grecque.

 

En outre, je voudrais vous présenter Mme Protaiou qui vient d’assumer ses fonctions au Bureau de presse du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kouvelis. J’imagine que vous avez déjà fait sa connaissance.

 

 

C’est ce que je voulais vous dire. Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions, s'il y en a. Merci. 

 

 

M. F. PAPATHANASSIOU : Qu’en est-il du navire de recherche « Tchesmè » ? Où est-il ? Que faisons-nous ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Le navire « Tchesmè » se trouve en dehors de la région du plateau continental grec. Avant-hier, le navire « Tchesmè », alors qu’il se trouvait dans les eaux territoriales et le plateau continental grec a émis des signaux indiquant qu’il effectue des recherches maritimes.

 

Du côté grec, nous avons procédé de suite à une démarche au niveau de l’ambassade de Grèce à Ankara et du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. La partie turque a répondu qu’elle n’effectue pas des recherches sismographiques, mais maritimes, ni des calées.

 

Ce que nous devons toutefois garder en tête, et c’est tout le fond de la question, c’est le manque de confiance qu’il existe entre les deux pays. La route et les activités du « Tchesmè » sont suivies de près conformément à la protection des droits souverains et des responsabilités de notre pays, dans le plateau continental grec.

 

En dépit des allégations de la Turquie et des indications montrant que des recherches sismographiques ne sont pas effectuées, la Turquie devait informer la partie grecque, qui, en tant qu’Etat côtier, doit évaluer si le plateau continental est influencé et si par conséquent le consensus de la Grèce est requis, conformément au droit de la Mer.

 

Œuvrer pour l’amélioration des relations entre le Grèce et la Turquie constitue un choix de la Grèce. Nous investissons dans un avenir de coopération et de respect mutuel qui ira au-delà des stéréotypes qui voudraient que la Grèce et la Turquie soient des pays ennemis.

 

Le principal ingrédient du rapprochement des deux pays et de la normalisation de leurs relations est la confiance. En entreprenant des actions comme celle-ci, la Turquie épuise la réserve existante de confiance. Choisir l’escalade et l’intensification des tensions est un choix facile. Toutefois, ce n’est pas la voie que nous voulons emprunter mais nous connaissons très bien cette voie.

 

Si la Turquie souhaite améliorer ses relations avec la Grèce, si elle veut réellement avoir des problèmes zéro avec ses voisins, ce que son gouvernement affirme à toute occasion, elle devra faire acte de sa volonté. Toutefois, personne ne peut contester notre détermination de défendre nos droits souverains   

 

M. A. ATHANASSOPOULOS : Une précision à ce sujet. Comment pouvons-nous de notre côté nous assurer que la partie turque n’effectue effectivement que des recherches hydrographiques ? Comment de notre côté pouvons-nous nous en  assurer ? Car le navire qui suit cela est loin, donc il ne peut s’en assurer.

 

M. G. DELAVEKOURAS : C’est pourquoi nous avons justement dit que la partie turque devait informer la Grèce qui est un Etat côtier des activités qu’elle entend mener. Cela étant, comme je vous l’ai dit, l’activité de ce navire a été suivie dès les premiers instants. Ce qui signifie que nous pouvions voir réellement ces activités.

 

Mme D. GALONAKI : Une question en vue des élections pour les régions, en vue du plan «Callicrate » après le mois de novembre où Thrace sera désormais une région et en raison des problèmes qui existent avec la Turquie, et qui continuent d’exister, est-ce que quand Thrace deviendra une région, le problème avec la Turquie ne s’intensifie-t-il pas ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Vous parlez d’un programme de réformes immense, le programme « Callicrate » qui changera la structure administrative de notre pays et qui relève de la compétence du ministère de l’Intérieur.

 

M. A. GOGAS : Une question théorique. Quand cette réserve de confiance qu’épuise la Turquie a-t-elle été créée ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : C’est exactement ce que nous disons. Que la réserve de confiance est petite et c’est pourquoi nous devrons essayer de bâtir la confiance. C’est pourquoi des relations franches sont nécessaires entre nous, c’est pourquoi une bonne coopération et une transparence sont nécessaires et c’est exactement la raison pour laquelle je dis que la petite réserve de confiance qui existe, compte tenu de ces actions, diminue.

 

Mme S. RISTOVSKA : Ces derniers temps, des informations circulent. Selon ces informations, les deux pays sont près de parvenir à un règlement de la question du nom. Un commentaire à ce sujet, et pensez-vous que l’on a toutes les raisons d’être optimistes et de penser qu’une solution sera trouvée cet été ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : La position de la Grèce est stable, nous voulons parvenir à une solution, et ce, le plus rapidement possible. C’est pourquoi nous oeuvrons dans ce sens et avons une attitude constructive.

 

Nous avons parlé en toute franchise, nous avons dit que la solution devra être un nom avec indicatif géographique, pour tous les usages, un nom erga omnes. Il faut qu’à la table des négociations, nous puissions trouver du répondant de la part des chefs politiques de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

Nous avons récemment eu les déclarations du Premier ministre de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Nous espérons que ces déclarations se traduiront enfin en une attitude constructive à la table des négociations. Si cela était le cas, nous pourrions alors voir du progrès et parvenir à une solution. Une solution qui libèrera la perspective euro-atlantique de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

Et cela doit être clair. La Grèce veut voir l’Ancienne République yougoslave de Macédoine devenir membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous serons aux côtés du peuple du pays voisin tout au long du processus de négociation, nous avons le savoir-faire et un rôle influent au sein de l’Union européenne en vue de nous trouver aux côtés de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

Toutefois, la base de nos discussions doit être claire. Nous devons avoir réglé la question du nom et cela implique l’atteinte d’une solution mutuellement acceptable, une appellation assortie d’un indicatif géographique pour tous les usages.

 

Mme S. RISTOVSKA : Le nom «République de Macédoine du Vardar » que nous avons lu récemment, autrement dit le fleuve Vardar constitue-t-il un indicatif géographique pour la Grèce ? Est-ce que cela entre dans ce cadre ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Concernant le contenu du processus confidentiel des négociations menées dans le cadre des Nations Unies, nous ne faisons pas de déclarations. La Grèce, néanmoins, a déclaré clairement qu’elle était disposée à examiner toute proposition sérieuse qui remplit  les conditions qui ont été fixées. A savoir un nom avec indicatif géographique pour tous les usages.

 

M. Α. GOGAS : Y a-t-il du nouveau concernant les demandes des diplomates et de manière générale est-ce que les chefs politiques ont entrepris une action quelconque pour arrêter ces continuelles mobilisations ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Cette question – qui concerne tous les services du ministère des Affaires étrangères – concerne le fonctionnement même du ministère. Nous savons que des décisions définitives n’ont pas été prises et nous attendons de voir comment les choses évolueront.

 

Merci.




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