Athènes, le 1er décembre 2009
Chers ministres,
Chers chefs de délégations,
Monsieur le Secrétaire général,
Chers Directeurs des institutions de l’OSCE,
Vos Excellences,
Mesdames et messieurs,
Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue en ma qualité de Président en exercice de l’OSCE au 17ème Conseil ministériel de l’OSCE.
Je constate avec satisfaction qu’un très grand nombre de ministres des Affaires étrangères sont venus à Athènes pour assister à cette réunion et je pense que cette enceinte est la plus appropriée pour raviver une Organisation qui a tant contribué au renforcement de la gouvernance démocratique dans notre région.
Je suis conscient que vous êtes venus ici en partageant la conviction commune que nous pourrons atteindre beaucoup de nos objectifs au cours de ces deux jours. J’espère que nous ferons tous tout ce qui est en notre pouvoir pour promouvoir l’objectif de la sécurité commune, globale et indivisible dans l’intérêt de tous les peuples de la région de l’OSCE.
L’année 2009 approche à sa fin ainsi que la Présidence hellénique. De nombreux incidents survenus cette année nous rappellent que la sécurité dans notre région demeure un objectif à atteindre. Aucun de nos pays n’a été épargné par la crise économique mondiale.
Nous avons œuvré d’arrache pied afin de maîtriser les effets du conflit armé en Géorgie. L’instabilité en Afghanistan continue de poser des défis à plusieurs facettes pour la sécurité dans notre région.
Tout cela nous rappelle la nécessité impérieuse de travailler encore plus. En dépit des circonstances défavorables, nous sommes parvenus à trouver un refuge sûr à Athènes. Mais l’année n’est pas encore arrivée à sa fin.
Nous devons prendre des décisions importantes dans les deux jours à venir en vue de renforcer la sécurité coopérative dans toute la région de l’OSCE, de façonner la mission de l’Organisation et de jeter des fondements solides sur lesquels reposera l’œuvre du Kazakhstan qui assumera la présidence de l’Organisation à partir du 1er janvier.
J’espère que nos discussions se dérouleront dans un esprit constructif et que demain nous quitterons cette salle en ayant des résultats tangibles entre les mains.
Chers collègues,
Mesdames et messieurs,
La Présidence hellénique au cours de cette année a été guidée par un seul principe : sa détermination à servir l’Organisation en tant que « médiateur honnête », à faciliter l’ouverture d’un nouveau dialogue entre les Etats participants en vue de restaurer la confiance et à définir de nouveaux objectifs. C’est justement sur ce principe qu’a été axée notre décision d’accueillir le Conseil ministériel informel de l’OSCE à Corfou en juin dernier.
La réunion à Corfou a été un rayon d’espoir au cours de cette année nuageuse. C’était le premier effort déployé pour lancer un dialogue informel, sincère et ouvert au niveau des ministres concernant la situation actuelle et les perspectives futures de la sécurité européenne.
Il est communément admis que l’OSCE, forte de sa conception unique de la sécurité globale, coopérative et indivisible et de sa composition participative, offre un cadre irremplaçable pour restaurer la confiance et renforcer la coopération. Dans ce contexte et avec votre soutien précieux et unanime, la Présidence hellénique a lancé le Processus de Corfou.
Les discussions qui ont suivi la réunion de Corfou, à Vienne, au niveau des ambassadeurs ont eu comme objectif de déterminer les principaux éléments liés aux fondements de la sécurité dans la région euro-atlantique, les défis relatifs aux trois dimensions de l’OSCE ainsi que les entraves à l’application des engagements assumés par les Etats participants.
Actuellement, dans le cadre de nos efforts, nous devrons franchir une étape supplémentaire. Nous devrons décider de la façon dont nous ferons avancer le processus ainsi dont nous fixerons des objectifs précis, des questions, des procédures et des points de référence.
Tout cela doit être présenté de manière claire et ferme. Nous devons trouver le courage pour passer du dialogue à l’action. Cela sera le principal objet stratégique de nos travaux aujourd’hui et demain. Nous devons arriver à la fin de 2009 en ayant des bases claires et solides et dans un esprit de détermination en vue d’inaugurer la nouvelle année et la Présidence imminente du Kazakhstan avec de nouveaux objectifs et lignes directrices.
Chers collègues,
Mesdames et messieurs,
Le nouveau dialogue sur la sécurité européenne ne peut être substantiel que s’il est lié à des progrès précis réalisés à l’égard des défis principaux en matière de sécurité.
Au cours de l’année dernière, il y a eu des actions positives en faveur du règlement des questions datant depuis longtemps et qui entravent la sécurité coopérative dans notre région. Les décisions politiques courageuses prises par la Turquie et l’Arménie n’ont pas été faciles mais elles ont été très importantes. Nous devons maintenant favoriser le même esprit de conciliation pour régler les différends demeurés en suspens dans la région de l’OSCE.
Des efforts courageux ont été déployés par la Présidence hellénique, comme cela a été le cas au cours des années précédentes, pour régler ces différends. Pas plus tard que la semaine dernière, les Présidents de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan se sont rencontrés à Munich sous l’égide du groupe de Minsk de l’OSCE. En outre, le mois dernier, s’est tenue une rencontre informelle sous le format de négociation «5+2» dans le but de régler la question de la Transnistrie.
L’OSCE avec l’ONU et l’UE a co-présidé les discussions engagées sous la forme de 8 cycles à Genève sur la sécurité et la stabilité en Géorgie après la crise du mois d’août 2008. Et il y a eu aussi des actions en faveur de la stabilisation des lignes de cessez-le-feu et de la restauration des voies de communication d’urgence. Il s’agit de pas importants et à cet égard je voudrais remercier les ambassadeurs, MM. Christopoulos et Kasprzk. Le dévouement dont ils ont fait preuve pour créer les conditions nécessaires en vue du règlement pacifique des différends a été exceptionnel et a été largement reconnu.
Toutefois, nous devons continuer d’œuvrer d’arrache pied pour régler ces différends – non seulement pour les négociateurs désignés par la Présidence pour agir en son nom mais aussi pour nous, Etats participants de l’OSCE – en vue de rassembler la volonté politique nécessaire et faire des pas en avant. Nous devons faire des pas substantiels en vue de stabiliser la situation en Géorgie.
Nous ne devons pas nous faire d’illusions. Cet effort n’a pas avancé comme il le devait à cause de la fin de la mission de l’OSCE en Géorgie. Je suis convaincu que la présence de l’OSCE dans les zones de conflit et dans toute la Géorgie est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. L’Organisation dispose d’une expérience sans précédent et d’outils uniques pour soutenir les efforts en vue de promouvoir la paix, la stabilité, la démocratie et l’Etat de droit. Il est temps que les Etats participants entreprennent les actions nécessaires pour parvenir à un accord sur une nouvelle présence sur le terrain de l’OSCE.
Les co-présidents du groupe de Minsk ont œuvré d’arrache pied en vue de soutenir les dirigeants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan alors que l’heure des décisions difficiles approche en vue de régler leurs différends. Ici à Athènes, nous devons dissiper tous les doutes et faire clairement savoir que ce processus jouit du soutien ferme de toute la communauté de l’OSCE.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Dans un mois, le marathon de la présidence hellénique arrive à son terme et nous passerons le relais au Kazakhstan. Nous avons de hautes exigences concernant la contribution de la prochaine présidence à la promotion de la résolution des conflits et à la gestion de crises l’année prochaine. Soyez sûrs que la Grèce apportera son soutien à tous ces efforts par le biais de sa présence dans le cadre de la Troïka de l’OSCE. Par ailleurs, nous saluons l’intention de la prochaine présidence du Kazakhstan d’attirer notre attention sur les priorités absolues en matière de sécurité en Asie centrale et en Afghanistan.
Il y a deux ans à Madrid, les ministres des Affaires étrangères de l’OSCE sont convenus que notre Organisation a un rôle à jouer dans la promotion de la sécurité et de la stabilité en Afghanistan et dans les régions environnantes. Depuis, la mission de l’OSCE a été axée sur le renforcement de la sécurité transfrontalière et la gestion des frontières au nord de l’Afghanistan avec ses voisins d’Asie centrale, en renforçant tant les capacités d’application de la loi, au niveau national et régional, que la coopération transfrontalière.
Ces efforts sont dignes de louanges. Mais il est clair que l’OSCE peut encore déployer des efforts, y compris les activités limités sur le territoire afghan. La sécurité à long terme et la stabilité en Afghanistan ne peuvent être bâties que sur la base d’une coopération régionale plus puissante avec le pays et les régions environnantes, y compris la participation constructive de ses voisins d’Asie centrale. Le travail d’équipe régional doit être promû par tous les acteurs internationaux clés et les organisations exerçant une activité dans la région, y compris l’OSCE.
Nous sommes convaincus que le Kazakhstan, en qualité de pays présidant l’OSCE en 2010, pourra faire la différence avec le soutien de nous tous.
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
La dimension économique et environnementale a été au cœur des priorités de la présidence hellénique. Cela est naturel compte tenu de l’importance que revêtent pour notre sécurité commune les défis dans ce domaine.
Lors du 17e Forum économique et environnemental, des discussions productives se sont déroulées sur les aspects inter-dimensionnels de la migration. L’objectif et la complexité de la question de la migration internationale a augmenté ces dernières années dans toute la région de l’OSCE. Une coopération interétatique plus étroite est nécessaire, tant au niveau bilatéral, régional que mondial, afin d’élaborer et d’appliquer des solutions de politiques durables.
Nous nous trouvons à la fin d’une année dont le début a été marqué par la crise énergétique la plus grave dont nous pouvons nous rappeler. J’espère que nous pourrons parvenir à un accord sur un rôle plus ciblé de l’OSCE pour la promotion d’un dialogue participatif, ciblé sur les aspects de la sécurité énergétique.
Concernant cette question, nous sommes parvenus à un accord en principe à Maastricht en 2003. Passons maintenant à l’étape suivante en prenant un engagement plus renforcé.
Une semaine avant l’ouverture de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique, les discussions concernant les effets du changement climatique sur la sécurité sont d’autant plus importantes.
Ces questions concernent chaque individu. L’OSCE peut et doit contribuer dans ce sens.
Cette année, la Grèce a travaillé d’arrache pieds en vue de promouvoir ultérieurement l’acquis de l’OSCE dans sa dimension humaine et de soutenir l’application des engagements assumés par toutes les parties. Respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit sont des idées clés sur lesquelles ont reposé tous nos efforts en 2009.
Cela touche le fond de la notion de sécurité, telle que définie par l’OSCE.
Depuis 1975, notre effort commun a été axé sur l’idée que la sécurité commence par « la dignité intrinsèque de l’individu ». Nous sommes convenus que la vraie sécurité ne peut être globale que si elle inclut la coopération politico-militaire, la gouvernance économique saine et l’Etat de droit. Nous sommes également convenus que la sécurité des Etats allait de pair avec la sécurité des sociétés et des individus.
Or, cette notion de sécurité créée des exigences de la part des Etats et des sociétés. Il s’agit d’une entreprise qui implique la participation permanente de tous à l’effort visant à parvenir à l’application des engagements et à leur remaniement afin de répondre à de nouveaux besoins.
Pendant toute la durée de l’année 2009, la Grèce s’est efforcée de soutenir ses partenaires en vue de promouvoir la mise en œuvre de cette idée. L’un des domaines dans lequel cet effort était particulièrement manifeste était la mission d’observation électorale qui demeure une activité emblématique de l’Organisation.
Cette année d’importantes élections se sont déroulées dans la région de l’OSCE. La méthodologie de l’OSCE quant à l’observation des élections est un exemple à suivre dans le monde entier et une source de fierté tout à fait justifiée.
J’aimerais féliciter le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH) ainsi que l’Assemblée parlementaire de l’OSCE pour la coopération complémentaire et fertile tout au long du processus d’observation des élections et la promotion de l’amélioration ultérieure des processus électoraux dans notre région tout entière. J’aimerais également remercier le BIDDH et le Secrétariat pour leurs efforts visant à mener à terme l’œuvre oh combien exigeante de la création du groupe de soutien des élections en Afghanistan.
Chers ministres,
Cher Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,
Je n’étais pas aussi concis que je ne l’aurais souhaité car je voulais passer en revue les principales questions de l’ordre du jour pour ces deux prochains jours. Je compte sur notre coopération afin que cette manifestation soit un véritable succès.
Enfin, je souhaiterais remercier encore une fois la précédente présidence finlandaise pour le riche héritage qu’elle nous a légué en janvier passé – Cher Alexander Stubb, ton accueil et la gestion efficace des décisions qui ont été prises lors du conseil ministériel de 2008 ont placé la barre haut pour la présidence hellénique. Nous formons également nos vœux de succès à la présidence du Kazakhstan.
Cher Kanat Saudabayev, la présidence de l’OSCE constitue toujours un défi intéressant. Je tiens à t’assurer de notre soutien sans faille pendant toute la durée de l’année 2010.
Je saisis cette occasion pour exprimer la profonde gratitude de la Présidence à notre Secrétaire général, l’ambassadeur M. Marc Perrin de Brichambaut, au Secrétariat de l’OSCE, aux instances de l’OSCE et aux missions sur le terrain de l’OSCE pour leur soutien précieux, le travail difficile accompli et leur dévouement tout au long de cette année.
Je suis profondément convaincu que les décisions qui seront adoptées au cours de ces prochaines 48 heures renforceront davantage notre Organisation et nous rapprocherons de nos objectifs communs et je m’engage à coopérer avec vous tous à cette fin.
Je vous remercie.