Page d’accueil | Plan du site | Version texte | FAQs | Recherche |   Grec |  Anglais |  Français | 
Le bâtiment du ministère des Affaires étrangères

Emblème de la République hellénique


La Grèce en Europe
Le MinistèreActualitéPolitique étrangèrePolitique européenneDiplomatie économiqueLa Diaspora grecqueServicesHellenic AID
» Actualité » Autres actualités
Envoyer cette page par e-mail Imprimer cette page

Athènes, le 2 mars 2010

 

JOURNALISTE : Lors de sa visite dans la région, l’envoyé spécial Matthew Nimetz s’est dit plus optimiste à Skopje qu’à Athènes ; toutefois, il a affirmé que son voyage était utile pour lui-même. Quelle a été la position grecque lors de la rencontre avec M. Nimetz, outre la déclaration officielle que les négociations se déroulent seulement pour le nom ?

 

M. D. DROUTSAS : Nous envisageons les négociations avec M. Nimetz dans le cadre de l’établissement de relations de bon voisinage avec votre pays. L’optimisme et le pessimisme ne mènent nulle part. Ce qui est nécessaire est le réalisme. La rencontre que nous avons eue avec M. Nimetz était très bonne. Et le fondement de cette rencontre a été le réalisme. Nous avons à gérer une situation précise. Nos pays sont voisins. Nous voulons qu’ils deviennent partenaires et alliés à l’OTAN et à l’UE. Pour ce faire, néanmoins, ils doivent avoir des relations de bon voisinage. Donc, la solution à la question du nom est tout aussi nécessaire qu’impérative. Nous devons rechercher une solution dans un esprit constructif et responsable et en faisant preuve de bonne foi. Nous devons créer la confiance qui nous permettra d’avancer ensemble. Une solution qui libèrera les possibilités de coopération qui existent entre nos deux pays. Tout problème a sa solution. Encore faut-il que la volonté soit là.

 

JOURNALISTE : Que veut dire votre gouvernement quand il déclare que nous devons négocier seulement sur le nom du pays. Et que veut-il dire quand il affirme que le Premier ministre M. Gruevski bloque le processus en soulevant une question d’identité à l’heure où toutes les idées et propositions précédentes de M. Nimetz comprenaient des points relatifs au mode d’utilisation des termes « Macédoine » et « macédonien » ainsi que des recommandations relatives à ladite identité des données personnelles du pays à l’ONU ou encore des ajouts sur la langue et la nationalité ? Pouvons-nous nous attendre à ce que ces questions surgissent plus tard ?

 

M. D. DROUTSAS : Le processus des négociations est confidentiel. Nous n’avons pas l’intention de faire les négociations par voie de presse. Car cela entraverait le processus. La base sur laquelle la Grèce discute est d’ailleurs connue. Il y a des décisions du Conseil de sécurité, il y a l’Accord intermédiaire qui invitent [les parties] à s’accorder sur le nom de votre pays. C’est ce sur quoi nous devons nous accorder, c’est ce sur quoi nous devons concentrer nos efforts et c’est ce que s’efforce de faire la Grèce depuis seize ans. Eriger sans cesse des obstacles ne fait qu’entraver le processus visant à parvenir à une solution. C’est ce que nous disons, c’est ce que disent bon nombre de nos interlocuteurs internationaux. Le choix de M. Gruevski de faire de la négociation une question existentielle mène indéniablement à une impasse et ne fait que perpétuer le différend.

 

JOURNALISTE : Que pensez-vous de l’usage par tous [du nom convenu] étant donné que 120 pays ont reconnu le nom constitutionnel ?

 

M. D. DROUTSAS : La position de la Grèce est fondée sur la logique et le réalisme. Nous parlons d’une appellation avec détermination géographique et pour tous les usages. La Macédoine est une vaste région géographique. Elle comprend une partie de la Grèce, de la Bulgarie et de votre pays. Cela doit se refléter dans le nom. Une partie de la région ne peut parler pour le tout. Cette position est équitable, juste et reflète la réalité. Quant à l’usage par tous [du nom convenu], il faudra qu’à un moment donné nous arrêtions de faire semblant. Toute solution qui ne sera pas appliquée par tous ne fera que perpétuer la situation actuelle. Ce que nous, en bons voisins que nous sommes, voulons est d’aboutir à une solution définitive. Auquel cas, les frictions qui tendent nos relations se poursuivront. Vous n’êtes pas voisins des pays du Pacifique, encore moins des pays de l’Afrique sub-saharienne ou de l’Amérique latine. Vous êtes voisins de la Grèce. Et nous nous devons d’être de bons voisins. Et nous pouvons le faire. Encore faut-il qu’il y ait la volonté.

 

JOURNALISTE : La Grèce a d’ores et déjà dénoncé le gouvernement de Skopje en affirmant que celui-ci ne négocie pas et l’a invité à négocier. D’après-vous qu’avons-nous fait jusqu’à aujourd’hui ?

 

M. D. DROUTSAS : En vue de la rencontre avec M. Nimetz, j’ai relu les procès-verbaux des pourparlers, depuis la date où ils ont commencé. Il est vrai que les positions de votre pays n’ont pas changé. Le négociateur grec, M. Vassilakis, aurait pu copier les procès-verbaux de 1995 au lieu d’en rédiger de nouveaux. En revanche, la position de la Grèce a changé. La plupart des partis ont pris une décision importante au parlement grec. Nous l’avons fait parce que nous voulons avoir de bonnes relations avec nos voisins. Parce que nous voulons trouver une solution. Vous devez vous aussi avancer. Vous devez faire des pas en avant pour nous rencontrer à mi-chemin.

J’estime que la politique désuète exercée par le gouvernement actuel de votre pays ne contribue pas à un effort franc en vue de résoudre la question du nom. Au contraire, elle annule [cet effort] et est une provocation directe à la Grèce, à l’histoire et aux sentiments du peuple grec, en conséquence de quoi vous vous éloignez de l’Europe.

 

JOURNALISTE : Après la dernière rencontre des deux négociateurs avec l’envoyé spécial, M. Nimetz, une liste de huit points a été publiée. Avez-vous une liste avec vos demandes ?

 

M. D. DROUTSAS : La Grèce n’a jamais établi une telle liste. Et je me demande vraiment à qui profitent de telles actions, comme la publication d’une prétendue liste ou la fuite de prétendues informations aux médias. En tout cas, cela ne contribue pas à instaurer la confiance nécessaire entre nos deux pays et à servir l’effort franc en faveur d’une solution.

 

JOURNALISTE : Comment imaginez-vous les négociations à l’avenir ? Estimez-vous qu’il puisse y avoir des négociations si vous campez sur votre position, la ligne nationale rouge, et rien de plus, rien de moins ? Peut-on parler de négociations lorsque l’on insiste sur des lignes rouges ?

 

M. D. DROUTSAS : Pour pouvoir aider les négociations, la Grèce a opéré un revirement de position. En réalité, le gouvernement de Skopje combien de lignes rouges a-t-il ? Il ne discute pas de tel point, tel autre n’est pas négociable et de temps à autre il invoque un référendum, tout en brossant systématiquement un tableau noir de la Grèce afin d’influencer l’opinion publique et les résultats des référendums. Si nous faisions de même, quand pensez-vous que votre pays adhèrerait à l’OTAN et à l’UE ? Tous doivent abandonner l’illusion que le temps joue en faveur de l’une ou de l’autre partie. La pérennité du différend est au détriment de notre avenir commun.

 

JOURNALISTE : Pour vous une solution sans vainqueurs et sans vaincus c’est quoi ?

 

M. D. DROUTSAS : Je vous l’ai dit tout à l’heure. Une appellation avec détermination géographique et pour tous les usages. Seize ans de négociations ont montré quelles étaient les limites de chacune des parties. C’est maintenant une question de décision politique de faire le pas en avant. Une solution sans vainqueurs, ni vaincus. Une appellation que vous serez fiers d’utiliser et qui reflètera la réalité. Une appellation qui nous permettra enfin de nous occuper des questions qui nous unissent. Et en ces temps difficiles, faire obstacle à notre coopération est une erreur.

 

JOURNALISTE : Est-ce que les contacts directs entre les deux pays sont utiles étant donné que jusqu’à maintenant il n’y a pas eu de résultats. Et à quoi peuvent parvenir les deux parties, outre l’amélioration du climat ?

 

M. D. DROUTSAS : Les contacts directs sont très importants. C’est pourquoi le Premier ministre grec, Georges Papandréou s’est efforcé de rencontrer rapidement M. Gruevski. Pour qu’ils puissent faire connaissance, « briser la glace » et réduire la distance qui nous sépare. Après les élections de 2004, lorsque nous sommes passés à l’opposition, nous avons dressé un bilan des contacts qui avaient été établis, pendant le temps où Georges Papandréou occupait les fonctions de ministre des Affaires étrangères. Savez-vous avec qui nous avons eu le plus de contacts ? Avec le gouvernement de votre pays. A l’époque nous étions près de parvenir à une solution. C’est ce que nous voulons à nouveau faire. Et nous le pouvons, encore faut-il que notre interlocuteur ait la même approche constructive.

 

JOURNALISTE : Est-il possible de parvenir à une solution pendant la présidence espagnole, car il est manifeste qu’il n’y a pas de progrès, alors que l’envoyé spécial, M. Nimetz a confirmé l’existence de différences entre les deux parties ?

 

M. D. DROUTSAS : Nous pouvons parvenir à une solution demain si la volonté politique nécessaire est là. Nous n’allons pas inventer la roue. Cela fait seize ans que nous discutons de la question. Les limites de chaque partie sont claires. Et le cadre de la solution est défini. Ce qui est nécessaire est la volonté politique. Et la Grèce a cette volonté politique.

 

JOURNALISTE : Quel peut être le rôle de l’UE ? Est-ce qu’elle doit s’impliquer davantage au processus, étant donné que tous les Européens reconnaissent que cette question n’est pas seulement bilatérale, mais aussi régionale et internationale ?

 

M. D. DROUTSAS : La question a toujours été internationale et régionale, même si certains ont essayé de la confiner dans un cadre bilatéral. D’ailleurs nos discussions sont basées sur les décisions du Conseil de sécurité. Le processus mené au sein de l’ONU nous donnera la solution et c’est dans ce processus que nous devons investir. Trop de cuisiniers gâtent la sauce. L’Union européenne est un objectif. L’objectif le plus important pour votre pays et l’avenir de son peuple. La Grèce veut que vous réalisiez cet objectif. Tant à l’OTAN, qu’à l’UE, nous voulons tous vous voir vous rapprocher de nous. C’est pourquoi nous devons investir dans ce processus de négociation se déroulant sous l’égide de l’ONU et nous employer à parvenir à une solution le plus rapidement possible.

 

En ce qui concerne notamment votre parcours européen, la décision d’ouvrir des négociations d’adhésion entre votre pays et l’UE sera une décision politique qui sera prise lorsque nous résoudrons la question du nom. C’est après que les choses se compliqueront. Dans les négociations d’adhésion, chaque Etat membre promeut ses intérêts nationaux. Lors de cette étape, vous aurez besoin de bons amis et d’amis francs. Cet ami franc sera la Grèce qui vous aidera à avancer rapidement dans les négociations et à entrer dans la famille européenne. Mais avant nous devrons trouver une solution.

 

JOURNALISTE : Est-ce que la crise économique actuelle en Grèce peut empêcher le gouvernement grec de participer à des pourparlers de fond sur le nom et à prendre une décision plus courageuse ?

 

M. D. DROUTSAS : Il y a quelques jours, un incident fâcheux s’est produit. Un député de VMRO-DPMNE a offensé les députés grecs qui visitaient votre pays, en leur disant que l’Europe doit faire du chantage à la Grèce étant donné que cette dernière est faible en raison de la crise économique. Ce député ne sait manifestement pas comment fonctionne l’Union européenne, il ne connaît pas le sens du mot solidarité communautaire et encore moins – permettez-moi de le dire – le sens du mot hospitalité. Aujourd’hui, la Grèce consent un énorme effort et a tous ses partenaires à ses côtés. Notre effort sera couronné de succès et bientôt nous pourrons nous tenir plus solidement sur nos pieds. Mais cela est sans rapport avec nos efforts visant à aboutir à une solution. Nous tendrons toujours une main de paix. Pour nous, le respect de tous, notamment de nos voisins, et un principe allant de soi. A la question de savoir si nous pouvons aboutir aujourd’hui à une solution, nous répondons : oui, de suite.

 

JOURNALISTE : Est-ce que l’initiative grecque relative à l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE en 2014 est franche et logique, si l’on prend en compte le veto de la Grèce à l’adhésion de l’ARYM en 2008 à Bucarest et l’année dernière à Bruxelles ?

 

M. D. DROUTSAS : Etant donné que j’aime bien que les choses soient claires et que nos lecteurs comprennent bien de quoi il relève, nous devons dire que les décisions adoptées à l’OTAN et à l’UE sont des décisions prises à l’unanimité, après acceptation unanime de tous les Etats membres. Votre pays est tout en haut de « l’Agenda 2014 », cette nouvelle initiative de la Grèce pour la perspective européenne d’adhésion des pays des Balkans occidentaux. Vous pouvez devenir le pionnier, la force motrice et un modèle à suivre pour les autres pays. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que l’initiative grecque précédente, ledit « Agenda de Thessalonique » en 2003 a consacré la perspective européenne de votre pays également. Nous proposons ces initiatives parce que pour nous le soutien de la perspective européenne des Balkans occidentaux est une position de principe. Ne contestez pas l’honnêteté de nos intentions. Au contraire, saisissez l’opportunité qui se présente à vous. La Grèce vous tend une main d’amitié et de coopération.

 

JOURNALISTE : Pourquoi avez-vous refusé de visiter Skopje, même lorsque vous présidiez l’OSCE ?

 

M. D. DROUTSAS : Je n’ai pas refusé de visiter Skopje. Je voulais et veux toujours effectuer cette visite. Et j’ai l’intention de le faire. Mais il faut pouvoir se sentir le bienvenu et malheureusement pour l’heure nous recevons des messages contradictoires. De notre côté, le message est positif. Mais il faut que votre gouvernement y fasse écho. Il n’est pas logique que le matin le gouvernement parle d’amitié avec notre pays et que le soir il critique la Grèce et présente à l’opinion publique un pays soi-disant hostile. Nous attendons un message plus clair. Un message qui reflète la vérité. J’espère que votre gouvernement comprendra notre approche. J’espère que bientôt je pourrais vous rendre visite et je suis certain que cela renforcera notre effort à l’ONU. Je conclurais sur cette constatation : la Grèce n’est pas un ennemi, elle peut être votre ami le plus fidèle.

 




Greece at a glance

© Copyright 2012 Ministère des Affaires étrangères
Nous contacter| Clause de responsabilité | Librairie| RSS
Le Ministre
La Ministre adjointe
Secretaires d'Etat aux Affaires etrangeres
Secrétaire général
Secrétaire général aux Affaires européennes
Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la coopération au développement
Secrétaire général adjoint des Relations économiques internationales et de la coopération au développement
Secrétariat spécial pour le développement des programmes internationaux
Structure
Missions grecques à l'étranger
Histoire du Ministère
Conventions internationales
Curriculum Vitae
Agenda
Déclarations-Discours
Contact
Mot de bienvenue du ministère des Affaires étrangères
Mariliza Xenogiannakopoulou
Dimitrios Dollis
Yannis-Alexis Zepos
Constantinos A. Papadopoulos
Secrétaire spéciale pour le développement des programmes internationaux
Service spécial de coordination et d'application des projets de financement
Mission et compétences
Organisation
Protocole
Académie Diplomatique
Unité de gestion des crises
Archives historiques et diplomatiques
Centre d'analyse et de planification
Fondation-Evolution
Installations
Dépêches
A la Une
Autres actualités
A la Une (archive)
Points de presse
Discours
Interviews
Agendas ministériels
Agenda
Les dernières dépêches
Les nouvelles de la semaine
Archives
Announcements before 11/2005
Ministre des Affaires etrangeres M. S. Lambrinidis
Le Ministre adjoint Mme M. Xenogiannakopoulou
Secretaire d'Etat aux Affaires etrangeres M. D. Dollis
Régions géographiques
Diplomatie multilatérale
Conseil national sur la politique étrangère
Parlement et politique étrangère
Afrique Sub-saharienne
Amérique du Nord
Amérique Latine
Asie-Océanie
Europe
Europe du Sud-Est
Méditerrannée-Proche Orient
Russie-Europe de l'Est-Asie Centrale
Questions mondiales
Organisations internationales
Culture
La Grèce dans l' UE
Relations Extérieures-Elargissement
Marché intérieur - Politiques sectorielles
Affaires intérieures
Le Traité de Lisbonne
Présidence actuelle de l' UE
Le budget de l'UE
Le Bureau du Parlement européen
Objectifs et priorités
ESOAB
AGORA
Politique énergétique
Investissements en Grèce
Economie-Commerce
Secrétariat général des Grecs à l'étranger
Conseil des Grecs de l'étranger
Nous contacter
Espace Citoyens
VISAS
Espace Entreprises
Opportunités de carrière
Liens utiles
FAQs
Clause de responsabilité
Librairie
Au Ministère
Missions étrangères en Grèce
Missions grecques à l'étranger
Bureau d'informations
Service de traduction
Affaires consulaires
Assistance consulaire fournie par des Etats membres de l'UE
Visas nationaux
Visas Schengen
Visas pour les étrangers qui visitent la Grèce
Visas pour les Grecs qui visitent l'étranger
Concours
Appels d'offre
Opportunités financières & d'investissement
Opportunités de carrière au Ministère
Opportunités de carrière au sein d'Organisations internationales
La Grèce
Le Monde
Le rôle du SCIAD