JOURNALISTE: Nous allons maintenant donner la parole au ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas. Le ministre adjoint a accordé une interview très intéressante au journal de Skopje «Dnevnik » dans laquelle il définit clairement le cadre dans lequel s’intègrent les efforts de la Grèce en vue de parvenir à une solution.
Pensez-vous que la partie de Skopje prête une oreille attentive à votre voix, à la voix de la raison ?
M. D. DROUTSAS : J’espère que la voix de la raison sera écoutée par l’autre partie. C’est justement à cet objectif que nous consacrons nos efforts depuis le premier moment que nous avons assumé la gouvernance de ce pays. Nous exerçons une politique étrangère à travers des initiatives. S’agissant notamment de nos propres questions, lesdites questions nationales, nous voulons nous-mêmes prendre les rênes et fixer le cap. Nous avons pris une série d’initiatives dont l’une était de signaler clairement à Skopje notre position connue, notre ligne nationale rouge: une appellation avec détermination géographique et pour tous les usages. « Telle est notre proposition », nous avons dit à Skopje, en les invitant à s’asseoir à la table des négociations menées sous l’égide des Nations Unies en vue de parvenir à un accord et frayer la voie vers l’Union européenne pour ce pays, un objectif que la Grèce souhaite véritablement voir se réaliser.
JOURNALISTE: Monsieur le ministre, pensez-vous que votre marge de manœuvre soit limitée en raison de la crise économique qui prive la Grèce de la puissance politique nécessaire pour exercer sans difficulté sa politique étrangère ?
M. D. DROUTSAS : J’ai à maintes reprises affirmé que la situation économique du pays ne nous facilite pas la tâche dans le domaine de la politique étrangère aussi. Soyons sincères et réalistes.
Force est de signaler toutefois que la Grèce exerce une politique étrangère axée sur des positions claires. Une politique étrangère axée sur des principes précis en plein respect du droit international.
Nos positions sont connues et respectées. Et je pense que la situation économique actuelle de notre pays n’influe pas sur notre aptitude à exercer la politique étrangère de notre pays.
JOURNALISTE: Monsieur le ministre, lors de la rencontre du Premier ministre avec M. Obama est-ce que toutes les questions nationales seront abordées en bloc ? Et dans quelle mesure cela nous arrange-t-il ?
M. D. DROUTSAS : Lors de rencontres de ce genre, comme vous le comprenez, est engagée une discussion sur les questions concernant les deux parties. Je voudrais que cette rencontre soit considérée comme une bonne occasion de présenter de nouveau nos positions de manière claire ainsi que nos sensibilités concernant des questions d’intérêt particulier pour la Grèce. Cette discussion portera sur toutes les questions d’intérêt commun mais aussi sur des questions d’intérêt particulier pour la Grèce. Des questions relatives aux développements internationaux seront également abordées, telles que les Balkans et la région du Moyen-Orient où la Grèce peut jouer un rôle important.
JOURNALISTE: Monsieur le ministre, que pensez-vous des déclarations de M. Erdogan, d’après lesquelles l’armée turque pourrait se retirer de Chypre si les deux parties parvenaient à un accord ?
M. D. DROUTSAS : Les déclarations de ce genre sont bien entendu positives et vont dans le bon sens. Toutefois, permettez-moi de dire que les déclarations positives doivent être traduites en actes. Mais sans aucun doute lorsque le Premier ministre turc fait ces déclarations avec sincérité, celles-ci doivent être considérées comme positives. Toutefois, comme je l’ai affirmé, les paroles doivent être traduites en actes, ce qui est valable aussi pour les autres questions aussi.
JOURNALISTE: Etes-vous préoccupés par la situation en Turquie avec l’ouverture des procès contre des militaires et les arrestations ?
M. D. DROUTSAS : Nous suivons de près les développements intérieurs en Turquie. Quand des conflits de ce genre surgissent dans un pays voisin, nous devons suivre de près les développements. Nous espérons que la Turquie prendra le chemin vers l’établissement d’une véritable démocratie solide. Permettez-moi de rappeler que la Grèce soutient ouvertement le parcours d’adhésion européen de la Turquie. Car nous espérons qu’à travers ce parcours d’adhésion vers l’Union européenne, la Turquie procédera aux réformes intérieures nécessaires afin que nous puissions nous aussi parler d’un pays voisin stable et véritablement démocratique.
JOURNALISTE: Une dernière question M. Droutsas. Quelle est l’attitude de l’Europe à l’égard de l’Agenda 2014, à savoir le plan du gouvernement grec sur l’adhésion des Balkans occidentaux ? Le voient-ils d’un œil favorable ? Pensez-vous que ce plan sera au profit de notre région ?
M. D. DROUTSAS : Je dois vous dire que nos partenaires au sein de l’Union européenne ont accueilli très favorablement l’initiative du gouvernement grec. Et le fait que bon nombre de nos partenaires cherchent à établir une coopération directe avec la Grèce à l’Agenda 2014, en est la preuve.
JOURNALISTE: Espérons-le, car le rayonnement de la Grèce en ces temps difficiles constitue un facteur extrêmement important. Monsieur le ministre, nous vous remercions beaucoup.
M. D. DROUTSAS : Merci.