Athènes, le 5 février 2010
Ma rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon vient d’être terminée. Nous avons eu une très bonne discussion. Par ailleurs, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec le Secrétaire général il y a quelques mois à Athènes. Par conséquent la rencontre d’aujourd’hui a été une bonne occasion de donner suite à notre rencontre précédente. J’ai également eu le plaisir de rencontrer le Secrétaire général il y a quelques jours à Londres dans le cadre de la Conférence internationale sur l’Afghanistan. Nous avons notamment discuté des questions d’intérêt particulier pour la Grèce, à savoir les développements à Chypre et le processus de négociations à Chypre. Le Secrétaire général m’a informé de sa visite sur l’île de Chypre. Nous avons également évoqué la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et j’ai eu de nouveau l’opportunité de décliner la position grecque et d’exprimer la volonté de la Grèce et du gouvernement grec de contribuer de manière constructive et positive au processus de négociation en vue de parvenir à un règlement, à une solution à la question du nom de l’ARYM. Par ailleurs, nous avons également eu l’opportunité de discuter des questions et des développements internationaux d’importance majeure, tels que le changement climatique et le Sommet de Copenhague. Nous avons aussi abordé le Sommet sur le développement que le Secrétaire général est en train d’intégrer dans le cadre de la prochaine Assemblée générale à laquelle le Premier ministre, M. Papandréou assistera sûrement et accordera son plein soutien à ces activités. Nous avons également discuté de la question de la piraterie en Somalie. Je voudrais encore une fois affirmer que notre discussion avec le SG a été productive comme toujours, et j’ai eu l’opportunité d’exprimer nos remerciements pour ses efforts et son engagement et, bien entendu, le soutien de la Grèce et du gouvernement grec à toutes les activités des Nations Unies.
Question : Monsieur Droutsas, partagez-vous l’optimisme du Secrétaire général à l’égard des événements à Chypre ? Hier, en effet il nous a dit qu’il s’attendait à une intensification des pourparlers malgré lesdites élections organisées au nord de l’île.
Réponse : Certes, la période actuelle est importante pour le processus de négociation à Chypre.
Nous avons encouragé les deux dirigeants, le Président, M. Christofias et le dirigeant Chypriote turc, M. Talat à profiter des jours et des semaines pour essayer d’intensifier leurs pourparlers. Toutefois, j’aimerais souligner qu’en dépit du fait que le temps n’est pas notre allié, la qualité de la solution pour Chypre ne doit pas être victime de n’importe quel calendrier. Par conséquent, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir et appliquer toute notre énergie pour essayer de profiter des jours et des semaines à venir. Mais il est aussi nécessaire que la partie chypriote turque adopte une attitude constructive en vue de parvenir à un règlement.
Question : Le matin vous avez dit que vous n’étiez pas très optimiste ou plutôt qu’il était assez difficile pour vous d’être optimiste à l’égard des négociations en cours. Avez-vous fait part de votre sentiment au Secrétaire général ?
Réponse : Nous avons eu une discussion très sincère, comme toujours, avec le Secrétaire général et j’ai eu l’opportunité de décliner notre propre analyse des faits à ce jour. Plus particulièrement, compte tenu des récentes propositions formulées par M. Talat, propositions qui à notre sens ne vont pas dans le bons sens, nous pensons que nous n’avons pas lieu d’être très optimistes. Toutefois, nous voulons encourager les deux parties, les deux dirigeants à essayer de profiter des jours et des semaines à venir en vue de parvenir à un règlement.
Question : Le Secrétaire général a affirmé que le Président Dimitris Christofias lui avait fait part de son intention de publier un plan pour mener des négociations ultérieures hormis le plan au nord de Chypre et que cela était encourageant. Quel est le plan? Quelle sorte de plan soutiendriez-vous?
Réponse : Nous soutiendrons et soutenons toujours tout effort sincère visant à un règlement sur la base des résolutions y relatives de l’ONU, dans le respect des principes de l’UE, une solution qui respectera ledit « acquis communautaire », les règles régissant le fonctionnement de l’UE. Je voudrais souligner que la République de Chypre est un Etat membre de l’UE et après l’atteinte d’un règlement mutuellement convenu, elle continuera d’être un Etat membre de l’UE ce qui signifie qu’elle devra être capable de fonctionner de manière efficace au sein de l’UE. Cela est dans l’intérêt de tous les Chypriotes, Chypriotes grecs et turcs, et, bien entendu, dans l’intérêt de l’UE. Par conséquent, à cet égard, nous devons souligner que le règlement doit respecter pleinement l’acquis européen, les règles de l’UE. Dans ce contexte, nous constatons que le Président Christofias envisage ces questions et le processus de négociation d’une manière très constructive et courageuse et je voudrais exprimer depuis cette tribune également le plein soutien du gouvernement grec à ses efforts.
Question : Une clarification relative à une déclaration que vous avez faite au sujet de la position de votre pays concernant la politique pour le Moyen-Orient. Vous avez affirmé que votre pays avait déposé sa candidature pour être élu membre du Conseil des Droits de l’Homme. Ce Conseil a consacré la plupart de son temps, à savoir 80%, à prendre des résolutions condamnant Israël. Avez-vous l’intention de profiter de votre siège pour influencer le Conseil afin que celui-ci s’occupe de certaines questions majeures relatives aux droits de l’Homme dans d’autres pays, dans des régions différentes du monde ?
Réponse : Qu’elle soit élue membre du Conseil des Droits de l’Homme – ce que nous espérons – ou non, la Grèce fera tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir, si besoin est, les droits de l’Homme dans le monde entier.
Question : Le directeur du FMI a affirmé lors d’une émission de radio française que si la Grèce demandait l’aide du FMI, ce dernier interviendrait. Lors d’une conférence de presse après vos déclarations de ce matin, le FMI a affirmé qu’une équipe technique se trouvait à Athènes et que le gouvernement avait salué les activités de cette équipe. Pourquoi cette équipe se trouve-t-elle en Grèce et quelle est la relation de la Grèce avec le FMI ?
Réponse : Je répèterais ce que j’ai affirmé ce matin : il n’est pas question que la Grèce demande une assistance au FMI. La Grèce est membre de la zone euro. La Grèce a présenté un programme très crédible et sérieux ainsi que des propositions pour la prise des mesures nécessaires en faveur de la stabilisation de l’économie grecque. Le programme triennal de stabilisation de l’économie grecque que nous avons présenté hier a été approuvé par l’UE et a reçu son plein soutien. En outre, des Etats membres importants de l’UE ont accordé par le biais des déclarations officielles leur soutien et leur confiance à l’économie et au gouvernement de la Grèce ainsi qu’aux mesures prises. Tel est je pense le message important sur lequel nous devons axer toute notre attention.