Athènes, le 4 mars 2010
JOURNALISTE : Pouvez-vous comprendre que de nombreux citoyens en Allemagne sont préoccupés par la crise en raison de la dette publique de la Grèce ?
M. D. DROUTSAS : Certainement, j’en suis pleinement conscient mais je pense que chaque citoyen allemand doit comprendre à son tour que le citoyen grec est aussi préoccupé par son avenir, l’avenir de son pays et qu’il a la volonté de prendre les mesures nécessaires et de les appliquer. A mon avis, telle est l’ambiance qui règne en Grèce. Il n’est bien entendu pas facile pour le citoyen grec d’accepter ces mesures véritablement austères. Toutefois, je pense que le peuple grec dans sa plus grande majorité fait preuve de compréhension à l’égard de ces mesures.
JOURNALISTE : Oui, mais on voit que les retraités protestent, que les étudiants protestent, que les fonctionnaires ont annoncé des préavis de grève et que des grèves ont déjà eu lieu. Est-ce que votre gouvernement est en mesure d’appliquer ces mesures draconiennes ?
M. D. DROUTSAS : Nous devons trouver la force de le faire et nous comptons en grande partie sur la compréhension de nos compatriotes. Les temps sont durs et ces mesures le sont aussi pour chaque citoyen grec mais, malheureusement, elles sont nécessaires et nous espérons que nos compatriotes par la voie du dialogue feront de nouveau preuve de compréhension à l’égard de ces mesures. En outre, nous essayons d’associer ces mesures à un message d’espoir et de vision pour l’avenir de la Grèce. Car les mesures que nous prenons aujourd’hui seront les fondements de la Grèce de demain que nous voulons construire. Tous unis.
JOURNALISTE: Le Premier ministre, M. Papandréou a déclaré cette semaine que la Grèce se trouvait en état de guerre. La situation est-elle vraiment grave et à quoi doit-on encore s’attendre ?
M. D. DROUTSAS: Il est vrai que la Grèce traverse une période difficile. Toutefois, la Grèce et l’économie grecque sont attaquées par les marchés financiers internationaux et par les spéculateurs. Notre tâche est difficile et je dois dire que parfois les médias internationaux sont très critiques à l’égard de la Grèce et n’emploient pas toujours le bon ton. Tout cela suscite bien entendu des réactions en Grèce et chez le peuple grec et l’on doit par conséquent envisager cette question avec la plus grande attention.
JOURNALISTE : M. Droutsas, vous êtes en train de préparer le rencontre entre le Premier ministre, M. Papandréou et la chancelière Merkel. Qu’attendez-vous de la chancelière ?
M. D. DROUTSAS : Nous attendons de l’Allemagne, tout comme de tous nos partenaires au sein de l’UE, un message fort et clair, leur soutien ferme et clair à la Grèce, au gouvernement grec. Autrement dit, nous attendons de nos partenaires d’exprimer leur pleine confiance. Je pense que le nouveau gouvernement grec depuis la prise de ses fonctions il y a 4 mois, a envisagé ce problème d’une manière sérieuse et systématique. Et nous avons présenté – je le souligne – un programme sérieux et bien préparé tandis qu’hier de nouvelles mesures ont été annoncées. Comme vous le savez, il s’agit de mesures dures, ce qui atteste de la crédibilité de la Grèce et de son gouvernement. Ce que nous attendons de nos partenaires de l’UE et d’Allemagne notamment - car la voix de l’Allemagne a un poids particulier et son opinion est importante – est qu’ils expriment clairement leur solidarité et leur confiance à l’égard de la Grèce et du programme d’assainissement qui a été annoncé.
JOURNALISTE : Les déclarations de solidarité sont-elles suffisantes pour vous ou demandez-vous à la chancelière Merkel de mettre à votre disposition quelques milliards d’euros ?
M. D. DROUTSAS : Force est de souligner de nouveau que la Grèce et le gouvernement grec n’ont jamais demandé une aide financière à leurs partenaires à l’UE ou à l’Allemagne. A notre avis, nous devons lutter contre la crise par nos propres moyens. Je pense que la façon sérieuse et systématique dont nous envisageons cette crise ainsi que les mesures annoncées prouvent ce sérieux. Nous voulons et nous pouvons réussir seuls. Mais ce que nous voulons est une ferme manifestation de solidarité. D’un autre côté, l’Union européenne, les partenaires à l’UE, les Etats membres de la zone euro doivent réfléchir pas seulement à la Grèce.
JOURNALISTE : Des hommes politiques allemands ont affirmé que la Grèce devait vendre ses propriétés foncières détenues par l’Etat, à savoir quelques îles grecques. Que pensez-vous de ces propositions ?
M. D. DROUTSAS : J’ai également entendu parler de cette proposition, j’ai même entendu dire que la Grèce devrait aussi vendre l’Acropole! Je pense qu’à l’heure actuelle nous devons axer notre attention sur le fait que la Grèce et le gouvernement grec ont soumis un programme d’austérité très sérieux. Nous devons axer nos efforts sur la pleine application de ce programme et je pense que ce n’est pas le moment de faire ce genre de propositions. Ce dont nous avons besoin est la solidarité de tous nos partenaires à l’UE.