Athènes, le 5 mars 2010
Je voudrais être très clair : la Grèce ne demande pas un centime au contribuable allemand. Nous demandons un soutien politique et non pas une aide économique.
Aujourd’hui, la Grèce emprunte à des taux d’intérêt qui sont presque deux fois plus élevés que ceux de l’Allemagne et d’autres pays de l’UE. La Grèce doit pouvoir emprunter à des taux d’intérêts que ne soient pas prohibitifs. Sinon, nous aurons du mal à appliquer les mesures d’austérité que nous avons imposées.
Mon gouvernement est déterminé à faire face à ce colossal déficit de crédibilité ainsi qu’au déficit budgétaire dont nous avons hérité. En outre, nous procédons à des réformes structurelles en vue de stimuler la productivité paralysée depuis des décennies.
La Grèce est devenue la cible des spéculateurs qui mettent en danger le projet européen. Nous avons besoin d’une plus grande coordination et d’une amélioration de la législation en vue de protéger notre union monétaire contre la spéculation. La Grèce est la victime la plus récente – et sûrement pas la dernière – de la non régulation des marchés financiers. Alors que les retraités et les fonctionnaires sont appelés à accepter la réduction drastique de leurs salaires, les spéculateurs, eux, gagnent chaque jour des milliards d’euros en profitant des problèmes de la Grèce. Il ne s’agit pas ici d’une politique mais de profits.
Il ne s’agit pour l’Allemagne ou pour l’Europe d’aider « un pays qui agit sans mesurer les conséquences de ses actes », car en aidant la Grèce, ils aideront l’économie de l’Europe à sortir plus rapidement de la crise. Des impôts plus élevés, la hausse du taux de chômage et une reprise de l’économie plus lente pour toute l’Europe – et pas seulement pour la Grèce – seront le prix de l’inertie.
La Grèce est l’un des plus grands marchés exportateurs de l’Allemagne. En 2008, l’Allemagne a été le plus grand importateur de la Grèce : environ 12 % des importations grecques provenaient de l’Allemagne. Il est par conséquent dans l’intérêt de l’Allemagne d’assurer la vigueur et le développement de l’économie grecque.
Nous devons coopérer en vue de relever les importants défis de notre temps, des défis qui détermineront l’avenir, la stabilité de l’euro et de l’Union européenne.