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Athènes, le 5 mars 2010

 

 

JOURNALISTE : Monsieur Droutsas, depuis hier vous avez eu une série de rencontres avec des journalistes, vous avez accordé une série d’interviews aux médias allemands, journaux, radios, chaînes de télévision. Sur quelles questions a-t-il été mis l’accent?

 

M. D. DROUTSAS : L’accent a été mis notamment sur la question de la crise économique en Grèce et la façon dont la Grèce envisage cette question. Et, bien entendu, en raison des derniers développements, un intérêt a été manifesté pour le niveau des relations gréco-allemandes et dans quelle mesure les malentendus – si vous me permettez d’utiliser ce mot – de ces derniers jours ont influencé les relations entre les deux pays.

 

Je pense que ces deux questions ont été au centre de l’intérêt de tous les journalistes avec lesquels j’ai eu le plaisir et l’honneur de m’entretenir ces derniers jours. 

 

JOURNALISTE : Quels sont les messages que vous voulez transmettre à travers ces discussions, ces interviews ?

 

M. D. DROUTSAS : Que la Grèce est un pays crédible, que le gouvernement grec actuel a dès le premier moment essayé de faire face à la situation difficile dans laquelle se trouvait la Grèce depuis longtemps et de lutter contre cette situation en oeuvrant de manière systématique et sérieuse.

 

Nous voulons transmettre le message que la Grèce et le peuple grec sont pleinement conscients de la gravité de la situation et qu’ils savent combien il est nécessaire de prendre certaines mesures. Mais le message principal que nous voulons transmettre est que la Grèce est un pays crédible qui essaye de sortir de la crise en travaillant sérieusement à cette fin. Que la Grèce essaye de sortir de la crise par ses propres moyens et qu’elle a besoin bien entendu – elle est prête à entreprendre toutes les actions nécessaires – du soutien de l’Europe, de l’Union européenne, des partenaires à l’Union européenne. Et que ce soutien est pour nous très important et indispensable, et ce, non seulement pour la Grèce mais aussi pour la zone euro toute entière et l’euro lui-même.

 

JOURNALISTE : Il y a beaucoup de littérature et de conjectures sur la rencontre qui aura lieu demain entre M. Papandréou et Mme Merkel. Qu’attendez-vous de cette rencontre ?

 

M. D. DROUTSAS : Tout d’abord, je voudrais souligner qu’il s’agit d’une rencontre entre le Premier ministre, M. Papandréou et la chancelière allemande, Mme Merkel. C’est une rencontre entre deux dirigeants, deux Premiers ministres et, l’ordre du jour est évidement très chargé.

 

Nous discuterons des questions d’intérêt commun, notamment des questions ayant trait aux développements au sein de l’UE. Les questions telles que l’Agenda 2010 sont très importantes et portent sur l’avenir de toute l’Union européenne et de tous les citoyens européens.

 

Nous aborderons également les perspectives d’une coopération et d’une coordination plus étroites au sein de l’Union européenne entre la Grèce et l’Allemagne.

 

Nous aurons bien entendu l’occasion aussi de présenter nos réflexions et réitérer nos positions, nos positions claires concernant des questions d’intérêt particulier pour la Grèce dans le domaine de notre politique étrangère : les évolutions relatives à la question chypriote, les relations gréco-turques, les évolutions dans les Balkans, la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

Nous discuterons bien entendu de la question de la crise économique en Grèce et de la façon dont la Grèce, le gouvernement grec envisagent cette crise. Nous évoquerons également la façon dont l’Union européenne, nos partenaires à l’Union européenne pourraient manifester leur soutien de manière tangible aux efforts de la Grèce mais aussi à tous les Etats membres de la zone euro et à l’euro lui-même.

 

JOURNALISTE : Qu’est-ce que vous demandez plus précisément à Mme Merkel pour ce qui est de la dernière question, à savoir la crise grecque et la situation actuelle ?

 

 

M. D. DROUTSAS : Nous voulons transmettre un message, nos voulons que l’Union européenne transmette un message envers les marchés internationaux indiquant que la Grèce et tout autre Etat membre de l’Union européenne et de la zone euro ne sont pas seuls face à cette crise et ils ont le plein soutien de l’Union européenne dans son ensemble. Tel doit être notre message ainsi que le message de l’Europe envers les marchés internationaux.

 

JOURNALISTE : Monsieur Droutsas je n’ai pas le souvenir d’un homme politique grec à avoir fait une telle campagne d’information en Allemagne. Je n’ai pas le souvenir d’une telle initiative de communication similaire dans le passé. Quel rôle joue ce que l’on appelle la diplomatie publique ?

 

M. D. DROUTSAS : Aujourd’hui où les médias prévalent, la diplomatie publique joue un rôle très important. Souvent, chacun de nous fait bien son travail, mais si l’on ne transmet pas le bon message à l’extérieur, notamment les médias internationaux, alors le travail accompli est susceptible de ne pas trouver l’écho attendu. Ainsi, la diplomatie publique joue un rôle très important.

En ce qui concerne les derniers contacts et mes derniers contacts ici en Allemagne, avec les médias allemands et internationaux, je ne voudrais pas exagérer en parlant d’une grande campagne de communication. Simplement, notre pays traverse aujourd’hui une période difficile et c’est pour nous un défi à relever.

Nous pouvons, je pense, en faisant du bon travail, transformer cette période de crise en opportunité pour notre pays. Nous pouvons sortir de cette période de crise et essayer de bâtir – oserais-je dire – la nouvelle Grèce. Une Grèce qui jouira de nouveau du prestige nécessaire sur la scène internationale, une Grèce en laquelle peut croire le citoyen grec qui pensera également que le gouvernement grec fait bien son travail et répond à ses exigences.

Tel doit être notre objectif et le message que j’aimerais transmettre en cette période vraiment difficile pour tous nos compatriotes ; un message d’optimisme et d’espoir, à savoir que les dures mesures imposées aujourd’hui aux Grecs porteront bientôt leurs fruits. Et nous verrons un pays, un gouvernement grec qui pourra vraiment répondre aux exigences du citoyen grec.

 

JOURNALISTE : Une dernière question. Dans quelle mesure les récents articles publiés dans la presse grecque et allemande ont-il entaché les relations gréco-allemandes. D’une part un gros quotidien allemand parle des Grecs qui ont fait faillite, d’autre part la presse grecque affirme que les Allemands n’ont pas le droit de parole, car ils nous doivent des indemnités [de guerre NdT].

 

M. D. DROUTSAS : Comme vous l’avez si bien dit, il s’agit plus d’articles qui élèvent en quelque sort le ton, c’est pourquoi la diplomatie publique est très importante, car nous constatons que des actions entreprises au niveau des médias peuvent générer des malentendus.

Ce que j’ai essayé de dire en toute honnêteté à mes interlocuteurs ici en Allemagne et de le transmettre à l’opinion publique allemande, est que la Grèce traverse réellement un moment difficile. Le citoyen grec sait que la période qui l’attend est difficile.

Le citoyen grec a l’impression d’avoir déjà fait beaucoup, de faire ce qui est nécessaire et ce qu’il pense lui-même être nécessaire. Toutefois, il a toujours le sentiment de n’entendre que des critiques de la part de l’étranger, de nos  partenaires. Et souvent cette critique est exprimée de manière non constructive. Cela peut certes engendrer des sentiments d’injustice et souvent ces sentiments sont, à juste titre, extériorisés. Telle a été la réaction du citoyen grec et c’est ce que je me suis efforcé de faire comprendre à l’opinion publique allemande : à savoir que les Grecs ressentent un sentiment d’injustice qu’ils ont extériorisé.

Je pense néanmoins que l’Allemagne et les citoyens allemands, pour bon nombre d’entre eux, honorent notre pays en le visitant chaque année ; de nombreux Allemands connaissent la Grèce, les Grecs et je pense que la plupart des Allemands gardent de très bons souvenirs de ces visites. C’est exactement ce que j’ai essayé de souligner. C’est la meilleure base de nos bonnes relations qui existent entre nos deux pays.

 

JOURNALISTE : Merci beaucoup.


M. D. DROUTSAS :
Merci également.




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