Seul le prononcé fait foi.
Athènes, le 4 avril 2011
M. D. DROUTSAS : Tout d’abord, je tiens à souligner que notre message vers M. Obeidi a été clair. Nous avons réitéré le message de la communauté internationale portant sur la nécessité de respecter et d’appliquer pleinement les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et, d’imposer notamment un cessez-le-feu immédiat ainsi que de mettre fin aux violences commises contre le peuple libyen. Je voudrais être clair à cet égard. Tel a été notre message clair. Par les consultations que nous avons eues avec M. Obeidi, on constate que le régime en Libye est bien conscient de la nécessité d’engager une discussion et de parvenir à une solution politique. Je pourrais dire que tel a été un premier pas important dans ce sens.
JOURNALISTE : Que pensent-ils d’une solution politique ?
M. D. DROUTSAS : Ces derniers jours, une réunion de l’Union africaine s’est tenue à Addis Abeba lors de laquelle ont été évoquées quelques réflexions portant tout d’abord sur la nécessité de mettre fin aux hostilités, de protéger la population civile, de fournir une aide humanitaire aux citoyens libyens et, bien entendu, d’engager un débat politique en vue de discuter des mesures de transition et des réformes politiques nécessaires pour l’avenir de la Libye.
JOURNALISTE : Est-ce que M. Obeidi vous a parlé en détail du type de transition et de réformes politiques qui seront mises en place ?
M. D. DROUTSAS : Je pense qu’il est trop précoce d’entrer dans ces détails. Encore une fois, cela a été, à mon avis, un premier pas important en vue de parvenir à une solution politique et force est de signaler que telle a été l’approche de la Grèce dés le début, à savoir que les efforts doivent se poursuivre en vue de parvenir à une solution politique par voie diplomatique.
JOURNALISTE : Toutefois, le problème est que les insurgés dans l’est de la Libye ne souhaitent que le départ du colonel Kadhafi et éventuellement son éloignement du pays, l’éloignement de sa famille du pouvoir et la transition à la démocratie. Tel est l’unique objet des discussions qu’ils veulent engager, du point de vue politique.
M. D. DROUTSAS : Cela est vrai et connu de tous. Toutefois, force est de répéter qu’il est encore trop tôt d’entrer dans des détails ou de parler éventuellement d’un accord ou d’une solution définitifs. Nous sommes encore tout au début du chemin. Je pense, toutefois, qu’il est important que le régime de la Libye commence à envisager un processus politique de ce genre.
JOURNALISTE : D’après des informations, le fils du colonel Kadhafi aurait proposé une transition dans le cadre de laquelle lui-même serait chargé de conduire son pays vers la démocratie. Je comprends bien que vous ne voulez pas entrer dans le détail. Mais est-ce qu’une telle éventualité a été abordée lors des consultations que vous avez eues ?
M. D. DROUTSAS : Plusieurs questions ont été abordées mais je peux vous dire clairement que cette question n’a pas figuré parmi les dossiers évoqués avec l’envoyé libyen, M. Obeidi.
JOURNALISTE : Toutefois, avez-vous eu l’impression qu’ils étaient bien conscients de la nécessité d’opérer une sorte de changement politique ?
M. D. DROUTSAS : Cela est, à mon sens, le message le plus important et précieux qui a été transmis par la rencontre d’hier, à savoir que le régime de la Libye est bien conscient de la nécessité de parvenir à une solution politique.
JOURNALISTE : Vous avez affirmé que cette discussion politique avait été engagée sur initiative de la Grèce. Avez-vous mené des consultations avec tous les membres de l’alliance qui appliquent la zone d’interdiction aérienne, tels que la France et le Royaume-Uni ?
M. D. DROUTSAS : Bien évidemment, nous avons eu bien des consultations avant la rencontre avec M. Obeidi. J’ai communiqué des informations à un grand nombre d’homologues européens et de partenaires d’autres pays en dehors de l’Europe qui participent aux efforts consentis par la communauté internationale en vue de parvenir à une solution en Libye. Il est tout à fait normal d’avoir des contacts avec nos partenaires et alliés en vue de discuter avec eux des prochains pas à entreprendre. Ce matin, j’ai eu un entretien téléphonique avec M. William Hague et d’autres homologues. Je poursuivrai les contacts avec eux pour aborder et examiner les prochains pas à entreprendre ainsi certaines idées et propositions de la Grèce qui peuvent contribuer dans ce sens.
JOURNALISTE : Pourriez-vous nous dire quels seront les prochains pas ?
M. D. DROUTSAS : L’important est que le régime en Libye est bien conscient des pas qu’il faut entreprendre. L’important maintenant est de trouver les moyens nécessaires pour pouvoir rassembler autour de la même table les représentants du régime et les représentants du conseil national en vue de voir quels seront les prochains pas à entreprendre dans ce sens.
JOURNALISTE : Et, en attendant, pensez-vous que les attaques aériennes contre les forces de Kadhafi, menées sur mandat de l’ONU, doivent se poursuivre ?
M. D. DROUTSAS : Tant qu’il n’y a aucun geste important, je pense que l’unité de la communauté internationale doit être préservée.