Ath
è
nes
,
le
5
mai
2011
JOURNALISTE : Quel est le résultat de cette rencontre ?
D. DROUTSAS : La réunion du groupe de contact sur la Libye a revêtu une importance particulière car il a de nouveau été souligné que la communauté internationale parle d’une même voix. Toutefois, nous devons constater l'absence de réels développements, nous ne voyons pas la fin de la violence et nous nous confortons encore une fois dans notre position, celle que nous, en tant que pays avons exprimée dès les premiers instants, à savoir que nous ne pourrons mettre fin à la crise en appliquant des mesures militaires seulement. Le déploiement d’efforts sérieux, responsables et coordonnés en vue de parvenir à une solution politique, toujours sous l’égide des Nations Unies est devenu une nécessité impérieuse. C’est ce que nous avons souligné aujourd’hui dans notre intervention et la Grèce œuvre dans ce sens et contribue en apportant ses pensées, ses propositions et ses initiatives. La question humanitaire est, bien entendu, toujours à prendre en considération – car il s’agit d’une tragédie humanitaire – et j’ai eu l’occasion lors de ma rencontre d'aujourd'hui d'annoncer officiellement que la Grèce se prépare à envoyer, au cours des prochains jours, un bateau avec de l’aide humanitaire, des produits pharmaceutiques et une unité médicale mobile qui sera installée à Benghazi. Une équipe de diplomates de notre ministère accompagnera cette mission et sera chargée de la coordination avec les insurgés anti-kadhafistes à Benghazi.
JOURNALISTE : N’est-ce pas la reconnaissance du conseil national de transition de Benghazi ?
D. DROUTSAS : Il ne s’agit pas d’un tel pas et personne, ni ici dans cette discussion, ni dans le cadre du groupe de contact n’a parlé de cette question. Mais il est important de s’entretenir avec toutes les parties et pour cette raison, nous ferons ce pas, nous enverrons une équipe de diplomates qui sera chargée de coordonner cette mission avec les insurgés anti-kadhafistes.
JOURNALISTE : Le ministre italien des Affaires étrangères, M. Frattini a évoqué hier une feuille de route qui pourrait résulter, du point de vue politique, de la réunion. A l’heure actuelle, la position Juppé est d'une part confirmée, à savoir que le but n'est pas d'anéantir Kadhafi, de l’autre il est décidé de fournir un soutien économique plus substantiel aux insurgés de Benghazi ?
D. DROUTSAS : Comme je vous l’ai dit, il est important de coordonner nos efforts, d'intensifier nos efforts dans le but de parvenir à une solution politique et la Grèce a contribué dans ce sens – celui d’une feuille de route – en soumettant ses pensées, ses propositions et ses initiatives. L’heure est venue pour la communauté internationale d'œuvrer dans ce sens, de manière responsable et coordonnée.
JOURNALISTE : Avez-vous un commentaire au sujet de la zone économique exclusive et des déclarations de M. Samaras aujourd’hui ?
D. DROUTSAS : Encore une fois nous n’avons entendu aucun argument. Nous n’avons pas obtenu de réponse, pourquoi, puisque la question de la proclamation d'une zone économique exclusive est si impérieuse, la Nouvelle Démocratie n’a rien fait à ce sujet pendant cinq ans et demi lorsqu’elle était au pouvoir ? Car tous ceux qui aujourd'hui expriment leur préoccupation ne disaient rien il y a quelques mois.
Nous ne nous défaisons d’aucun de nos droits. La Grèce conserve tous ses droits résultant du droit international et notamment du droit de la mer - et cela concerne bien entendu également la zone économique exclusive. Et elle décide, en tant que pays souverain, quand et comment elle exercera ses droits. Nous devons être clairs à ce sujet et nul ne doit le contester.