Athènes, le 5 novembre 2009
M. G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Je commencerais par le programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas. Aujourd’hui, à 9h45, M. Droutsas a eu une rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon ici, au ministère des Affaires étrangères. Lors de cette rencontre, l’engagement de la Grèce et la foi en l’ONU et en la personne du Secrétaire général ont été confirmés. Les entretiens ont porté sur des questions relatives au changement climatique, à la migration, à la trêve olympique, aux opérations de paix, mais aussi au dossier chypriote et à la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Nous pourrons, si vous le voulez, dire un peu plus tard quelques mots sur cette rencontre.
A 14h15, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, M. G. Papandréou ainsi que le ministre adjoint des Affaires étrangères auront une brève entrevue avec le ministre d’Etat de la Turquie et négociateur en chef auprès de l’Union européenne pour l’adhésion de la Turquie, M. Egemen Bagis, qui effectue une visite dans notre pays. A 14h15, le ministre adjoint des Affaires étrangères aura une rencontre avec M. Bagis, un déjeuner de travail au ministère des Affaires étrangères.
Par la suite, M. Droutsas, en qualité de Représentant spécial de la présidence de l’OSCE se rendra à Vienne, où il aura des rencontres bilatérales ; il participera à la manifestation de l’OSCE organisée à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin et à la session spéciale du Conseil permanent de l’Organisation.
Plus spécifiquement, le 5 novembre dans l’après-midi, M. Droutsas rencontrera le révérendissime métropolite d’Autriche, Michel, tandis que vendredi 6 novembre il rencontrera le Président d’Autriche, M. Fisser, la Présidente du parlement autrichien, Mme Prammer, le ministre des Affaires étrangères, M. Spindelegger et le Secrétaire général de l’OSCE, l’ambassadeur M. Marc Perrin de Brichambaut.
Par la suite, le ministre adjoint des Affaires étrangères prononcera une allocution lors d’une manifestation organisée dans le cadre de l’OSCE à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Cette manifestation est co-organisée par l’Allemagne, la présidence grecque de l’OSCE et l’Autriche. Prononceront également des allocutions, le ministre autrichien des Affaires étrangères et l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères, M. Genscher.
Dans l’après-midi du même jour, M. Droutsas présentera les principales positions et priorités de la présidence grecque lors d’une session spéciale du Conseil permanent de l’Organisation, en vue du Conseil des ministres de l’OSCE à Athènes, les 1 et 2 décembre 2009, et visitera les bureaux de la représentation permanente grecque auprès de de l’Organisation.
Lundi 9 novembre à 9h30, M. Droutsas participera à la rencontre des Ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne accrédités en Grèce, organisée par la présidence suédoise.
Le même jour, le ministre adjoint accompagnera M. le Premier ministre à Berlin dans le cadre de la manifestation organisée pour le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.
Mardi 10 novembre, le ministre adjoint sera en déplacement à Madrid en vue de participer au dîner informel des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne offert par le ministre espagnol des Affaires étrangères, M. Μoratinos dans le cadre de la préparation de la présidence espagnole au premier semestre 2010. Participeront également au dîner les ministres des Affaires étrangères d’Italie, de Finlande, d’Hongrie, d’Estonie et de Lituanie.
Mercredi 11 novembre à 14h00 au ministère des Affaires étrangères, M. Droutsas offrira un déjeuner de travail en l’honneur du ministre des Affaires étrangères de la République chypriote, M. Markos Kyprianou. A 15h30, il participera à la rencontre du Premier ministre avec M. Kyprianou.
Enfin, jeudi 12 novembre à 13h00 au ministère des Affaires étrangères, le ministre adjoint offrira un déjeuner de travail en l’honneur du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de la Fédération de Russie, M. Titov.
En ce qui concerne le programme du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kouvelis. Aujourd’hui à 15h00, M. Kouvelis rencontrera le Directeur général de l’Organisation internationale pour les Migrations, l’ambassadeur M. Swing.
Mercredi 11 novembre à 13h00, le Secrétaire d’Etat participera à un déjeuner de travail offert par le président de la Chambre de commerce et de développement gréco-africaine en l’honneur des ambassadeurs des Etats africains accrédités en Grèce.
Jeudi 12 novembre, le Secrétaire d’Etat se rendra à Thessalonique où il proclamera l’ouverture des travaux du 3e Forum d’Affaires de l’Union des confédérations d'entreprises de la mer Noire et de la mer Caspienne.
En ce qui concerne la rencontre d’aujourd’hui du ministre adjoint des Affaires étrangères avec le Secrétaire général des Nations Unies, j’aimerais dire que cette rencontre s’est déroulée dans un climat très cordial. Du côté grec, la volonté d’entreprendre des initiatives concernant toutes les questions préoccupant la communauté internationale a été exprimée. Cela nous mène à parler de la question du changement climatique qui figure au premier plan des discussion, non seulement au niveau de l’Union européenne, mais aussi des Nations unies en vue de la Conférence de Copenhague.
La partie grecque a souligné combien il était important que la communauté internationale puisse prendre des décisions pour faire face à ce grand problème, dont nous subissons d’ores et déjà les conséquences qui seront très lourdes pour la région de la Méditerranée dans laquelle nous vivons.
Les Nations Unies, pour leur part, investissent dans la contribution de la Grèce et du Premier ministre de la Grèce afin que cela puisse aider au niveau communautaire et que des décisions communes puissent être prises et que nous puissions arriver à un résultat à Copenhague. En ce qui concerne la question des migrations, nous avons souligné combien cette question constituait un défi de taille pour la Grèce, notamment la question de l’immigration clandestine, des pressions auxquelles notre pays est soumis en raison des flux migratoire. Par ailleurs, l’importance de la coopération avec la Turquie a été soulignée pour lutter contre ce phénomène. Toujours dans le respect de sa dimension humaine et de la protection des personnes qui sont malheureusement sujettes au transit.
Pour ce qui est du dossier chypriote. La partie grecque a souligné la nécessité de parler d’une solution chypriote, une solution qui puisse résulter de négociations entre les deux communautés, sans calendriers, sans pressions, sans menaces de division, sans arbitrage. L’objectif est que les négociations se poursuivent. La Grèce soutient concrètement et souhaite parvenir à une solution qui permettra aux Chypriotes grecs et aux Chypriotes turcs de profiter des avantages de la participation de leur pays à l’Union européenne.
En ce qui concerne la question du nom, l’engagement de la Grèce vis-à-vis du processus en cours se déroulant dans le cadre des Nations Unies sous la direction de M. Nimetz, représentant spécial du Secrétaire général, a été confirmé. Pour sa part, le Secrétaire général, comme hier dans ses déclarations, a exprimé l’espoir que nous pourrons bientôt parvenir à une solution.
La Grèce souhaite jouer un rôle encore plus actif dans la promotion de l’idée de la trêve olympique. L’actuel premier ministre de la Grèce avait joué un rôle de premier plan dans ce domaine, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères du pays et il souhaite que la Grèce occupe de nouveau une place de premier plan à cet égard.
Enfin, en ce qui concerne la question des opérations de paix, une communication d’informations a eu lieu de la part du Secrétaire général, concernant les pressions que subi l’Organisation, car les missions de paix augmentent sans cesse ainsi que les besoins de l’Organisation de développer des forces dans des régions de conflit, en soutenant les efforts de paix. Le Secrétaire général a exprimé l’espoir que la Grèce participe et contribue à ces efforts.
Je suis à votre disposition pour la séance de questions.
M. G. TAHTSIDIS («HELLENIC NEWS OF AMERICA») : En ce qui concerne la visite du Président de la République en Ancienne République yougoslave de Macédoine. Sous quel nom l’Ancienne République yougoslave de Macédoine a invité le Président de la République ? C’est-à-dire le nom de quel pays ? Le président de quel pays a invité le Président de la République ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je n’ai pas la lettre, donc je ne sais pas. Il faudra que vous vous adressiez à la Présidence de la République.
M. G. TAHTSIDIS : D’accord.
JOURNALISTE : Qu’allons-nous répondre ?
M. G. DELAVEKOURAS : Pour cela aussi, vous devrez vous adresser à la Présidence de la République.
M. POLATOS : Pouvez-vous nous donner des informations sur la teneur de la lettre de M. Erdogan à M. Papandréou ?
M. G. DELAVEKOURAS : Le Premier ministre, M. G. Papandréou a pris une initiative importante : trois jours après avoir pris ses fonctions, il s’est rendu à Constantinople pour transmettre trois messages.
Un message aux pays des Balkans sur l’importance que notre pays accorde à cette région et sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans le processus d’intégration de cette région à l’Union européenne.
Un message au peuple turc, à savoir que la Grèce est présente et prête à discuter avec la Turquie de l’amélioration substantielle des relations des deux pays, qui contribuera également à la stabilité régionale.
Et un message avec sa visite au Patriarcat œcuménique, à savoir le soutien de la Grèce à cette institution œcuménique et la nécessité de soutien.
Dans le cadre de ces rencontres, M. le Premier ministre a eu des entretiens avec le Premier ministre de la Turquie, M. Erdogan. Suite à cette rencontre, le Premier ministre turc a envoyé une lettre au Premier ministre grec, qui a été remise lors de la rencontre protocolaire de l’ambassadeur turc avec le ministre adjoint des Affaires étrangères, lundi passé.
Dans cette lettre, la partie turque exprime en fait sa volonté en faveur d’une coopération plus étroite à l’avenir avec le gouvernement grec et la volonté des deux pays de développer leurs relations, en faveur de la paix et de la stabilité dans notre région.
La correspondance écrite est une pratique usuelle dans les relations diplomatiques. La partie grecque répondra à cette lettre au cours des prochains jours.
M. POLATOS : A-t-on déjà répondu à cette lettre et vous nous ferez part de la réponse dans quelques jours ? Pouvez-vous nous dire exactement quelles sont les propositions de M. Erdogan au Premier ministre ?
M. G. DELAVEKOURAS : Nous n’avons pas encore répondu à cette lettre. Nous le ferons dans les prochains jours, comme je l’ai dit, et je ne me réfèrerais pas plus longuement à la teneur de cette lettre.
M. ATHANASSOPOULOS : Même si vous avez dit que vous n’alliez pas vous référer à la teneur de cette lettre, j’aimerais vous poser la question suivante : quel est le rapport entre ce que vous dîtes, que vous n’allez pas vous référer à la teneur de la lettre, et le fait que cela constitue une pratique diplomatique usuelle ? Pouvez-vous nous l’expliquer ? La presse turque a parlé de propositions précises. Comment pouvez-vous dire qu’il s’agit d’une pratique diplomatique usuelle alors que vous ne publiez pas la lettre ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : J’ai dit que la correspondante écrite était une pratique usuelle. Quoi qu’il en soit, ce qui importe à l’heure actuelle est que la Grèce prend des initiatives, elle veut aller de l’avant et suivre une diplomatie dynamique, agressive.
C’est ce qu’elle a fait avec la rencontre du Premier ministre grec et de son homologue turc. Suite à cette rencontre, la partie turque a envoyé une lettre. Et la partie grecque répondra à cette lettre sur tous les points.
Mme POULIDOU : Monsieur le porte-parole, que voulons-nous dire exactement à M. Bagis ? Est-ce qu’en décembre ils discuteront de l’attitude de la Grèce ? La première question est plus importante.
M. G. DELAVEKOURAS : L’objet de la discussion est le parcours européen de la Turquie, qui est compris dans le portefeuille de M. Bagis. Comme vous le savez, nous avons une date très importante devant nous, décembre. Je vous ai dit tout à l’heure que la Grèce veut avoir l’initiative des actions entreprises et veut qu’il y ait une réelle amélioration des relations bilatérales avec la Turquie.
Cela étant, nous avons une date et à cette date, la Turquie fera l’objet d’une évaluation pour ce qui est du progrès accompli. Cette évaluation sera objective. Dans ce contexte, il y aura des contacts avec la partie turque et dans ce contexte il y aura également la rencontre avec M. Bagis.
Mme POULIDOU : Pour Chypre, qu’allez-vous dire ?
M. G. DELAVEKOURAS : Que voulez-vous dire par là ?
Mme POULIDOU : La perspective européenne de la Turquie n’est pas liée à cela ?
M. G. DELAVEKOURAS : Bien entendu. La Turquie fera également l’objet d’une évaluation pour ce qui est de la normalisation de ses relations avec la République chypriote et de la question du protocole additionnel. Ce sont des points-clés en vue de décembre. C’est pourquoi des actions sont nécessaires de la part de la Turquie. La Turquie a entre ses mains la clé qui lui permettra de libérer son parcours d’adhésion. Elle a l’occasion et le temps, à savoir décembre, d’y répondre. Elle devra le faire dans la pratique.
M. POLATOS : Puisque la Turquie a la clé, comme vous le dîtes, je pense que les conséquences existantes sont déjà suffisantes avec le gel des huit chapitres, la partie grecque ne pense-t-elle pas que des sanctions supplémentaires doivent être décidées et imposées à la Turquie, comme par exemple geler d’autres chapitres ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne comprends pas d’où vous tirez cette conclusion, qui ne vient pas de moi. Ce que je dis est que la Turquie fera l’objet d’une évaluation objective et sévère, en décembre, pour ce qui est des actions entreprises. Elle fera l’objet d’une évaluation en vertu des obligations qu’elle a assumées vis-à-vis de l’Union européenne.
M. POLATOS : Excusez-moi mais l’on ne se comprend pas. Comment la Turquie sera-t-elle évaluée sévèrement, quand vous dîtes qu’avec sa visite en Turquie, l’un des messages que veut transmettre le Premier ministre est le rôle de premier plan que joue la Grèce dans la procédure d’intégration de la Turquie à l’Union européenne.
M. G. DELAVEKOURAS : Cela ne veut pas dire faire des concessions au niveau des critères.
M. POLATOS : Cela est correspond à l’évaluation objective ?
M. G. DELAVEKOURAS : Bien entendu.
M. POLATOS : Lorsque nous voulons de par la force des choses qu’ils adhèrent ?
M. G. DELAVEKOURAS: Oui. Mais je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un pour dire que la Turquie ne doit pas adhérer. La politique ferme de la Grèce est en faveur de la pleine intégration, pleine adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
Cela toutefois ne signifie en aucun cas faire des concessions au niveau des critères et modalités préalables définis par l’Union européenne pour ce qui est des obligations assumées par la Turquie vis-à-vis de la Communauté et de chaque Etat membre. Y compris les obligations de la Turquie d’appliquer le protocole additionnel et de normaliser ses relations avec la République de Chypre.
M. MELETIS : Vous insistez et faites bien d’insister, c’est pourquoi ma question est la suivante : quel est finalement l’objet ? Que va dire à M. Bagis le Premier ministre et le ministre adjoint des Affaires étrangères à partir du moment où, à un plus haut niveau, MM. Erdogan, Gul, le président du parlement, quiconque, jusqu’au dernier diplomate en Turquie, ne cessent de répéter, hier encre, qu’ils n’ont pas l’intention d’appliquer le protocole, s’il n’y a pas « libération des relations avec les territoires occupées ». Que va-t-il dire exactement ?
En d’autres termes, ces gens disent des choses précises, à savoir qu’ils n’appliqueront pas [le protocole additionnel] s’il n’y a pas d’échanges. Quelle est notre position ? Que va-t-on leur répondre ?
M. G. DELAVEKOURAS: Notre position est qu’en décembre la Turquie fera l’objet d’une évaluation. Cela étant, les entretiens porteront sur des questions en relation avec le parcours d’adhésion de la Turquie.
La Turquie, si elle n’applique pas le protocole, si elle ne s’acquitte pas de ses obligations, elle devra être jugée et sera jugée. Il n’y a aucun doute là-dessus. L’évaluation, la date [de décembre] sont une réalité. Cela approche. Si nous n’avons pas cette discussion aujourd’hui, nous l’aurons en décembre.
Jusqu’en décembre, des développements peuvent encore se produire. Nous attendons de voir.
M. MELETIS : Est-ce que la notion d’évaluation contient celle de conséquences ?
M. G. DELAVEKOURAS : Tout est ouvert.
M. MELETIS : Tout est ouvert, cela veut-dire qu’il peut ne pas y avoir de conséquences ?
M. G. DELAVEKOURAS : Monsieur Meletis, nous ne sommes pas en décembre et je ne négocie pas avec vous…
M. MELETIS : Ce n’est pas une question de négociation, c’est une question d’évaluation…
M. G. DELAVEKOURAS : Oui, quand je vous dis que «tout est ouvert», cela signifie que tout est ouvert.
M. MELETIS : « Tout est possible », est-ce que cela veut dire qu’il n’y aura peut-être pas de conséquences ?
M. G. DELAVEKOURAS : Monsieur Meletis, le mois de décembre n’est pas encore arrivé et je n’ai pas l’intention de négocier avec vous…
M. MELETIS : Il n’est pas question de négociation, il est question d’évaluation…
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous dis que « tout est possible » et cela veut dire que tout est possible.
M. MELETIS : Excusez-moi, mais ce que j’entends par la phrase « tout est possible » est qu’il n’y aura peut-être pas de conséquences. C’est ce que je veux dire.
M. G. DELAVEKOURAS : Cela veut dire que la Turquie s’acquittera éventuellement de ses obligations.
M. MELETIS : Non.
M. G. DELAVEKOURAS : Telle est la signification.
M. MELETIS : Si la Turquie ne respecte pas ses obligations et une évaluation est faite, est-que dans le rapport de l‘évaluation figurera le terme « conséquences » ?
M. G. DELAVEKOURAS : Mais il va de soi que la Turquie sera jugée en décembre en fonction de ses actions et de son attitude.
M. MELETIS : Est-ce qu’il est possible que l’évaluation ne comporte pas de conséquences ?
M. G. DELAVEKOURAS : Mais nous n’allons pas juger la Turquie aujourd’hui lors de ce point de presse. Nous jugerons la Turquie en décembre lors du Conseil européen.
M. MELETIS : Je ne vous demande pas de juger la Turquie. Je parle de l’éventualité où la Turquie ne respecte pas ses obligations et une évaluation de son progrès est faite.
M. G. DELAVEKOURAS : Par conséquent, je n’ai pas l’intention de négocier avec vous et de parler de ce qui arrivera au mois de décembre.
M. MELETIS : Moi, non plus.
M. G. DELAVEKOURAS : Donc, je pense avoir répondu à votre question.
M. MELETIS : Bref, vous n’avez pas répondu.
M. KAPOUTSIS: Puisque je fais partie de ceux qui ont du mal à comprendre, je voudrais une clarification de votre part : vous avez dit que l’évaluation rigoureuse de la Turquie comportait les mots « conséquence », « gel du processus d’adhésion » ?
M. G. DELAVEKOURAS : Mais je vous l’ai déjà dit, tout est possible.
M. KAPOUTSIS : Par conséquent, cela y est également compris.
M. G. DELAVEKOURAS: Tout est possible.
M. KAPOUTSIS : Bon.
M. PAPATHANASSIOU : Je voudrais revenir sur la lettre. Selon la presse turque, la partie turque fait part de sa volonté de régler les questions relatives à nos relations bilatérales. Selon Athènes, quelles sont toutes ces questions ? Quelles sont les questions qui doivent être réglées dans le cadre de nos relations bilatérales ?
M. G. DELAVEKOURAS : La réponse à la lettre du Premier ministre turc sera envoyée dans les jours à venir.
M. PAPATHANASSIOU : Non, je me réfère aux attitudes. Est-ce que quelque chose a changé ? Quelles sont les questions qui nous opposent ?
M. G. DELAVEKOURAS : La Grèce attend de la Turquie de changer son attitude sur une série de questions. Ces questions sont en grande partie abordées dans le cadre de l’Union européenne aussi.
M. PAPATHANASSIOU : Quelles sont ces questions ?
M. G. DELAVEKOURAS : Des questions comme la protection de la liberté de religion, les droits de l’homme, la contestation de la souveraineté d’un Etat membre de l’Union européenne. Des questions ayant trait à l’attitude de la Turquie à l’égard de la République de Chypre et l’occupation qui demeure. Toutes ces questions seront abordées. En décembre la Turquie sera jugée en fonction des progrès réalisés dans ces domaines. Cela dit, la question de la lettre…
M. PAPATHANASSIOU : Non, je parle de la lettre. Est-ce qu’il y a de la volonté ? Car l’autre partie fait part de sa volonté.
M. G. DELAVEKOURAS : Une réponse sera envoyée dans les jours à venir.
M. SIDERIS : Quel est l’objet de la négociation menée par la Grèce dans le cadre de l’Union européenne concernant le déploiement de la force Frontex ? Quand est-ce que M. Papandréou ou M. Droutsas répondront à la lettre de M. Hountis à travers laquelle ce dernier a soulevé cette question au parlement européen ? Et, est-ce que dans le cadre des pourparlers en cours la Turquie met en cause les limites du FIR d’Athènes ?
M. G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, la Grèce ne négocie pas avec la Frontex qui est un organe de l’Union européenne et par conséquent de la Grèce.
La Grèce souhaite voir la Turquie coopérer avec la Frontex, une coopération indispensable afin que nous puissions lutter contre le fléau de l’immigration clandestine à cause de laquelle nous déplorons la perte de vies humaines. Depuis les côtes de la Turquie, les trafiqueurs embarquent ces personnes pour les faire passer en Grèce et par la suite en Europe.
La question est européenne. Il s’agit d’une question que l’Europe doit régler dans son ensemble. Cela dit, la Frontex signe des accords avec des Etats tiers et non pas avec des Etats membres.
Dans ce cadre, il existe déjà des accords avec de nombreux pays. La Turquie n’a pas répondu aux efforts déployés par la Frontex en vue de signer un accord. La Turquie affirme aujourd’hui qu’elle le fera.
La Grèce souhaite parvenir à un accord, elle veut que la Turquie coopère avec la Frontex en vue de pouvoir lutter efficacement contre ce phénomène. Cela dit, au-delà des intentions affichées et des déclarations, nous voulons voir des preuves tangibles, la signature des accords.
Dans ce même contexte, s’agissant de la question de la coopération entre l’Union européenne et la Turquie sur les questions de l’immigration clandestine, la signature d’un accord de réadmission entre l’Union européenne et la Turquie est d’une importance majeure.
Les négociations ont été gelées en raison de l’attitude de la Turquie il y a deux ans et demi. La Turquie aujourd’hui affiche son intention d’entamer de nouveau la négociation.
Le commissaire compétent en la matière, M. Barrot effectue aujourd’hui une visite en Turquie. Nous espérons que les résultats de sa rencontre seront positifs et que la Turquie, comme elle l’a d’ailleurs déclaré, entamera le 4 décembre une négociation avec l’Union européenne tout en faisant preuve d’une bonne foi et que nous parviendrons bientôt à un accord. Car cet accord est indispensable afin de pouvoir lutter contre ce phénomène.
Cela dit, en 2001 la Turquie a signé un accord bilatéral de réadmission avec la Grèce mais cet accord n’est pas dûment appliqué. La Turquie applique cet accord de manière incorrecte. Cela devra changer. La Turquie a des obligations et doit honorer sa signature.
M. SIDERIS : La question n’est pas là.
M. G. DELAVEKOURAS : Si. La question est l’immigration. La Frontex est l’immigration clandestine.
M. SIDERIS : C’est justement pour cette raison que la Turquie soulève la question du caractère hellénique d’Agathonissi.
M. G. DELAVEKOURAS : Non. La Turquie harcèle les moyens de survol de la Frontex. Ces actions entravent justement l’opération à laquelle la Turquie affirme vouloir participer. La Turquie entrave les efforts déployés pour lutter contre l’immigration clandestine. Et, l’harcèlement par le biais de radio des moyens de survol dans une région relevant de la responsabilité de la Grèce constitue, bien entendu, une attitude illégale. C’est pourquoi des démarches sont faites auprès de la partie turque.
M. GIOGAS : Une question sur la lettre de M. Erdogan. Les partis politiques ont-ils été informés de cette question ? Est-ce que le Conseil national de politique étrangère se réunira en vue d’évoquer les évolutions liées aux affaires gréco-turques et la politique que la direction du ministère des Affaires étrangères suivra dans ce domaine ?
M. G. DELAVEKOURAS : Parmi les objectifs prioritaires du gouvernement figure la convocation du Comité de la Défense et des Affaires extérieures ainsi que du Conseil national de politique étrangère. Il est évident que lors de ces réunions seront abordées toutes les questions majeures relevant de la politique étrangère.
Je pense que la question est procédurale, à savoir il faut fixer les dates de ces réunions, ce qui n’est pas actuellement facile car l’agenda est très chargé.
M. GIOGAS : Est-ce que les partis ont été informés sur le contenu de la lettre de M. Erdogan ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne le sais pas.
M. CHIDIROGLOU : Vous avez annoncé la rencontre du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kouvelis avec le Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations. Pourriez-vous nous donner quelques informations sur cette rencontre ? Est-ce que l’élaboration d’une politique migratoire résultera des consultations avec les organisations internationales ?
M. G. DELAVEKOURAS : Actuellement, M. Swing se trouve en Grèce à l’occasion du forum. En effet, ce forum essaye de mettre en place des pratiques optimales lesquelles seront par la suite adoptées par les Etats en matière de gestion de l’immigration.
Cela dit, la politique migratoire est une question qui concerne chaque Etat à titre individuel. Dans notre cas, cette question relève de la responsabilité du ministère des Affaires étrangères.
M. POLATOS : Quand est-ce que se tiendra la prochaine réunion de M. Nimetz avec les négociateurs de la Grèce et de Skopje ?
M. G. DELAVEKOURAS : M. Nimetz a invité les deux parties à participer à une rencontre le 16 novembre. En ce qui nous concerne, nous répondrons à cette invitation quand le moment sera venu. Il y aura des travaux préparatoires et la date de la réunion vous sera communiquée.
Toutefois, j’aimerais de nouveau souligner que lors de la rencontre avec le Secrétaire général la Grèce a réitéré son soutien à ce processus mené sous l’égide des Nations Unies et du Représentant spécial du Secrétaire général, en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable.
M. POLATOS : (hors micro)
M. G. DELAVEKOURAS : Non. Il a fait une proposition. On verra.
M. MELETIS : A cette occasion, je voudrais vous demander si la dernière proposition soumise par M. Nimetz en juillet demeure la base de la négociation.
M. G. DELAVEKOURAS : Je n’aborderai pas le fond de la négociation.
M. MELETIS : Aujourd’hui, la question chypriote fait l’objet des négociations ainsi que le parcours européen de Skopje. Ma question est isolée. Est-ce que cette proposition continue d’être la base de négociation ?
M. G. DELAVEKOURAS : Actuellement, des travaux préparatoires sont en cours en vue de la rencontre qu’aura M. Nimetz avec les négociateurs, quelle que soit la date de cette rencontre. Cela dit, cela vous sera communiqué. Je n’ai rien d’autre à ajouter concernant le fond de la négociation.
M. MELETIS : Pourriez-vous clarifier la façon dont les questions liées à la liberté de religion et à la contestation des droits souverains sont soulevées dans la lettre de M. Erdogan ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne sais pas. Je n’ai pas lu la lettre.
M. MELETIS : Ah, oui, vous l’avez déjà dit à Fanis.
M. G. DELAVEKOURAS : Non. M. Papathanassiou m’a demandé quels étaient, d’après la Grèce, les domaines dans lesquels du progrès devrait être réalisé…si je ne me trompe pas…
M. PAPATHANASSIOU: La lettre de M. Erdogan se réfère à des différends. A certaines questions…
M. G. DELAVEKOURAS : A des propositions, si j’ai bien compris par le communiqué de l’agence turque. A des propositions concernant des champs de coopération. Je n’ai pas retenu les différends.
M. PAPATHANASSIOU : Oui, quelles sont ces questions ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non, je n’ai pas l’intention de m’engager dans cette discussion. Je n’ai pas bien compris. J’ai compris que vous m’aviez posé cette question pour savoir quelles étaient les domaines pour lesquels la Grèce souhaitait voir une amélioration de la part de la Turquie. Il y a eu donc un malentendu. Je n’ai pas l’intention de m’engager dans une discussion sur le contenu de la lettre de M. Erdogan.
M. PAPATHANASSIOU: Vous n’avez pas lu cette lettre.
M. G. DELAVEKOURAS: Exactement.
M. PAPATHANASSIOU : Indépendamment de la lettre, quelles sont, selon Athènes, les questions qui font l’objet de négociation avec Ankara ?
M. G. DELAVEKOURAS : Il n’est pas question de négociation. Sa question n’a pas porté sur ce sujet. Il n’y a aucune négociation en cours entre la Grèce et la Turquie.
M. PAPATHANASSIOU : Donc, d’après Athènes et indépendamment de la lettre, quelles sont les questions qui devront être réglées, les questions de priorité…
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous ai énuméré certaines questions à l’égard desquelles la Grèce souhaite voir l’attitude de la Turquie changer. Jusque là. Aucune négociation n’est en cours.
M. ATHANASSOPOULOS : Une question utile. Combien de pages fait cette lettre ? Pour voir si elle contient de nombreuses propositions.
M. G. DELAVEKOURAS : Je pense que la lettre fait deux pages.
M. ATHANASSOPOULOS : Bon. Par conséquent, elle devra comporter certaines propositions. Si j’ai bien compris par la question de M. Papathanassiou, d’après la presse turque, la Turquie demande l’ouverture d’un dialogue sur toutes les questions. Est-ce qu’on pourrait présumer qu’il s’agit de toutes ces questions soulevées par les Turcs de temps à autre ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne veux pas faire d’hypothèses, ni commenter les articles parus dans la presse turque. Il ne m’appartient pas de le faire.
M. MELETIS : D’après les premières réactions et vu que l’intention constructive de M. Erdogan d’engager une discussion sur toutes les questions a été qualifiée de positive, j’imagine, que la lettre ne comporte pas les questions épineuses soulevées constamment par la partie turque.
M. G. DELAVEKOURAS : Il s’agit de la volonté manifestée par la Turquie d’engager un dialogue avec la Grèce afin que nous puissions améliorer nos relations bilatérales, ce qui est indispensable pour l’évolution de ces relations. Pour pouvoir conforter la stabilité et la sécurité dans notre région.
Cela dit, je répète que je n’ai pas l’intention d’aborder le contenu de la lettre. Vous m’avez demandé de démentir ou de confirmer si dans cette lettre figuraient certaines questions. Je vous répète que je n’ai pas lu la lettre et je n’ai rien à vous dire sur son contenu.
M. MELETIS : Telle est la conclusion logique. Dès lors que nous qualifions de positif ce geste, il est évident que dans cette lettre ne figurent pas des questions cruciales.
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne sais pas ce que vous considérez comme évident ou non. A mon sens, l’élément positif est que la Turquie a affiché sa volonté d’engager un dialogue avec la Turquie, d’améliorer les relations tout en répondant à l’initiative de la Grèce d’aller de l’avant par l’organisation d’une rencontre entre le Premier ministre grec et le Premier ministre turc, de soulever des questions qui nous préoccupent afin que les relations des deux pays puissent progresser…
M. G. DELAVEKOURAS : Avez-vous d’autres questions ? Je vous remercie.
Seul le prononcé fait foi