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Athènes, le 6 juillet 2011

 

Mesdames et messieurs,

Cher Stavros,

 

Tout d’abord, je tiens à vous souhaiter la bienvenue. C’est un grand honneur pour nous de vous accueillir en Allemagne aussitôt après la prise de vos fonctions. C’est un geste que nous apprécions beaucoup et nous vous remercions. Chacun parlera dans sa langue maternelle mais vous êtes libres de  poser vos questions en anglais.

 

Mesdames et messieurs,

 

Je voudrais encore une fois souhaiter la bienvenue en allemand également à mon homologue grec, le ministre des Affaires étrangères, M. Stavros Lambrinidis. Il a assumé ses fonctions il y a quelques semaines et il effectue cette visite à Berlin tout au début de son mandat, ce qui atteste des liens puissants qui unissent nos deux pays et de l’estime mutuelle. Nous lui sommes très reconnaissants de ce geste.

 

La mise en place des réformes dans la zone euro ont, bien entendu, dominé nos discussions. Je suis content de constater que la Grèce à travers ce plan de réformes annoncé la semaine dernière, a fait un pas décisif. L’adoption du nouveau train de mesures par le parlement grec a frayé la voie vers le versement de la prochaine tranche d’aide internationale.

                                  

Maintenant, il faut que les réformes adoptées de manière courageuse par le parlement, des réformes qui ont été lancées de manière courageuse aussi par le gouvernement d’Athènes, soient appliquées dans la pratique avec le même courage. A cette fin, des efforts doivent être consentis et à cet égard nous devons aussi voir les modalités de notre coordination. Tel a été l’objet de nos discussions.

 

J’aimerais le souligner encore une fois de manière claire : l’Allemagne reconnaît les énormes efforts de la Grèce. Nous reconnaissons les efforts du peuple grec afin d’assurer que la mise en place de ces réformes soit couronnée de succès. La Grèce et l’Allemagne ne sont pas seulement membres de l’Union européenne, elles sont deux pays unis par des liens amicaux et par conséquent, nous voulons apporter notre contribution pour apaiser les tensions lors des débats publics et mettre en avant le profit mutuel.

 

Nos relations sont marquées par une grande estime et par conséquent nous sommes unis par la solidarité et le sens des responsabilités de chaque partie. Nous savons que la Grèce peut compter sur la solidarité de ses partenaires européens et dans le même temps, nous savons que nous pouvons compter sur l’esprit de responsabilité de la Grèce. Cela constitue une condition au rétablissement de la stabilité et de la croissance au sein de l’économie grecque ce qui est dans l’intérêt tout aussi bien de l’UE que de l’Allemagne.

 

Mesdames et messieurs,

 

A ce stade je voudrais de nouveau souligner que, et nous avons évoqué cette question avec M. Droutsas, les discussions actuelles portant sur la dégradation ou la revalorisation de la note des pays par les agences de notation mettent en avant la nécessité d’entreprendre des réformes institutionnelles. Je pense qu’il est nécessaire de créer une agence de notation indépendante ; il y a des conflits d’intérêts, il y a aussi de nombreuses évolutions qui prennent peu en compte la véritable perspective économique de l’Europe.

 

C’est pourquoi je voudrais de nouveau affirmer que le gouvernement fédéral est en faveur de la création d’une agence de notation européenne, nous sommes convaincus que nous devons mettre en œuvre également le projet dont nous avons discuté au sein du gouvernement de coalition. Ce projet ne peut être mis en œuvre maintenant mais nous devons ensemble œuvrer d’arrache pied en vue de réaliser cet objectif.

 

Bien évidemment, nous avons également évoqué en détail la situation en Afrique du nord, en Libye. Nous avons discuté de la question de l’adhésion européenne, pour ce qui est notamment de la Turquie, nous avons échangé des points de vue sur la situation à Chypre. Autrement dit, les questions figurant à l’ordre du jour n’ont pas été seulement européennes mais aussi internationales.

 

S. LAMBRINIDIS : C’est un très grand plaisir doublé d’un grand honneur de me trouver en Allemagne et de m’entretenir avec le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Guido Westerwelle. Ma première visite, après Chypre, en ma qualité de ministre des Affaires étrangères a lieu en Allemagne. Cela souligne l‘importance que nous accordons à nos relations bilatérales.

 

Personnellement, j’ai consacré la plus grande partie de ma vie et de ma carrière politique à l’idée de l’Europe et je peux, de par mon expérience personnelle au sein du Parlement européen, affirmer avec certitude que l'Allemagne et les Allemands sont le cœur, la moelle épinière si vous voulez, du projet européen et lui donnent de l'oxygène. La solidarité dont fait preuve l’Allemagne et la responsabilité que la Grèce est appelée à montrer sont, je pense, les principes de base qui nous permettront de sortir de cette crise plus unis et plus forts en tant qu'Européens.

 

Guido et moi-même nous sommes entretenus longuement sur les efforts visant à sortir de cette crise. La Grèce a montré sa détermination au cours de ces dix-huit derniers mois. Elle a pris les mesures qu'elle devait prendre et elle prendra des mesures encore plus difficiles. Des mesures qui ont un coût pour le peuple grec, des mesures qui rendent grâce aux sacrifices du peuple grec et je suis profondément reconnaissant à Guido Westerwelle car il a su reconnaître ces sacrifices avec un sens accru de l’humanisme. Je l’ai naturellement remercié, notamment pour la contribution de l’Allemagne à cet effort très difficile pour la Grèce et aussi pour l'Europe.

 

J’aimerais à ce stade souligner quelque chose que l’on oublie souvent. La Grèce d’aujourd’hui est crédible, elle agit avec constance. Nous mettons en œuvre les mesures que nous avons décidé de prendre. Les changements qui ont été accomplis en l’espace d’une année dans le pays n’ont jamais été accomplis par aucun autre pays européen dans toute l’Histoire de l’Union européenne. Bien entendu, des erreurs ont été commises et ce sont ces erreurs que nous corrigeons, animés d'une nouvelle détermination et bénéficiant du soutien de nos partenaires. Encore une fois, j'aimerais de nouveau vous remercier officiellement pour votre solidarité et votre soutien.

 

Guido s’est référé au plan de réformes que nous avons élaboré et que nous nous engageons à mettre en œuvre avec détermination en 2012-2015. Je tiens à vous assurer que tous les fonds investis par l’Allemagne et les citoyens allemands pour le soutien de l’économie grec, seront valorisés jusqu’au dernier centime. Et ceux qui investissent dans la faillite de la Grèce ou de l’Europe ont été démentis par les faits jusqu’à présent et ils le seront aussi à l'avenir car nous sommes unis et nous avançons main dans la main, ensemble.

 

J’ai également informé Guido de la lettre du Premier ministre adressée au Président de la Commission européenne et de l’importance immense que revêt la croissance immédiate pour notre pays, au moment même où les grandes réformes sont en cours, où ces mesures très difficiles sont mises en œuvre. Nous avons passé en revue les moyens de coopération dans un avenir proche.

 

L’Allemagne est un facteur et un acteur mondial précieux. Nos entretiens n’ont toutefois pas seulement porté sur les questions européennes ou gréco-allemandes. Nous avons parlé du « printemps arabe », de la Libye, du Moyen-Orient, de toute une série de questions que nous traiterons chacun de notre côté, mais aussi ensemble en tant qu’Européens.

 

Nous avons discuté longuement de la perspective européenne de la Turquie et de l’importance particulière que revêt pour la Turquie et l’Europe son attachement à l’adhésion européenne, une fois bien entendu qu’elle se sera acquittée de ses obligations. Nous avons également discuté de l’effort que nous devons consentir, en soutenant les pourparlers entre le président Christofias et M. Eroglu, pour pouvoir parvenir à une solution équitable et durable de la question chypriote.

 

 




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