Α
thènes, le
4
Décembre
2009
M. D. DROUTSAS : Tout de suite après la réunion ministérielle de l’OSCE qui s’est tenue à Athènes et du succès que nous avons eu en tant que présidence grecque, nous nous sommes rendus à Bruxelles, où nous nous trouvons depuis hier pour participer à la réunion de l’OTAN.
Hier, nous avons rencontré les ministres ukrainiens et géorgiens et nous venons d’achever notre réunion portant sur l’Afghanistan. Par ailleurs, des discussions se dérouleront concernant le nouveau concept stratégique de l’OTAN, les perspectives d’élaboration d’une politique sur la défense antimissile de l’Alliance et les relations OTAN – Russie.
Conformément au programme prévu, un peu plus tard dans l’après-midi se tiendra le Conseil OTAN – Russie et j’aimerais rappeler le rôle qu’a joué la Grèce au sujet du réactivation de cette institution, qui avait été gelée, comme chacun sait, après la crise en Géorgie et qui a été réactivée cette année, cet été, à Corfou, lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE.
Hier, au soir, lors du dîner des ministres des Affaires étrangères, nous avons pris une décision importante pour notre région, pour les Balkans occidentaux. Nous avons discuté de la Politique de la Porte Ouverte de l’Alliance, autrement dit la politique des élargissements de l’OTAN et nous avons décidé d’accepter l’adhésion du Monténégro au MAP.
La Grèce a joué un rôle actif dans cette décision. Vous savez d’ailleurs combien la question de la perspective euro-atlantique des Balkans occidentaux est prioritaire pour le gouvernement actuel.
A l’heure actuelle, la perspective d’adhésion de la Bosnie et Herzégovine à ce programme, le MAP, fait l’objet de discussions. Nous n’avons pas encore pris les décisions finales. J’espère toutefois que ces discussions auront une issue positive pour la Bosnie-Herzégovine également.
En ce qui concerne la question de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, la décision de Bucarest a de nouveau été confirmée tout comme la position unanime de l’Alliance, à savoir que la condition nécessaire à l’adhésion de Skopje à l’OTAN est la résolution préalable de la question du nom.
Pour ce qui est de l’Afghanistan, la Secrétaire d’Etat américaine, Mme Clinton, nous a présenté la nouvelle stratégie présentée il y a quelques jours par le Président Obama. Il s’agit d’une stratégie que la Grèce salue, car elle confirme notre engagement commun en faveur de la pacification de ce pays, l’Afghanistan, et elle souligne l’importance et la valeur des efforts énormes que chaque pays de l’Alliance a consentis jusqu’à présent, en fonction de ses moyens bien entendu, et ce qui sera fait à l’avenir.
Nous saluons aussi cette stratégie, car c’est la première fois que l’objectif final est clairement précisé, mais aussi le calendrier pour réaliser cet objectif. Et la Grèce, fidèle à ses engagements, continuera de soutenir ce combat commun, tant au niveau militaire, conformément aux décisions récentes du Conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de la Défense, qu’au niveau du développement, car nous attachons une importance particulière à la création de conditions de sécurité, de stabilité et de progrès pour le peuple d’Afghanistan.
Des conditions qui, à mon sens, sont nécessaires pour que le peuple afghan puisse assumer lui-même la responsabilité de maintenir la paix dans le pays, qui est d’ailleurs la seule perspective durable.
Comme je vous l’ai dit, nous allons poursuivre notre discussion, en fonction des planifications relatives au concept stratégique et à la défense anti-missile. Les discussions portant sur ces deux sujets ne sont encore qu’à un stade préliminaire. Il s’en suivra une rencontre importante entre les pays membres de l’OTAN et la Russie, avec la participation du ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, que nous avons accueilli à Athènes avant-hier et avec qui nous avons eu une rencontre bilatérale.
Voilà très brièvement pour ce qui est du programme d’aujourd’hui. Avez-vous des questions ?
JOURNALISTE : Nous a-t-on demandé quelque chose d’additionnel concernant l’Afghanistan ?
M. D. DROUTSAS : Non, rien ne nous a été demandé. Ce n’était pas aujourd’hui l’objet de cette rencontre. Il y avait la rencontre de tous les alliés de l’OTAN avec la participation de tous les pays prenant part à l’action en Afghanistan. Comme je vous l’ai dit, Mme Clinton a présenté les nouvelles propositions du Président Obama.
Nous avons eu, entre autres, une communication d’informations de la part du ministre afghan des Affaires étrangères qui nous a fait part de son point de vue sur la situation. Chaque pays a eu l’occasion de présenter ses vues et ce qu’il entend entreprendre à l’avenir.
JOURNALISTE : Comment évolue la discussion au Conseil en vue de la préparation de la conférence au sommet concernant le texte des conclusions s’agissant des relations gréco-turques ?
M. D. DROUTSAS : En effet, lundi se tiendra le Conseil des ministres des affaires étrangères. Il s’agit d’un Conseil important lors duquel seront abordées des questions nous concernant directement, notamment la question de l’évaluation de la Turquie. Et à cet égard, la Grèce et Chypre ont le même objectif, à savoir que les 27 parviennent à une position commune, une position qui aura une valeur particulière et un poids politique fort.
Une position qui sera fondée sur une évaluation sévère et objective des actions entreprises par Ankara, comme nous l’avons répété à plusieurs reprises. A l’heure actuelle, il y a une divergence de vues, divergence que je qualifierais d’assez importante. La discussion n’est pas facile et tout reste ouvert jusqu’à lundi, jour du conseil.
Toutefois, j’aimerais dire à nouveau que la Grèce et Chypre sont toujours en contact, un contact permanent et quotidien, nous nous efforçons de toujours coordonner nos positions, aussi bien le Premier ministre et le Président Christofias, que moi-même et M. Markos Kyprianou. D’ailleurs, ce dernier m’a contacté, comme prévu, pour m’informer des résultats et des discussions qui se sont déroulées aujourd’hui à Chypre lors de la session du conseil national.
J’aimerais une fois de plus souligner que la Grèce et Chypre arrivent unies à la table des négociations en vue de parvenir au meilleur résultat possible pour nos intérêts, qui sont aussi les intérêts de l’Union européenne.
Nous avons, dès les premiers instants, précisé que la Grèce, le gouvernement grec, appuiera les décisions du gouvernement chypriote. Il apportera son soutien jusqu’à la fin. Nous serons en première ligne, côtes à côtes.
Merci beaucoup.