JOURNALISTE : Qu’attendez-vous des entretiens que vous aurez ce soir avec la chancelière allemande ?
M. D. DROUTSAS: Tout d’abord, permettez-moi de souligner que le gouvernement grec actuel – et le Premier ministre Georges Papandréou – a lutté contre ce problème dès le début de son mandat – nous sommes au pouvoir depuis environ quatre mois – en œuvrant de manière sérieuse et systématique. Nous avons présenté un programme de mesures économiques sérieux et ambitieux. Nous pensons que la Grèce, le gouvernement grec a accompli son devoir en vue de rétablir la crédibilité de notre pays. Maintenant c’est à l’Europe – à l’UE et à nos partenaires européens – d’assumer la responsabilité qui lui incombe. Tel sera justement l’objet de nos discussions ce soir avec la chancelière allemande, Mme Merkel.
JOURNALISTE: Dans ses interviews, le Premier ministre grec a à maintes reprises affirmé que la Grèce n’aspirait qu’au soutien politique. Qu’est-ce que vous entendez par « soutien politique »
M. D. DROUTSAS: Le gouvernement grec n’a jamais demandé une aide économique directe à ses partenaires. La Grèce ne veut que rien lui soit donné gratuitement. Nous voulons et nous pouvons sortir tous seuls de la crise actuelle à travers les mesures que nous avons présentées. Nos ennemis, si vous me le permettez, sont les marchés internationaux auxquels nous sommes obligés, tout comme les autres Etats, d’emprunter. Toutefois, les taux d’intérêt sont disproportionnellement élevés. Par exemple, pour un emprunt de 5 milliards d’euros, la Grèce doit payer 750 millions d’euros de plus en taux d’intérêts que l’Allemagne. C’est pourquoi il est nécessaire de réduire les taux d’intérêts sur les marchés financiers et de lutter contre la spéculation.
A cet égard, l’UE doit soutenir d’une manière déterminée et protéger toute la zone euro et la monnaie unique.
JOURNALISTE: Ce train de mesures a d’ores et déjà suscité des réactions. De manifestations violentes ont eu lieu aujourd’hui. Est-ce que le gouvernement sera en mesure d’appliquer les mesures d’austérité ?
M. D. DROUTSAS: Je voudrais souligner que le gouvernement a la volonté d’appliquer avec détermination l’ensemble de mesures convenues.
Nous devons appliquer les mesures pour pouvoir jeter les fondements de la Grèce de demain. Nous avons engagé un dialogue avec les citoyens et pensons que la population en sa majeure partie fera preuve de la compréhension nécessaire. C’est le futur de la Grèce qui est en danger, c’est pourquoi je pense que la majorité écrasante de la population acceptera ces mesures.
JOURNALISTE: Toutefois, les dernières semaines le ton a monté entre la Grèce et l’Allemagne. De surcroît, en Grèce on parle des indemnités que l’Allemagne doit verser pour réparer les injustices commises au cours de la Seconde guerre mondiale. Est-ce que cette question sera abordée lors de la rencontre d’aujourd’hui avec la chancelière, Mme Merkel ?
M. D. DROUTSAS: Je voudrais signaler que la question des indemnités que l’Allemagne doit verser reste en suspens. Toutefois, le gouvernement grec ne veut pas établir un lien entre nos efforts pour sortir de la crise économique et cette question. La question demeure en suspens mais nous ne l’aborderons pas.