Ath
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nes
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le
7
mars
2010
Journaliste : En Allemagne, ces derniers temps, la Grèce est décrite comme un pays miné par le favoritisme, la corruption et la fraude fiscale. Athènes contre-attaque en portant des accusations de nazisme. Combien les relations entre les deux pays sont-elles tendues ?
M. D. Droutsas : Le niveau des relations gréco-allemandes est excellent, comme toujours. L'ambiance a particulièrement été tendue ces derniers jours au niveau des médias, de la part des deux parties. Nos citoyens savent bien que la période à venir sera difficile. Ils ont le sentiment d’avoir dans une certaine mesure apporté leur contribution. Malgré cela, ils ressentent ces pressions qui sont exercées et notamment les critiques, la mauvaise foi et les réprobations exprimées. Tout cela a engendré des sentiments exaltés et des malentendus.
Journaliste : Théodoros Pangalos, vice-président du gouvernement grec n’a pas manqué de souligner que les forces d’occupation allemandes lors de la seconde guerre mondiale ont pris l’argent et l’or des Grecs « sans jamais le rendre ». M. Petsalinos, le président du parlement hellénique a invité l'ambassadeur d'Allemagne à une audience.
M. D. Droutsas : Cela montre que le peuple grec a vraiment été contrarié. Mais je suis certain que cela ne reflète pas la véritable relation entre les deux pays.
Journaliste : Hitler avait imposé aux Grecs un emprunt contraignant de 3 milliards de dollars et lorsque les forces nazies se sont retirées de Grèce, elles ont laissé des dettes de 5 milliards d’euros environ. Y a-t-il des comptes qui n’ont toujours pas été réglés?
M. D. Droutsas : Lorsque l’émotion prend le dessus, alors les souvenirs du passé ressurgissent. Les Grecs ont beaucoup souffert pendant la seconde guerre mondiale.
Journaliste : Est-ce la raison pour laquelle 36 communautés grecques ont saisi la Cour européenne en revendiquant 23 milliards d’euros d’indemnités pour les exactions commises par les SS à Distomo et à Kalavryta ?
M. D. Droutsas : Effectivement, pour nous la question des indemnités allemandes demeure ouverte. C’est ce qu’a d’ailleurs souligné le Premier ministre Papandréou devant le Parlement. Mais nous ne saurions en aucun cas lier cette question à nos efforts d'assainissement des finances publiques grecques.
Journaliste : Mais le fait d’invoquer l’Histoire allemande n’est-ce pas pour faire diversion ?
M. D. Droutsas : Ces questions demeurent ouvertes et font toujours l'objet de discussions. Et quand lors d’une discussion l’émotion prend le dessus, alors elles sont respectivement utilisées comme outil. Or les deux parties ne permettront pas de s’éloigner de l’objectif recherché au moyen de cette discussion.
Journaliste : Est-ce que des pays européens, comme l’Allemagne et la France devront apporter leur contribution si la Grèce ne peut emprunter sur les marchés financiers à des conditions acceptables?
M. D. Droutsas : Jamais le gouvernement grec n’a demandé une aide financière à ses partenaires européens et elle n’a nullement l'intention de le faire. Nous sommes convaincus que nous réussirons par nos propres moyens.
Journaliste : Et si tel n’était pas le cas, qu’attendez-vous de l’UE ?
M. D. Droutsas : Que tous les Etats membres de l’UE envoient un message unanime, à savoir que la Grèce, grâce aux mesures adoptées, se trouve sur la bonne voie. Il en va de notre crédibilité. Nous avons besoin de la solidarité absolue de nos partenaires afin que les marchés financiers puissent de nouveau connaître une accalmie.