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Seul le prononcé fait foi.

 

 

Athènes, le 7 mars 2011

 

  

 

Sur la session du Conseil européen :

 

              Aujourd’hui débute une semaine cruciale, dans le sens où nous avons le Conseil européen de la zone euro, des 17, vendredi 11 mars, qui préparera le Conseil européen de Printemps des 24-25 mars. J’aimerais dire également que vendredi matin se tiendra un conseil européen extraordinaire des 27 consacré à la Libye et aux développements généraux, mais aussi à l'immigration clandestine, suite à notre demande et à celle des Italiens. Il est certain que la Grèce vient à ce Conseil européen en ayant une position très claire. En d’autres termes, nous pensons que l’heure est enfin venue – et nous ne sommes pas les seuls – de parvenir à une solution globale qui d'une part règlera de façon radicale et efficace et non provisoire la question de la dette et de la stabilité de la zone euro. Cela signifie simplement que le mécanisme devra être doté de ressources suffisantes, avoir une souplesse d’intervention sur les marchés d'obligations d’Etat, offrir des taux avantageux aux pays rencontrant des problèmes afin que le service de la dette soit viable. Et dans le même temps, pour nous notamment, la question de l'allongement qui est en principe régit par un accord. Et cela ne concerne pas seulement la Grèce, mais la zone euro dans son ensemble. Par ailleurs, dans le cadre de cette discussion engagée autour du sujet de la compétitivité de l'économie européenne, nous pensons qu’il faille renforcer ces politiques, il est nécessaire que l’économie européenne devienne plus compétitive, mais à deux conditions. Premièrement, la compétitivité ne se résume pas à l'aspect budgétaire, car nous savons que la proposition franco-allemande était quelque peu restrictive dans ce sens. Pour nous, la compétitivité doit être synonyme de convergence, de croissance, de dialogue social et sur ce plan nous pouvons dire que nous avons réussi avec d'autres pays. Cela est important, tout comme cette idée de souplesse, autrement dit les objectifs doivent être fixés au niveau européen et il appartient à chaque Etat membre de les réaliser, grâce à sa politique et à ses moyens de mise en œuvre. 

 

              L'Allemagne a une voix forte, mais les 17 pays seront réunis à la même table. D'après notre expérience, les choses sont toujours difficiles au début, mais à la fin il y a toujours un compromis. Plusieurs facteurs entrent en jeu pour qu’une décision soit prise. L’important est que la décision soit bonne. Car il ne faut pas oublier que ces dernières semaines les marchés sont caractérisés par une certaine accalmie en apparence en attendant une solution.  Et si une décision n’est pas prise, ce n’est pas la Grèce qui en souffrira le plus, mais d'autres pays. La Grèce est dotée d'un mécanisme lui permettant d'améliorer sa position. Par ailleurs, les développements plus généraux dans notre voisinage, la flambée des prix du pétrole, l’instabilité géopolitique, la crise de l’immigration que j’ai évoquée sont autant de facteurs dictant la nécessité pour les dirigeants européens – et je parle également de l’Allemagne – de prendre des décisions. Et la stabilité de la zone euro n’est pas seulement budgétaire. Elle doit être également politique et sociale.

 

              S’il n’avait pas été possible, l’année dernière - après une grande bataille livrée par Georges Papandréou - de mettre en exergue la dimension européenne et la responsabilité face à la crise et si le mécanisme n'avait pas alors existé pour la Grèce, notre pays aurait fait faillite, avec tout ce que cela aurait eu de conséquences pour la Grèce. Et la Nouvelle Démocratie devra rendre des comptes pour avoir conduit le pays au bord du précipice.

 

              Aujourd’hui, l’Europe demande une solution globale et un mécanisme permanent européen de gestion des crises, et nous nous battons pour que ce mécanisme soit le meilleur possible, la Grèce a livré cette bataille la première pour qu'il y ait un mécanisme européen.

 

              Cette semaine étant une semaine de bataille pour la Grèce, je conclurais sur une note positive. Demain, le Premier ministre rencontre les chefs politiques. Le front interne revêt toute son importance. J’admets en effet que nos vues ne convergent pas sur tous les plans. Cela est tout naturel car chaque parti a sa politique, mais il y a une composante dans cette bataille européenne. Et permettez-moi de dire quelque chose de positif, M. Samaras lors de la rencontre du Parti populaire européen a soutenu les positions grecques. Des positions que le Premier ministre a mises sur la table, comme par exemple la question des obligations européennes, la question des taux d’intérêt. Par conséquent, je pense qu’il existe cette composante qui pourrait donner lieu à la formation d’un front intérieur et j’espère que cette unité sera exprimée car cela renforcera les efforts en vue de la réunion de vendredi. Je pense donc qu’en moment actuel c’est sur la bataille que nous devons axer toute notre attention.

 

 

Sur la question des immigrés  en grève de la faim installés dans l’immeuble « Hypatia » et la question de l’immigration illégale :

 

        La législation européenne n’autorise pas la légalisation massive. Elle n’autorise que l’examen de chaque cas séparément sur la base des critères et des possibilités prévues par la législation. Je voudrais évoquer brièvement cette question et en général la question cruciale de l’immigration. Pour ce qui est de cette question précise, je pense que toutes les parties doivent faire preuve de sérieux et de flexibilité. Tous ceux qui sont en position d’influer sur la situation, doivent accepter la proposition du gouvernement. Cette proposition revêt un caractère humanitaire et offre une solution à la situation actuelle.  Force est de rappeler que le gouvernement a de nouveau proposé un séjour à titre provisoire de six mois susceptible d’être renouvelé pour une durée de six mois. Et c’est dans ce cadre que sera examiné chaque cas à titre individuel  car, comme vous l’avez affirmé M. Arvanitis, il existe parmi les grévistes de la faim des personnes qui remplissent les critères y relatifs et par conséquent ils pourraient se voir octroyés un permis de séjour permanent. Il s’agit d’une question d’importance majeure et à cet égard il faut faire preuve de raison et de flexibilité. Pour ce qui est maintenant de cette question considérée dans son ensemble, la Grèce subit probablement les plus grandes pressions par rapport aux autres pays de l’Europe. D’après les données statistiques européennes, d’après les données de la Frontex, 90% des immigrants illégaux entrent sur le territoire européen à travers nos frontières à l’est.

         A l’égard de cette question, il y a certains qui adoptent une position intransigeante, à savoir pleine légalisation ou rien. Mais, vu que la société grecque est confrontée à une grave crise économique, nous devons adopter une approche à deux niveaux. D’une part, la Grèce contemporaine de 2011 devrait être dotée d’une législation, de la législation qui vient d’être adoptée concernant l’asile et les infrastructures, car 45 000 demandes se sont accumulées les unes sur les autres toutes ces années. Et d’autre part, nous devons surveiller nos frontières de manière efficace et rendre cette question européenne  à travers la révision du règlement Dublin II.  Force est également de signaler que les évolutions en Afrique du nord pour la première fois, au moins depuis les six mois que j’exerce mes fonctions au sein du ministère des Affaires étrangères, donnent lieu à des alliances élargies au profit de la Grèce. A savoir, avant Noël, personne ne voulait participer au règlement de ce problème. Mais après les évolutions en Afrique du nord, des pressions commencent à être exercées sur l’Italie et l’Espagne commence à avoir peur. Maintenant, tous les ministres des pays de la Méditerranée soulèvent cette question et ce dossier fera l’objet des discussions lors de la réunion qui se tiendra vendredi prochain.

              Maintenant, nous demandons par voie officielle la révision du règlement Dublin II en vue de 2012, une révision qui aurait été faite de toute façon. Quelle est notre position ? Nous soutenons la position de la Commission européenne, à savoir nous sommes en faveur de la solidarité et de la répartition équitable des charges ainsi qu’en faveur du soutien accordé aux pays qui subissent les plus grandes pressions dues aux flux migratoires. Nous sommes plus optimistes car les pays tels que l’Italie aux frontières extérieures au sud de l’UE ont subi les mêmes pressions et comme vous pouvez le constater vous-mêmes, la Frontex en mer Egée aussi, a contribué à la diminution de l’ampleur du phénomène.

                      Depuis le mois d’octobre, la Frontex opère également à nos frontières terrestres à Evros. Il est communément admis par toutes les forces politiques que le soutien européen aux frontières extérieures du pays est au profit de la Grèce. Car cela ne concerne pas seulement la surveillance policière. Le nombre de personnes traversant les frontières d’Evros a diminué de 30%. Ces personnes essayeront éventuellement de trouver d’autres points de passage mais elles ne transiteront pas par le territoire grec car il s’agit d’un phénomène qui fonctionne comme des vases communicants.

 




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