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M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. La ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis, se déplacera demain, vendredi, à Munich, en vue de participer aux travaux de la 45e Conférence sur la sécurité. Samedi 7 février, la ministre présidera le deuxième groupe de discussion de la Plénière de la Conférence portant sur le thème « OTAN – Russie : le pétrole, le gaz et le Moyen-Orient. L’avenir de la Sécurité européenne ». Participeront à ce groupe de discussion, le ministre britannique des Affaires étrangères, M. Miliband, le Premier ministre d’Ukraine, Mme Tymoshenko, le Sénateur des Etats-Unis d’Amérique, M. McCain et le Vice-premier ministre russe, M. Ivanov.

 

Dans le cadre de sa tournée dans les pays des Balkans occidentaux, en sa qualité de présidente de l’OSCE, Mme Bakoyannis visitera Tirana, lundi 9 février. Mme la ministre rencontrera le président du pays, M. Topi, le Premier ministre, M. Berisha, le ministre des Affaires étrangères, M. Basha; Elle aura également l’occasion de s’entretenir avec la Présidente du Parlement, Mme Topalli ainsi qu’avec des représentants de partis politiques. Les principaux sujets abordés lors de ces rencontres sont l’évolution des programmes mis en œuvre par l’OSCE en Albanie, en coopération avec le gouvernement albanais, ainsi que les réformes dans le domaine judiciaire, dans le domaine de l’enregistrement de patrimoine et de la protection de la propriété, de la coopération policière, de la bonne gouvernance et de la coopération transfrontalière.

 

Jeudi 12 février, Mme Bakoyannis se rendra à Tbilissi, Géorgie, en sa qualité de présidente de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Dans le cadre de ce voyage, des rencontres de la ministre au plus haut niveau sont prévues avec des dirigeants politiques ainsi qu’une visite au siège de la mission de l’OSCE en Géorgie. A Tbilissi, Mme Bakoyannis aura l’occasion d'être informée sur les développements actuels dans la région, mais aussi de présenter ses propositions, les pensées de la présidence grecque afin de garantir la continuité de la présence de l'Organisation dans la région. Force est de rappeler que la contribution de la présidence grecque a été déterminante dans le règlement immédiat de la question cruciale du point de vue humanitaire de la fourniture de gaz naturel en Ossétie du Sud qui avait été interrompue depuis août 2008.

 

En ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Yannis Valinakis, lundi 9 février à 14h00, il rencontrera au ministère des Affaires étrangères M. Piotr Serafin, ministre adjoint des Affaires européennes de Pologne.

 

Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Kassimis recevra, vendredi 6 février à 11h00 et 11h30 les nouveaux ambassadeurs des Emirats arabes unis et du Maroc. Dimanche 8 février, il participera à la fête du nouvel an pour les enfants organisée par l’Association des Grecs pontiques du Sud de la Grèce et des Îles, en coopération avec le Secrétariat des Grecs de l’étranger. Enfin, lundi 9 février, il accompagnera la ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, à Tirana.

 

Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Miltiadis Varvitsiotis recevra aujourd'hui au ministère des Affaires étrangères l'ambassadeur d'Azerbaïdjan à 12h00, puis à 13h00, l'ambassadeur de Pologne et à 14h00, l'ambassadeur d'Allemagne. Vendredi 13 février, il participera aux travaux de la conférence internationale sur la «Stratégie de développement en Adriatique et en Mer Ionienne » organisée par le ministère des Affaires étrangères dans le cadre de la présidence grecque de l’Initiative Adriatique – Ionienne. Cette manifestation se tient à Corfou du 13 au 15 février.

 

L’initiative Adriatique – Ionienne a été instituée en 2000 avec la participation des pays suivants : Grèce, Italie, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Monténégro, Serbie et Slovénie, dans le but de créer une coopération entre les Etats participants dans les domaines de l'économie, du tourisme, des transports, du développement durable et de la protection de l'environnement, de l'éducation, de la culture et de la lutte contre le crime organisé. La priorité de la présidence que la Grèce assume depuis le 1er juin 2008 pour un an, est de promouvoir le tourisme régional dans les pays de l'Initiative Adriatique – Ionienne.

 

La conférence a lieu avec la participation des ministres des pays de l’Initiative Adriatique – Ionienne mais aussi de représentants des chambres de commerce, d'organisations de collectivités locales, d'établissements universitaires, des hommes d'affaires exerçant une activité dans les domaines du tourisme, des finances, des transports et des télécommunications ainsi que des associations professionnelles d'hôteliers et agents touristiques.

 

La conférence a pour but de permettre l'échange d'idées sur un partenariat régional élargi, la coordination des actions des partenaires sociaux ainsi que la mise en oeuvre d'objectifs futurs dans le cadre de l'Initiative Adriatique - Ionienne.

 

Vos questions s’il vous plaît.

 

***

 

M. MELETIS : Quand la ministre ira-t-elle en Ossétie, au siège de la mission de l’OSCE ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour le moment aucune date n’a été retenue, je ne peux donc rien annoncer.

 

M. MELETIS : Concernant les relations gréco-turques, la ministre des Affaires étrangères a accordé deux interviews dernièrement; dans la première sur «ΝΕΤ», elle indique qu’il n’y a aucune contestation concernant Agathonissi et qu’il ne faut pas que nous créions des problèmes de ce genre. Dans la deuxième, à Associated, elle déclare que nous recherchons les causes des violations croissantes de la Turquie dans la mer Egée. Est-ce la position officielle du ministère des Affaires étrangères, à savoir qu’il n’y a aucune contestation concernant Agathonissi et que nous recherchons les causes de l’attitude provocatrice de la Turquie dans la mer Egée.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Manifestement les propos de la ministre reflètent la position du ministère des Affaires étrangères. Cela ne veut pas dire que ces propos doivent être mal interprétés, ce qui arrive parfois.

 

M. MELETIS : Qui interprète mal ces propos, M. Koumoutsakos? J'espère que ce n'est pas moi que vous sous-entendez?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai utilisé la formule impersonnelle. Je ne parlais pas de vous.

 

M. MELETIS :   Avez-vous une indication précise, une dénonciation précise au sujet d’une mauvaise interprétation ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Non, je ne veux rien dénoncer. Il y a certains malentendus concernant des déclarations officielles. Ce n’est pas la première fois. Je sais que cela arrive souvent. Il ne s’agit pas d’une pratique habituelle mais à une époque où les informations sont diffusées très rapidement, cela arrive. Cela ne signifie pas que l’on ne doit pas le signaler.

Je répète donc.  Les affirmations de la ministre des Affaires étrangères, lorsque celles-ci ont été notées, sont bien entendu la position du ministère des Affaires étrangères. Cela dit, les éventuels malentendus ne concernent que ceux qui en sont à l’origine.

Cela dit, les positions du ministère des Affaires étrangères sur la question de la politique turque ont été notées de la manière la plus claire et officielle. Je vous conseille de recourir à la discussion engagée récemment au Comité permanent de la Défense et des Affaires étrangères du parlement hellénique, au discours de Mme Bakoyannis et à ses réponses.

S’agissant de l’autre question, il est évident qu’il revient au ministère des Affaires étrangères d’examiner la pratique ou les pratiques qui s’inscrivent dans le cadre de la politique turque. Une politique de contestation, de revendication qui depuis 35 ans est marquée tantôt par des moments de tension, tantôt par de moments de détente. Toutefois, les éléments principaux demeurent les mêmes, à savoir la politique de contestation et de revendication à l’encontre des dispositions du droit international.

 

M. MELETIS : Monsieur le porte-parole, je reviens sur la question d’Agathonissi car il s’agit d’un sujet qui se trouve au centre de nos préoccupations depuis ces derniers mois. Si la position du ministère des Affaires étrangères est qu’il n’y a pas de contestation de la part de la Turquie, cela modifie la façon dont on envisage les incidents précis et éventuellement la gestion générale des questions gréco-turques. C’est pourquoi je reviens sur cette question. Le ministère des Affaires étrangères pense-t-il qu’il y a une contestation de la part de la Turquie concernant les îles d’Agathonissi et de Farmakonissi ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : J’ai répondu à votre question de manière claire et indirecte en me référant  à la politique turque qui demeure inchangée…

 

M. MELETIS :  Excusez-moi de vous interrompre mais ma question ne porte pas sur la politique de revendications de la Turquie en général mais sur son attitude précise à l’égard d’Agathonissi et de Farmakonissi : y a-t-il une contestation de la part de la Turquie concernant ces deux îles ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS:   Je pense avoir répondu à votre question car j’ai évoqué la politique turque qui demeure inchangée durant ces 35 dernières années.

La nature de la politique turque est bien connue. Nous savons très bien en quoi elle consiste : l’espace aérien, la logique inacceptable des « zones grises », l’interprétation arbitraire donnée [par la Turquie] aux conventions internationales, à l’espace international des responsabilités. Je me réfère plus précisement à la région d’information de vol (FIR d’Athènes).

Tous ces éléments attestent de la nature inchangée de la politique turque. Je pense avoir donné une réponse complète à votre question.

 

Mme MELISSOVA : Un article a paru aujourd’hui dans la presse qui parle d’un projet concernant les ciels européens qui « rognera » ou qui pourrait « rogner » le droit national.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : D’après les informations du ministère des Affaires étrangères fournies par les personnes compétentes en la matière qui ont suivi tous ces processus, il n’y a aucun changement dans les articles qui pourrait influencer de manière négative les intérêts nationaux ou les responsabilités d’un pays.

Par conséquent, il n’est pas question de violation des droits souverains, ni des responsabilités de la Grèce, que ce soit dans l’espace aérien national ou dans l’espace d’information de vol, à savoir le FIR d’Athènes.

 

Mme VOUDOURIS : La ministre aura-t-elle des entretiens bilatéraux lors de la Conférence à Munich.

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il y aura trois rencontres mais il est possible que d’autres se tiennent en marge de cette conférence. La ministre des Affaires étrangères s’entretiendra avec ses homologues roumain et bulgare ainsi qu’avec M. Holbrooke.

 

M. KAKARNIAS : Quelle est la position du ministère des Affaires étrangères sur le rapport du State Department publié il y a deux jours ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Non. Les questions évoquées dans ce rapport ne relèvent pas de la responsabilité du ministère des Affaires étrangères. A titre de position générale, je voudrais souligner que ce rapport révisé n’influence guère les relations gréco-américaines.

 

M. KAPOUTSIS : Vous avez dit que la Turquie suivait une politique de contestation dans la région de l’Egée. Vous parlez éventuellement de la contestation du statut souverain et légal. Comment envisagera le ministère des Affaires étrangères cette politique de contestation ? Quels moyens utilisera-t-il ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je me suis référé à la politique turque qui reste inchangée. Une politique à laquelle ont été confrontés tous les gouvernements grecs tout au long de ces 35 dernières années. La partie grecque n’a pas changé son attitude à l’égard de cette politique. Il y a éventuellement des différences quant aux tactiques suivies chaque fois mais les principaux éléments demeurent les mêmes.  Je peux citer quelques exemples.

Premièrement, le soutien ferme des dispositions du droit international, des conventions internationales, des règles internationales et des accords convenus au niveau international.

Deuxièmement, la réaction opérationnelle et dans un même temps diplomatique et politique aux violations commises par la Turquie.

L’objectif de la politique étrangère de la Grèce concernant les relations gréco-turques est double. D’une part la réaction immédiate et efficace à la contestation du droit international et des règles internationales qui régissent le statut de la mer Egée mais aussi d’autres questions qui relèvent des relations bilatérales. D’autre part, des efforts consentis de manière responsable et soutenue en vue de créer les conditions et les perspectives nécessaires pour une amélioration substantielle visant à la pleine normalisation des relations gréco-turques.

Notre objectif est stratégique. Je dirais même qu’il s’agit d’un objectif suivi par tous les partis car tous les gouvernements qui ont géré de manière responsable ces questions tout au long de cette période de 35 ans visaient à ce même objectif.

Inutile de dire que – puisque j’ai parlé de la pleine normalisation – l’une des conditions inviolables de la pleine normalisation des relations gréco-turques est le règlement de la question chypriote et la réunification de Chypre.

 

M. MELETIS : En quelle qualité s’entretiendra la ministre avec M. Holbrooke ? Car je crois que ce dernier est responsable pour le Cachemire et le Pakistan, n’est-ce pas?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il assistera à la réunion de Munich. Il y a eu une demande en faveur d’une rencontre et rencontre il y aura.

 

M. MELETIS : Qui a demandé cette rencontre ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : M. Holbrooke.

 

M. ATHANOSSOPOULOS : Parmi le grand nombre de responsabilités de M. Holbrooke figure l’Afghanistan. Est-ce que cela est lié au fait que M. Holbrooke a demandé cette rencontre car il est bien connu que l’OTAN et les Etats-Unis  cherchent à obtenir le soutien des alliés…

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Il y a l’OSCE, notre présidence. Quoi qu’il en soit, les questions abordées vous seront communiquées à l’issue de la rencontre.

 

M. POLLATOS : J’aimerais revenir au rapport révisé du State Department sur la Grèce. Vous avez dit que le contenu du rapport ne relève pas de la compétence du ministère des Affaires étrangères. L'image du pays à l'étranger ne relève-t-elle pas de la compétence du ministère des Affaires étrangères ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS: Le ministère des Affaires étrangères est bien entendu concerné par ces éléments comme l’image internationale du pays qui portent sur la politique étrangère, son attitude au  niveau international.

Toutefois, vous savez quelle est la structure du gouvernement grec. La gestion globale de l’image internationale d’un pays n’entre pas exclusivement dans la sphère de responsabilité du ministère des Affaires étrangères.

 

Mme KOURBELA : Quel est l’agenda de l’OSCE pour les prochains jours ?

 

M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai déjà présenté l’agenda  dans mon introduction. Il y aura une visite en Albanie lundi prochain, puis à Tbilissi, Géorgie.

Merci

 




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