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Mme H. CLINTON : C’est avec un grand plaisir que j’accueille le Premier ministre grec au ministère des Affaires étrangères. J’ai le privilège de le connaître depuis longtemps, à l’époque où nous assumions tous les deux des fonctions différentes. Je suis ravie de pouvoir actuellement coopérer avec lui.

Avant d’entamer notre discussion, je voudrais dire quelques mots sur l’Irak. Hier, des millions d’Irakiens ont réaffirmé leur engagement à un avenir démocratique et ont rejeté une campagne de terreur. Ces élections marquent une étape importante tant pour le peuple irakien que pour notre relation qui est en train d’évoluer vers une relation de partenariat durable, notamment politique qui est axée sur le respect et l’intérêt mutuels.

Je tiens à féliciter tous les candidats qui ont participé à ces élections ainsi que tous les citoyens qui ont voté et nous attendons avec grand intérêt la coopération avec le nouveau gouvernement aussitôt que celui sera formé.

Bien évidement la Grèce est le berceau de la Démocratie et chaque fois que des élections démocratiques sont tenues dans une région, quelle qu’elle soit, du monde, la Grèce devrait revendiquer les droits de propriété intellectuelle  car, Monsieur le Premier ministre, le peuple grec…


M. G. PAPANDREOU : Cela pourrait aussi nous aider à combler notre déficit !

Mme H. CLINTON : Oui, c’est vrai. C’est une nouvelle façon de « boucher le trou »!

Par cela je veux dire que la Grèce a légué au monde et à la civilisation des valeurs démocratiques, des valeurs qui ont contribué pendant longtemps à la sécurité et à la prospérité de tous les citoyens dans le monde entier.

Nous avons eu une discussion sur un bon nombre de questions. Bien entendu, en tant que pays alliés au sein de l’OTAN, nous travaillons ensemble à un grand nombre de questions et je voudrais remercier le Premier ministre grec pour la contribution de son pays à notre mission en Afghanistan.

Nous savons ce que signifie être entouré de terroristes et ce que signifie devoir faire face au terrorisme. Nous voulons que la paix règne partout. Nos défis sont communs, l’un d’entre eux est le défi économique. Tant les Etats Unis que la Grèce doivent relever des défis au niveau entrepreneurial.

Je sais que cette période est difficile pour la Grèce et je tiens à remercier le Premier ministre grec pour la façon dont il a géré la situation et pour les efforts qu’il a consentis pour relever les défis dès le début de son mandat.

Nous soutenons la Grèce et les mesures économiques draconiennes que prend le gouvernement en vue de lutter contre cette situation. Le Premier ministre et moi avons discuté aujourd’hui de ces questions et nous aurons également des contacts étroits à l’avenir.

Nous avons également discuté des questions relatives aux Balkans, une région où la Grèce joue un rôle-clé  pour promouvoir le développement économique, la stabilité et la démocratie dans la région entière tout en aidant aussi à l’adhésion des pays balkaniques aux Organisations euro-atlantiques ce qui est essentiel pour la stabilité de la région et pour le développement. Et nous félicitons la Grèce pour son rôle de protagoniste à cet égard.

En outre, j’au eu l’opportunité de discuter avec M. Papandréou de efforts déployés sans cesse pour renforcer les relations entre la Grèce et la Turquie. Il a été à la tête d’une importante initiative par le biais d’une diplomatie personnelle. La Grèce et la Turquie sont des alliés au sein de l’OTAN et deux amis proches des Etats-Unis. L’établissement d’une relation constructive entre les deux pays est dans l’intérêt des deux nations.

Pour ce qui est de Chypre, je voudrais encore une fois faire part de notre solidarité pour ce qui est des négociations menées pour parvenir à un règlement de la question chypriote, sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. Je tiens à remercier les deux dirigeants pour leur travail laborieux afin que du progrès soit réalisé sur cette question.

La Grèce est un allié précieux et un partenaire crédible. Je sais que le président Obama attend avec intérêt sa rencontre avec le Premier ministre grec.

Nous vous remercions beaucoup M. Papandréou pour votre amitié et pour votre visite.

M. G. PAPANDREOU : Je vous remercie Mme Clinton. C’est une grande joie doublée d’un grand honneur de travailler avec vous, en ma double qualité. Je sais que nous nous sommes entretenus à plusieurs reprises dans le passé dans un autre cadre et je sais que nous demeurons tous les deux attachés aux mêmes principes et idéaux pour nos pays. Mais au niveau personnel aussi, nous aspirons à la prospérité et à la paix dans le monde.

Nous ne revendiquerons pas des droits de propriété intellectuelle même si la  Grèce est le berceau de la Démocratie et que la démocratie est une valeur de notre pays. Comme vous le savez, la Démocratie est un bien précieux. Nous exprimons tous nos meilleurs vœux aux citoyens de l’Irak et au nouveau gouvernement. Nous espérons que le nouveau gouvernement œuvrera pour le bien du peuple irakien.

Je pense que ce peuple pourra ainsi faire face à ses problèmes et envisager l’avenir d’une manière plus favorable. La Démocratie conduit à la stabilité mais aussi à la sécurité.

Cela implique la cohésion sociale et l’inexistence de problèmes financiers. C’est à une société de ce genre que nous aspirons.

La crise économique que traverse la Grèce nous a fait comprendre que dans la cadre de la mondialisation notre système économique pourrait subir des pressions. En outre, nous avons réalisé que nous avons besoin de certaines régulations, d’un cadre régulateur pour pouvoir assurer que les marchés fonctionneront au profit de nos citoyens.

Il s’agit d’un défi démocratique que nous devons relever, d’un message transmis par l’Union européenne et par les dirigeants européens avec lesquels je me suis entretenu il y a quelques jours, à savoir Mme Merkel, M. Sarkozy, M. Brown et M. Zapatero.

Force est de signaler que nous attendons avec intérêt la rencontre dans le cadre du G-20  en vue d’aborder en tant que dirigeants européens les futures perspectives de la stabilité.

Nous, en Grèce, essayons de faire face à la crise. Je vous remercie pour vos propos chaleureux. En effet, nous avons pris des décisions très difficiles pour réduire notre déficit et pour assurer que notre économie continuera son parcours ascendant. Nous voulons assurer que notre économie se redressera sur la base du développement vert ce qui est très important pour attirer des investissements mais aussi pour le développement de notre industrie touristique. De plus, nous voulons une société juste et transparente. C’est un changement important.

Je vous remercier pour votre solidarité. Dans un même temps, comme vous avez pu vous-mêmes le constater, il existe souvent des pratiques qui ne facilitent pas le travail des pays, en raison de la spéculation. A cet égard, nous pensons que la coopération entre l’Europe et les Etats-Unis revêt une importance majeure afin que la stabilité soit établie que la crise ne s’étende pas à d’autres régions du monde.

Je partage l’avis de la Secrétaire d’Etat pour ce qui est de notre travail commun à un très grand nombre de questions différentes. Pour ce qui est des Balkans, nous voulons la stabilité et la Grèce a assumé l’initiative de promouvoir l’idée d’après laquelle les Balkans occidentaux doivent faire partie de la famille européenne d’ici à 2014.

Bien évidemment, il existe des conditions précises mais au terme de ces efforts nous pensons que la stabilité sera établie dans la région élargie. La Grèce est en faveur d’une telle éventualité, elle veut la paix et la stabilité en Méditerranée mais aussi au Moyen-Orient, une région qui est au centre de nos préoccupations.

Il est évident que les relations gréco-turques sont très importantes pour nous. Nous avons soutenu les efforts consentis par la Turquie en vue d’adhérer à l’Union européenne mais dans un même temps, nous pensons qu’il y a des problèmes que nous sommes appelés à régler tout au long du parcours de la Turquie vers son adhésion à l’Union européenne.

En outre, au niveau des relations bilatérales, des progrès supplémentaires doivent être faits. La Turquie doit respecter les droits de l’homme, mais il y a aussi la question de Chypre qui divise nos pays, car comme vous le savez, il y a des troupes d’occupation dans la partie nord de l’île. Nous devons libérer Chypre de l’activité de l’armée turque et permettre aux deux communautés, les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, de tracer leur propre parcours.

Aujourd’hui, Chypre est membre de l’Union européenne et j’aimerais souligner que j’ai soutenu pleinement le Président Christofias, son travail, ses efforts, afin qu’il poursuive les négociations pacifiques et les pourparlers en vue de parvenir à une solution équitable, dans le cadre d’une fédération bizonale, bicommunautaire, conformément aux résolutions de l’ONU.

Plus l’on parviendra vite à une solution, mieux cela vaudra. Il va sans dire qu’une telle solution doit respecter l’acquis européen et la législation européenne.

Enfin, j’aurais bientôt une rencontre avec le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, nous aurons des entretiens privés et je pense que cette rencontre symbolisera le renouvellement de notre rapprochement, qui a commencé il y a quelques années et qui marque un meilleur avenir.

J’aimerais donc pouvoir observer un progrès dans nos relations bilatérales, que nous puissions travailler de concert et montrer au monde que les anciens amis déloyaux peuvent désormais constituer un modèle de bons partenaires dans un monde mondialisé.

Nous devons montrer que lorsque nous travaillons de concert, nous pouvons coexister avec succès.

Je vous remercie beaucoup pour votre invitation.

JOURNALISTE : Madame Clinton, que peuvent faire les Etats-Unis pour aider la Grèce dans cette conjoncture économique difficile ? Et monsieur le Premier ministre, que voudriez-vous de vos partenaires européens afin que le coût d’emprunt de la Grèce soit réduit ? Faudra-t-il trouver une aide précise ? Faudra-t-il des garanties de la part des banques ? Et pour quelle raison le marché devrait-il avoir confiance en la Grèce, quand l’économie grecque est appelée à endosser les mesures d’austérité que vous avez adoptées il y a quelques jours ? Pourquoi les citoyens grecs devraient-il se sentir à l’aise face à l’avenir ?

M. G. PAPANDREOU : J’aimerais avant tout dire que la société grecque, les citoyens grecs savent très bien que nous sommes appelés à relever des défis précis. Nous sommes appelés à changer notre pays.

Comme vous le savez, j’ai été élu il y a quelques mois, avec le mandat d’effectuer ce changement. Les citoyens m’ont élu pour le faire, pour faire des changements profonds, structurels sur le plan économique, pour promouvoir une société plus juste, plus transparente, pour que nous puissions avoir un nouveau modèle de changement basé sur le développement vert. Et nous pensons que nous aurons une économie très compétitive, par exemple, nous axerons notre action sur les îles vertes, les îles écologiques, les sources renouvelables d’énergie, le tourisme de haut niveau.

C’est pourquoi nous pensons, et je ne vous ai donné qu’un seul exemple, que l’avenir est rose en Grèce. Nous devions manifestement prendre des mesures rapidement. Ces mesures nous les avons prises car nous devions faire face à nos besoins d’une part, et aux exigences de nos partenaires d’autre part. Nous devions montrer que nous voulons réduire notre déficit et garantir à nos prêteurs qu’ils investissent dans une économique en développement constant et leur assurer qu’ils ont des intérêts à tirer de ces investissements.

C’est ce que nous devions faire et nous l’avons fait. Il y aurait certes eu des problèmes si nous continuions à emprunter à des taux élevés, à des taux supérieurs à ceux auxquels empruntent la majorité des pays européens, par exemple à un taux double que celui auquel emprunte l’Allemagne. Cela n’aurait pas été possible. Nous n’aurions pas été compétitifs.

Pour cette raison, nous soulignons que nous voulons le soutien de l’Union européenne. Si nous voyons que les spéculateurs ne nous laissent pas faire des pas en avant, alors nous aurons besoin du soutien de l’Union européenne. Nous ne voulons pas de mesures de sauvetage, nous ne voulons pas de soutien économique, nous voulons un soutien politique, nous voulons des taux d’emprunts normaux.

Je pense que nous sommes bien plus précis pour ce qui est de nos idées. Maintenant nous savons comment nous allons y parvenir et naturellement l’Union européenne voit quels sont les outils que nous devrons exploiter s’il y a des problèmes sur notre marché, le marché grec.

Si nous sommes confrontés à des problèmes, il y aura des outils qui nous permettront de faire face à des spéculations de ce genre. A long terme, nous savons que l’Union européenne examine la solution d’un fonds monétaire européen, ou d’obligations européennes, mais cela prendra du temps car cela nécessitera de changer certains traités européens.

H. CLINTON : Ni le Premier ministre, ni la Grèce, ont demandé quoi que ce soit aux Etats-Unis. Nous soutenons les pas accomplis par la Grèce, nous félicitons le Premier ministre grec et son gouvernement pour les pas accomplis et les changements qu’il est appelé à adopter, compte tenu des changements économiques et de la situation économique dont il a hérité.

Je pense, comme l’a dit le Premier ministre lui-même, que la Grèce attend des Etats-Unis, dans le cadre du G-20, de procéder à des changements du cadre législatif régissant ces outils économiques, qui ont été utilisés au détriment de plusieurs pays, dont les Etats-Unis.

Il y a quelques années, nous n’avions jamais entendu parler de ces swaps, que ce soit ici ou en Grèce. Nous essayons donc de nous concentrer sur les problèmes directement liés à la crise, comme l’a dit le Président Obama, il y a un an lorsqu’il a assumé ses fonctions, et comme le fait maintenant le Premier ministre grec ; mais dans le même temps, nous devrons examiner l’avenir, voir comment nous pourrons éviter les conséquences d’un marché et d’une économie mondiale déréglementés.

Nous voulons éviter les conséquences néfastes et ne pas rencontrer de problèmes à l’avenir.

JOURNALISTE : Madame Clinton, pouvez-vous nous dire quel est le rôle de la Grèce dans les Balkans. Souvent le gouvernement américain parle de « partenaire stratégique ». Le Premier ministre a parlé du rôle central de la Grèce dans la région élargie des Balkans. Pour vous quel est le rôle de la Grèce dans cette région ?

H. CLINTON: J’estime vraiment que la Grèce est un partenaire stratégique avec un rôle stratégique. Le Premier ministre grec a parlé d’un délai jusqu’en 2014 pour aider les Balkans occidentaux à se préparer à leur adhésion aux organisations euro-atlantiques et nous suivons cette même stratégie.

Outre cette stratégie, néanmoins, la Grèce a été un allié nécessaire dans la stabilisation des Balkans et la fourniture d’une aide particulière dans ce domaine. Les troupes grecques au Kosovo ont été un parfait exemple de cette aide. L’aide fournie en Bosnie-Herzégovine est également un exemple éloquent de l’aide grecque dans les Balkans.

En tant que pays voisin, la Grèce travaille avec les gouvernements régionaux et souhaite bien entendu le développement de la région élargie. Nous acceptons l’aide de la Grèce et estimons l’aide de la Grèce. Nous pensons que cette aide est très importante pour permettre la paix et la prospérité à l’avenir.

Nous travaillons de concert, en tant que partenaires. Nous soutenons les initiatives unilatérales de la Grèce et naturellement nous nous engageons à le faire à l’avenir.

Je vous remercie beaucoup.




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