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Athènes, le 9 septembre 2010

 

 

Points principaux :

 

(Concernant le projet de décision de l’Assemblée générale de l’ONU relatif à la question du Kosovo)

 

·                      La position de la Grèce concernant le Kosovo est connue, elle est immuable et nous continuons les efforts que nous déployons avec nos partenaires à l’Union européenne afin que nous puissions parvenir à l’intégration européenne de la région.

·                      La Grèce a été le premier pays à visiter la région après l'avis consultatif de la Cour internationale. Nous avons visité la région afin de souligner notre vision sur la perspective européenne de l'ensemble de la région des Balkans occidentaux, et précisément le rôle que peut jouer l'Union européenne pour pourvoir trouver une solution à la question du Kosovo.

 

 

(Concernant l’ARYM et la possibilité de rencontres dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU)

 

·          Aucune visite n’a été programmée. Toutefois, notre souhait est de saisir l’occasion du changement de direction du ministère des Affaires étrangères pour organiser à New York la semaine prochaine une rencontre avec l’envoyé spécial du SG. Nous pensons qu’une telle rencontre sera très utile.

·          Grâce à nos actions, des améliorations ont été notées, notamment au niveau du contact entre les chefs politiques des deux pays, mais nous n'avons pas trouvé l'écho positif attendu de la part du pays voisin.

·          Un jour le pays nous envoie une invitation, le lendemain il accuse la Grèce dans une interview de tous les maux de ce monde. Nous ne pouvons avancer ainsi, cela n'est pas logique.

·          Même si nous recevons des messages contradictoires de la part de Skopje, nous poursuivons notre effort en vue d’améliorer les relations bilatérales avec le pays voisin et d'ouvrir la voie vers la perspective européenne de ce dernier.

·          C’est plutôt le contraire – et j’aimerais le souligner – et souvent nous voyons paraître dans la presse du pays voisin des articles agressifs. Nous ne comptons pas nous laisser emporter par une telle logique. Nous ne comptons pas répondre aux provocations par des provocations. Nous ferons le contraire. Nous continuerons nos efforts afin que nous puissions avancer.

·          Une proposition (finale) n'a pas été soumise par M. Nimetz.

 

 

(Concernant la visite de M. le ministre des Affaires étrangères à Chypre)

 

·          La visite est empreinte d’un symbolisme fort car c’est la première visite que M. le ministre des Affaires étrangères effectue depuis la prise de ses nouvelles fonctions. Par ailleurs, elle est dotée d’un objectif très fort puisque nous nous trouvons à une phase cruciale du dossier chypriote, avec des négociations en cours. C’est pourquoi nous avons besoin de communications d’informations claires et d’une très bonne coordination avec la République chypriote afin que nous puissions définir les actions à entreprendre.

 

 

(Turquie et question chypriote)

 

·          Il ne faut pas oublier que la perspective d’adhésion de la Turquie est corrélée au règlement de la question chypriote... Le progrès de la Turquie vers l'UE passe par le règlement de la question chypriote.

·          La Turquie joue un rôle crucial, déterminant avec son armée d’occupation à Chypre, car il ne faut pas oublier que la question chypriote est une question d'invasion et d'occupation. La Turquie a maintenant l’occasion de faire des pas en avant qui permettront de faire avancer les négociations et de réinvestir dans sa perspective européenne.

 

(Coopération Grèce – Israël)

 

·          L’intensification des relations avec Israël s’intègre dans un cadre stratégique que nous avons choisi. Il s'agit d'un choix stratégique sur lequel nous continuerons de travailler afin d'approfondir les relations dans l'intérêt des deux pays.

·          Notre région, la Méditerranée orientale et le Moyen-Orient, est une région très sensible. C’est pourquoi il convient de saisir toute occasion visant à intensifier et à renforcer la coopération avec tous nos voisins. Cette relation n’est pas une relation compétitive, j’aimerais le souligner. Elle a des bases solides, et c’est sur ces bases que nous voulons construire.

 

 

(Référendum en Turquie)

 

 

·          La Grèce souhaite avoir un voisin stable, avec des institutions démocratiques fortes et une orientation européenne claire. Un pays qui procèdera à des réformes et se rapprochera à grands pas de l’Union européenne.

·          Dans le même temps, elle souhaite que l’Union européenne envoie un message clair à la Turquie, à savoir que sa destination finale, lorsqu'elle se sera acquittée de toutes ses obligations, est la pleine adhésion.

·          Enfin, pour ce qui est des relations UE – Turquie, nous devons parler en des termes clairs. Ne pas nous cacher derrière des clichés et des stéréotypes. C'est cette Turquie que nous voulons et c'est ce comportement que nous attendons.

 

(Concernant l’invitation Milososki au MAE de visiter Skopje)

 

·          Nous souhaitons vivement effectuer une visite à l’avenir lorsque les conditions seront appropriées, mais nous pensons que nous devons être francs dans nos relations. On ne peut d'un côté envoyer nos vœux et dire « nous devons davantage renforcer nos relations » et de l’autre accuser la Grèce. Cela n’est pas cohérent.

·          M. Milososki doit enfin décider comment il entend sa relation avec la Grèce. Pour notre part, la bonne volonté existe, mais nous devons être francs pour que cette discussion puisse avoir un sens.

 

(Turquie et UE)

 

·          La discussion portant sur une relation moins que complète, une relation spéciale, bref une relation qui a été qualifiée de plusieurs façons, n’est pas dans notre intérêt. Nous devons parler sur la base de conditions claires. Les demi-mesures n’ont pas de sens.

·          Pour cette raison, l’UE et la Turquie doivent parler de façon claire. Car la Turquie devra – si bien entendu ce que disent ses chefs politiques est vrai, à savoir que l'adhésion à l'UE est une priorité - faire les réformes nécessaires. Et l'Union européenne pour sa part devra envoyer un message clair : si tout cela est accompli, alors en effet un avenir européen est possible.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je commencerais par le programme de M. Droutsas, ministre des Affaires étrangères. La rencontre d’aujourd’hui avec Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO débutera à 13h10 et sera suivie d'un point de presse.

La nouvelle Directrice générale de l’UNESCO effectue sa première visite officielle dans notre pays depuis la prise de ses nouvelles fonctions en 2009 et participera à la conférence internationale de l'UNESCO qui se tient aujourd'hui à Athènes jusqu'au 11 septembre.

A 17h00, le ministre aura une rencontre avec le Dr Asha-Rose Migiro, Secrétaire générale adjointe de l’ONU, qui sera la principale oratrice à la conférence de l’UNESCO.

Vendredi, M. le ministre participera au Conseil ministériel qui se tiendra à Thessalonique et par la suite il se déplacera à Bruxelles, où a lieu la rencontre informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (Gymnich).

La rencontre portera principalement sur la préparation du Conseil européen du 16 septembre qui sera consacré à la coopération entre l’Union européenne et les partenaires stratégiques de l’UE. Les discussions porteront également sur la question de la présence de l’UE sur la scène internationale ainsi que sa relation avec la Turquie.

Samedi et dimanche, la direction du ministère des Affaires étrangères dans son ensemble sera à Thessalonique dans le cadre de la Foire internationale de Thessalonique.

Lundi, le ministre se rendra de nouveau à Bruxelles pour les travaux du Conseil Affaires générales, auquel participera également Mme Xenogiannakopoulou, ministre adjointe des Affaires étrangères.

La réunion du Conseil Affaires générales sera dominée par la préparation du Conseil européen du 16 septembre ainsi que la préparation du Conseil européen des 28 et 29 octobre consacré à la politique économique de l'UE, la position de l'Union européenne dans le cadre du sommet du G-20 qui se tiendra les 11 et 12 novembre à Séoul, le changement climatique en vue du sommet de Cancun ainsi que les relations transatlantiques.

Mardi 14 septembre, le ministre des Affaires étrangères sera reçu en audience par le président de la République, M. Papoulias en vue de l'informer des questions relevant de la politique étrangère. Plus tard, il aura une rencontre avec le Président d'Omonia, M. Bolanos.

A 18h00, une rencontre du Conseil national de politique étrangère est prévue sous la présidence du ministre des Affaires étrangères. Les points figurant à l’ordre du jour seront les développements dans notre région avec notamment les Balkans, le Moyen-Orient, la relation avec la Turquie et le dossier chypriote.

Le 15 septembre, nous organiserons une rencontre de la direction politique avec les journalistes diplomatiques sous la forme d'une conférence de presse. Nous vous communiquerons l'heure ultérieurement.

Pour ce qui est du programme de M. Kouvelis, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, aujourd’hui il accompagne le président de la République, M. Papoulias et le vice-président du gouvernement, M. Pangalos à l'inauguration du nouveau poste-frontière Kyprinou-Ivaïlovgrad, inauguration effectuée par les présidents de la Grèce et de la Bulgarie.

Vendredi, à 19h00, M. Kouvelis prononcera une allocution lors de la conférence «Parcours culturels en Méditerranée» qui a lieu à Thessalonique, à l’amphithéâtre du centre de conférences de la Banque Pireos.

Dimanche 12 septembre à 10h00, M. Kouvelis inaugurera le stand de la Banque de Commerce et de Développement de la Mer Noire à la Foire internationale de Thessalonique.

Mardi 14 septembre, M. Kouvelis rencontrera au ministère de l’Economie le Secrétaire d’Etat aux Affaires internationales de la Hongrie. La rencontre sera dominée par les questions bilatérales relatives au développement et aux investissements.

Enfin, mercredi 15 à 12h00, M. Kouvelis aura une rencontre avec la Directrice générale d’Action Aid International Mme Kerr, à l’occasion de la remise de signatures dans le cadre de la campagne «1 GOAL -  Education pour tous».

 

J’aimerais également souligner qu’hier nous avons eu un développement important concernant la décision de l’Assemblée générale sur le Kosovo qui fera l’objet d’une discussion. Il s’agit d’un développement très important allant dans le sens voulu par la Grèce, à savoir la nécessité de parvenir à un consensus et à un dialogue pour pouvoir arriver, par le biais d’un processus consensuel, à un résultat commun qui sera présenté à l’Assemblée générale.

Il est important de dire qu’hier les bases ont été jetées. Il reste quelques détails à voir qui font actuellement l’objet de discussions à New York, mais le vote devra avoir lieu d'ici lundi prochain. Je rappelle que la Grèce a été le premier pays à visiter la région après l'avis consultatif de la Cour internationale. Nous avons visité la région afin de souligner notre vision sur la perspective européenne de l'ensemble de la région des Balkans occidentaux, et précisément le rôle que peut jouer l'Union européenne pour pourvoir trouver une solution à la question du Kosovo.

Aujourd’hui, nous sommes confortés dans notre position. Des efforts et des travaux ont été faits pendant toute cette période par la Grèce et nos partenaires. Je rappellerais les contacts du Premier ministre avec le Président Tadic et autres partenaires. Je soulignerais également qu'hier le ministre des Affaires étrangères a eu une discussion avec le ministre des Affaires étrangères de la Serbie, M. Jeremic qui se trouve à New York.

Nous constatons que grâce à ces efforts, nous aboutissons enfin à une solution consensuelle. Dans le même temps, toutefois, l'attachement ferme de la Serbie à son parcours européen est de nouveau confirmé et nous pensons que cela est très important afin que nous puissions ouvrir la voie, aussi bien pour le Kosovo que pour la Serbie et l'ensemble de notre région, dans le sens de la perspective européenne.

La position de la Grèce concernant le Kosovo est connue, elle demeure ferme et nous continuons l'effort que nous consentons avec nos partenaires à l'UE afin que nous puissions parvenir à l'intégration européenne de la région.

 

MME M. KOURBELA : Monsieur Delavekouras, je voulais savoir, lorsque M. Erdogan est venu à Athènes, il y a trois mois, il avait été convenu d’ouvrir un port en Turquie pour la réadmission des immigrés clandestins. Est-ce que cela a été fait ?

Mon autre question porte sur l’ARYM. Les informations disponibles dans la presse de ce pays font état de la volonté du gouvernement de l’ARYM d’interrompre l’aide octroyée par l’UE si le nom « Macédoine » n’est pas utilisé. Est-ce vrai ? Merci.

 

M. G. DELAVEKOURAS : S’agissant de votre première question, en effet, il y a eu une rencontre d’experts, comme le prévoit le Protocole gréco-turc de réadmission et un groupe d'experts grecs a visité le port de Dikili qui devrait opérer comme point frontalier maritime à cette fin. Le processus est en cours.

S’agissant de votre deuxième question, nous avons en effet pu lire ces informations dans la presse et nous avons établi certains contacts en vue de vérifier le bien-fondé de ces informations. Je ne peux vous le confirmer, cette question relève des instances compétentes de la Commission européenne.

J’aimerais à cette occasion dire que nous continuons, malgré les messages contradictoires qui nous parviennent de Skopje, cet effort en vue d’améliorer nos relations bilatérales avec le pays voisin et dans le même temps ouvrir la voie vers sa perspective européenne.

Toutefois, cette relation doit être construite, reposer sur des bases solides. Cela signifie que nos relations devront être déterminées par les relations de bon voisinage, ce qui signifie que nous devons parvenir à un règlement de la question du nom. Une solution claire qui ouvrira la voie européenne, l’avenir euro-atlantique et contribuera à la valorisation substantielle des relations bilatérales Grèce – ARYM.

  

MME K. TSIBLAKI : Savez-vous si M. Nimetz a l’intention d’inviter la Grèce et Skopje pour lancer un nouveau tour de négociations et est-ce qu’en marge de l'Assemblée générale de l'ONU une rencontre entre le Premier ministre de la Grèce et de Skopje est éventuellement envisageable?

 

M. G. DELAVEKOURAS : A l’heure actuelle, M. Nimetz n’a pas fait d’invitation, il n’y a aucune rencontre de prévue. Toutefois, notre volonté est d’organiser une telle rencontre à New York la semaine prochaine à l’occasion du changement de direction du ministère des Affaires étrangères ainsi qu’une rencontre avec l'envoyé spécial du SG. Nous pensons que cela sera très utile.

Nous connaissons les efforts déployés par M. Nimetz. Il se consacre réellement à cette question et pendant toute cette période il consent des efforts inlassables. Il ne faut toutefois pas ignorer que pour réussir à sortir de l'impasse, à parvenir à une solution, la bonne volonté est nécessaire ainsi que la volonté politique des deux parties. La Grèce a prouvé à tout le monde, non seulement à M. Nimetz, mais aussi à tous nos partenaires, qu’elle a cette volonté, qu’elle œuvre dans ce sens. Grâce à nos actions, des améliorations ont été notées, notamment au niveau du contact entre les chefs politiques des deux pays, mais nous n'avons pas trouvé l'écho positif attendu de la part du pays voisin. Bien au contraire – et j’aimerais le souligner – et souvent nous voyons paraître dans la presse du pays voisin des articles agressifs. Nous ne comptons pas nous laisser emporter par une telle logique. Nous ne comptons pas répondre aux provocations par des provocations. Nous ferons le contraire. Nous continuerons nos efforts afin que nous puissions avancer.

Pour ce qui est de l’éventualité d'une rencontre des deux premiers ministres, il n'y a rien de prévu. Mais je ne peux exclure une telle éventualité. Comme vous le savez, il y a eu de nombreuses rencontres de ce genre dans le passé à l'initiative de la partie grecque; donc une visite de plus est très probable. Toutefois, nous devrons voir le programme des deux premiers ministres et les possibilités qui existent jusque là. 

 

M. M. POLLATOS : Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par «défis de la part de Skopje»? De quels défis voulez-vous parler ?

Deuxièmement, vous dites que le gouvernement a la volonté et cela est prouvé par ses contacts réguliers. Si je ne m’abuse, M. Milososki a proposé à M. Droutsas de visiter Skopje.

 

M. G. DELAVEKOURAS : C’est exactement de cette contradiction dont je veux parler. Un jour le pays nous envoie une invitation, le lendemain il y a une interview ou il accuse la Grèce de tous les maux de ce monde. Nous ne pouvons avancer ainsi, cela n'est pas logique. Les dirigeants politiques du pays voisin devront clarifier s'ils souhaitent réellement des bonnes relations avec la Grèce. Nous le souhaitons et nous continuerons d’œuvrer dans ce sens. Nous sommes déterminés à créer un climat positif, un climat qui permettra à la question du nom de progresser. Mais ces attaques ne contribuent à rien, si ce n'est qu'à provoquer des tensions en Ancienne République yougoslave de Macédoine, ce qui facilite encore moins l'atteinte d'un règlement.

 

M. LOUKAS : Une précision monsieur le porte-parole concernant la question chypriote tout d’abord et les déclarations faites aujourd’hui, si je ne m’abuse, par le ministre. Il a invité la Turquie, entre autres, à répondre de manière positive aux propositions telles que la restitution de Famagouste à ses habitants légitimes. Est-ce que cela signifie que les habitants légitimes retourneront à Famagouste et que celle-ci sera restituée à la partie chypriote grecque ou ses habitants légitimes pourront se rendre chez eux, la ville demeurant sous administration turque ?

Deuxième question : je suis tout récemment rentré de Chypre et je constate que les chefs politiques affichent un optimisme débordant pour ce qui est de l’axe Grèce-Chypre-Israël, suite aux visites en Grèce de M. Netanyahou et de M. Libermann à Chypre, un axe qui peut jouer un rôle substantiel dans le règlement de la question chypriote au profit, bien entendu, des Chypriotes grecs avec l’aide aussi du lobby juif à Nicosie. Par ailleurs, l’Archevêque de Chypre a fait une déclaration sur la visite de la délégation du lobby juif à Nicosie. Il a dit qu’on aurait dû valoriser ce lobby avant très longtemps afin que le règlement de cette question nationale soit facilité. Donc ma question est la suivante : est-ce que le gouvernement grec partage cet avis et cet optimisme et si les contacts entre M. Papandréou et M. Netanyahou ont eu lieu dans l’espoir de renforcer la position de la partie grecque dans le cadre des négociations ? 

 

 M. G. DELAVEKOURAS: Tout d’abord, ces deux derniers jours, le ministre des Affaires étrangères a effectué une visite très importante en République de Chypre. Une visite qui est empreinte d’un symbolisme fort car c’est la première visite que M. le ministre des Affaires étrangères effectue depuis la prise de ses nouvelles fonctions. Par ailleurs, elle est dotée d’un objectif très fort puisque nous nous trouvons à une phase cruciale du dossier chypriote, avec des négociations en cours. C’est pourquoi nous avons besoin de communications d’informations claires et d’une très bonne coordination avec la République chypriote afin que nous puissions définir les actions à entreprendre.

Les contacts qu’il a eus ont été très utiles. Le dialogue est toujours ouvert, les contacts continus et on constate qu’en dépit de cette conjoncture difficile, le Président Christofias à travers ses initiatives, a en fait fixé le cap pour sortir  de cette impasse.

Ces propositions sont très concrètes et très réalistes. Et, tout particulièrement pour ce qui est de la question de Varosha et du port de Famagouste, j’aimerais signaler que cette proposition peut donner une dynamique très importante à tout le processus de négociation et, dans le même temps, créer les conditions nécessaires pour que la perspective d’adhésion de la Turquie soit également dotée d’un nouvel élan. Car nous ne devons pas oublier que la perspective d’adhésion de la Turquie est corrélée au règlement de la question chypriote. Le progrès de la Turquie vers l'UE passe par le règlement de la question chypriote. C’est pourquoi la proposition de M. Christofias montre la façon dont on pourrait aller de l’avant au niveau des négociations et dans un même temps envisager l’éventualité d’ouvrir les chapitres qui pourraient donner une nouvelle dynamique à la perspective d’adhésion de la Turquie.

Il s’agit d’une proposition qui a été discutée dans le passé dans des conditions différentes. A l’époque la Turquie n’est pas allée dans ce sens. Nous pensons que cette fois, elle a toutes les raisons de le faire. Elle a des raisons pour répondre à cet appel afin que nous voyions la Turquie faire des véritables pas en avant.

Si la Turquie, comme elle l’affirme, souhaite voir du progrès à l’égard de la question chypriote – et ses chefs politiques le déclarent à toute occasion présentée – elle a maintenant l’occasion de le faire. Elle a l’occasion de répondre à cette proposition concrète en vue de voir des résultats.   

JOURNALISTE : (hors micro).

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je vous l’ai dit, nous devons tout d’abord voir que la Turquie répond de manière positive à cette proposition et qu’elle est disposée à s’asseoir à la table des négociations pour engager une discussion. Toutefois, jusqu’à ce jour, il n’y a eu aucune réaction de la part de la Turquie. Les propositions qui ne sont pas constructives et l’attitude négative creusent l’écart entre la rhétorique et l’action.

Je répète que la Turquie joue un rôle crucial, déterminant avec son armée d’occupation à Chypre, car il ne faut pas oublier que la question chypriote est une question d'invasion et d'occupation. La Turquie a maintenant l’occasion de faire des pas en avant qui permettront de faire avancer les négociations et de réinvestir dans sa perspective européenne

Pour ce qui est de la question de la coopération de la Grèce avec Chypre et Israël, nous avons de nouveau affirmé que l’intensification des relations avec Israël s’intègre dans un cadre de stratégie que nous avons choisi. Il s’agit d’un choix stratégique sur lequel nous continuerons d’œuvrer en faveur de l’approfondissement des relations dans l’intérêt mutuel des deux pays.

Dans un même temps, il existe une coopération substantielle entre la République de Chypre et Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères a récemment visité la République de Chypre. Il y a eu des contacts très constructifs, d’après les informations qui nous sont parvenues, lors de notre visite d’hier aussi et nous constatons avec satisfaction que les relations sont développées tant au niveau bilatéral, que régional dans notre région, dans l’intérêt de la paix et de la stabilité.

Notre région, la région de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient, est une région très sensible. C’est pourquoi, il convient de saisir toute occasion visant à intensifier et à renforcer la coopération avec tous nos voisins. Cette relation n’est pas une relation compétitive, j’aimerais le souligner. Elle a des bases solides et c’est sur ces bases que nous voulons construire.

Pour ce qui est de la question de la coopération entre les organisations grecques des Etats-Unis et les organisations juives, cette coopération existe déjà et, bien entendu, il serait utile d’intensifier cette coopération dans des domaines d’intérêt mutuel. Toutefois, cette coopération est basée sur leurs initiatives et ils voient que la synergie est dans leur intérêt mutuel et leur permet de parvenir à des meilleurs résultats, et cela est valable pour toutes les questions.

M. A. FOURLIS : Vous dites en effet que la question chypriote devient de plus en plus un point crucial pour le parcours d’adhésion de la Turquie.  De la même manière, ne  pourrait-on pas considérer la réforme constitutionnelle en vue du référendum en Turquie dimanche, comme étant encore un autre point crucial pour le parcours européen du pays ? C’est-à-dire le résultat, négatif ou positif, changera-t-il l’état de choses actuel ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Le référendum qui se tiendra en Turquie relève des affaires intérieures de la Turquie et par conséquent je n’ai pas l’intention d’émettre de commentaire à cet égard. Toutefois, je peux vous dire en toute franchise quelles sont les aspirations de la Grèce et ce qu’elle attend de la Turquie.

La Grèce souhaite avoir un voisin stable, avec des institutions démocratiques fortes et une orientation européenne claire. Un pays qui procèdera à des réformes et se rapprochera à grands pas de l’Union européenne.

Dans le même temps, elle souhaite que l’Union européenne envoie un message clair à la Turquie, à savoir que sa destination finale, lorsqu'elle se sera acquittée de toutes ses obligations, est la pleine adhésion.

Enfin, pour ce qui est des relations UE – Turquie, nous devons parler en des termes clairs. Ne pas nous cacher derrière des clichés et des stéréotypes. C'est cette Turquie que nous voulons et c'est ce comportement que nous attendons de sa part.

 

Mme S. RISTOVSKA : S’agissant de la lettre de M. Milososki adressée à M. Droutsas, est-ce qu’il y aura une réponse ou d’après ce que vous avez dit, il n’y aura pas de visite à Skopje avant qu’une réponse soit envoyée ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous souhaitons vivement effectuer une visite à l’avenir et lorsque les conditions seront appropriées, mais nous pensons que nous devons être francs dans nos relations. On ne peut d'un côté envoyer nos vœux et dire « nous devons davantage renforcer nos relations » et de l’autre accuser la Grèce. Cela n’est pas cohérent.

M. Milososki doit enfin décider comment il entend sa relation avec la Grèce. Pour notre part, la bonne volonté existe, mais nous devons être francs pour que cette discussion puisse avoir un sens.

 

Mme S. RISTOVSKA : Une autre question relative à un article paru dans le journal « PARON TIS KYRIAKIS ». D’après cet article, M. Nimetz aurait formulé une proposition, une dernière proposition sur la question du nom à l’intention des deux parties et qu’Athènes n’aurait pas encore accepté cette proposition. Cela a probablement eu lieu en juillet dernier et ces informations proviennent de la délégation du Parti populaire européen qui s’est entretenu avec le Secrétaire général des Nations Unies.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je n’ai pas lu cet article mais je peux vous confirmer qu’aucune proposition n’a été soumise par M. Nimetz.

 

M. A. GOGAS : Lors du point de presse précédent, vous nous avez dit que le ministère des Affaires étrangères avait demandé des explications de la part des Etats-Unis concernant les déclarations de M. Ricker. Avez-vous eu les explications et quelles sont ces explications ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Oui, nous avons demandé des explications à l’Ambassade des Etats-Unis à Athènes. Nous les avons obtenues et la question a été clarifiée.

 

 M. N. MELETIS : C’est-à-dire ? 

 

M. G. DELAVEKOURAS : La position bien connue des Etats-Unis demeure valable. Les Etats-Unis soutiennent les négociations entre les deux pays, des négociations engagées dans un cadre clairement défini, dans le cadre des Nations Unies.

 

M. N. MELETIS : M. Ricker n’avait-il pas dit qu’il ne soutenait pas les négociations et qu’il soutenait les négociations que les Etats-Unis soutiennent et, notamment…

 

M. G. DELAVEKOURAS : La position des Etats-Unis telle que formulée par le State Department demeure inchangée.

 

JOURNALISTE : La proposition de M. Ricker n’est-elle pas valable ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous avons demandé des explications à la partie américaine concernant cette interview. Toutes les explications ont été fournies. La position américaine demeure ferme, telle que l’on la connaît, par conséquent la question a été clarifiée pour nous.

 

M. A. GOGAS : Les explications que vous avez demandées portaient sur le processus se déroulant sous l’égide des Nations Unies, à savoir sur les services de M. Nimetz ou les questions brûlantes soulevées par M. Ricker, comme celle portant sur l’existence d’une identité macédonienne…

 

M. G. DELAVEKOURAS : Cela n’est pas l’objet de la négociation. Chacun est libre de dire ce qu’il veut mais cela ne fait pas parti de la négociation. La négociation est dotée d’un cadre clair. Elle est menée au sein de l’Organisation des Nations Unies et entre les deux pays.

 

JOURNALISTE : (hors micro) Le ministère des Affaires étrangères a demandé des explications au State Department concernant sa position en faveur ou non de l’existence d’une identité et d’une langue macédonienne.

 

M. G. DELAVEKOURAS : La négociation porte sur un objectif bien concret : la négociation est menée en vue de déterminer l’appellation définitive de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Cela est explicitement visé dans les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Accord intermédiaire. Il est inutile d’entamer une discussion sans fin avec des parties qui ne participent pas à la négociation et ne jouent aucun rôle dans celle-ci. 

 

M. A. GOGAS : Par conséquent, vous n’avez pas demandé des explications concernant les questions soulevées par M. Ricker portant sur l’identité et la langue.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous avons demandé des explications concernant le cadre dans lequel ces déclarations ont été faites et avons reçu les explications que nous attendions.  

 

M. N. MELETIS : (hors micro) Vous dites donc que la position grecque a subi certaines modifications car toutes les propositions à ce jour de M. Nimetz que la partie grecque avait soit acceptées soit rejetées, prévoyaient une discussion sur la question de l’identité, l’ethnicité, etc., est-ce que cela apporte un changement dans notre tactique de négociation ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : La position de notre pays n’a guère changé. La position de notre pays est claire et ferme tout au long de cette période. L’objet de la négociation, tel que visé dans les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Accord intermédiaire, est de définir l’appellation définitive de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Telle a été notre position et demeurera telle qu’elle est.

 

M. N. MELETIS : Par conséquent, jusqu’à ce jour le processus mené sous la direction de M. Nimetz a été en dehors du cadre de l’ONU et de l’accord intermédiaire. Vous savez mieux que moi que toutes les propositions de M. Nimetz prévoyaient également une discussion sur la question de l’identité, l’appellation de l’autre ethnie ainsi que l’utilisation du terme « Macédoine » à des fins commerciales ou autres.

 

M. G. DELAVEKOURAS: Le résultat de la négociation sera l’accord auquel nous parviendrons demain, je l’espère, s’il y a une réaction positive de la part de l’autre partie, à savoir si enfin M. Gruevski et son gouvernement décideront de procéder à un règlement. Pour notre part, nous avons fait preuve de notre volonté d’aller dans ce sens. Pour ce qui est de l’autre question,  vous vous référerez aux divers projets de proposition soumis…

 

JOURNALISTE : (hors micro)

 

M. G. DELAVEKOURAS : Oui, ces projets sont divers.  Savez-vous s’il y a d’autres projets ? Avez-vous vu tous les projets ? Par conséquent, vous vous référez aux divers projets qui ont été de temps à autre soumis. Certains d’entre eux ont été publiés. Cela étant, je n’ai pas l’intention de discuter des propositions qui ont été déjà rejetées et n’existent plus.

Je vous parlerai du type de négociation et de l’objectif que nous nous sommes fixé. Notre objectif est de déterminer l’appellation définitive de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ainsi que le cadre de la solution qui a été soumise à la table des négociations et a été proposée aussi par la Grèce.  C’est un déterminatif géographique pour tous les usages qui apportera la solution. Cela est clair. Il n’y a rien d’autre à dire à cet égard.

 

M. N. MELETIS : Puisque vous dites «  pour tous les usages » et la position grecque est bien connue, ma question est la suivante : est-ce que cela sera garanti par une révision constitutionnelle à Skopje ou d’une autre façon ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Comme je l’ai à plusieurs reprises affirmé dans le passé, l’important pour nous est l’application de l’accord. Ce serait inutile de nous engager dans un processus comme celui d’aujourd’hui auquel nous nous sommes confrontés avec des violations continues de l’accord intermédiaire. C’est pourquoi nous devons assurer que l’accord auquel nous parviendrons sera appliqué. Si cela implique une révision de la constitution de Skopje, il faudra le faire. Telle est notre position.  

 

Mme M. KOURBELA : (hors micro) Vous avez affirmé concernant le règlement de la question chypriote ou plutôt concernant les progrès réalisés que cela permettra à Chypre d’ouvrir certains chapitres de la négociation avec la Turquie et éventuellement contribuera en fait au renforcement d’une tendance qui commence à se profiler, à savoir la Turquie en tant que pays associé et non pas intégrée.

Car les dernières évolutions montrent que la Turquie s’éloigne de l’Union européenne, elle établit de très bonnes relations avec les pays arabes et le tourisme provenant de ces pays enregistre une hausse spectaculaire. Merci.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Une telle discussion est actuellement engagée. La position de la Grèce, sa position claire est que la Turquie doit avoir une orientation européenne bien claire qui sera régie par des conditions express lesquelles détermineront également le résultat final, à savoir la pleine adhésion.

Toutefois, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, la Turquie devra s’acquitter de toutes ses obligations qu’elle a assumées à l’égard de l’Union européenne et de chaque Etat membre.

Cela étant, cette discussion avec la façon dont vous la présentez, va à l’encontre des intérêts de notre pays et de la République de Chypre. Toute discussion sur une relation spéciale, une relation qui a été décrite de diverses façons, n’est pas dans notre intérêt. Nous devons parler en des termes clairs. Les demi-mesures ne contribuent à notre objectif. 

C’est pourquoi, l’Union européenne et la Turquie aussi devront parler en des termes clairs. Car la Turquie aussi – si les affirmations de ses chefs politiques sont bien valables, à savoir que leur première priorité est l’adhésion à l’Union européenne – devra procéder aux réformes nécessaires. Et, l’Union européenne pour sa part devra transmettre un message clair en disant que : « si toutes ces conditions sont remplies, il existe un avenir européen.

 

M. G. DELAVEKOURAS: Y a-t-il d’autres questions ? Merci.




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