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Athènes, le 11 mars 2010

 

 

 

M. SAVIDIS : Nous avons en ligne le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas qui se trouve actuellement à Washington. Bonjour, Monsieur le ministre.

 

 

M. DROUTSAS : Bonjour.

 

M. SAVIDIS : Au-delà des discussions engagées sur les questions économiques, d’autres questions ont-elles été abordées lors de l’entretien entre M. Papandréou et M. Obama ? Y a-t-il d’autres informations supplémentaires outre celles qui ont été rendues publiques par les medias en Grèce ou d’autres informations concernant la tournée européenne du Premier ministre ?

 

M. DROUTSAS: M. Savidis, je pense que nous avons des raisons d’êtres particulièrement satisfaits de la visite du Premier ministre à Washington mais aussi de sa tournée européenne. Je pense que les messages sont très clairs et très positifs.

 

Pour ce qui est de la lutte contre la situation économique difficile dans notre pays, notre pays a reçu un message de soutien clair. Tout le monde a reconnu que la Grèce, le gouvernement grec, le peuple grec déploient des efforts sérieux.

 

La Grèce a fait un travail de préparation systématique, a présenté des mesures sérieuses qui seront appliquées. Ainsi la Grèce a retrouvé sa crédibilité. Une crédibilité que notre pays avait perdue dernièrement. Et tel a été le premier enjeu pour nous. De regagner notre crédibilité. Et je pense que le peuple grec peut être fier de lui-même en dépit de la situation et des mesures difficiles. Les semaines, les mois à venir ne seront pas faciles. Mais l’important est que notre pays ait regagné la crédibilité et le prestige qu’il méritait sur la scène internationale.

 

 

M. SAVIDIS : Monsieur le ministre, c’est lorsque notre pays demandera de contracter un emprunt aux marchés internationaux qu’on verra si sa crédibilité a été rétablie, autrement dit, si le pays réussit à contracter un emprunt à des taux moins élevés.

 

Bien évidemment, cela dépend du niveau des marchés. Toutefois, on constate apparemment un changement d’attitude à l’égard de la Grèce au niveau des dirigeants politiques de l’Europe et des Etats-Unis par rapport à l’attitude adoptée initialement au début de la crise.

 

Ma question est la suivante : Est-ce que, au-delà de la discussion engagée sur la question économique, lors de l’entretien du Premier ministre avec M. Obama ont été soulevées des questions ayant trait à la politique étrangère, autrement dit ont été abordés les dossiers relatifs à Skopje, à la question chypriote et aux relations gréco-turques ?

 

 

M. DROUTSAS : Des questions relevant de la politique étrangère ont bien entendu été abordées tant lors de l’entretien avec M. Barack Oboma que lors de celui avec Mme Clinton.

 

Des questions d’intérêt particulier pour la Grèce ont été abordées telles que les évolutions relatives à la question chypriote, les relations gréco-turques, le rôle de la Grèce dans les Balkans et, bien entendu, la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

 

L’occasion nous a de nouveau été offerte de mettre les positions grecques au point, de présenter les positions claires de la Grèce sur toutes ces questions. Mais nous avons également eu l’opportunité de souligner qu’au-delà de ces dossiers, la Grèce est en train de regagner la place qu’elle mérite, notamment dans notre voisinage, le Moyen-Orient et les Balkans.

 

 

M. SAVIDIS : La partie américaine a-t-elle formulé une proposition précise concernant la question du nom de notre pays voisin ?

 

M. DROUTSAS: Il n’y a pas de proposition américaine. Il n’y a que la ligne nationale rouge que nous avons de nouveau présentée à nos interlocuteurs, à savoir une appellation avec détermination géographique pour tous les usages. Telle est la question dont nous sommes en train de discuter et que nous avons présentée.

 

M. P. SAVIDIS : La ligne rouge concerne, c'est-à-dire si Skopje accepte de discuter seulement de la question du nom et la dissocie [cette discussion] de la discussion sur la question de la langue et de l’identité, est-ce que la Grèce en discute ?

 

M. D. DROUTSAS : Ce dont la Grèce discute – et c’est aussi le mandat des Nations Unies qui est clair – c’est de parvenir à une appellation communément admise pour ce qui est de notre voisin.

 

M. P. SAVIDIS : Nous aurions l’occasion d’en reparler en studio M. le ministre, mais je voulais vous poser une autre question.

 

Il a été écrit, ou plutôt l’interprétation des déclarations du Premier ministre est que la question de la participation et de la présence renforcées de la Grèce en Afghanistan a été abordée. Est-ce vrai?

 

M. D. DROUTSAS : Merci M. Savidis de me donner l’occasion encore une fois de confirmer qu’une telle question ne s’est pas posée. Au contraire lors de notre entretien avec Mme Clinton et, M. Obama lui-même a remercié la Grèce pour sa contribution en Afghanistan et qui plus est dans une période financière difficile pour notre pays. Rien de plus ne nous a été demandé.

 

Les deux parties ont axé leur attention sur ce en quoi la partie grecque croit beaucoup, à savoir que l’heure est venue pour que l’Afghanistan, le peuple afghan prenne son avenir en main. Et la question de la formation non seulement des agents de sécurité, mais à tous les niveaux est une question que nous devrons examiner avec la plus grande attention. La Grèce devra voir ce qu’elle peut faire dans ce domaine.

 

 

M. P. SAVIDIS : Ma dernière question M. le ministre concerne le dossier chypriote. Nous nous souvenons pour ce qui est de l’affaire du plan Annan qu'avant que la délégation grecque rencontre les dirigeants américains à l'époque et que la question soit portée devant l’Organisation des Nations Unies, M. Erdogan avait alors rendu une visite au président américain.

 

Il y a peu, nous avons eu une visite de M. Erdogan aux Etats-Unis et ces jours M. Obama a vu le Premier ministre grec. Y a-t-il concernant le dossier chypriote quelque chose qui soit comme « une décision prise par l'axe Washington - Ankara et qui soit promu comme une solution au problème» ?

 

Et si vous voulez, en votre qualité de ministre adjoint des Affaires étrangères un commentaire car cette question nous contrarie et est d'actualité concernant la décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui en fait reconnaît  les dites « autorités judiciaires » d’occupation.

 

 

M. D. DROUTSAS : Pour ce qui est de la question chypriote, il y a le processus mené sous l’égide des Nations Unies. Les efforts aussi consentis par le Président, M. Christofias dans le cadre des pourparlers avec le dirigeant Chypriote turc, M. Talat. Tel est le processus suivi actuellement, un processus que nous soutenons. Je voudrais encore une fois exprimer notre plein soutien au Président, M. Christofias.  Nous devons axer toute notre attention sur ce processus et non pas sur une action délibérée quelle qu’elle soit, d’après les allégations de certains.

 

 

Il n’y a que ce processus et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à la solution souhaitable, une solution sur la base des résolutions des Nations Unies. Et, ce que nous sommes en train de souligner à tous nos interlocuteurs est que nous voulons une solution européenne. Car il ne faut pas oublier que la République de Chypre est un Etat membre de l’Union européenne. Chypre continuera d’être un Etat membre de l’Union européenne après le règlement de la question. Par conséquent, Chypre doit pouvoir fonctionner de manière efficace au sein de l’Union européenne. Cela implique que la solution qui sera convenue respecte pleinement l’acquis communautaire, les règles de l’Union européenne, ce qui a été d’ailleurs l’un des messages transmis par le Premier ministre à M. Obama lors de la discussion engagée sur les développements relatifs à la question chypriote.

 

M. SAVIDIS : Nous vous remercions beaucoup monsieur le ministre pour cet entretien.

 

M. D. DROUTSAS : Merci également.

 

 




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