Athènes, le 10 mars 2010
M. SIAFAKAS : Nous avons en ligne M. Dimitris Droutsas, ministre adjoint des Affaires étrangères. Bonjour, Monsieur le ministre.
M. DROUTSAS : Bonjour.
M. SIAFAKAS : Nous vous remercions beaucoup pour votre patience. Je sais que l’heure est tardive aux Etats-Unis. Première question, je serai bref : Que pensez-vous du résultat de la visite de M. Papandréou à la Maison Blanche et quel est à votre avis le résultat de l’ensemble des contacts qu’a eus M. Papandréou aux Etats-Unis?
M. DROUTSAS : Je pense que nous avons des raisons d’être particulièrement contents et satisfaits des rencontres qui ont eu lieu ici à Washington ainsi que des entretiens tenus aujourd’hui avec le Président, M. Obama et hier avec la Secrétaire d’Etat des Affaires étrangères, Mme Clinton. Je pense que nous avons reçu un message clair de soutien et de solidarité de la part des Etats-Unis pour ce qui est des efforts de la Grèce et du peuple grec pour lutter contre la crise économique que traverse notre pays.
L’important est, à mon avis, que ce message est passé aussi aux marchés internationaux, à savoir que la crédibilité a été rétablie en Grèce et que cette dernière est un pays crédible avec un gouvernement crédible qui a lutté contre cette crise en faisant preuve d'audace.
M. SIAFAKAS : Monsieur Droutsas, est-ce que M. Obama viendra à Athènes ? Y a-t-il une réponse à l’invitation que la Grèce lui a adressé ?
M. DROUTSAS : Comme il est normal, lors de son entretien aujourd’hui avec M. Obama, le Premier ministre grec, M. Papandréou a invité le Président américain en Grèce. Je peux vous dire en toute sincérité que M. Obama a répondu très spontanément en éprouvant son immense désir de visiter notre pays, et ce, dans le courant de son mandat.
De surcroît, il a dit qu’il voudrait prolonger sa visite dans notre pays d’un à deux jours afin de se rendre avec sa famille sur une des très belles îles de notre pays.
M. SIAFAKAS : Quels sont les résultats pratiques de cet effort consenti par le Premier ministre pour ce qui est de ce front qui est en train de se former contre la spéculation ? Quels sont les résultats pratiques émanant de ce voyage, de ces contacts pour la lutte contre la spéculation internationale ?
M. DROUTSAS: Pour ce qui est tout particulièrement de la question de la situation économique dans notre pays et de la lutte contre la spéculation, je vous demande d’envisager de manière combinée ces entretiens ici à Washington et ceux qu’a eus le Premier ministre à Luxembourg, à Berlin et à Paris. M. Papandréou a réussi à créer un front commun au sein de l’Union européenne et au sein de la zone euro – et notamment avec les pays les plus importants de la zone euro, à savoir l’Allemagne, la France ainsi qu’avec le chef de la zone euro, le Premier ministre luxembourgeois, M. Juncker – une initiative commune entreprises par ces quatre pays contre la spéculation internationale.
Et il a présenté cette initiative au Président américain lors de leur entretien à Washington où il a été convenu que l’Union européenne et les Etats-Unis lanceraient une bataille commune contre la spéculation internationale, notamment dans le cadre du G-20 réunissant les 20 pays les plus riches du monde. Car non seulement l’Europe mais les Etats-Unis aussi sont confrontés à de gros problèmes liés à la spéculation.
M. SIAFAKAS : Qu’est-ce que vous avez dit concernant le G-20 ? La Grèce sera-t-elle invitée à participer au G-20 afin qu’elle développe ses arguments en vue d’adopter des mesures ou plutôt, en vue d’exercer une meilleure surveillance des marchés ?
M. DROUTSAS : Ecoutez, le G-20 étant un organe institutionnel, on ne peut pas parler à mon avis d’invitation adressée à la Grèce. Toutefois, je n’exclus rien. En ce moment, je ne peux savoir quelles seront les évolutions. Mais l’important est que la Grèce soit une partie essentielle de cette initiative dans le cadre de l’Union, de la zone euro.
Grâce à la Grèce et à l’intervention personnelle du Premier ministre, M. Papandréou, cette initiative a été rendue possible et sera entreprise en partenariat avec les Etats- Unis, le Président américain, M. Obama dans le cadre aussi du G-20.
M. SIAFAKAS : Monsieur le ministre, une question relative à l’initiative des Quatre : Attendez-vous de la part des Quatre une initiative commune, une action commune allant dans un sens précis ?
M. DROUTSAS : La première action commune est la lettre commune des Quatre qui sera adressée au Président de la Commission européenne, M. Barroso, autrement dit le Président de l’institution qui, étant compétente en la matière, peut entamer une action. Dans cette lettre aussi, un appel sera lancé à la Commission européenne afin que cette dernière élabore des propositions pratiques concernant la mise en place des moyens pour lutter contre le phénomène de la spéculation.
Il s’agit de la première action directe entreprise par les Quatre qui donnera par la suite lieu à une coopération avec la Commission européenne laquelle élaborera d’autres propositions précises.
M. SIAFAKAS : Monsieur Droutsas, une question sur le visa. M. Papandréou a qualifié la suppression des visas de vote de confiance en faveur de la Grèce. Ce vote concerne-t-il des questions de sécurité, d’économie ou en général l’image globale de notre pays ?
M. DROUTSAS : M. Papandréou a utilisé exactement la même formulation que M. Obama. Un vote de confiance en faveur de la Grèce, en faveur du gouvernement grec. Et, permettez-moi d’interpréter ce vote comme un vote de confiance en faveur de l’action globale du gouvernement grec, de la Grèce, du peuple grec ces derniers mois pour ce qui est de la façon courageuse dont le peuple grec lutte contre la crise économique.
Mais aussi, un vote de confiance en faveur de la façon dont le nouveau gouvernement grec dès le début de son mandat s’emploie à exercer une politique étrangère à travers des initiatives de sorte que la Grèce soit de nouveau présente sur la scène internationale, notamment dans notre voisinage, les Balkans, le Moyen-Orient. Et je peux même affirmer que nous avons déjà entrepris les premiers pas dans ce sens.
Cela est à mon avis reconnu par la communauté internationale toute entière. Et je pense que le vote de confiance accordé par le Président, M. Obama en faveur de la Grèce est d'une importance majeure.
M. SIAFAKAS : Brièvement, très brièvement, s’agissant de l’Afghanistan, qu’y a-t-il de nouveau concernant nos actions dans cette région ?
M. DROUTSAS : Je veux être clair pour éviter tout malentendu. La partie américaine, M. Obama a exprimé ses remerciements et son estime à l’égard de la Grèce pour la contribution de cette dernière jusqu’à ce jour en Afghanistan, vu notamment la situation financière difficile du pays.
M. SIAFAKAS : Est-ce que la partie américaine a fait preuve de compréhension ?
M. DROUTSAS : Elle n’a non seulement fait preuve de compréhension mais elle a aussi exprimé sa plein estime à l’égard de la Grèce ainsi que ses remerciements. Force est de souligner et d’ajouter que la conviction commune de la Grèce et des Etats-Unis est qu’au stade actuel le peuple afghan doit désormais forger lui-même le destin de son pays. Pour ce faire, la Grèce mettra l’accent sur la formation des Afghans à tous les niveaux et non seulement sur la formation des forces de sécurité, afin que l’Afghanistan puisse assurer sa reconstruction par ses propres moyens.
M. SIAFAKAS : Nous vous remercions beaucoup pour cet entretien Monsieur le ministre.
M. DROUTSAS : Merci également.