Traduction non officielle
Athènes, le 9 juillet 2008
M. G. KOUMOUTSAKOS: Bonjour. Dimanche 13 juillet 2008 se tiendra à Paris le sommet sur le Processus de Barcelone «Union pour la Méditerranée». Les participants à ce sommet sont, outre le Premier ministre, la ministre des Affaires étrangères, le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis et le Secrétaire général des Affaires européennes, M. Dimitris Katsoudas. Une réunion des ministres des Affaires étrangères aura lieu dans le cadre de ce sommet.
Permettez-moi à ce stade de vous dire deux mots sur la façon dont la Grèce envisage le projet d'Union pour la Méditerranée. Entretenant des liens étroits d'amitié avec tous les pays de la Méditerranée, la Grèce a, dès les premiers instants, soutenu l'initiative française et contribué au processus de mise en oeuvre de cette dernière, par le biais de propositions bien précises.
L’«Union pour la Méditerranée» est une occasion exceptionnelle pour le développement des peuples de la région élargie de la Méditerranée, au moyen de la mise en œuvre de programmes bien précis dans le domaine du culturel et social et celui du développement.
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La nouvelle invitation à appel d’offre soumise par le Service de l’aide internationale au développement du ministère des Affaires étrangères et portant sur des programmes de coopération au développement de la part de ministères, organisations non gouvernementales et autres acteurs pour l’année 2008 arrive à échéance le 31 juillet 2008.
J’aimerais souligner certains éléments afférents à cette invitation. Y sont présentés toute une série d’innovations introduites pour la première fois et s’intégrant dans le cadre des principales lignes directrices élaborées par la ministre des Affaires étrangères. Plus spécifiquement :
Le ministère des Affaires étrangères attache une importance particulière à des programmes de sécurité alimentaire pour lutter contre la crise alimentaire mondiale et à des programmes d’aide aux pays en développement afin qu’ils puissent s’adapter au changement climatique. C’est ladite « politique de l’adaptation ».
Deuxièmement, il convient de souligner que le principe du co-financement des programmes est encouragé et le ministère des Affaires étrangères fixe pour la première fois la base de 50% de pourcentage de co-financement. La pratique précédente concernait un co-financement à hauteur de 75%, autrement dit, la participation du ministère était de 75% et celles des autres acteurs concernés de 25%. Nous constatons donc une baisse significative du pourcentage de co-financement. Le co-financement peut bien entendu provenir d’acteurs internationaux d’aide au développement, à savoir l’Union européenne, des institutions des Nations Unies, des fondations à but non lucratif, des programmes de responsabilité sociale, etc.
Troisièmement, les caractéristiques géographiques des actions. Ces actions concernent, en priorité, les régions suivantes : Afrique sub-saharienne, Balkans, Moyen et Proche Orient, Afrique du nord, pays du Caucase et d'Asie centrale. Pour la première fois, la Chine compte parmi les pays prioritaires, un protocole d'accord portant sur le coopération au développement Grèce - Chine ayant été signé.
De plus amples informations sur ces appels d'offre sont disponibles sur le site Internet du ministère des Affaires étrangères. Par ailleurs, vous recevrez une note informative y relative à l'issue de ce point de presse.
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Un Secrétariat spécial pour le développement des programmes internationaux a été mis sur pied au ministère des Affaires étrangères. Ce Secrétariat a élaboré une série de services spécialisés basés sur la modernisation de l’administration publique et la proximité du citoyen et de ses besoins. Ce service a pour principale vocation de valoriser les fonds européens qui concernent le ministère des Affaires étrangères, d’assurer la rédaction et le suivi du programme d’investissement du ministère des Affaires étrangères et le soutien d’entreprises grecques et organisations non gouvernementales. Ces organisations sont appuyées par des organisations internationales et autres organismes multilatéraux afin qu’elles puissent valoriser les programmes d’investissement et de financement et de coopération au développement.
Les fonds consacrés sur le plan international s’élèvent à 50 milliards € par an. Par conséquent, l’objectif du Secrétariat spécial est d’aider les entreprises intéressées et Organisations non gouvernementales en Grèce à valoriser au mieux cette somme apportée par les organisations internationales et autres organisations multilatérales, par le biais de propositions bien précises et élaborées.
Pour réaliser cet objectif, un portail a été créé (www.aidfunding.mfa.gr). Ce portail concerne les financements internationaux et les personnes intéressées à la recherche de nouveaux marchés et opportunités de mise en relation à l’extérieur des frontières nationales pourront le consulter. Bien entendu, le réseau très important d'ambassades que le ministère a dans le monde entier et les réseaux internationaux d’entreprises grecques et organisations non gouvernementales constituent la valeur ajoutée du ministère des Affaires étrangères, en d’autres termes son avantage comparatif. Nous vous distribuerons à cet égard une note informative plus détaillée sous la forme d'un communiqué de presse.
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En ce qui concerne l’agenda des ministres.
La ministre des Affaires étrangères s’entretiendra aujourd’hui à 13h30 au ministère des Affaires étrangères avec des représentants du groupe parlementaire de l’Union chrétienne sociale du Bundestag allemand (CSU). Demain, Jeudi 10 juillet à 12h00, elle participera à la rencontre du Premier ministre, M. Kostas Karamanlis avec son homologue espagnol, M. Zapatero, au Palais Maximou.
Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis rencontrera, demain, jeudi 10 juillet à 9h30 au ministère des Affaires étrangères le Secrétaire général du Conseil de coopération régionale pour les pays des Balkans, M. Biscevic. Vendredi 11 juillet, M. Valinakis aura des contacts bilatéraux à Paris avec le Conseiller spécial du Président de la République, M. Guaino, le Secrétaire général aux Affaires européennes et le Secrétaire général pour la Mer. Samedi 12 juillet, il participera aux travaux de la réunion informelle des ministres des Affaires européennes, qui se tiendra à Brest, France. Les principaux points de l’ordre du jour sont : Le traité de Lisbonne et la politique maritime de l’Union européenne.
Enfin, le ministre adjoint, M. Kassimis se rendra, dimanche 13 juillet, à Washington en vue d'assister à l'Assemblée clérico-laïque de l’Archevêché du patriarcat œcuménique aux Etats-Unis.
Vos questions s’il vous plait.
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Mme SPANOU : Le nouveau tour des pourparlers sur la question du nom avec M. Nimetz débute. J’ai deux questions à ce sujet. Premièrement, j’imagine que M. Valinakis a reçu l’instruction de ne participer à aucune discussion qui pourrait avoir pour thème la « minorité macédonienne », tel que l’a demandé la direction politique de l’ARYM. Je vous demande de le confirmer.
M. G. KOUMOUTSAKOS: La semaine passée, je me suis exprimé amplement sur la question, je vous renvoie à ce point de presse. Des directives bien précises nous sont données.
Mme SPANOU : Deuxièmement, selon certaines informations, M. Nimetz envisage de proposer une nouvelle méthodologie, à savoir des discussions au niveau des comités techniques. Etes-vous au courant de cette question ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai aucune information à ce sujet à l’heure actuelle qui me permettrait de prendre position.
Mme NIKOLAOU : Avant-hier, M. Fried avait visité Chypre, il a eu des rencontres avec la classe dirigeante. Ses déclarations concernant le soutien des Etats-Unis et le calendrier qu’il a indirectement défini sont une pression au gouvernement chypriote. Deuxièmement, il semblerait que M. Talat en revienne à ses déclarations faisant état de « parthénogenèse ». Votre commentaire.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour ce qui est des déclarations du haut fonctionnaire américain, il y a la réponse claire de la part du ministre chypriote des Affaires étrangères, M. Kyprianos. Par conséquent, je vous conseille de recourir à ces déclarations. A notre opinion, ces déclarations n’ont pas pour effet d’exercer des pressions.
S’agissant de la deuxième question relative à la « parthénogenèse », je voudrais tout simplement vous dire que l’objectif de la négociation, lorsque que cette dernière démarrera – et cela a été à plusieurs reprises affirmé – est de transformer la République chypriote, si nous parvenons à une solution, en une fédération bicommunautaire et bizonale, ayant une seule souveraineté, nationalité et personnalité internationale dans le cadre de laquelle il y aura l’égalité politique, telle que définie par les résolutions y relatives et les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
M. STAVROULAKIS : A l’occasion de votre réponse précédente, hier M. Talat a parlé d’une « souveraineté égalitaire », si la traduction du télégramme y relatif est correcte. Une deuxième question : Dans ses déclarations, M. Buyukanit, le chef de l’état-major turc a parlé des problèmes avec la Grèce qui pouvaient être réglés. Avez-vous des commentaires sur cette question ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : S’agissant de la première question, je vous conseille de retenir ma réponse précédente. Je n’ai pas l’intention de commenter les positions de M. Talat relatives à sa tactique de négociation et à ses objectifs. J’ai parlé de notre position et de la façon dont nous envisageons cette question.
Pour ce qui est de l’autre question, comme vous le savez, selon la pratique suivie, outre les déclarations des ministères des Affaires étrangères, nous n’émettons aucun commentaire sur les déclarations des militaires ou autres autorités.
Une prise de position générale est que lorsqu’un problème surgit, tous espèrent, bien entendu, que ce problème sera réglé. Il est important de régler les problèmes. Mais il est encore plus important et substantiel de ne pas créer des problèmes.
M. SPYROPOULOS : Que pensez-vous du jugement de la Cour européenne des Droits de l’Homme concernant le Patriarcat œcuménique et notamment la question de l’orphelinat masculin de Prinkipos ? Ce jugement pourrait être une amorce de changement d’attitude de la part de la Turquie vis-à-vis de la communauté grecque, s’agissant non seulement des droits du Patriarcat œcuménique mais aussi de la communauté grecque et des droits de propriété en Turquie ? Deuxième question : s’agissant de la crise politique en Turquie, à votre avis, dans quelle mesure un éventuel coup d’Etat dans ce pays pourrait influencer les relations gréco-turques ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne le jugement rendu par la Cour européenne des droits de l’Homme, je dirais qu’il est le fruit des efforts consentis depuis longtemps et d’une lutte équitable menée par le Patriarcat œcuménique. Cela constitue une évolution importante pour la sauvegarde du droit de propriété de cette institution religieuse internationale.
Pour ce qui est de la politique de la Turquie, cette question ne regarde que la Turquie.
S’agissant des affaires intérieures de la Turquie, nous avons eu l’occasion de prendre position et d’aborder en détail ce sujet la dernière fois. Je vous prie de retenir la position que j’avais prise la semaine dernière.
M. BARAKAT : Vous avez dit que la Grèce entretenait de très bonnes relations avec tous les Etats méditerranéens. Que pensez-vous de cette relation après les exercices menés conjointement par la Grèce et Israël ? Cette action influe-t-elle sur ces relations ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Votre question me donne l’occasion - la deuxième fois en une semaine- de souligner que cet exercice était l’application d’un Mémorandum de coopération, ce qui constitue une pratique habituelle dans la plupart des Accords interétatiques au niveau international. Je tiens de nouveau à affirmer que cet exercice n’autorise aucune analyse, estimation ou présomption comme celles présentes dans la presse internationale. Pour clarifier les choses concernant l’exercice.
S’agissant des relations entre la Grèce et le monde arabe, elles sont des relations puissantes qui datent depuis longtemps et qui sont dotées d’une dynamique actuelle et future. En tant que telles, ces relations ne sont pas influencées par des questions de ce genre.
M. CAKA : Il y a quelques jours, dans une interview parue dans la presse hellénique, M. Bolano a de nouveau perturbé le bon climat des relations bilatérales en déclarant que les deux régions, Korçë et Premeti doivent être reconnues en tant que régions de la minorité grecque. La Grèce partage-t-elle la position de M. Bolano ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Premièrement, cette interview ne m’a guère perturbé et en plus, je n’ai pas pu la trouver. Deuxièmement, je ne commenterais pas des déclarations de dirigeants locaux élus par les sociétés locales de manière démocratique.
M. CAKA : La Grèce partage-t-elle cette position ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai répondu. Je sais qu’il y a de nombreuses déclarations officielles sur l’excellente évolution des relations gréco-albanaises au niveau des gouvernements.
M. KAPOUTSIS : La semaine passée vous avez dit qu’il y aurait une communication d’informations dès qu’il y aurait une évolution relative au jugement de la Cour européenne au sujet de la possibilité pour les associations minoritaires à Thrace d’utiliser l’adjectif « turc ». Y a-t-il une évolution relative à cette question ? La Grèce a-t-elle entrepris des actions en vue de renverser ce jugement ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je répète que le gouvernement grec a pris la décision de saisir la session plénière de la Cour. Je n’ai rien de nouveau à ajouter.
Mme FRYSSA : S’agissant de la question de Skopje. Aujourd’hui, dans le journal « VIMA » il est écrit que M. Vassilakis avait reçu une invitation de la part de M. Nimetz pour effectuer un déplacement le 14 juillet à New York.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je pense avoir affirmé – ici ou dans un autre contexte ou lors de communications téléphoniques avec vos collègues – que ce processus se poursuivrait et que la rencontre s’effectuerait après le 9 juillet. Telle était notre réponse. Les évolutions actuelles viennent confirmer ma réponse initiale. En effet la date de la visite est fixée et M. Vassilakis se rendra à New York le 14 juillet.
Pour ce qui est de la rencontre avec M. Dimitrov, je ne suis pas la personne compétente pour réponde à cette question. Mais je sais que la visite aura lieu les mêmes jours.
M. CAKA : En remerciant la partie grecque pour son initiative d’ouvrir une représentation du Kosovo à Athènes, le Premier ministre Thaçi a déclaré : « je suis très optimiste quant à la reconnaissance bientôt de cette région par la Grèce et trois autres pays ».
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne suis pas au courant de cette déclaration. Toutefois, votre question vient soulever un autre sujet relatif à la possibilité de fonctionnement d’un bureau de liaison en Grèce de la part du Kosovo. Et, pour ne pas qu'il y ait des malentendus, je tiens à vous dire que la ministre a d’emblée affirmé que cela s’intégrait dans le cadre contractuel. Comme vous le savez, la Grèce n’a pas reconnu l’indépendance unilatérale du Kosovo. Nous n’avons pas encore franchi cette étape. Par conséquent, dans le cadre du principe de réciprocité, la question d’une éventuelle ouverture d’une représentation diplomatique ici sera examinée.
Pour ce qui est de l’optimisme de M. Thaçi, il s’agit d’une appréciation que je n’ai pas l’intention de commenter. Je tiens à répéter la position grecque, à savoir que les décisions seront prises lorsque tous les aspects de cette affaire complexe seront examinés.
Je vous remercie