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Athènes, le 10 juillet 2010

 

 

Je voudrais tout d’abord remercier la Croatie qui est l’organisatrice de cette la réunion d’aujourd’hui. La Croatie se prépare à franchir le seuil de l’Union européenne en vue de devenir son 28e membre. Permettez-moi de dire que la Croatie le mérite bien car elle a accompli un travail difficile et vous, personnellement, M. Gordan, et bien entendu les autres membres de votre gouvernement, mais notamment le peuple de la Croatie. Nous sommes impatients de vous accueillir bientôt en Grèce.

 

Je suis particulièrement fier de la Grèce car mon pays a joué un rôle particulier tout en soutenant les efforts consentis dans ce sens. Le jour où vous avez soumis votre demande d’adhésion au cours de la présidence hellénique en 2003 reste encore présent dans ma mémoire. Nous attendons maintenant que vous adhériez à l’Union européenne.

 

Lorsque j’évoque l’avenir de l’Europe du Sud-est, une seule phrase – et je pourrais  conclure mon discours sur cette phrase – me vient à l’esprit, une phrase que j’ai à cœur et à laquelle je crois fermement : l’avenir de l’Europe du Sud-est, l’avenir proche de notre voisinage se trouve au sein de l’Europe, au sein de l’Union européenne.

 

Telle est notre ferme conviction. Telle est, si vous voulez, notre vision. La vision d’un espace balkanique unique, pleinement intégré dans l’Union européenne, sans lacunes ni « trous noirs ».

 

Et  nous œuvrons d’arrache pied dans ce sens.  La Grèce déploie de grands efforts en vue d’atteindre cet objectif et je crois que tous nos amis et voisins dans la région le savent et le reconnaissent et, notamment mon cher ami Antonio. J’attends avec intérêt le moment où nous pourrons coopérer étroitement et façonner ensemble des politiques  en tant que partenaires au sein de l’Union européenne.

 

Unissons donc nos forces et adoptons l’esprit constructif nécessaire en vue de réaliser cet objectif, je l’espère, dans les plus brefs délais.

 

Je saisis l’occasion de la présence d’un autre ami très cher, M. Egemen Bagis pour réitérer notre message à la Turquie, un message très clair : nous voulons voir, la Grèce veut voir, la Turquie devenir Etat membre de l’Union européenne. Les réformes nécessaires doivent être réalisées, la Turquie doit s’acquitter de ses obligations vis-à-vis de l’Union européenne et de tous ses Etats membres. Mais nous sommes prêts à soutenir la Turquie tout au long de ce parcours.

 

Je voudrais continuer en disant que je suis fier de la Grèce car mon pays a joué un rôle particulier en soutenant les efforts consentis par nos voisins en vue d’adhérer à l’UE. Et, j’ose dire, que la Grèce est la force motrice de ces efforts. Le rôle qu’elle a joué lors des étapes clés en est la preuve. Je me réfère à la Stratégie de Thessalonique qui a été adoptée au cours de la présidence hellénique de l’UE en 2003 laquelle constitue même aujourd’hui la pierre angulaire de la politique de l’Union pour les Balkans.

 

Je me réfère à notre dernière initiative, ledit Agenda 2014, une initiative purement politique. Nous avons pensé qu’il était nécessaire de donner un nouvel élan aux efforts de nos voisins dans la région des Balkans occidentaux afin qu’ils deviennent des Etats membres de l’Union européenne. Car nous considérons et nous avons l’impression que cette dynamique s’est affaiblie ces dernières années en raison de la fatigue de l’élargissement.

 

Nous avons donc choisi l’année 2014 en tant que date butoir revêtant aussi un caractère symbolique. Et je voudrais le repéter car bon nombre de mes amis et collègues se sont référés aux efforts liés à la promotion de l’élargissement auprès de l’opinion publique dans les pays de l’Union européenne ainsi qu’aux difficultés liées à la fatigue de l’élargissement à laquelle je me suis tout à l’heure référé.

 

Il s’agit d’une date symbolique qui marque 100 ans depuis le début de la Première guerre mondiale à Sarajevo, une guerre qui pourrait être considérée comme la cause des nombreuses plaies encore ouvertes dans la région.

 

Notre objectif est de rappeler à l’opinion publique des Etats membres de l’Union européenne, à nos citoyens européens que l’Union européenne est en réalité une entreprise pacifique, une entreprise pacifique particulièrement réussie.

 

Et nous pensons qu’à travers le rapprochement européen et le parcours d’adhésion européen nous pourrons apporter la paix, la stabilité et la prospérité dans la région.

 

J’aimerais de nouveau dire que l’Agenda 2014 est une initiative politique ayant pour vocation de créer la dynamique nécessaire dans ce sens. Et je suis particulièrement heureux de constater que les premiers résultats obtenus sont positifs. Nous observons que de nombreux partenaires européens adoptent cette initiative. Il existe une coopération intense sous cet angle. Mon bon ami Michael d’Autriche et des amis d’autres pays, Nikolay de Bulgarie, Janos d’Hongrie qui sont aujourd’hui ici, ont tous commencé ces efforts. Et cela est très important.

 

Un autre point important est que la conférence de Sarajevo, qui s’est tenue il y a quelques semaines, a envoyé un message – comme l’a souligné Nikolay – très clair dans la région. A savoir que la région appartient à l’Union européenne et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à cet objectif.

 

En conclusion, permettez-moi de dire que la route vers l’Union européenne est jalonnée de défis. Pour pouvoir accomplir ce voyage, un réel engagement est nécessaire en faveur de la démocratie, de l’Etat de droit, de la protection des droits de l’homme et des droits des minorités et, bien entendu, des relations de bon voisinage et de la résolution pacifique des différends.

 

Pour ce qui est de ce dernier point notamment, il est nécessaire d’intensifier les efforts en vue de la résolution des questions demeurées en suspens que nous avons héritées du passé, non seulement parce que les relations de bon voisinage sont les conditions à remplir, mais aussi parce qu’il est impensable de mettre en place un véritable partenariat dans une région où perdurent les différends et les questions en suspens. Cela va à l’encontre de l’esprit et de la lettre du projet d’intégration européenne et, pour parler simplement, les conflits du passé n’ont pas leur place au sein de l’Europe unie.

 

Et j’estime que la Grèce a su prouver qu’elle savait comment jouer son rôle – en tant que partenaire fiable, bon ami et voisin.

 

Gordan, je te remercie encore pour ton accueil chaleureux.




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