Athènes, le 9 novembre 2007
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. J’ai quelques communiqués à faire très brièvement.
La ministre des Affaires étrangères se rendra à Paris, le mercredi 14 novembre. A 18h00, elle prononcera un discours lors d’une manifestation organisée par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, avec la participation de 40 députés et sénateurs de l’UMP, le parti au pouvoir.
Le thème de la discussion sera : « Europe – Méditerranée : perspectives, défis et opportunités ». Madame la ministre sera la principale oratrice.
Le même jour, à 20h00, la ministre grecque des Affaires étrangères assistera au dîner de travail offert en son honneur par le ministre français des Affaires étrangères, M. Bernard Kouchner. Lors de cette rencontre, toutes les questions internationales d’intérêt commun seront passées en revue.
Plus spécifiquement : Les développements dans les Balkans, avec notamment le Kosovo, les évolutions en Bosnie, la question du nom de l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine, les évolutions générales en Méditerranée et au Moyen-Orient, et bien entendu le parcours de l’Union européenne et du prochain Conseil, y compris le parcours européen de la Turquie. La question chypriote sera également abordée, ainsi que la question de la promotion de la coopération européenne en matière de lutte contre les catastrophes naturelles.
Mme la ministre reviendra à Athènes le 15 novembre. Ce même jour, elle offrira un déjeuner en l’honneur des ambassadeurs des Etats arabes en Grèce. Le principal thème des entretiens sera les développements dans la région élargie de la Méditerranée du Sud-est, avec notamment le Moyen-Orient, en vue de la conférence internationale sur le Moyen-Orient qui est en cours de préparation comme vous le savez.
En ce qui concerne le programme de M. Valinakis :
M. Valinakis prononcera un discours lors de la réunion annuelle du Centre international des Etudes de la Mer Noire (DIKEMEP) portant sur l’Union européenne et la région élargie de la Mer Noire.
Voilà pour ce qui est des communiqués, je suis à votre disposition pour vos questions.
JOURNALISTE : Avez-vous quelque chose à nous dire concernant la demande américaine relative à la Banque iranienne. Fermera-t-elle ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : En ce qui concerne cette question, l’ambassade des Etats-Unis a suivi la pratique diplomatique usuelle, c’est-à-dire en informer le ministère des Affaires étrangères. Cela étant, cette question est gérée, à ma connaissance, par le ministère compétent – car après avoir été informé, le ministère des Affaires étrangères n’est pas l’autorité compétente pour cette question – et par ailleurs, l’autorité indépendante compétente pour cette question est informée.
Une chose est sûre, l’intérêt des Etats-Unis n’est pas axé sur la Grèce. Il s’agit d’une politique plus générale dont discutent les Etats-Unis avec tous leurs partenaires dans le cadre de leur politique générale. Pour toute autre question, vous pouvez vous adresser à l’Ambassade des Etats-Unis.
JOURNALISTE : Est-ce que l’éventuel ajournement du processus d’intégration de Skopje à l’OTAN influence le processus de négociation et vient créer une nouvelle donne ? Dès lors qu’il n’existe pas de motivations fortes de la part de Skopje, pensez-vous que cet ajournement vient créer une nouvelle donne ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous nous trouvons à l’heure actuelle au stade de l’évaluation des candidatures. Comme vous le savez, chaque candidature est évaluée séparément, tel que décidé par l’OTAN. Il ne suit pas la logique de l’évaluation « en masse », l’évaluation de trois pays candidats jugés ensemble. Chaque pays candidat est évalué par les institutions compétentes de l’OTAN, sur la base du progrès accompli jusqu’à présent par ledit pays.
Par conséquent, à ce stade de la procédure, je ne pense pas qu’il faille porter un jugement prématuré sur l’un ou l’autre résultat. Plus spécifiquement, en ce qui concerne l’ARYM, l’OTAN a précisé que si l’évaluation faisait état de lacunes concernant toute une série de critères, notamment les relations de bon voisinage, qui revêtent une importance capitale, il y aura des conséquences, quant à la question de savoir si le pays sera invité ou non à adhérer à l’Alliance atlantique.
Dans un même temps, le processus de négociation sur la question du nom dans le cadre des Nations Unies est en cours, comme chacun sait.
Il n’y a pas de lien officiel et formel entre les deux processus. Certes, la Grèce a clairement indiqué – et cette position est tout à fait logique – que dès lors qu’une question de ce genre qui influence de manière négative les relations de bon voisinage demeure en suspens, il ne peut y avoir une possibilité de bâtir des relations d’alliance et de solidarité.
Aussi longtemps qu’une question comme celle-là sera ouverte, il ne peut y avoir des relations d’alliance – cela est manifeste, c’est ce que dicte la logique et la pratique internationale. Cette question demeurée en suspens est grave et importante. Je rappelle à ce stade que dans le passé, lors de récents élargissements de l’Alliance, cette même logique a été suivie. A savoir que lorsqu’il s’agissait de questions relatives aux relations de bon voisinage, que ce soit entre les pays candidats et les autres pays déjà membre, ou les pays candidats à l’adhésion et les pays tiers, non membres de l’Alliance, ces questions devaient d’abord être résolues pour que le processus d’adhésion de ces pays candidats puisse avancer.
JOURNALISTE : Monsieur le porte-parole, j’ai deux questions. La première : est-ce que la date d’arrivée de M. Nimetz à Athènes à été définie et deuxièmement, j’aimerais un commentaire concernant le communiqué publié hier soir par le ministère des Affaires étrangères de Skopje relatif aux déclarations d’Anthimos de dimanche dernier.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Pour répondre à la première question, la date d’arrivée de l’envoyé spécial du SG de l'ONU, de M. Nimetz, n’a pas encore été définie. Elle le sera par la voie diplomatique. Il est lui-même en contact avec la partie grecque pour pouvoir arrêter une date exacte.
La ministre des Affaires étrangères, hier, a parlé de quelques semaines. «Quelques semaines» ne signifie pas bien entendu la semaine prochaine.
Pour ce qui est de votre deuxième question, je crains que le communiqué du ministère des Affaires étrangères de Skopje n’ait tout simplement pas suivi les développements en Grèce. Car mercredi la ministre des Affaires étrangères a pris position eu égard à cette question, autrement dit un jour avant la déclaration du ministère des Affaires étrangères à Skopje, mais aussi une discussion détaillée a eu lieu hier devant le comité compétent du parlement hellénique lors du débat sur les questions relevant de la politique étrangère.
Les positions exprimées tant par la ministre des Affaires étrangères, que par les représentants des autres partis politiques sont bien connues. Je n’ai rien d'autre à ajouter à ce sujet. D’ailleurs, il est évident que les points de vue et les actions qui engagent le pays au niveau international sont ceux du gouvernement élu et compétent.
JOURNALISTE : Monsieur le porte-parole, dans le communiqué de la Commission européenne, plus précisément au chapitre des relations gréco-turques, il a pour la première fois été fait référence au comportement réputé infractionnel de la Turquie en Mer Egée, vis-à-vis du Patriarcat et de manière générale à son comportement pour ce qui est de la non application du protocole. Avez-vous un commentaire à faire au sujet de ce communiqué ? Je répète que c’est une première.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Permettez-moi une petite correction, M. Kapoutsis. Ce n’est pas la première fois qu’il est fait référence à l’action de la Turquie et au Casus Belli, puisque indirectement c’est de cela qu’il s’agit. Ce qui était une première, c’est la façon dont cela a été clairement stipulé.
La Commission suit de très près les développements, et ce, à un stade crucial de la vie politique de la Turquie ; elle a donc été un observateur très attentif qui a consigné ses observations.
Vous savez quelle est la prise de position du ministère des Affaires étrangères concernant ce rapport. Nous espérons que très bientôt, c’est-à-dire au cours des douze prochains mois, et ce jusqu’au prochain rapport, les actions nécessaires seront entreprises, les décisions nécessaires seront prises, les réformes et les changements dans l’attitude internationale de la Turquie auront eu lieu, afin que la Commission ne retienne pas ce qu’elle a retenu cette année.
JOURNALISTE : Avez-vous des indications attestant du fait que Skopje est disposé à faire des pas en avant, afin que le nouvel effort de M. Nimetz puisse porter ses fruits ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La Grèce s’est pleinement engagée en adoptant une attitude constructive et responsable vis-à-vis du processus de négociation, du nouvel effort engagé, de cette nouvelle étape qui a débuté il y a environ dix jours.
La Grèce participe à ce processus de négociation, à ce nouvel effort déployé par M. Nimetz, en faisant preuve de bonne volonté, d’un esprit constructif, en vue de trouver une solution mutuellement acceptable. Elle y participe avec la conviction que ce processus peut et doit apporter une solution, qualifiée à plusieurs reprises de « mutuellement acceptable », une solution qui soit dans l’intérêt de la région et de son avenir.
Elle y participe avec la détermination que lui confèrent sa politique et ses arguments.
Telle est la position grecque. Cela étant, la Grèce ne commentera pas la façon dont Skopje gère ce processus de négociation ainsi que ses prises de position publiques. Elle ne l’a pas commenté. Et n’a pas l’intention de le faire, car nous pensons que ce qui importe à l’heure actuelle est le plein respect des conditions et du cadre défini par l’envoyé spécial dans cette négociation, à savoir M. Nimetz.
Nous ne procèderons à aucun commentaire. Nous ne succomberons pas à la tentation – que ce soit de manière directe ou indirecte – de faire des prises de position publiques ou des créer diverses impressions s’agissant du processus de négociation. Dans votre question, vous me demandez de commenter l’intention du gouvernement voisin, de dire s’il est positif est négatif, et étant donné que cela concerne la négociation, je ne le ferais pas.
Ce qui importe, comme je vous l’ai dit, est d’envisager le processus de négociation avec sérieux et responsabilité, car nous pensons que si nous respectons le cadre de la confidentialité nécessaire à ce stade du processus, nous pouvons contribuer à trouver une solution, ce que souhaite du moins la Grèce.
JOURNALISTE : J’aimerais poser une question concernant la question précédente relative à un éventuel ajournement de l’invitation de Skopje à adhérer à l’OTAN. Je suppose que vous avez lu les déclarations de la Représentante permanente des Etats-Unis hier à Skopje. Tout d’abord, j’aimerais avoir votre commentaire à ce sujet et que vous nous disiez dans quelle mesure vous estimez que l’attitude de la partie américaine peut être conjecturée lors du parcours vers le mois d’avril. Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous lisons avec la plus grande attention et suivons de très près toutes les déclarations et les prises de position relatives à cette question, car nous estimons précisément que c’est maintenant l’occasion de le faire.
Par conséquent, en ce qui concerne les déclarations précises de la représentante permanente américaine à l’OTAN au sujet des critères et au fait que les relations de bon voisinage constituent un critère. Il s’agit d’une déclaration claire qui réitère ce qui va de soi et contribue ainsi à rendre le cadre plus clair.
Cette déclaration, j’insiste, réitère ce qui va de soi, ce qui a toujours été valable lorsque l’on parle de processus d’adhésion à une alliance. Ce n’est pas une organisation intergouvernementale technique ou autre. C’est une alliance. Pour que les relations d’alliance fonctionnent, des questions de ce genre, c’est-à-dire des questions relatives aux relations de bon voisinage, ne doivent pas demeurer irrésolues.
Vous savez, on peut comparer les alliances à une chaîne. Lorsque l’on y ajoute un maillon faible, la chaîne ne deviendra pas pour autant plus résistante. C’est exactement la même chose avec les alliances, ce n’est pas l’ajout de nouveaux membres qui les rendent plus fortes, mais l’ajout de membres sur des bases solides.
JOURNALISTE : Lundi dernier le parti appelé « Minorité macédoine en Grèce » a adressé une lettre à l’envoyé spécial, M. Nimetz dans laquelle il était question de l’existence d’une minorité macédoine en Grèce et d’une politique déstabilisatrice de la part de la Grèce dans les Balkans. Les auteurs de cette lettre demandent à la communauté internationale d’intervenir et d’imposer des sanctions à la Grèce en raison de son attitude et de ses actions entreprises dans la région. Y a-t-il une réaction de la part de la Grèce ? Et quel est l’impact de ces actions sur le processus ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas l’intention de commenter cette lettre, d’autant plus que son contenu ne correspond pas à la réalité.
JOURNALISTE : Monsieur le porte-parole, le ministre des Affaires étrangères de Skopje avait déclaré que la question du nom n’influencerait guère les relations entre Grèce et Skopje.
Vu les incidents récents à Skopje entre des Albanais et les autorités étatiques,- à savoir les forces de police de Skopje- qui démontrent la non application de la Convention d’Ohrid signée en 2001, les promesses de M. Milososki sont-elles bien valables ?
En considérant que toutes ses promesses étaient vaines combien sont ces promesses valables pour ce qui est de la question du nom, à savoir que dans l’avenir il n’y aura pas d’incidents et que le changement des frontières ne sera pas influencé ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Ecoutez, l’inviolabilité des frontières constitue un principe ferme de la politique grecque. En outre, cela est une référence et un principe fermes de la politique étrangère de la Grèce. Car d’une part la Grèce en tant que membre de la communauté internationale qui respecte pleinement la légalité internationale et le droit international a ce devoir et d’autre part cela est dans l’intérêt non seulement du pays mais de la région toute entière.
Par ailleurs, tel doit être l’objectif de tous les Etats. L’inviolabilité des frontières constitue un principe fondamental qui permet aux Etats de nouer sans heurts des relations internationales et interétatiques.
Vous vous êtes référés à certains incidents survenus au cours des derniers jours dans le pays voisin. De nombreux articles ont été publiés dans la presse sur cette question se référant à l’identité des parties impliquées et parlant d’actions des groupes qui ne respectent pas le droit pénal, etc. Je n’entrerai pas dans les détails. Je n’ai pas l’intention de faire un commentaire sur cette question.
Ce qui importe est d’appliquer pleinement et de manière substantielle l’Accord d’Ohrid. Comme vous le savez, telle est la position européenne ferme.
JOURNALISTE: Que pense le ministère de la déclaration d’Anthimos au sujet du changement des frontières et cette déclaration exprime-t-elle l’opinion d’une partie des forces politiques en Grèce ? Deuxième question : dans un même temps Skopje a des prétentions irrédentistes, suit une politique irrédentiste au moyen des cartes et des brochures relatives à la Grande Macédoine. Vu l’attitude du gouvernement de Skopje, comment pourrait-être créé un climat de confiance dans un délai si court avant l’ouverture des négociations ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Pour ce qui est de votre première question, je pense avoir déjà répondu. J’espère que tout ce que j’avais dit répond à votre question.
Pour ce qui est du principe de l’inviolabilité des frontières, j’ai eu juste l’occasion de vous dire que le respect de ce principe est dans l’intérêt de la Grèce et de sa région, de la stabilité et de la paix.
S’agissant des actions irrédentistes du pays voisin, je m’y suis à maintes reprises référé. Nos positions sont bien connues. Nous pensons que les actions- que ce soit des actions ou des positions- qui s’inspirent de l’esprit irrédentiste sont extrêmement contreproductives.
La position grecque, la position grecque de négociation a pris en compte ces éléments.
JOURNALISTE : Je voudrais vous poser une question relative à la question chypriote : est-ce qu’il y a eu des évolutions relatives aux pourparlers portant sur la question chypriote entre Chypre et Chypriotes turcs, à savoir entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs ? Est-ce qu’il devrait avoir du progrès s’agissant des chapitres précis abordés lors des pourparlers entre les deux parties ? Avez-vous des informations y relatives ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Vous parlez des chapitres qui s’inscrivent dans le cadre de la discussion entre les deux parties ou des chapitres relatifs au parcours européen ?
JOURNALISTE: Je parle des chapitres relatifs au parcours européen de la Turquie. Nous parlons sur la base de…
M. G. KOUMOUTSAKOS: De l’accord du 8 juillet ?
JOURNALISTE: Exactement.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Malheureusement, je n’ai pas d’informations relatives à l’évolution des discussions vers des résultats substantiels s’agissant de l’application de l’accord du 8 juillet. Je n’ai pas d’informations y relatives. Aussitôt que je les aurais, je reviendrai sur cette question mais pour le moment je n’ai rien à vous dire.
Ce qui est certain- votre question me donne l’occasion de le dire- est que tant le gouvernement chypriote que la Grèce soutiennent que l’accord doit être appliqué dans les plus brefs délais car il s’agit d’un accord qui, une fois appliqué, pourrait préparer de manière substantielle et rapide le terrain pour l’ouverture d’un processus qui devrait conduire à une solution et à une heureuse issue. Cela dit, je n’ai pas d’autre commentaire. Je vous rappelle que les Nations Unies soutiennent la même position.
JOURNALISTE: Le délai fixé par les Nations Unies pour parvenir à un règlement politique de la question du Kosovo arrive à échéance dans un mois exactement. Cette question comptait parmi les priorités de la ministre lors des dernières consultations qu’elle a eues avec ses homologues. La ministre a affirmé qu’il était nécessaire d’avoir une ligne commune au sein de l’Union européenne.
Est-il facile de parvenir à une solution dans un délai si court ? Et si une ligne commune est adoptée par l’Union européenne, elle sera la même que celle de Washington ? La Grèce devrait-elle entreprendre de nouvelles initiatives et avoir de nouveaux contacts s’agissant de cette question ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par votre dernière question. Nous pensons et croyons que la Grèce connaît bien la région, ses points sensibles, ses points faibles et ses capacités. C’est sur la base de ces connaissances que nous envisageons cette question très grave du Kosovo.
Nous nous entretenons avec toutes les parties et nous les encourageons à envisager de manière productive ce processus en cours. Car cette région, notamment cette région de l’Europe, a besoin des solutions durables. Si l’on ne parvient pas à des solutions durables, les problèmes réapparaitront et acquerront de nouvelles dynamiques. Afin que les solutions soient durables, il faut qu’il y ait un minimum d’acceptation de la part des parties impliquées.
Cela est particulièrement valable pour cette question puisque vous avez parlé d’initiatives. On essaye sans cesse d’encourager les parties impliquées à épuiser toute possibilité et à faire preuve de bonne volonté et d’une attitude constructive en vue de parvenir à une solution qui éventuellement en première lecture, ne satisferait pas complètement les attentes des deux parties mais elle pourrait permettre leur coexistence pacifique et constructive dans la région.
Telle est notre position au sein de l’Union européenne aussi. Nous croyons qu’aucune partie ne doit endurer des humiliations. L’histoire nous montre que la pleine soumission par la force d’une partie à une autre partie, notamment dans les Balkans, n’a jamais contribué à la stabilité durable à laquelle aspire la Grèce.
Cela dit, il est certain que la question du Kosovo est une question européenne. L’Europe joue un rôle prépondérant dans la région. C’est pourquoi elle doit adopter une position commune à l’égard de cette question. La Grèce œuvra dans ce sens de sorte que la question du Kosovo ne soit pas la cause des positions divergentes au sein de l’Europe ou que l’Europe ne donne pas l’impression qu’elle n’a pas une position commune sur cette question.
La nécessité de parvenir à une position commune devient de plus en plus critique car l’Europe a récemment pu progresser grâce à l’accord sur le Traité modificatif, en laissant derrière elle deux ans d’introversion.
L’Europe entame maintenant un nouvel effort pour retrouver son dynamisme et envisager l’avenir avec optimisme. Par conséquent, à une étape aussi critique, la difficulté de parvenir à une position européenne commune aurait un impact négatif.
JOURNALISTE: Si après le 10 décembre, les Kosovars déclarent leur indépendance, que fera la Grèce ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: C’est une supposition relative à l’issue du processus de négociations. La Grèce tout en restant fidèle à sa position en faveur d’une solution comme celle que je vous ai présentée, ne prend pas position sur des suppositions qui plus est des suppositions conjecturant sur l’échec du processus en cours.
JOURNALISTE : Est-ce que Mme Bakoyannis demandera ou a demandé à M. Alavanos des informations sur les entretiens de ce dernier avec presque tous les membres du gouvernement de Skopje ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne sais pas s’il y a eu des contacts officiels. Je sais qu’un entretien privé de courte durée a eu lieu en marge des travaux du Comité « Défense nationale et Affaires étrangères » du Parlement hellénique qui, bien entendu n’a pas porté sur les questions essentielles abordées lors de la visite de M. Alavanos.
JOURNALISTE : D’après ce que vous avez dit concernant Skopje et leur attitude, pourrait-on déduire que la Grèce pense qu’à ce moment les pourparlers sont dans l’impasse et qu’on examine l’éventualité de remplacer les négociateurs pour arriver à un résultat ? Quel est le plan B ? Est-ce que le plan B est de renvoyer à un moment ultérieur l’adhésion ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Comme vous l’avez compris, j’ai intentionnellement évité d’aborder des questions qui portent, bien qu’indirectement, sur les négociations. Dans mes réponses aux questions précédentes de vos collègues, j’ai tout simplement répété les intentions ainsi que les positions de la Grèce s’agissant de ce processus.
Personne n’a parlé d’impasse. Par ailleurs, toutes ces questions seront abordées, au moins par la partie grecque, lors de la visite de M. Nimetz à Athènes.
La Grèce participe pleinement au processus de négociations qui est en cours. Je ne peux pas conjecturer sur les prochaines étapes à franchir.
JOURNALISTE: Est-ce que la dynamique des premières rencontres a été perdue ? Est-ce que les évolutions conduisent de fait à un enlisement ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Pour ma part, je n’ai pas cette impression. Au moins, en ce qui concerne la Grèce.
Pour nous le processus est en pleine évolution. Par ailleurs, comme on l’a dit aujourd’hui, la date de la visite de M. Nimetz à Athènes devrait être fixée dans les semaines à venir. Je ne sais pas la date de sa visite dans la capitale du pays voisin. Toutefois cela ne me concerne pas en ce moment.
JOURNALISTE : Telle est la position de la Grèce. Toutefois, après les déclarations d’intransigeance cette dynamique n’a-t-elle pas de fait perdue ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je n’ai pas du tout cette impression. Pour ce qui est de la Grèce, cela n’est pas le cas. Je n’ai rien d’autre à ajouter car toute affirmation pourrait être considérée comme commentaire indirecte du processus de négociation. Nous maintiendrions notre attitude responsable et sérieuse à l’égard du processus.
Merci.