M. G. KOUMOUTSAKOS :
Bonjour. Vous savez qu’aujourd’hui, à 12h00, la ministre des Affaires étrangères, Mme Dora Bakoyannis s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec le Secrétaire général de l’OSCE, M. De Brichambaut. A l’issue de cette réunion, il y aura un point presse et un déjeuner de travail offert en l’honneur du Secrétaire général. Par la suite, à 15h00, Mme Bakoyannis recevra au ministère des Affaires étrangères la délégation de députés grecs participant à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE.
Demain, jeudi 13 novembre à 11h00, la ministre prononcera un discours lors de la manifestation organisée dans le cadre du « Forum des Ambassadeurs» portant sur la présidence grecque de l’OSCE. Le même jour, à 12h30, elle recevra l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Athènes. A 13h00, elle recevra le président du Parlement d’Uruguay et à 17h00, elle s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec l’ancien chancelier autrichien, M. Schüssel.
Le mardi 18 novembre à 11h00, la ministre rencontrera au ministère le ministre des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, M. Saoud al-Fayçal.
En ce qui concerne le programme des ministres adjoints. Demain, jeudi 13 novembre à 11h00, M. Valinakis participera à la séance du Comité permanent Défense nationale et Affaires extérieures du parlement hellénique. Cette séance marque en quelque sorte le point de départ d’un nouveau processus prévu dans les statuts du ministère ; il y aura des audiences des jeunes diplomates grecs qui représenteront la Grèce au grade d’ambassadeur dans des pays importants du point de vue de la politique étrangère. Plus précisément, il y aura une audience du nouvel ambassadeur de Grèce à Moscou, M. Spineli et du nouvel ambassadeur de Grèce à Pékin, M. Georgakelou. Le mardi 18 novembre, M. Valinakis rencontrera au ministère des Affaires étrangères le Directeur général du ministère des Affaires étrangères de Chypre, M. Aimiliou.
Je rappelle enfin que demain, jeudi 13 novembre à 11h00, il y aura une manifestation – ce que vous savez déjà – dans le cadre du Forum des Ambassadeurs portant sur le thème « la présidence grecque de l’OSCE en 2009 : Défis et priorités ». Les orateurs seront la ministre des Affaires étrangères, Mme Bakoyannis, le Secrétaire général de l’Organisation, l’ambassadeur de Brichambaut et la représentante permanente de la Grèce auprès de l’OSCE, Mme Mara Marinakis. Une séance de questions est prévue.
Avez-vous des questions ?
Mme NIKOLAOU : Hier, le Secrétaire général des Nations Unies a accordé une interview dans laquelle il s’est montré optimiste à l’égard du processus de négociation à Chypre. D’après les informations dont dispose le gouvernement grec jusqu’à présent, partagez-vous cet optimisme ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Le gouvernement grec a, à maintes reprises, exprimé l’espoir que le processus de négociation se dote d’une dynamique susceptible de conduire dans les plus brefs délais au règlement définitif de la question chypriote, à une solution définitive sur la base des principes et des caractéristiques bien concrets auxquels nous nous sommes à plusieurs reprises référés.
Une attitude optimiste ou pessimiste revêt certes une importance. Mais c’est la substance de la discussion qui revêt une importance majeure car c’est elle qui déterminera l’issue de la négociation. Jusqu’à ce jour, l’attitude, les propositions, les initiatives et de manière générale la philosophie qui régit l’attitude de la partie chypriote grecque et du Président Christofias contribuent de manière substantielle dans ce sens.
Cela dit, nous attendons la réaction de l’autre partie à cette volonté ferme et tangible de la partie chypriote grecque de progresser de manière substantielle et de parvenir à une issue positive.
Mme FRISSA : Votre commentaire sur les incidents survenus il y a quelques jours à Jérusalem.
M. G. KOUMOUTSAKOS : La position grecque est que le prestige et la mission de la Fraternité du Saint Sépulcre à Jérusalem doivent être protégés. À cette fin, les règles qui régissent les pèlerinages à Jérusalem doivent être respectées. Cela nous concerne tous.
M. FOURLIS : Lors des entretiens que nous avons eus il y a deux jours avec l’Ambassadeur américain, M. Speckhard, aussitôt après les élections aux Etats-Unis, celui-ci a, entre autres, affirmé que la question de Skopje était une question qui concernait la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et que ces deux pays devaient la régler et qu’il n’incombait pas à l’administration américaine de régler cette question et que de toute façon nous ne devrions pas attendre de l’administration américaine de régler cette question. Partagez-vous la position de M. Speckhard et quel est votre commentaire sur les affirmations de l’ambassadeur américain faisant état des pressions exercées sur les deux pays à la fois, la Grèce et Skopje ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Dire que ce problème ne concerne que Skopje et la Grèce revient à avoir une interprétation restrictive. Il est évident que cela concerne les Nations Unies car c’est au sein de cette organisation que les négociations sont menées. Il concerne bien entendu aussi l’Union européenne car il y a des références dans les textes européens adoptés par le Conseil européen. Il est également bien connu qu’un texte y relatif ayant un contenu très clair dans ce sens a été adopté par l’OTAN au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement.
Tels sont les données objectives. Cela étant dit, les négociations sont bien entendu menées par les deux parties en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable dans le cadre d’un processus précis. Si certains gouvernements s’intéressent sincèrement à soutenir ce processus par le biais de leurs actions, de leurs points de vue ou de leur attitude, ça c’est une autre question. Et la partie grecque ne s’est jamais opposée à la manifestation d’un tel intérêt de soutenir ce processus, ce dernier restant bien entendu indépendant.
La réponse que je vous ai donnée n’est pas une réaction aux déclarations de l’Ambassadeur des Etats-Unis en Grèce mais à vos affirmations.
En outre, pour ce qui est du calendrier du processus, la seule chose que je puisse vous dire est que la Grèce a un négociateur qui a reçu des instructions précises et qui est pleinement habilité par le gouvernement grec dont il jouit la confiance. Il bénéficie par conséquent de la nécessaire marge de manœuvre dans le cadre de son mandat. Ce négociateur s’est entretenu hier avec M. Nimetz et lui a présenté les positions grecques sur l’ensemble d’idées présentées aux deux parties.
Par conséquent, la Grèce participe aux négociations par l’intermédiaire de son négociateur.
Enfin, pour conclure force est de rappeler que la ministre des Affaires étrangères a déclaré que la Grèce ne voulait d’aucune manière tarder, ni se précipiter.
M. PAPATHANASSIOU : Tout d’abord je voudrais votre commentaire sur les déclarations du ministre turc de la Défense relative aux persécutions des Grecs et des Arméniens et par la suite votre commentaire sur les propos d’Antonis : En dépit de tout cela et bien que l’Ambassadeur américain ait affirmé qu’il ne serait pas juste de ralentir le processus pendant la période de transition marquée par la formation du nouveau gouvernement aux Etats-Unis, pensez-vous qu’un nouvel effort de M. Nimetz ainsi qu’une nouvelle proposition contribueraient à la poursuite du processus ou plutôt à le geler ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : J’aimerais à nouveau souligner – pour être clair sur le plan procédural de mes réponses – que je n’émets pas de commentaire sur les déclarations de l’Ambassadeur américain, d’autant plus que je ne les ai pas lues. Vos questions me donnent l’opportunité de répéter les positions de la Grèce et la façon dont elle envisage cette question.
M. Nimetz s’est enquis des positions des deux parties sur l’ensemble d’idées présenté en octobre. C’est à lui de juger et d’évaluer sur la base des informations disponibles et des discussions qui ont été menées, les actions qui devront être entreprises dans le cadre du mandat dont le Secrétaire général l’a investi.
Pour ce qui est des déclarations du ministre turc de la Défense, le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont inopportunes. Je dirais même qu’elles sont inacceptables et dangereuses et qu’elles s’intègrent dans la logique du passé. Les clarifications qui ont été faites par la suite n’ont pas réussi à dissiper les impressions négatives.
M. AUBI : Pourriez-vous revenir sur la rencontre de Mme Bakoyannis avec le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite et les questions qui seront abordées ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : À l’heure actuelle, je n’ai pas aucune information relative à l’ordre du jour. Ce que je peux toutefois dire est que la coopération bilatérale dans tous les domaines sera abordée, avec notamment l’économie. Il ne faut pas oublier que l’intérêt politique de la Grèce pour la région élargie du Moyen-Orient est marqué. Et je salue le fait qu’une grande partie de ces entretiens sera consacrée à la situation et aux perspectives dans la région élargie du Moyen-Orient. C’est tout ce que je peux dire à l’heure actuelle.
Vous pouvez contacter note service, qui vous apportera des informations plus globales, lorsqu’il aura ces informations, sur l’ordre du jour et l’objet des entretiens.
M. SANTAMOURIS : D’après la réaction de la Grèce aux propositions de M. Nimetz, celles-ci sont-elles toujours considérées comme base de discussion ? Deuxième question : une stagnation est constatée dans l’affaire du Kosovo. Est-ce que la Grèce attend d’ici à décembre le déploiement des forces européennes au Kosovo ? Est-ce que ce retard est lié … [au retard…] de la reconnaissance du Kosovo ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la dernière question relative à l’évolution des discussions et des consultations dans le cadre de l’Union européenne concernant la présence de la mission EULEX au Kosovo. Les dernières évolutions attestent qu’il y aura en temps utile une dynamique positive pour le règlement définitif de cette question. Il y a eu un projet qui a été soumis et il semble qu’à l’heure actuelle les consultations et les contacts entre l’Union européenne et Belgrade – qui avait émis des réserves – attestent d’une convergence de vues. A l’heure actuelle je ne peux pas vous donner un calendrier précis mais il semble que nous allions dans le bon sens.
S’agissant de l’ensemble d’idées de M. Nimetz et la réaction grecque, et en général les perspectives relatives à cet ensemble d’idées, je voudrais vous rappeler que – c’est le message que M. Vassilakis a transmis à M. Nimetz – la Grèce a évalué l’ensemble d’idées et a abouti à deux conclusions principales : d’une part, les aspects principaux de la position grecque ont été pris en considération et d’autre part, il existe une série d’éléments qui doivent être clarifiés ou modifiés et d’autres qui sont à rejeter.
Notre position est que toutes ces discussions doivent être poursuivies et que les adaptations nécessaires doivent être faites au texte afin que celui-ci serve de base pour parvenir à une solution.
Telle est la position grecque. Toutefois, pour poursuivre une négociation, l’autre partie doit aussi avoir des positions claires et une attitude claire à l’égard de ce texte. Ce n’est à moi de parler au nom de l’autre partie et de toute façon à l’heure actuelle la dynamique ne dépend pas seulement de la Grèce.
M. SANTAMOURIS : Dans le cadre de cette présentation des positions que vous avez faite, toutes les affirmations y relatives portent sur le nom ou sur l’ensemble de propositions ?
M.G, KOUMOUTSAKOS : Je pense avoir répondu de manière détaillée à cette question lors de notre réunion précédente. Après avoir étudié les résolutions du Conseil de sécurité et étant liée par elles, la Grèce envisage cette négociation en tant que négociation avec un objet précis qui est le nom du pays voisin.
A ce stade, je voudrais vous informer qu’une communication téléphonique a en ce moment lieu entre la ministre des Affaires étrangères et le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov. Il s’agit d’une communication qui a lieu suite à une initiative grecque et porte principalement sur les préparatifs de la présidence grecque de l’OSCE.
Mme KOURBELA : Est-ce que les relations entre l’Union européenne et la Russie reposent d’ores et déjà sur de nouvelles bases ? Quelle est la position grecque suite au retrait de la Pologne et des autres Etats baltiques ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : La position de la Grèce a un point de départ, à savoir la coopération substantielle est dans l’intérêt commun de la l’Europe et de la Russie. Nous pensons que cette relation revêt une importance stratégique.
A ma connaissance, les consultations entre l’Union européenne et la Russie prévues pour le 14 novembre auront lieu. Force est de rappeler que le déroulement de ces consultations n’était pas une certitude. Maintenant cela n’est pas le cas. Cela atteste que les contacts et les consultations se poursuivent et nous attendons de voir les résultats.
M. CAKA : La Grèce, M. Koumoutsakos, figure parmi les pays de l’UE qui n’ont pas encore signé l’Accord d’association et de stabilisation avec l’Albanie. Quels sont les critères qui font entrave à cette décision de la Grèce de signer cet accord avec le pays voisin ? Deuxième question : Comme je l’ai affirmé la dernière fois concernant la question du nom, l’Albanie propose à nouveau l’appellation «Republica Iliria», qui signifie «République d’Iliria», s’agissant de la région où habitent des Albanais. Les analystes considèrent qu’à l’heure actuelle cette proposition n’est pas soutenue et dépend des évolutions politiques à Skopje, et qui provoquera des réactions de la part de Skopje. La Grèce pense-t-elle que ce choix des Albanais pourrait être une solution ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la dernière question et ma réponse est prévisible. La Grèce prend position sur les propositions soumises sur la table des négociations dans le cadre d’un processus précis ou sur les positions qui ont été officiellement soumises par l’autre partie, à savoir Skopje.
La Grèce ne prend pas position sur des points de vue non officiels, quelle que soit leur importance, points de vue exprimés soit par nos interlocuteurs, soit par M. Nimetz.
Pour ce qui est de la première question, vous me donnez l’opportunité de réitérer que la Grèce suit une stratégie de soutien ferme vis-à-vis du rapprochement de ses pays voisins des institutions européennes et euro-atlantiques, autrement dit l’Union européenne et l’OTAN.
L’accord de stabilisation et d’association de l’Albanie avec l’Union européenne revêt dans ce contexte une importance majeure. Notre approche est positive car nous pensons qu’il s’agit d’un pas nécessaire dans ce sens, qui est comme je vous l’avais dit, un objectif stratégique de la Grèce.
En effet, cet accord n’a pas été adopté par le parlement hellénique et aucun débat ne s’est déroulé sur la ratification de cet accord. Les raisons sont liées à l’agenda du processus parlementaire et ne sont pas d’ordre politique ou autre. Il s’agit de raisons procédurales et je pense que bientôt il y aura du progrès dans ce dossier.
Merci.
Traduction non officielle