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Athènes, le 13 octobre 2010

 


Points principaux :

 

[Sur la tournée du ministre des Affaires étrangères au Moyen-Orient]

·          Du 17 au 20 octobre, M. Droutsas effectuera une tournée dans les pays du Moyen-Orient. Il visitera la Jordanie le 17 octobre, Israël et les territoires palestiniens le 18 octobre, l'Egypte le 19 octobre et le Liban le 20 octobre.

·          Cette tournée a lieu à une période cruciale pour les négociations sur le Moyen-Orient. Notre pays a, à plusieurs reprises, fait part de son intérêt marqué pour les développements dans la région, il a déclaré son intention de contribuer aux discussions en cours.

·          Les relations bilatérales de la Grèce sont un paramètre tout aussi important. La Grèce a traditionnellement de bonnes relations avec le monde arabe. Nous voulons approfondir ces relations.

·          Notre pays a commencé à intensifier sa coopération avec Israël au niveau stratégique et au niveau des premiers ministres des deux pays. Nous avons affirmé vouloir élargir le champ de coopération.

[Sur l’ARYM]

·          En ce qui concerne l'établissement de relations diplomatiques entre la Syrie et l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, la façon dont cela a été fait n’est pas conforme aux décisions du Conseil de sécurité et aux relations d'amitié que notre pays entretient avec la Syrie. Nos contacts sont fréquents et nous attendons de la Syrie qu'elle prenne clairement position dans ce sens.

·          J’aimerais réitérer que le fond de la question du nom n’est pas là, mais dans les négociations se déroulant sous la direction de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Nimetz. C’est là que doivent axer leur attention les chefs de l’ARYM. La solution ne viendra de nulle part ailleurs. Et il est nulle question de faire une entorse aux procédures qui ont été adoptées à l’unanimité par l’UE et l’OTAN. Cela doit être absolument clair.

 [Sur les relations gréco-turques]

·          Pour ce qui est des survols, des violations commises par la Turquie, ce sont des actes inacceptables. Ce sont des actes illégaux et la seule responsable à cet égard est la Turquie. C’est pourquoi, nous entreprenons toutes les actions nécessaires tant au niveau opérationnel que diplomatique afin que nos positions soient claires et notées et que nos partenaires et alliés soient au courant de ce comportement de la Turquie, un comportement qui constitue une menace aussi pour la stabilité de notre région.

 [Sur la question chypriote]

  • Pour ce qui est plus particulièrement de l’organisation d’une conférence sur la question chypriote, force est de rappeler que le Président Christofias avait lui-même proposé le cadre dans lequel une conférence de ce genre pourrait être organisée dans le but de réaliser de véritables progrès dans le règlement de la question chypriote. Toutefois, afin qu’une conférence de ce genre soit utile, un progrès substantiel doit être d’abord réalisé dans le cadre des négociations. Un progrès que nous n’avons pas vu à ce jour en raison des positions de M. Eroglu, des positions qui, dans une large mesure, renvoient au passé.
  • Si la Turquie veut véritablement voir un progrès rapide dans le règlement de la question chypriote, elle peut faire immédiatement deux choses, d’une part retirer l’armée d’occupation et d’autre part, restituer [à ses habitants légitimes] la ville de Famagouste, comme l’a proposé le Président de la République chypriote.

 

 

Texte intégral du point de presse :

 

M. G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Avant de commencer, j’aimerais vous présenter deux nouveaux cadres du Service de l'Information et de la Diplomatie publique. Il s'agit de Melle Kipris Zerva, qui est chargée des questions relatives à l'information et M. Alexis Katsareas qui est chargé des questions relatives à l'Internet. J'aimerais remercier les deux autres personnes qui ont quitté le service, M. Stamatis Messinis, qui jusqu'à présent traitait des questions relatives au site internet du ministère des Affaires étrangères et qui a été affecté à notre ambassade à Copenhague et M. Tassos Kezas qui traitait des questions relatives à l'information et qui a été affecté à la Direction A4.

 

Passons maintenant au programme de la direction politique du ministère :

 

Demain, jeudi, M. Droutsas participera, avec M. Venizélos, à la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’OTAN qui se tiendra à Bruxelles. Les discussions de la réunion seront axées sur le nouveau concept stratégique, qui devrait être adopté en novembre lors de la conférence au sommet du Portugal. Les points figurant à l'ordre du jour seront par ailleurs la politique des portes ouvertes, le désarmement, le contrôle et la non prolifération des armes ainsi que les relations entre l’OTAN et autres organisations comme l’UE, l’Organisation des Nations Unies, l’OSCE, etc.

 

Du 17 au 20 octobre, M. Droutsas effectuera une tournée dans les pays du Moyen-Orient et plus spécifiquement il visitera la Jordanie le 17 octobre, Israël et les territoires palestiniens le 18 octobre, l'Egypte le 19 octobre et le Liban le 20 octobre. Cette tournée a lieu à une période cruciale pour les négociations sur la question du Moyen-Orient. Notre pays a, à plusieurs reprises, fait part de son intérêt marqué pour les développements dans la région, il a déclaré son intention de contribuer aux discussions en cours. Nous déployons des efforts, toujours en coordination avec nos partenaires à l’UE et les Etats-Unis. Nous nous trouvons effectivement à un moment critique, c’est pourquoi le moment de cette visite revêt une importance encore plus grande. Nous aurons des contacts importants dans cette région. Et nous espérons que nous pourrons contribuer à ce que les négociations, qui ont débuté avec maintes difficultés pour que nous puissions réaliser du progrès dans la question du Moyen-Orient, puissent se poursuivre et nous conduire à un résultat qui en fait stabilisera la région et offrira une occasion de paix pour le Moyen-Orient.

 

Jeudi 21 octobre, M. le ministre aura une rencontre avec le Secrétaire général de l’OTAN qui effectuera une visite dans notre pays dans le cadre de la préparation de la réunion au sommet de l’OTAN. Pendant son séjour en Grèce, M.

Rasmussen aura une rencontre également avec le Premier ministre et le ministre de la Défense. Les points de l’ordre du jour incluront le nouveau concept stratégique de l'OTAN, mais aussi la relation de l'Organisation avec l'UE, l'Organisation des Nations Unies, le projet de développement du système antimissile.

 

 

Passons maintenant au programme de M. Kouvelis  

  

Aujourd’hui à 16h00, M. Kouvelis aura une rencontre protocolaire avec l’ambassadeur du Brésil, tandis que demain, à 10h30, il recevra dans son bureau l’ambassadeur de Norvège. Le deuxième Secrétaire d’Etat participera à un déjeuner de travail à la Banque de Grèce avec le gouverneur de la Banque de Grèce, M. Provopoulos. Les entretiens porteront sur les investissements et la croissance. Vendredi 15 octobre à 11h00, il aura une rencontre protocolaire avec l'ambassadeur d'Ukraine en Grèce. Lundi 18 octobre à 10h00, il participera au Comité interministériel mixte avec le Maroc qui sera consacré à la promotion des accords commerciaux et économiques bilatéraux. Mercredi 20 octobre, à 11h00, M. Kouvelis recevra dans son bureau le présidium de l’Union grecque des entrepreneurs. Les entretiens porteront sur des questions relatives à la promotion de la coopération économique et commerciale avec les pays tiers. Le même jour à 13h40, il prononcera une allocution lors d’une conférence de l’Economist intitulée « Second Sustainability Summit. The Green Agenda after Copenhagen ».

 

Voilà pour ce qui est du programme. Je suis prêt pour répondre à vos questions, s’il y en a.

 

M. A. FOURLIS : Vous n’avez rien dit sur M. Bagis. Est-ce qu’il y aura quelque chose cette semaine ? Viendra-t-il finalement ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Pour le moment, il n’y a rien de prévu.

 

MME A. VOUDOURI : En ce qui concerne la tournée de M. Droutsas au Moyen-Orient, vous avez indiqué qu’il s’agissait d’une conjoncture très critique. En effet, la période est cruciale pour le Moyen-Orient et pas seulement pour ce qui est de la résolution de la question palestinienne.

Y a-t-il un autre objectif, outre celui d’exprimer concrètement notre intérêt, d’aider dans les négociations sur la question palestinienne? Par ailleurs, j'aimerais demander pourquoi la Syrie n'a pas été inclue dans la tournée ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je commencerais par parler de la tournée.

 

Comme nous l’avons dit tout à l’heure, il s’agit d’une conjoncture cruciale pour la question du Moyen-Orient, mais les relations bilatérales de la Grèce sont un paramètre tout aussi important. La Grèce a traditionnellement de bonnes relations avec le monde arabe. Nous voulons approfondir ces relations. Comme vous le savez, de nombreux contacts ont été établis, au niveau du Premier ministre et au niveau du ministre des Affaires étrangères au niveau bilatéral. Nous avons réussi à asseoir la présence de la Grèce et à développer l'éventail des relations bilatérales avec ces pays dans un large champ de coopération portant sur le domaine de l'économie, des investissements, de la coopération politique, avec des consultations tant au niveau politique qu'interne, afin que nous puissions débattre des grandes questions concernant notre région.

 

A titre indicatif, le 22 octobre se tiendra à Athènes la conférence pour le changement climatique en vue du sommet des Nations Unies à Cancun, Mexico. Nous avons invité des chefs importants de la région afin que nous, pays de la Méditerranée puissions accorder nos voix, coordonner nos actions, présenter des positions communes dans la mesure du possible, en vue de la conférence des Nations unies – et notre région a réellement besoin de cette coordination car elle sera l’une des premières à être touchée par le phénomène du changement climatique.

 

Nous voulons discuter et promouvoir tout cet éventail de questions. N’oublions d’ailleurs pas que notre pays a commencé à intensifier sa coopération avec Israël au niveau stratégique et au niveau des premiers ministres des deux pays. Nous avons affirmé vouloir élargir le champ de coopération. La visite en Israël du ministre d’Etat, M. Pamboukis, du Secrétaire d’Etat, M. Dollis et du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Zepos vient de s’achever et ils ont eu des rencontres très importantes.

 

La visite du ministre des Affaires étrangères offrira une occasion de mener des consultations politiques, de poursuivre cette coopération et de l'approfondir.

 

Passons maintenant à la question du Moyen-Orient, le Moyen-Orient est sans doute l'un des dossiers les plus importants pour les relations internationales dans le monde. Il est essentiel que ce problème soit résolu car il peut influencer de nombreuses régions de la planète et déterminer l'environnement, la carte de sécurité pour les années à venir.

 

C’est exactement la raison pour laquelle nous devons investir dans le processus de négociation, qui souvent devient la cible de parties qui n'aspirent pas au progrès. Ce n'est pas une question facile, bien au contraire. C'est une question très complexe. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est si difficile de progresser.

 

Toutefois, nous avons réussi à jeter les bases. Le processus de négociation a commencé et il faut que tout le monde s'emploie à ce que ce processus demeure vivant, qu’il avance, car la paix durable au Moyen-Orient ne peut provenir que des négociations.

 

C’est la raison pour laquelle – et cela sera notre message – nous allons au Moyen-Orient. Nous voulons avoir des contacts avec tous nos partenaires de la région, voir où en sont exactement les choses et mettre tout en œuvre pour soutenir ce processus, en tous ses aspects qui pourraient s’avérer utiles.

 

MME A. VOUDOURI : Vous n’avez pas répondu sur la Syrie.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Oui, pardonnez-moi. Pour le moment, il n'a pas été jugé opportun de l'inclure pour des raisons pratiques. Nous en tiendrons toutefois compte pour notre planification future.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Monsieur le porte-parole, j’aimerais m’arrêter un moment sur les relations avec le monde arabe. Vous avez dit que des efforts étaient consentis en vue d'améliorer ces relations. Nous constatons que la Syrie, qui est un allié traditionnel de la Grèce depuis des décennies, a reconnu récemment l'ARYM. Nous examinons les questions de politique étrangère et sans autre information, je dis que la Syrie, l’Iran à côté, etc. ont envoyé un signe très clair à Athènes : « Tu mets éventuellement à disposition de l’armée israélienne ton espace aérien pour que celle-ci s'exerce à bombarder l'Iran, et tu en subiras aussi les conséquences…». Pouvez-vous me dire pourquoi mon interprétation à moi n’est pas juste, comment est-ce que vous interprétez cette reconnaissance ? Par ailleurs, un détail. Est-ce qu’Athènes a été avertie du fait que la Syrie allait procéder à la reconnaissance de l’ARYM ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je ne porterais aucun jugement sur l’analyse que vous donnez, mais je dirais que nous devons nous en tenir au fond de la question. Le fond de la question est, en ce qui concerne l’établissement de relations diplomatiques entre la Syrie et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, que la façon dont cela a été fait n’est pas conforme aux décisions du Conseil de sécurité et aux relations d'amitié que notre pays entretient avec la Syrie. Des relations traditionnelles et compte tenu du soutien que notre pays a accordé à plusieurs reprises à la Syrie pendant des moments difficiles, lorsque ce pays était confronté à des questions graves relevant de sa politique étrangère.

 

Cela dit, le dossier n’est pas clos. Nous estimons que la Syrie devra prendre clairement position, une position qui devra pleinement respecter les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Ces actions visent en fait à saper le processus même des négociations dans le cadre des Nations Unies. Et ce, de la part d’un pays, la Syrie, qui affirme que l’Organisation des Nations Unies est une priorité pour elle.

 

Nous poursuivrons les contacts et les consultations. La semaine passée, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères a de nouveau fait une démarche auprès de l’ambassadeur de la Syrie. Nos contacts sont constants et nous attendons que la Syrie prenne clairement position dans ce sens.

 

J’aimerais réitérer que le fond de la question du nom n’est pas là, mais dans les négociations se déroulant sous la direction de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Nimetz. C’est là que doivent axer leur attention les chefs de l’ARYM. La solution ne viendra de nulle part ailleurs. Et il est nulle question de faire une entorse aux procédures qui ont été adoptées à l’unanimité par l’UE et l’OTAN. Cela doit être absolument clair. Nous pensons que tous nos partenaires, à l'UE, les Etats-Unis, nos alliés, sont pleinement conscients de la réalité et du fait que les chefs de l'ARYM tergiversent à l'heure actuelle. Ils ne souhaitent pas parvenir à une solution. Cela se reflète du moins dans leurs actions.

 

Et le fait que M. Gruevski n’était pas présent à l'Assemblée générale des Nations Unies est parlant. Il n'était pas là pour que nous puissions saisir l'occasion, sur initiative de la Grèce encore une fois, d'organiser une rencontre entre les deux Premiers ministres. Des rencontres que nous avons définies et qui, à notre sens, créent les conditions nécessaires à un climat différent dans les relations des deux pays, qui facilitera également la solution dans le cadre des Nations Unies. 

 

C’est la réalité. La Grèce continuera d’envoyer ce message positif qui s’adresse non seulement au gouvernement de l’ARYM, mais à sa société et nous espérons qu'à un moment donné, rapidement, nous trouverons un accueil favorable.

 

Mais il est clair que sans solution il ne peut y avoir de progrès dans la perspective euro-atlantique de l’ARYM.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Vous ne nous avez pas dit s'ils nous en avaient préalablement informés ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous avons des contacts réguliers et systématiques avec tous nos partenaires et cet acte de la Syrie était contraire aux garanties qu’elle nous donnait jusque très récemment.

 

M. FOURLIS : Monsieur le porte-parole, toute la discussion que vous engagez ainsi que l’interprétation que vous donnez, se réfèrent aux relations de la Grèce avec l’ARYM. N’avez-vous pas quelque chose à nous dire sur les relations de la Grèce avec le monde arabe à l’égard de cette question ? C’est-à-dire, pour vous cet acte de la part de la Syrie se limite-t-il aux relations de la Grèce avec l’ARYM ? Cela n’a rien à voir avec la politique que vous exercez dans la région du Moyen-Orient ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, je vous répète que pour nous cette question n’est pas close.

 

M. MELETIS : Excusez-moi, est-ce que je pourrais vous poser une autre question ? Quand est-ce qu’à votre avis la question sera close ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Quand la Syrie prendra une position claire qui sera conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. De toute évidence, tel est le cadre.

 

M. N. MELETIS  :  Est-ce que cet appel s’adresse aussi aux  Etats-Unis, à la Russie et à la Chine dont les positions à l’égard de ces questions demeurent en suspens ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Ces pays ont clairement déclaré leur intention d’appliquer la solution qui sera atteinte dans le cadre des négociations des Nations Unies.

 

M. N. MELETIS : C’est-à-dire, vous demandez à la Syrie de déclarer que, d’une part, elle reconnaît ... Cela concerne évidemment tous les pays dont les positions demeurent en suspens jusqu’à ce qu’ils se conforment à la résolution du Conseil de sécurité. Mais précisément, qu’est-ce que vous demandez à la Syrie ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je vais vous le dire. Nous avons procédé à une série de démarches auprès de la Syrie afin que cette dernière prenne une position claire à l’égard de cette question. L’établissement des relations diplomatiques, tel qu’effectué en ce moment, n’est pas conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous attendons par conséquent de la Syrie une position claire vu qu’il s’agit d’un pays qui accorde une très grande importance à la légalité internationale et aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies, nous lui demandons de nous dire que sa politique est conforme à ces résolutions.

 

M. N. MELETIS : Je vous demande encore une fois : cet appel s’adresse à  toutes les autres grandes puissances ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il ne s’agit pas d’un appel.

 

M. N. MELETIS : Oui, cette déclaration porte aussi sur les autres grandes puissances. C’est-à-dire vous invitez aussi les Etats-Unis à déclarer de manière claire qu’ils se conforment…

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous pensons que tous les pays doivent respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cela va de soi. Et, nous pensons que la décision du gouvernement de M. Bush de reconnaître l’ARYM sous son appellation dite constitutionnelle, a été erronée et a considérablement entravé le processus de négociation. Ce sont des entraves que même aujourd’hui on a des difficultés à surmonter.

 

Ces questions sont très graves et c’est pourquoi nous attendons de la Syrie une prise de position claire qui sera conforme aux résolutions des Nations Unies.

 

M. FOURLIS : S’agissant du monde arabe, quelle est votre interprétation ? Pensez-vous que cette évolution relative à la Syrie porte exclusivement sur le dossier «  Relations Grèce - ARYM » ? Ne pensez-vous pas que cela soit lié à votre politique à l’égard du monde arabe ?

 

 

M. G. DELAVEKOURAS : En ce moment, l’information que nous avons est que la Syrie a décidé d’établir des relations diplomatiques avec l’ARYM d’une façon qui n’est pas conforme aux résolutions du Conseil de sécurité. Telle est la réalité. Votre raisonnement est général et met tous les pays du monde arabe dans le même sac…

 

M. MELETIS : J’ai juste posé une question et je vous demande : Est-ce la seule interprétation que vous donnez à cet égard ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Telle est la réalité. Nous avons des contacts continus avec tous les pays, avec tous nos partenaires dans le monde arabe, nous avons une très bonne coopération que nous poursuivrons. La Grèce est un acteur important dans la région et a une voix forte et une très grande sensibilité à l’égard des questions de notre région.

 

Il est du devoir de la Grèce de jouer ce rôle. Et, elle le fera. Elle entreprendra toutes les actions nécessaires, elle suivra une politique qui lui permettra de soutenir aussi nos contacts bilatéraux avec cette région mais aussi le processus de paix au Moyen-Orient. Nous poursuivrons cette politique. Cela étant, nous avons une évolution, une évolution négative à l’égard de la Syrie et nous attendons à ce que la Syrie prenne une position claire. Tel est l’état de choses actuel.

 

 

M. MELETIS : C’est-à-dire vous attendez de la Syrie d’annuler sa décision ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Pour le moment, nous attendons une prise de position claire de sa part. Nous ne l’avons toujours pas.

 

 

M. A. FOURLIS : Hier, il y a eu encore un survol de l’île d’Agathonissi. Est-ce que vous pensez qu’à travers les survols – qui se produisent de nouveau de manière progressive, même en vue de la visite du Premier ministre turc à Athènes – la Turquie en fait essaye de soulever des questions dans le cadre du processus des contacts exploratoires ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Aucun lien ne peut être établi entre ces questions car tout d’abord l’objet des contacts exploratoires est la délimitation du plateau continental. Cela est clair et connu. Pour ce qui est des survols, des violations commises par la Turquie, ce sont des actes inacceptables. Ce sont des actes illégaux et la seule responsable à cet égard est la Turquie. C’est pourquoi, nous entreprenons toutes les actions nécessaires tant au niveau opérationnel que diplomatique afin que nos positions soient claires et notées et que nos partenaires et alliés soient au courant de ce comportement de la Turquie, un comportement qui constitue une menace aussi pour la stabilité de notre région.

 

Il est évident que ce comportement ne peut se poursuivre. Si la Turquie veut réellement améliorer et normaliser ses relations avec la Grèce, elle devra changer cette pratique. Et, bien entendu, nous devrons également signaler que ce comportement va à l’encontre des règles de bon voisinage qui sont aussi l’un des critères dans le cadre du processus d’adhésion de la Turquie.

 

Mme A. VOUDOURI : A cette occasion, puisqu’on parle du parcours d’adhésion de la Turquie, hier le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutoglu depuis Paris a réitéré sa proposition sur l’organisation d’une conférence internationale et ce dans un délai d’un ou de deux mois en vue de parvenir à une solution définitive à la question chypriote ce qui permettrait à la Turquie de progresser sans heurts dans son parcours d’adhésion.  Que pense Athènes de cette proposition d’organiser une conférence internationale similaire à celle de 2004 ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, la Turquie fait de temps en temps des déclarations positives en faveur du progrès et de l’amélioration de nos relations et de la coopération entre nos deux pays. Toutes ces déclarations sont évidemment très positives mais pour servir à quelque chose, ces déclarations doivent être traduites dans des actes. Pour ce qui est plus particulièrement de l’organisation d’une conférence sur la question chypriote, force est de rappeler que le Président Christofias avait lui-même proposé le cadre dans lequel une conférence de ce genre pourrait être organisée dans le but de réaliser de véritables progrès dans le règlement de la question chypriote.

 

Toutefois, afin qu’une conférence de ce genre soit utile, un progrès substantiel doit être d’abord réalisé dans le cadre des négociations. Un progrès que nous n’avons pas vu à ce jour en raison des positions de M. Eroglu, des positions qui, dans une large mesure, renvoient au passé. Si la Turquie  veut réellement parvenir dans les plus brefs délais  à une solution à la question chypriote, comme elle l’affirme de temps en temps – et nous sommes les premiers à soutenir cette position en faveur d’un règlement immédiat de la question chypriote – elle devra utiliser son influence découlant du stationnement d’une armée d’occupation d’un effectif de 40 000 soldats afin que M. Eroglu participe à la négociation avec des positions différentes, des positions constructives.

 

Et, si la Turquie veut véritablement voir un progrès rapide dans le règlement de la question chypriote, elle peut faire immédiatement deux choses, d’une part retirer l’armée d’occupation et d’autre part, restituer [à ses habitants légitimes] la ville de Famagouste, comme l’a proposé le Président de la République chypriote.

  

M. MELETIS : Vous avez dit que si la Turquie souhaitait une normalisation de ses relations avec la Grèce, elle devrait renoncer à ses activités, aux survols et aux violations. Donc ma question est la suivante : cette pratique que la Turquie poursuit sans cesse, une pratique qui s’est intensifiée ces dernières années, dans quelle mesure contribue-t-elle à l’amélioration, à l’amélioration considérable des relations gréco-turques qui a été saluée par les deux Premiers ministres et les ministres des Affaires étrangères en mai et, j’imagine que c’est le cas actuellement puisqu’ils déclarent qu’il y a une grande amélioration des relations bilatérales. Dans quelle mesure ce comportement négatif de la Turquie influence l’Egée ?

 

Encore une question : Dans quelle mesure ces violations influencent le parcours européen de la Turquie ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : En 1999 a été entamé un processus d’amélioration et de rapprochement entre les deux pays. Deux pays qui étaient traditionnellement considérés ennemis, deux pays qui seraient toujours en conflit. L’effort consiste à pouvoir identifier des champs de coopération qui pourraient créer un climat différent dans nos relations bilatérales et pouvoir progressivement régler les questions les plus graves ayant trait à la sécurité.

 

Notre attitude à l’égard de la question du comportement illicite de la Turquie, des revendications et des contestations, est très claire et, ce, je vous le répète, à la fois au niveau opérationnel et diplomatique. Il s’agit d’une réalité qui doit changer et qui ne peut se poursuivre. Et, tant que cette situation perdure, aucune normalisation des relations entre les deux pays n’est possible.

  

Nous souhaitons avoir de bonnes relations avec la Turquie, une relation qui sera pourtant axée sur des bases claires. Cela ne sera pas possible tant que la Turquie continuera de soulever des questions infondées qui vont à l’encontre du droit international. Cela est clair.

 

Et, puisqu’il y a justement le droit international, nous pensons que ce dernier est la meilleure base pour déterminer nos relations.

 

JOURNALISTE : (hors micro, question concernant les relations gréco-turques)

 

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous sommes deux voisins qui pouvons coopérer sur un large éventail de questions. Je vous rappelle le Conseil de coopération de haut niveau, l’un des exemples les plus récents mais aussi les plus importants en faveur du rapprochement entre les deux pays. Nous avons développé une coopération portant sur un bon nombre de domaines et nous ne devons pas négliger les nombreux avantages qui découleront de la coopération avec la Turquie, dans le domaine de l’économie, du tourisme et dans d’autres domaines.

 

Et c’est justement à ces dossiers que nous pouvons travailler en vue d’obtenir des avantages pour la Grèce, des avantages qui serviront les intérêts du pays et de créer un meilleur climat dans nos relations. Il doit être pourtant clair que si la Turquie ne renonce pas à cette tactique, les relations gréco-turques ne pourront être normalisées.

 

M. E. PALLAS : Le Président de la Russie a récemment visité Chypre et cette visite a été couronnée de succès ce qui a été au profit tant de Chypre que de la Russie. Est-ce qu’une visite du Président de la Russie en Grèce est prévue ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je n’ai pas en ce moment aucune information à ce sujet.

 

Merci.

 




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