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Athènes, le 16 février 2010



Tout d’abord j’aimerais remercier les deux chambres, la Chambre de Commerce gréco-turque et la Chambre de Commerce d’Izmir qui nous ont offert l’occasion de parler des actions qui à notre sens devront être entreprises et qui ont notamment donné l’opportunité aux hommes d’affaires de se rencontrer et faire avancer cette coopération.

 

J’aimerais également affirmer que ce matin j’ai eu une rencontre très agréable et utile avec le ministre Zafer Caglayan avec lequel j'avais coopéré dans le passé aussitôt après que j’ai eu assumé mes fonctions en vue de régler une question mineure. Nous avons réussi à régler ce problème ce qui m’a particulièrement réjouit. En d'autres termes, notre coopération a commencé avec de bonnes perspectives.

 

Aujourd’hui, à l’issue de notre discussion, j'ai le sentiment d'être en face d'un homme, d'un voisin avec lequel nous coopérons étroitement, mais aussi un ami et je pense que désormais de nombreuses possibilités nous sont offertes pour aller de l’avant.

 

C’est un grand plaisir pour moi de participer à la 9e Conférence économique sur les îles grecques de la Mer Egée et les côtes turques de la Mer Egée. Nous avons perdu du terrain certes, mais il importe aujourd’hui d’avoir une coopération encore plus étroite. Et je pense que la priorité pour les deux parties doit être d’encourager les contacts entre les milieux d’affaires des deux pays.

 

Tel a été justement l’objet de notre discussion ce matin. Force est de signaler que dans le passé, les entreprises grecs comme turques avaient manifesté un intérêt réciproque pour les marchés de l’autre pays.

 

L’ensemble des investissements grecs en Turquie dépasse actuellement 6 milliards de dollars. C’est une somme très importante – bien que pas suffisante –  pour une économie de cette taille mais elle peut devenir encore plus considérable. Force est de signaler les domaines concernés : banques, informatique, industrie du ciment, pisciculture, santé, tourisme, construction, matières plastiques, produits pharmaceutiques, cosmétiques, communication, relations sociales, services de conseil.

 

Pour ce qui est de la partie turque, la coopération porte sur le secteur bancaire, l’informatique, les transports, la prestation de services, etc. En effet, il s’agit de deux économies qui ont beaucoup de points communs et par conséquent elles peuvent générer des résultats communs.

 

En outre, je pense, comme l’a justement affirmé le ministre, M. Caglayan, les efforts consentis par les entreprises grecques et turques en vue d’entreprendre des initiatives communes constituent un objectif que nous pouvons et devons atteindre. Dans les deux pays il y a des entreprises sérieuses. Autrement dit, dans les secteurs de la construction, de l’énergie, des secteurs, entre autres, qui disposent de savoir-faire et où les entreprises grecques et turques ont acquis une bonne réputation et par conséquent la coopération pourrait apporter des résultats très positifs.

 

Telle est la base sur laquelle nous allons axer notre coopération ainsi que sur le niveau assez satisfaisant dirais-je du commerce bilatéral entre les deux pays en 2008. En 2008, cette relation commerciale bilatérale entre nos deux pays a atteint 3,3 milliards de dollars, une hausse spectaculaire puisque 7 ans auparavant, le volume d’échanges commerciaux représentait environ 800 millions de dollars.

 

Une hausse significative des échanges commerciaux lesquels au cours de  la crise  en 2009 ont enregistré une forte baisse, en passant de 3,3 milliards  à 2,3 milliards ce qui représente une diminution de l’ordre de 20 % en une année.

 

Il y a eu le choc de la crise économique internationale mais aussi toute une série de paramètres qui ont été de vraies sonnettes d'alarmes. C'est ce dont nous discutons aujourd'hui avec le ministre, nous entendons cette sonnette et savons qu’à cause de la crise internationale et de l'état de l'économie internationale, le mieux que nous avons à faire - et nous le devons bien à nos peuples - est de coopérer le plus étroitement possible.

 

Le ministre l’a dit en conclusion de son discours. Il a souligné qu’en période de crises où les économies internes et la demande interne subissent des pressions, se contractent et c’est d'ailleurs ce qui se passe dans le cas de la Grèce, en raison notamment du programme de stabilisation que nous sommes tenus d'appliquer dans le moindre détail – il en va de l’obligation de notre pays – et c’est ce dont a besoin une économique pour s'ouvrir à l’international.

 

Je l’expliquais ce matin lors de notre rencontre, à savoir que le nouveau gouvernement grec a mis en œuvre un programme de développement de l’extraversion de l’économie. Il faut que nous nous ouvrions à l’international, que nous revendiquions des parts de marchés, que nous attirions des investissements en Grèce. Dans ce domaine, il est bien clair que nous avons beaucoup à partager avec la Turquie, nous pouvons coopérer étroitement.

 

J’estime que les échanges commerciaux entre les deux pays dépasseront ce 20%. Il faut également que nous puissions coopérer étroitement dans le cadre de nos relations bilatérales afin que puissions lever les obstacles de nature tarifaire ou non, et développer une coopération mutuellement avantageuse entre nos deux pays.

 

Je citerais à ce titre le 15e Sommet du Comité Directeur Grèce – Turquie, le 12e Sommet du Groupe de travail gréco-turc pour le Commerce et la Coopération économique qui se tiendront dans les prochains mois, sans oublier le 4e Sommet du Comité mixte économique gréco-turc qui devrait se tenir la deuxième quinzaine de septembre 2010. Ce matin nous sommes convenus que si les réunions préparatrices avançaient à un rythme satisfaisant et assez rapidement, nous pourrions organiser cette manifestation plus tôt car nous n'avons pas de temps à perdre, nous devons agir vite.

 

Cela étant, nous devons examiner les domaines offrant des perspectives de coopération. Premier domaine, le tourisme. La Grèce et la Turquie sont sans aucun doute l’un des plus beaux pays du monde.

 

La coopération touristique bilatérale est un domaine qui enregistre de bons résultats. Nous observons une hausse notable du flux de touristes grecs à destination de la Turquie et je pense que la Turquie suivra avec un plus grand nombre de visiteurs turcs en Grèce.

 

Toutefois, il ne faut pas oublier que nos deux pays peuvent coopérer pour essayer d’attirer des visiteurs dans les deux pays originaires de pays plus éloignés, comme le Japon, la Chine, l’Extrême-Orient. Imaginez ce que pourrait représenter en termes de tourisme pour la Grèce et la Turquie une hausse des visiteurs chinois par exemple puisque la Chine compte une population très nombreuse.

 

La coopération des deux pays dans le secteur des transports est tout aussi importante. En avril, il est prévu d’organiser une réunion du Comité mixte des transports routiers et de mettre en œuvre des travaux de liaison entre nos deux pays, comme la création de l'Axe européen Thessalonique - Constantinople avec le réseau ferroviaire et routier en cours vers Constantinople.

 

Il est prévu de construire un deuxième pont au niveau du passage frontalier Kipon—Ipsalon au sujet duquel il y a eu un accord gréco-turc ratifié par le parlement grec en 2007 et je pense que bientôt il y aura des développements côté turc.

 

Il en va de même pour la marine marchande, comme l’a affirmé Mme Katselis tout à l’heure. Les nouvelles liaisons revêtent un intérêt important, je citerais la liaison entre Izmir et Thessalonique et j’imagine que ce projet intéresse particulièrement la chambre de commerce, mais encore les liaisons de transport maritime à courte distante dans le nord de l’Egée.

 

L’énergie est bien entendu un domaine important. Nos pays offrent des caractéristiques particulières et je ne me réfère pas seulement aux sources d'énergie renouvelables. Je commencerais par les projets représentant un carrefour important pour la région géographique élargie.

 

Je mentionnerais à ce titre, le projet ITGI, le gazoduc italo-turc et je serais d’accord avec le ministre Caglayan qui a affirmé la nécessité de prouver concrètement comment faire avancer ce genre d’initiatives afin que nos échanges commerciaux puissent se développer.

 

Vous comprenez bien qu'un tel projet peut conférer un avantage stratégique à la Turquie qui est située près des sources de production du gaz naturel et de l'Europe, comme premier pays dans l'axe vers l'Europe. Ce sont des initiatives importantes que nous devons mettre en œuvre.

 

Respectivement, dans le domaine des sources d’énergie renouvelables, des politiques énergétiques, la Grèce modernise son cadre institutionnel et la Turquie a fait de très grands pas. Les deux pays peuvent unir leurs forces pour promouvoir les sources d’énergie renouvelables dans la région élargie.

 

Le secteur agricole est également un domaine important. En février 2009 a eu lieu le 3e Sommet du Comité directeur agricole.

 

La pisciculture est également un domaine revêtant une importance particulière pour la coopération de nos deux pays. Ce matin nous nous sommes entretenus sur les réglementations à appliquer dans toute l’Union européenne. La coopération entre nos deux pays peut contribuer à faire augmenter considérablement les volumes de produits fabriqués.

 

Enfin, au niveau institutionnel je dirais que nous avons une coopération très bonne dans le cadre de l’Organisation pour la Coopération en Mer noire, la CEMN, dont la Grèce assumera la présidence dans quelques mois. Je pense que nous aurons l’occasion de montrer combien notre coopération avec la Turquie est bonne. De plus le Conseil entrepreneurial de l’Organisation contribue au travail accompli et à ces forums.

 

Je pense que la communication entre les délégations d'affaires est l'élément le plus important. Mon collègue, M. Caglayan a parlé de la délégation des 200 hommes d’affaires qui l'ont accompagné en Grèce.

 

Je ne peux que le féliciter et je dirais qu’il a vraiment placé la barre très haut. Premièrement, je vais devoir faire 4 à 5 fois le tour du monde en une année pour arriver à son niveau. Deuxièmement, il faut réussir à établir des contacts permanents afin de parvenir à nos objectifs.

 

Personnellement j’ai eu beaucoup d’amis turcs dans le cadre de mes études et plus tard de mes activités professionnelles et je dirais qu'il y a beaucoup de points qui unissent nos deux pays et si nous apportons tous notre aide, nous pourrons faire pousser cette petite graine semée à l'époque par MM. Cem et Papandréou afin de renforcer la coopération économique et la diplomatie économique.

 

Je vous remercie beaucoup.




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