Athènes, le 17 février 2011
Principaux points :
[Concernant les événements en Afrique du nord et l’éventuelle augmentation des flux migratoires :]
Il est vrai que la Grèce – en raison de sa position géographique – assume la plus lourde charge au sein de l’Union européenne en matière d'immigration clandestine : environ 90% du nombre global d'immigrés clandestins qui se rendent en Europe passent par la Grèce et les frontières gréco-turques.
Forts de notre expérience dans ce domaine et de la lourde charge que la Grèce assume, nous sommes certainement préoccupés par les développements éventuels y relatifs avec nos voisins en Egypte et en Tunisie et nous pensons que l’UE dans son ensemble doit faire face à ce problème.
Lundi prochain, nous avons le Conseil des ministres des Affaires étrangères et, comme vous pouvez l’imaginer, l’agenda sera dominé par les développements en Egypte et dans la région. Il s’agit indéniablement d’une question que je soulèverais à mes confrères de l’Union européenne.
[Concernant l’économie grecque:]
En effet, les chiffres sur le plan de la croissance sont dans le rouge, mais si vous étudiez les derniers chiffres - notamment ceux des trois derniers mois - vous constaterez qu’ils sont très encourageants. Nous avons ici une autre tendance, une tendance positive. Et cela montre bien que les mesures et notamment les réformes structurelles que la Grèce a décidé de mettre en œuvre, que notre gouvernement a décidé de mettre en œuvre, que le peuple grec a décidé de mettre en œuvre, portent leurs fruits et ces réformes portent sur le système des retraites, le nouveau système fiscal pour lutter contre la fraude fiscale ou encore la libéralisation des professions règlementées.
Permettez-moi de vous donner un autre exemple de cette tendance positive : les exportations grecques ont enregistré une hausse supérieure à 8% comparé à 2009.
D’aucuns parlent d’une crise « grecque ». Certainement notre pays doit faire le nécessaire et le peuple grec est prêt à faire des sacrifices, mais cette crise n’est pas purement grecque. Cette crise touche toute l’Europe et la Grèce y fait face toute seule. Nous entreprenons les actions nécessaires, mais il appartient également à l'Union européenne de présenter et de donner les réponses convaincantes nécessaires aux marchés internationaux, à savoir que les pays de la zone euro et l’ensemble de l’Union européenne, si vous le voulez, sont attachés à l’euro et soutiennent la monnaie unique.
A la fin du mois de mars, les 24 et 25, se tiendra le Conseil européen, lors duquel l’Union européenne devra se prononcer sur un train de mesures finales concernant le mécanisme de stabilisation, qui constitueront une réponse convaincante de l’UE, transmettront un message convainquant aux marchés internationaux, à savoir que l’euro est une monnaie forte et que l’UE – tous les Etats membres – y sont attachés et le soutiennent.