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Athènes, le 16 juillet 2010

 

Points principaux :

 

M. S. Kouvelis

 

          «La Grèce fait partie des pays les plus efficaces et les plus réactifs en matière d’aide humanitaire, comme cela a pu être prouvé récemment avec l’intervention récente et la mission de la Grèce en Haïti, mais aussi l’intervention de la Grèce en Moldavie qui est victime d’importantes inondations, ou encore l’intervention de la Grèce à Gaza et en Albanie, etc. »

          «Nous planifions de donner une nouvelle impulsion à la coopération avec des ONG et groupes bénévoles. Cette question a revêtu un intérêt marqué de la part de l’Union européenne, dans le cadre de laquelle, à l’initiative de Georges Papandréou, alors ministre des Affaires étrangères et aujourd’hui Premier ministre, a eu lieu une discussion portant sur la création d’un corps de bénévoles en matière d’aide humanitaire. La Grèce souhaite y participer, mais notamment prendre activement part à la discussion engagée sur la structure et le fonctionnement d’un tel corps de bénévoles, rendant plus efficace l’intervention de l’Union européenne tout entière en matière d’aide humanitaire ».

 

Mme. K. Georgieva

 

          «Nous voulons garantir que les dépenses seront utilisées le plus efficacement possible, compte tenu du fait qu’en raison de la crise économique, les budgets sont limités et que chaque euro dépensé le sera de la façon la plus efficace possible pour faire face aux crises et fournir une aide humanitaire».

          (concernant la question de la gestion des ressources aquatiques) «L’eau est une question importante que nous avons abordée et nous l’avions abordée dans le passé avec M. Kouvelis, lorsque j’exerçais des fonctions différentes. Force est de constater que nous deux pays possèdent des eaux communes, ce qui veut dire que nous devrons coopérer pour gérer cette rare ressource».

 

Texte intégral des déclarations :

 

M. S. KOUVELIS : J’aimerais vous souhaiter la bienvenue et accueillir chaleureusement la commissaire européenne à la réaction aux crises, Mme Georgieva. Mme Georgieva et moi sommes liés par un long passé de bonne coopération sur le plan environnemental, lorsqu’elle occupait un poste à la banque mondiale.

 

Mme Georgieva est venue à Athènes, suite à mon invitation que je lui ai adressée dans le cadre de la rencontre informelle que nous avons eue lors du dernier sommet des ministres de la coopération au développement qui s’est tenu au Luxembourg, une invitation qu’elle a immédiatement acceptée et j’estime que la rencontre d’aujourd’hui est importante tout comme notre coopération.

 

J’aimerais vous informer du fait que lors de la rencontre que nous avons eue avec Mme Georgieva et sa délégation, nous avons discuté et expliqué à la commissaire le programme du nouveau plan stratégique de la Grèce en matière d’aide humanitaire et de politique au développement, qui est un domaine très important de la politique étrangère de notre pays. J’ai également expliqué le travail qui a été fait par la Grèce ces dernières années en matière d’aide humanitaire.

 

J’ai d’ailleurs eu l’occasion de lui expliquer que la Grèce fait partie des pays les plus efficaces et les plus réactifs en matière d’aide humanitaire, comme cela a pu être prouvé récemment avec l’intervention récente et la mission de la Grèce en Haïti, mais aussi l’intervention de la Grèce en Moldavie qui est victime d’importantes inondations, ou encore l’intervention de la Grèce à Gaza et en Albanie, etc.

 

Par ailleurs, lors de la rencontre, nous avons expliqué la coopération et la façon dont nous entendons donner une nouvelle impulsion à la coopération avec des ONG et groupes bénévoles. Cette question a revêtu un intérêt marqué de la part de l’Union européenne, dans le cadre de laquelle, à l’initiative de Georges Papandréou, alors ministre des Affaires étrangères et aujourd’hui Premier ministre, a eu lieu une discussion portant sur la création d’un corps de bénévoles en matière d’aide humanitaire. La Grèce souhaite y participer, mais notamment prendre activement part à la discussion engagée sur la structure et le fonctionnement d’un tel corps de bénévoles, rendant plus efficace l’intervention de l’Union européenne tout entière en matière d’aide humanitaire ».

 

Enfin, nos entretiens ont également porté sur la nécessité d’une prévention rapide et d’une capacité de réaction aux catastrophes naturelles. Comme vous le comprenez, en ce moment, toute l’attention est axée sur les incendies de forêt. D’ailleurs, j’ai eu la joie et l’occasion de discuter de ce sujet avec Mme Georgieva, car l’Union européenne débloquerait une enveloppe importante pour la Grèce, 600 millions d’euros, pour la création d’un système de préparation et d’alerte rapide pour gérer ces situations d’urgences.

Pour ma part, je me suis engagé vis-à-vis de Mme la Commissaire à coordonner la coopération entre le ministère des Affaires étrangères et les autres ministères co-compétents, qui bien entendu sont fortement impliqués et jouent un rôle important dans cet effort afin que nous puissions valoriser toutes les ressources et que la Grèce puisse avoir à l’issue de la mise en œuvre de ce programme, un mécanisme très fonctionnel, qui pourra véritablement coordonner le travail effectué en vue de lutter contre les catastrophes naturelles.

 

Pour ma part, j’aimerais de nouveau souhaiter la bienvenue à Mme Georgieva et la prier de nous apporter ses propres commentaires.

 

Mme K. GEORGIEVA : Bonjour et merci. Je remercie beaucoup M. le ministre, je suis très heureuse qu’il ait prit l’initiative de m’adresser cette invitation.

 

Aujourd’hui, nous avons discuté avec M. Kouvelis. Grâce à lui, j’ai eu des contacts avec le ministre de la Protection du citoyen, la ministre de l’Environnement, le ministre de la Défense. Je ferais d’ailleurs une visite à Elefsina qui dispose du plus grand nombre d’équipement pour l’extinction d’incendies.

 

Cette visite a pour objectif de présenter les priorités de l’aide humanitaire et du mécanisme de réaction aux crises de l’Union européenne car nous pensons que ce mécanisme sera développé.

 

Les Athéniens ont toujours en mémoire les incendies de 2007, qui ont coûté la vie à des personnes et ont saccagé des biens. Les dégâts  se sont chiffrés à 5 millions d’euros. A l’époque, la Grèce s’était tournée vers la Commission européenne pour demander de l’aide et nous avons pu offrir de l’aide, par le biais, entre autre, du Fonds de solidarité.

 

Ainsi, je suis ici pour discuter de ces questions. J’aimerais vous présenter les trois priorités que nous nous sommes fixées :

 

Premièrement, nous voulons garantir que les dépenses seront utilisées le plus efficacement possible, car en raison de la crise économique, les budgets sont limités et chaque euro dépensé le sera de la façon la plus efficace possible pour faire face aux crises et fournir une aide humanitaire

 

Ainsi, M. Kouvelis et moi-même essayons de développer une nouvelle stratégique autour de cette question importante de l’amélioration de l’efficacité. Nous devons donc parvenir aux meilleurs résultats possibles avec les ressources dont nous disposons.

 

Deuxièmement, la capacité de réaction à une crise. J’entends soumettre au parlement européen une proposition législative visant à la création d’une capacité de réactions aux catastrophes au niveau européen. Nous avons les questions suivantes :

 

Une approche concertée est nécessaire, qui commencerait par la réactivité, la prévention pour couvrir également la réponse et la réhabilitation. A cette fin, il existe une enveloppe de 600 millions d’euros, qui pourrait être mise à disposition de la Grèce. Nous discutons donc de la façon dont cet argent sera utilisé.

 

Nous voulons également que l’Union européenne puisse rapidement faire face à ces situations, nous mettons l’accent sur la rapidité. Aussi, nous souhaitons que cet effort en faveur de l’aide et la solidarité soit visible et que les citoyens puissent le connaître. C’est-à-dire que les citoyens de l’UE comprennent que l’ensemble des pays européens sont plus performants en tant qu’Union que pris séparément.

 

Nous voulons que les Etats membres puissent réagir rapidement, puisque plus de 90% des citoyens demandent à ce qu’il y ait une coordination au niveau européen en matière de lutte contre les catastrophes naturelles.

 

Notre troisième priorité concerne une idée venant de la Grèce et qui a maintenant été incluse dans le traité de Lisbonne : la création d’un corps de bénévoles au sein de l’Union européenne.

 

2011 est l’année européenne des bénévoles. La Grèce jouera de toute façon un rôle important pendant cette année et son peuple pourra en être très fier.

 

Nous voulons remercier la Grèce pour toute l’aide humanitaire envoyée ces derniers temps. Le dernier cas étant celui de la Moldavie, où la situation – que j’ai suivie personnellement, j’avais visité la Roumanie aussi – était vraiment critique.

 

JOURNALISTE : J’aimerais poser deux questions à Mme la Commissaire. La première concerne ladite initiative des citoyens, une possibilité offerte par le nouveau traité. Ma question est quelque peu hypothétique : si 1 millions de citoyens de différents Etats membres valorisaient cette nouvelle possibilité offerte et demandaient la création d’une organisation européenne de lutte contre les catastrophes, est-ce que vous seriez d’accord ?

 

Ma deuxième question concerne la réglementation entre la Grèce et la Bulgarie de la question des eaux, afin que les agriculteurs ne subissent pas des catastrophes aussi terribles. Étant donné que la question a un caractère européen en raison de la Directive pour les eaux transfrontalières, est-ce que vous contribuerez à la résolution de cette question, notamment en vue du Sommet Grèce – Bulgarie qui se tiendra ce mois-ci ? Merci.

 

Mme M. GEORGIEVA : Je suis en faveur de ces initiatives des citoyens européens et bien entendu une telle proposition portant sur une efficacité accrue serait la bienvenue.

 

Je vous remercie pour votre deuxième question. L’eau est une question importante que nous avons abordée et nous l’avions abordée dans le passé avec M. Kouvelis, lorsque j’exerçais des fonctions différentes.

 

Force est de constater que nous deux pays possèdent des eaux communes, ce qui veut dire que nous devrons coopérer pour gérer cette rare ressource. Nos gouvernements veulent coopérer, c’est pourquoi le Premier ministre de la Bulgarie et le ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie ont appelé les Balkans « notre maison », un espace dans lequel les ressources naturelles devront être utilisées efficacement.

 

Bien entendu, les discussions ne seront pas faciles, jamais d’ailleurs de telles discussions ne sont faciles, car il s’agit d’un jeu à somme nulle. Ici, il est nécessaire d’augmenter l’efficacité et de créer une stratégie commune.

 

M. S. KOUVELIS : J’aimerais ajouter quelque chose et dire que lors de ma discussion avec Mme la commissaire, nous avons dit que la lutte contre les catastrophes naturelles doit être ciblée, afin que sachions dans tous les cas comment ce mécanisme intervient au niveau de l’Union européenne.

Parmi les questions liées aux catastrophes naturelles, comme les séismes, les incendies de forêt et les catastrophes naturelles liées au changement climatique, nous avons particulièrement parlé de la nécessité de faire face au problème des inondations et de la gestion des ressources aquatiques. J’estime que le cadre européen existe, la législation européenne existe et explique très bien ce qui doit être fait.

 

J’estime que cela sera la base de la discussion lors de la rencontre imminente entre le Premier ministre grec et son homologue bulgare, afin que des pas en avant soient effectués dans cet effort.

 

JOURNALISTE : Une question pour M. le ministre. J’aimerais demander si la crise économique et les derniers développements économiques changent la stratégie du ministère des Affaires étrangères en matière d’aide humanitaire. Est-ce que votre stratégie va changer ?

 

M. S. KOUVELIS : Au cours de la dernière année, je dirais, nous constatons une réduction des ressources que nous pouvons consacrer au domaine de l’aide humanitaire et au développement.

 

Cela a été l’une des raisons pour laquelle nous avons éprouvé la nécessité de mettre en place un mécanisme plus organisé et efficace d’utilisation de ces ressources, afin que chaque euro utilisé par le gouvernement grec pour la fourniture d’une aide humanitaire soit utilisé à bon escient. Que nous puissions, de cette façon et avec moins de ressources faire le même travail, voire plus.

 

Malgré cela, notre engagement est de conserver les objectifs de la convention de Monterrey pour augmenter cette aide humanitaire et au développement. Cela ne change pas et nous voulons, dans le cadre du réchauffement et du renforcement de l’économie grecque, parvenir à ces objectifs le plus rapidement possible.

 

Le point le plus important que je garderais en tête, est que nous devons faire ces changements institutionnels et réglementaires pour une efficacité accrue, une transparence accrue, afin que les gens sachent où vont ces ressources et à quoi elles servent, car c’est un outil important de diplomatie économique et politique et bien entendu qu’il y ait une reconnaissance du rôle de la Grèce en tant que puissance régionale et pays européen qui fournit une aide humanitaire et au développement.

 

Mme K. GEORGIEVA : Par ailleurs j’aimerais ajouter que l’opinion publique européenne a, en ces temps difficiles, admis qu’elle s’intéressait vivement à l’aide offerte par l’Europe dans d’autres régions du monde, car il y a également la question de la sécurité, mais aussi parce que cela est juste.

 

Les peuples d’Europe, les citoyens d’Europe sont généreux. Dans le même temps, certes, les peuples d’Europe demandent que les initiatives soient ciblées, que les résultats soient bien précis et que bien entendu des comptes soient rendus pour toutes ces dépenses.

 

C’est le message que nous devons donner, il est très important qu’il y ait de la transparence pour chaque euro dépensé et que nous puissions bien entendu expliquer à quelle fin chaque euro a été dépensé, dans le cadre de l’aide humanitaire.

 

Je suis très fière que l’Union européenne puisse faire preuve de solidarité dans ces cas.

 

JOURNALISTE : La question concerne la dette bulgare.

 

MME. K. GEORGIEVA : La Bulgarie a certes un déficit de plus de 3%, de l’ordre de 3,8-3,9%, l’un des plus petits de l’Union européenne. Certes, la Commission européenne a lancé un nouveau processus avec l’autorité pour le suivi des affaires budgétaires qui concerne tous les pays.

 

C’est un hasard, mais la Bulgarie a été le premier pays dont s’est occupé cette autorité, mais elle ne sera pas le dernier. Le problème n’est pas si grave pour la Bulgarie, mais il est très important que nous mettions l’accent sur les revenus et les dépenses du budget car les économies européennes et les économies du monde entier rencontrent des difficultés.

 

Chaque pays doit faire très attention à son budget, à ces affaires publiques et une gestion budgétaire prudente est nécessaire de la part des gouvernements.

 

M. S. KOUVELIS : J’aimerais ajouter deux points. Premièrement, j’estime que la référence de Mme la Commissaire aux derniers résultats que nous avons eus et aux dernières évaluations au sujet de la situation de l’économie grecque est très importante. Cela montre, pour notre région élargie et la Bulgarie, que ces problèmes peuvent être surmontés dès lors qu’il existe un programme concerté.

 

J’aimerais toutefois souligner l’importance de la coopération entre les pays de notre région, de la Grèce et de la Bulgarie ; d’ailleurs la visite du premier ministre grec dans ce pays dans quelques jours est importante, car la coopération entre Etats créé un pôle de développement, un pôle dynamique des économies dans la région, qui peut justement apporter une vraie réponse, qui n’est pas seulement la stabilité et la limitation des frais budgétaires, mais notamment l’aspect du développement qui peut permettre à la région de sortir de la crise et l’amener vers un autre lendemain. Tout cela, bien entendu, comme nous l’avons déclaré à plusieurs reprises, dans un cadre de coopération pour un développement plus « vert ».

 

Je rappelle que dans ce contexte, mais aussi en tant que présidence hellénique de la CEMN, à laquelle a également participé la Bulgarie, nous avons élaboré cet agenda « vert » et j’estime que c’est ce sur quoi nous nous baserons pour avancer et laisser dernière nous les problèmes du passé.

 

Nous vous remercions.




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