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Athènes, le 16 décembre 2009

 

 

Mme GEORGIOU : Nous suivons en direct la Conférence de Copenhague et nous avons en ligne le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kouvelis. M. Kouvelis, bonjour. Ces derniers jours tous les regards sont tournés vers Copenhague où arriveront bientôt les dirigeants à l’occasion de la Conférence de Copenhague.

 

Mais s’il fallait résumer l’évolution des travaux de la conférence, jusqu’à présent, pourrions-nous dire que la barre a été placée très haut et qu’il y a eu beaucoup de bruit pour rien ? Car, d’après ce que je vois, jusqu’à présent il n’y a aucun résultat tangible.

 

M. KOUVELIS : Je dirais très brièvement qu’après avoir dressé le bilan de la situation, la semaine passée, après les premières discussions engagées en vue de trouver un terrain d’entente entre tous les pays, la barre a commencé à baisser.

 

Et la barre a continué de baisser à un tel point que la seule chose que nous puissions désormais espérer est l’atteinte d’un bon accord politique dans lequel « on reconnaitra la nécessité de parvenir à un accord sur le climat », etc.

 

Toutefois, cet accord remettra à l’année prochaine, soit à la fin de 2010 soit à une étape intermédiaire, la prise de décisions et d’engagements par tous les pays, autrement dit des décisions et des engagements relatifs aux objectifs contraignants de réduction des émissions, au financement, à la déforestation, etc.

 

Mme GEORGIOU : Abordons maintenant le pourquoi. Peut-on dire qu’en période de crise les pays riches ont du mal à financer des actions en faveur de l’environnement ou y a-t-il d’autres raisons ?

 

M. KOUVELIS : L’aspect financier n’est pas la seule raison, c’est une partie du problème et comme je l’ai à maintes reprises évoqué, si nous rabaissons la discussion sur le changement climatique au niveau de savoir qui paie et qui encaisse, nous nous éloignons de la substance de cette discussion.

 

L’aspect financier n’est pas la question la plus importante. Certes, les pays devront mobiliser des ressources financières afin de pouvoir soutenir le passage vers un modèle de développement différent, la protection contre les effets du changement climatique, etc.

 

Toutefois, la principale raison est que de nombreux pays ne sont pas prêts à entreprendre ces actions, comme les Etats-Unis où la décision y relative sur le cadre institutionnel n’a pas pu être adoptée par le Congrès ; d’autres, comme la Chine attendent de voir ce que feront les autres pays, si l’Union européenne maintient la réduction de 20% et si les Etats-Unis se mobilisent.

 

Toutefois, cela est un processus qui ne conduit à aucun résultat.

 

Mme GEORGIOU : Oui, et il est tout à fait logique que ces pays, comme les Etats-Unis et la Chine, deviennent la locomotrice du changement d’attitude à l’égard des problèmes qui affectent la planète.

 

M. KOUVELIS : Tout à fait.

 

Et, cela donne justement un prétexte aux pays en voie de développement lesquels au lieu d’essayer d’entrer dans le jeu, cherchent à revendiquer des fonds pour le financement de l’aide au développement par les pays développés.

 

Les pays en voie de développement affirment  que : « à partir du moment où les grands pays polluants ne s’engagent pas à réduire leurs émissions, comment voulez-vous que nous, pays en voie de développement, entreprenions des actions, dès lors que vous ne vous engagez même pas à donner des chiffres ».

 

Mme GEORGIOU : Avez-vous un aperçu des propositions soumises par les dirigeants socialistes que M. Papandréou déclinera bientôt ?

 

M. KOUVELIS : Une rencontre aura bientôt lieu entre M. Georges Papandréou et l’Internationale socialiste.

 

Tout à l’heure, je me suis entretenu avec le Secrétaire général de l’Internationale socialiste, M. Agialas. Bientôt se tiendra une réunion de coordination avec des représentants des pays en voie de développement et des pays développés en vue d’élaborer ces propositions lesquelles sont bien entendu régies par un cadre.

 

Et  nous voulons que ce cadre soit plus ambitieux que celui des discussions actuelles et qu’une proposition soit élaborée laquelle affirmera la nécessité de mettre en place une politique claire de la part des pays développés aussi portant sur le transfert des ressources et du savoir- faire, sans agendas secrets, si je peux m’exprimer ainsi.

 

 

En outre, dans cette proposition on doit affirmer la nécessité d’une coopération sincère car, comme vous le savez, lors de cette rencontre on a pu constater un manque de confiance. D’une part, les pays en voie de développement disent aux pays développés : « nous n’avons pas confiance en vous et ne sommes pas sûrs que vous honoriez vos engagements » et d’autre part les pays développés rétorquent : «  nous ne nous faisons mutuellement pas confiance». Par conséquent, un accord n’est pas possible.

 

Donc, il est essentiel de pouvoir, grâce à l’intervention de Georges Papandréou et de l’Internationale socialiste, exercer des pressions afin de restaurer un climat de confiance qui permettra la prise d’une décision substantielle.

 

Mme GEORGIOU : Espérons donc qu’un accord sera atteint. Sinon, contrairement à ce que l’on attend, nous retournerons à Kyoto qui de surcroît n’a pas été signé par tous les parties.

 

M. KOUVELIS : Et dont nous devons continuer de poursuivre les objectifs jusqu’en 2013.

 

Mme GEORGIOU : Bien entendu.

 

M. KOUVELIS : Il est très important d’essayer de réaliser ces objectifs mais cela ne suffit pas. Autrement dit, si nous restons à Kyoto, on ne pourra pas maintenir une hausse de température entre 1,5 et 2 degrés Celsius et si l’on n’y parvient pas, on sera confronté à des grands problèmes à l’avenir.

 

Mme GEORGIOU : Merci, M. Kouvelis.

 

M. KOUVELIS : Merci et bon après-midi.

 

Mme GEORGIOU : Bonne continuation pour la suite de vos travaux.

 

 

 




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