M. Kyprianou : J’aimerais tout d’abord exprimer ma joie et ma satisfaction car aujourd’hui l’occasion m’a été offerte de m’entretenir avec mon ami et collègue, le ministre des Affaires étrangères de la Grèce. Bien qu’il ait assumé ses nouvelles fonctions hier, notre coopération date depuis longtemps lorsque nous deux occupions d’autres postes. Nous estimons particulièrement le fait qu’il ait effectué ce déplacement à Chypre aussitôt après qu'il a assumé ses nouvelles fonctions, ce qui nous a donné l’opportunité d’échanger des points de vue sur un grand nombre de questions portant tant sur le dossier chypriote que sur d’autres questions ayant trait à l’UE et à notre région. Comme vous le savez, le Conseil des ministres des Affaires étrangères se réunira dans deux jours, lundi, au Luxembourg, la Grèce et Chypre sont deux pays actifs dans le monde, au Moyen-Orient et ont une coopération très étroite et coordonnée, à l’égard bien entendu des événements survenus dans notre région qui revêtent un intérêt particulier pour nos deux pays. Je voudrais de nouveau, au nom de Chypre, du peuple chypriote et du gouvernement chypriote, témoigner de notre reconnaissance envers la Grèce et le gouvernement grec pour leur soutien continu à nos efforts visant au règlement de la question chypriote et, bien entendu, pour la coordination et leur soutien aux initiatives de Chypre au niveau international, des initiatives qui revêtent une importance particulière pour notre cause nationale ainsi que pour leur soutien à notre entité en tant qu’État et à la présence de Chypre sur la scène internationale. Bien évidement, nos rencontres se poursuivront. C’était une première rencontre suite à la prise de nouvelles fonctions de mon collègue. Nous nous entretiendrons lundi à Luxembourg où nous aurons l’opportunité d’approfondir nos discussions. Nous sommes convenus d’avoir des contacts continus. La réunion de Genève se tiendra bientôt. Cette réunion revêt une importance cruciale pour l’évolution des contacts. Bien évidemment, nous aurons des contacts continus en vue de nous entretenir sur l’état d’avancement des pourparlers jusqu’au jour de la réunion et après celle-ci lorsque nous devrons gérer les résultats de cette réunion. Encore une fois, je voudrais mon cher ami Stavros te souhaiter la bienvenue. Nous attendons avec intérêt notre coopération et notre coordination continues.
M. S. Lambrinidis : Je vous remercie beaucoup monsieur le Ministre et cher ami Markos. Je vous remercie vivement. Chers amis, en me trouvant aujourd’hui à Chypre, j’éprouve une vive émotion ainsi qu’un sentiment de responsabilité. C’est mon premier déplacement après avoir assumé mes nouvelles fonctions. Mon déplacement ne revêt pas seulement un caractère symbolique, pour montrer à tout le monde que la Grèce et Chypre livrent ensemble une bataille en vue de régler la question chypriote, et ce, dans un esprit de coopération absolue, soutenue et substantielle. Cela est bien évident. Mais, je me suis également fixé deux autres objectifs dans le cadre de ma visite ici. Premièrement, je voudrais m’informer sur l’état d’avancement des négociations entamées en 2008, lesquelles se poursuivent grâce au Président Christofias et à son gouvernement. Il s’agit de négociations extrêmement sensibles. Je voudrais m’informer sur les perspectives et les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Il s’agit de questions que nous avons évoquées dès les premiers moments et c’est pourquoi nous avons réussi à avoir non seulement une position unique, mais aussi à créer un climat favorable aux efforts sincères consentis par le gouvernement de Chypre visant au règlement de ce dossier. Il va de soi que nous nous employons toujours à parvenir à une solution globale et mutuellement acceptable à la question chypriote, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et en respect de la réalité, à savoir de la participation de la République de Chypre à l’UE, en tant que membre à part entière et à titre égal. Tout cela va de soi mais il est bon de le répéter cher ami Markos car les ministres changent et il y a toujours cette peur que cela entraîne le changement de la politique également. Mais cela n’est pas le cas, pour ce qui est au moins de notre coopération. Chypre et la question chypriote constituent une priorité absolue pou nous et cela ne change pas. Mon objectif est de renforcer davantage cette coopération. Avant d’assumer les fonctions de ministre des Affaires étrangères, comme certains le savent apparemment, j’ai occupé les postes de vice-président du Parlement et de chef du groupe parlementaire du Pasok au sein du parlement européen. En raison de l’œuvre que j’ai accomplie, de ma coopération avec M. Markos Kyprianou, avec le Président, M. Christofias et avec des hommes politiques représentant tous les partis à Chypre, dans le but de promouvoir les intérêts de Chypre et de l’Europe, et éventuellement les intérêts des Chypriotes turcs et de la Turquie – si une solution réussie est atteinte – je suis très familiarisé avec ces efforts.
Chers amis, je voudrais à ce stade conclure – car nous avons abordé toutes ces questions avec le Président, M. Christofias – en vous assurant que grâce aux efforts consentis aujourd’hui par la Grèce, sous le gouvernement du Premier ministre, M. Georges Papandréou et à sa détermination, nous pourrons parvenir au règlement de toutes les questions financières, des questions qui sont dramatiques aux yeux de certains. Le chemin ne sera pas facile. Depuis un an et demi, tous parient sur l’effondrement du pays mais ils n’ont pas gagné ce pari, un pari qui continuera d’être perdant. La Grèce est un pays déterminé qui prendra toutes les mesures nécessaires en vue de pouvoir sortir de la crise. Et elle s’en sortira! Par ailleurs, j’aimerais vous assurer que dans ces conditions le prestige et la crédibilité de la politique étrangère grecque ne s’affaiblissent guère mais sont davantage renforcés. Comme l’a si bien affirmé votre ministre, la Grèce, ces dernières années, a mis un accent particulier sur le développement d’une politique visant au renforcement des relations avec tout le monde arabe, avec Israël et tous les pays de la région. Cette stratégie revêt une importance décisive pour nos pays. Nos pays sont dynamiques et confiants et sont capables de changer la situation dans notre région et par conséquent d’apporter des changements dans nos pays également. Je vous remercie beaucoup pour l’accueil que vous m’avez réservé et pour cet échange. Nous aurons de nombreux contacts à l’avenir mais pour moi cette première rencontre revêt la plus haute importance du point de vue à la fois sentimental et politique.
Merci Markos.