Déclaration du ministre des Affaires étrangères, M. Stavros Lambrinidis à l’occasion de l’anniversaire de l’invasion turque de Chypre et des déclarations y relatives du Premier ministre turc.
L’invasion illégale turque de Chypre le 20 juillet 1974 a violé de manière cruelle la légalité internationale, tel que noté dans les résolutions successives du Conseil de sécurité des Nations Unies, en plongeant dans une affliction sans précédent des milliers de familles qui ont fait le deuil de leur proches et se sont vues obligées de quitter leurs foyers natals.
En dépit du fait que la communauté internationale n’a jamais accepté les faits accomplis de 1974, les plaies de l’invasion sont toujours ouvertes, une grande partie de Chypre continue d’être occupée par l’armée turque, les familles continuent de vivre leur drame à cause de la disparition de leurs proches, les droits de l’homme sont violés et la colonisation menace de manière directe les Chypriotes turcs eux-mêmes.
Le Secrétaire générale de l’ONU a invité le 7 juillet le Président Christofias et M. Eroglu à préparer leurs communautés aux compromis nécessaires en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable. Toutefois, juste avant sa visite illégale dans les territoires occupées, le jour même du triste anniversaire de l’invasion, le Premier ministre turc « menace » de geler les relations Turquie – UE avec un « plan B » pour le règlement de la question chypriote et la non restitution de Morphos et de Rizokarpaso, comme s’il était le propriétaire du territoire chypriote.
Ces déclarations viennent encore une fois confirmer que la substance de la question chypriote est l’invasion et l’occupation continue. Au lieu de faire preuve de la volonté politique nécessaire en faveur d’une solution mutuellement acceptable à la question chypriote, la Turquie fait des vains efforts afin de dicter à l’UE sa composition et son mode de fonctionnement.
La question chypriote constitue une priorité absolue de la politique étrangère grecque et la fin de l’occupation illégale turque est une condition à la pleine normalisation des relations gréco-turques. La Grèce soutient fermement les initiatives et les efforts du Président de la République de Chypre, M. Dimitris Christofias, en vue de parvenir à une solution juste, durable et fonctionnelle sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que des principes et des valeurs de l’acquis de l’Union européenne. Dans cette lutte juste pour réunifier sa patrie, le peuple chypriote peut compter sur le soutien de la Grèce.