M. G. KOUMOUTSAKOS : Bonjour. Demain, jeudi à 12h00, la ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis prononcera une allocution lors d’une manifestation organisée par le Service des archives diplomatiques et historiques au sujet de la publication d’un ouvrage intitulé « Gratsi écrit au sujet de l’attaque italienne contre la Grèce ». Cette manifestation aura lieu à l’amphithéâtre « Y. Kranidiotis ». Les personnes dont les noms suivent prononceront des allocutions : l’académicien, M. Svolopoulos et l’ambassadeur ex honoris M. Pavlos Apostolidis. Par ailleurs, le petit-fils de l’ambassadeur italien sera présent. J’ai jeté un coup d’œil à cet ouvrage et je peux dire que les informations qui y figurent sont particulièrement importantes.
Dans le cadre de la présidence grecque de l’OSCE en janvier 2009, la ministre des Affaires étrangères s’entretiendra aujourd’hui à 12h30 avec le président de l’assemblée parlementaire de l’OSCE, M. Soares. Le jeudi 20 novembre à 10h30, Mme Bakoyannis s’entretiendra avec le haut-commissaire de l’OSCE pour les minorités nationales, M. Vollebaek. Par ailleurs, le vendredi 21 novembre, Mme Bakoyannis s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec le représentant spécial de l’OSCE chargé de la lutte contre la traite des êtres humains, Mme Eva Biaudet.
Le vendredi 21 novembre à 11h30, Mme Bakoyannis prononcera un discours devant la Conférence internationale syndicale sur la lutte contre le travail forcé et le trafic d’êtres humains, dans le cadre de la célébration du 90e anniversaire de la Confédération générale des Travailleurs de Grèce (GSEE) ; la conférence se déroulera à l’amphithéâtre du Palais Karatzas. Le même jour, à 13h00, la ministre des Affaires étrangères recevra l’ambassadeur du Pakistan.
La semaine prochaine, la ministre des Affaires étrangères participera au programme des visites à Athènes des présidents de Chine et de la République de Chypre.
En ce qui concerne l’agenda du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Valinakis. Aujourd’hui, à 11h50, il représentera le gouvernement grec à la cérémonie de dépôt de couronne sur le monument du soldat inconnu par le président de la Slovaquie. Par la suite, à 14h45, il participera aux entretiens du Premier ministre, Kostas Karamanlis et du président de la Slovaquie. Le vendredi 21 novembre, M. Valinakis prononcera une allocution à la conférence internationale sur le thème « Dialogue euro-méditerranéen – Bilan et perspectives », organisée par la vice-présidente du Parlement européen, Mme Kratsa, l’ambassadeur de France en Grèce et l’ambassadeur de la République arabe d’Egypte en Grèce. Cette manifestation aura lieu dans les bureaux du Parlement européen. Le lundi 24 novembre, M. Valinakis rencontrera le ministre adjoint des Affaires européennes de Hongrie. Le même jour, à 16h00, M. Valinakis s’entretiendra avec le commissaire européen chargé des questions de santé, Mme Androula Vassiliou.
Le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Pétros Doukas prononcera une allocution aujourd’hui au forum économique gréco-arabe. A 16h00, il aura une rencontre avec le président de l’Union des chambres de commerce de Libye et le vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Arabie Saoudite. Le jeudi 20 novembre à 11h30, M. Doukas aura une rencontre avec l’ambassadeur d’Iran en Grèce.
Demain, jeudi 20 novembre 2008 à 11h00, le représentant de la Grèce dans les négociations menées sous les auspices de l’ONU sur la question de l’appellation de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, l’Ambassadeur M. Adamantios Vassilakis fera une communication d’information aux ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne, de l’OTAN et des membres permanents du Conseil de sécurité concernant les derniers développements dans ce dossier.
Enfin, une question d’ordre pratique concernant notre mode de communication. Dès demain, le service de l’information enverra les communiqués du ministère aux journaux et aux médias par e-mail et non plus par fax.
Avez-vous des questions ?
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M. HADOULIS : Le quotidien ELEFTHEROTYPIA» dans son édition d’aujourd’hui consacre un reportage complet sur les circonstances de la mort de Giorgos Koiliaris. Etant donné que votre ministère et le ministère de la défense se sont penchés sur le dossier, je voulais savoir si vous déteniez des informations sur les circonstances précises de l’accident ? Jusqu’à présent, nous savions qu’il s’agissait d’un accident de la route. Et dans quelle mesure la Grèce est-elle disposée à demander à l’Afghanistan d’endosser des responsabilités car l’article dit qu'il y a eu beaucoup de négligence, notamment dans les cliniques qui avaient été financées par la Grèce dans le passé.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je dois examiner la question et vous répondrais dans la journée si j’ai des informations précises.
Indépendamment de cela, j’aimerais rappeler que le gouvernement grec et le ministère des Affaires étrangères ont, au cours de ces dernières années, été très sensibles à la nécessité de renforcer le cadre juridique concernant la protection des journalistes en zones de conflit. La Grèce et la France ont réussi à ce qu’une résolution du Conseil de sécurité soit adoptée pour la première fois sur la protection des journalistes en zones de crise et de conflit.
En septembre dernier, en marge des travaux de l’Assemblée générale, à la suite de cette décision, toujours avec la France, il y a eu pour la première fois une discussion spéciale sur la façon dont nous pourrons, dont l’ONU pourra mettre en œuvre des actions plus précises, après l’adoption de la résolution 1738.
M. HADOULIS : En ce qui concerne l’accident, avez-vous besoin de chercher des informations ou pouvez-vous nous en parler aujourd’hui ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je n’ai pas en ce moment les informations précises concernant l’accident. Je sais toutefois qu’il s’agissait d’un accident de la route. Les conditions étaient très mauvaises et ont malheureusement abouti à la mort tragique de Koiliaris.
Μ. POLATOS : Savez-vous si l’équipage du navire norvégien de prospection « Malene Ostervold » a reçu des instructions pour continuer les prospections sur le plateau continental grec ? Deuxièmement, est-ce que dans le cadre des démarches effectuées samedi dernier auprès de la partie turque la question d’un moratoire aux recherches pétrolière ou géophysique sur un plateau continental controversé qui n’a pas exactement été défini, a été soulevée?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je commencerais par la première question. Ce qui est valable, concernant la publication de cette information sur les recherches, est que la partie turque n’a pas communiqué à la NAVTEX une date d’échéance des prospections dans la région définie.
Cela étant, le navire norvégien, mais notamment la compagnie propriétaire, ont reçu des informations sur la partie de la zone définie par la Turquie comme zone de recherches qui se trouve sur le plateau continental grec, et sur laquelle la Grèce exerce bien entendu des droits souverains ; par conséquent, des études et prospections géophysiques de tout genre ne peuvent avoir lieu sans l’autorisation de l’Etat côtier, à savoir la Grèce dans le cas présent.
Après le départ du navire et jusqu’en ce moment, il n’y a eu aucun développement pour lequel je pourrais parler. D’ailleurs, le navire se déplace en dehors du plateau continental grec.
Pour ce qui est de votre deuxième question. Non, je n’ai aucune information sur des concertations d’un autre genre, à l’exception de celles jugées nécessaires pour la gestion de cette situation d’urgence.
M. VOUNATSOS : La Grèce, continuera-t-elle d’être liée par l’Accord intermédiaire avec l’ARYM.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Dès lors qu’il n’y a pas eu dénonciation de l’Accord intermédiaire – ni la Grèce, ni l’autre partie l’ont dénoncé – l’accord intermédiaire est toujours en vigueur. Nous avons là un point. Cela étant, nous verrons comment l’affaire évoluera au tribunal. Nul besoin d’ajouter autre chose, si ce n’est que le recours intenté devant la cour concerne un article précis de l’Accord intermédiaire.
Cela étant, la Grèce exposera et développera ses arguments juridiques devant la cour.
M. VOUNATSOS : Vous ne songez donc pas à dénoncer l’Accord intermédiaire ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Non. Jamais la partie grecque n’y a songé. La principale priorité de la Grèce a toujours été de faire avancer le processus des négociations afin de parvenir à une solution acceptée mutuellement sur la question du nom. C’est dans ce sens qu’ont toujours été axés les efforts, l’attention et le choix de la Grèce.
Cela étant, il y a eu, comme je vous l’ai dit, le développement que vous connaissez. La Grèce a d’ores et déjà étudié les principaux axes de sa stratégie et tactique qui seront dévoilées en tant voulu et progressivement.
La Grèce ne traîne pas et ne se presse pas non plus. Elle maîtrise parfaitement ses actions. Et bien entendu, elle possède toutes les capacités d’ordre procédural pour mieux faire valoir sa position et défendre ses intérêts.
Mme FLORES : Le tribunal risque-t-il de ne pas accepter le recours ? A ma connaissance, il doit recevoir le recours, l’étudier et dire oui ou non pour que commence la procédure. Une telle éventualité existe-t-elle ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Cela concerne, tout d’abord, la façon dont le tribunal va procéder. Je ne peux préjuger de la façon dont il procèdera, ni ne peux entrer dans ce genre de discussion, cela n’a pas lieu d’être.
Maintenant pour ce qui est de la position grecque. Je vais répéter ce que je viens de dire, la Grèce déposera son mémoire dans les délais fixés. Bien entendu, elle exploitera au mieux toutes les possibilités qui existent en matière de procédure et qui s’inscrivent dans le cadre du fonctionnement du tribunal.
M. FOURLIS : Est-ce que la dernière proposition de Matthew Nimetz constitue pour la Grèce une base de négociation ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Les dernières idées présentées font, comme vous le savez, l’objet d’étude. Ces positions ont été communiquées par M. Vassilakis à M. Nimetz lors de leur récente rencontre à Londres. Je répèterais encore une fois comment la Grèce envisage ces idées.
Il existe des aspects cruciaux de la position grecque qui ont été pris en compte dans ces idées et des points qui, selon nous, doivent être changés, ou pour lesquels des précisions doivent être apportées. Nous estimons certes qu’il existe aussi des points que nous rejetons. Telle est la position globale de la Grèce. Si les changements et adaptations nécessaires sont apportés, cette proposition pourrait acquérir une dynamique en vue de la résolution du problème.
M. FOURLIS : Ce n’est pas ce que je demande. Pour être plus clair. Je ne demande pas si ces idées peuvent constituer une base de résolution, je demande si elles peuvent constituer une base de négociation.
M. G. KOUMOUTSAKOS: La Grèce n’a pas rejeté les dernières idées de M. Nimetz.
M. FOURLIS : Pardonnez-moi, mais Skopje non plus ne les a pas rejetées.
M. G. KOUMOUTSAKOS: La Grèce n’a pas rejeté les dernières idées de M. Nimetz et a donné toute une série de points. Nous estimons que certains points de la proposition ont sérieusement tenu compte des aspects cruciaux de la position grecque.
M. FOURLIS : Je n’ai pas eu ma réponse.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Dès lors que je dis qu’il y a des points cruciaux qui ont été pris en compte, cela signifie que l’on ne rejette pas la proposition. On s’assoit et on discute.
M. FOURLIS : Pourquoi ne le dites-vous pas alors ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Parce que c’est évident.
M. FOURLIS : Ce n’est pas évident. Puisque vous ne le dites pas. Je vous demande de me dire ce qui est évident. Alors dites-le moi. Pourquoi ne le dites-vous pas ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je vous dis que la Grèce ne l’a pas rejetée, elle a fait des commentaires. Cela constitue une base de discussion pour la Grèce. Tout cela est nécessaire pour constituer une base en vue d’une solution.
M. SANTAMOURIS : Selon certains commentaires en Grèce, le médiateur aurait été informé de cette action ; quelles conclusions tirez-vous, à savoir ce que cette action de Skopje pouvait ou peut signifier pour la négociation. C’est la première question. La deuxième est : avez-vous l’impression que Skopje arrêtera d’incriminer la Grèce pour toutes sortes de choses, en se basant sur un article seulement de l’accord intermédiaire ou pensez-vous que Skopje continuera ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: En ce qui concerne la deuxième question. Vous me demandez d’émettre une estimation sur la façon dont le gouvernement de Skopje agira dorénavant. Je ne peux faire aucune estimation sur la façon dont ils entendent agir.
Pour ce qui est de la première question. Le communiqué de M. Nimetz indique qu’il a été informé après que le recours a été intenté. Je le dis pour qu’il n’y ait aucun malentendu. Il n’a pas été informé avant. Il a été informé le même jour du dépôt du recours.
Du point de vue de la forme, c’est aussi ce qui s’est passé avec la Grèce. La Grèce a réagi une fois que le recours a officiellement été communiqué à la Grèce par le tribunal. Parce qu’en fait, je dois vous dire que la Grèce savait que les choses allaient dans ce sens, indépendamment des études que nous avions faites auparavant, en avril dernier.
M. SANTAMOURIS : Il y a une chose que je n’ai pas comprise. La Grèce a-t-elle été informée avant le recours ou tout de suite après ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: La Grèce savait. La première réaction officielle de la part de la Grèce a été au moment où le tribunal a annoncé officiellement la formation du recours.
M. KAPOUTSIS : Monsieur le porte-parole, pensez-vous que les négociations menées dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies sur la question du nom pourraient aboutir à un résultat, une solution, alors que le recours à la cour internationale est toujours pendant ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Tout d’abord, le processus devant le tribunal sera long. Cela est bien clair. D’après les premières estimations, il faudra au moins deux ans. Au-delà de cette période minimale de deux ans environ, la procédure pourrait durer 3, 4, ou 5 ans, cela dépend pleinement de l’attitude et de la tactique procédurale que suivront les parties au litige.
En ce qui concerne les éventuelles conséquences de ce processus sur la négociation. Je dois dire qu’il s’agit de deux processus bien distincts. Il existe d’ailleurs une clause y relative de l’accord intermédiaire, qui exclut l’éventualité que la cour internationale de La Haye se saisisse de la question du nom. Le litige portant sur le nom ne peut être traité par la cour internationale de La Haye. Cela est bien clair.
Le processus des négociations existe. M. Nimetz a un mandat et il continuera d’appliquer son mandat comme il l’estime. Telle est la réalité.
A ce stade, il convient d’ajouter que depuis un moment le processus est en quelque sorte «suspendu» en raison du fait – et cela est une réalité – que l’une des parties, à savoir Skopje n’a pas de négociateur. Skopje n’a pas désigné de négociateur qui participera à la négociation. Ces derniers temps, depuis des mois, Skopje a soit plus de négociateurs qu’il faut, soit pas du tout. Nous verrons ce qu’il adviendra.
Pour la Grèce, le processus de négociation se poursuit. Nous sommes dans la négociation. Mme la ministre l’a mentionné hier. Je n’ai rien d’autre à dire. Maintenant à savoir si l’ambiance influencera la négociation, on le verra par la suite.
M. PAPATHANASSIOU : Monsieur le porte-parole, il est clair qu’il s’agit de deux processus bien distincts, l’un concerne l’appellation, l’autre l’accord intermédiaire, le recours. Mais étant donné que la cour de la Haye relève des Nations Unies, excluez-vous qu’un des points fasse l’objet d’une discussion, que M. Nimetz l’intègre dans la discussion? De sorte que cela influence le processus.
M. G. KOUMOUTSAKOS: L’objet du recours concerne l’application d’un article précis de l’accord intermédiaire. Le processus de la négociation est à part. Je ne pense pas que M. Nimetz lui-même inclut, dans le cadre défini pour son mandat concernant le processus sur la question du nom, des parties d’une discussion qui aura lieu devant la cour. Je ne le vois pas. Je ne pense pas qu’il y ait des chances que cela arrive. J’entends par-là que cela n’est pas autorisé par son mandat.
C’est quelque chose de différent. La négociation porte sur un thème précis : la désignation d’un nom définitif. Je ne pense pas que celui puisse être influencé par un processus en cours sur une question tout à fait différente.
Mme KARASSAVA : C’est un peu par curiosité que je pose ma question, je veux comprendre la philosophie du gouvernement grec. Le gouvernement dit que dans le passé il y a eu plusieurs cas de violation de l’accord intermédiaire de la part de Skopje. Pourquoi la Grèce n’a-t-elle pas pendant tout ce temps saisi la cour de la Haye pour des cas similaires? Et est-ce que maintenant elle ne revoit pas un peu sa position en se disant que finalement c’était faux de ne pas l’avoir fait pendant tout ce temps.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je commence par une position essentielle. C’est l’Ancienne République yougoslave de Macédoine qui a violé l’accord intermédiaire, pas la Grèce.
Deuxièmement. Les violations précises de toute une série d’articles fondamentaux de l’accord intermédiaire – et j’ajouterais du principe des relations de bon voisinage – étaient bel et bien là.
La Grèce, comme j’ai pu le répondre lors de la première question, a poursuivi un objectif bien précis : valoriser toutes les possibilités offertes par la négociation sur le nom menée dans le cadre de l’ONU afin de parvenir rapidement à un règlement mutuellement acceptable de cette question, car tel est notre souhait.
Notre priorité première est la résolution de la question, c’est pourquoi nous avons volontairement évité d’entreprendre des actions qui rendraient une négociation difficile encore plus complexe. J’entends par-là créer des situations parallèles qui n’auraient d’autre effet que d’entraver le processus.
Depuis le début, telle a été l’intention de la Grèce. Que la négociation sur le nom se déroule sans heurts et rapidement. C’est aussi notre priorité aujourd’hui. Il existe indéniablement un nouveau développement; la Grèce s’armera de ses arguments, des arguments que nous fournis amplement l’attitude adoptée par le pays voisin depuis de nombreuses années.
M. ATHANASSOPOULOS : Comment pouvez-vous être sûr que M. Nimetz ne valorisera pas le processus du recours, lorsque dans le passé il a permis à des tiers d’avoir un droit de parole pour ce qui est du processus? C’est ma première question. Ma deuxième question porte sur cette histoire de piraterie, avez-vous des informations sur la situation exacte concernant le navire grec qui aurait été pris d’assaut par des pirates en Somalie?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je commencerais par la deuxième question. Effectivement, cette information nous est parvenue. Elle a fait le tour des agences de presse internationales. D’après la brève enquête que nous avons menée et les informations que nous détenons, il ne semble pas que l’information soit vérifiée.
En réponse à votre première question. Je pense que le seul objectif de l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU chargé des négociations est que celles-ci avancent le plus vite possible et produisent des résultats.
Je pense qu’aucun médiateur – et je ne me réfère pas particulièrement à M. Nimetz – avancerait lui-même des raisons ou des prétextes, directement ou indirectement, pour faire retarder son mandat.
M. SPYROPOULOS : Pouvez-vous émettre un commentaire sur le message envoyé par Talat à Christofias, à Chypre, à savoir que si les pourparlers n’aboutissent pas à une solution pour ce qui est du dossier chypriote jusqu’en été 2009, des actions seront alors entreprises pour lever l’isolement des Chypriotes turcs et revaloriser le pseudo-Etat. Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS: Si ce message manifeste une intention de la partie Chypriote tuque, je n’ai aucun commentaire à émettre. La seule chose que je puisse dire est que cela va à l’encontre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant l’état des choses à Chypre. Il y a un Etat et un gouvernement reconnus au niveau international. Si ce message est transmis sous la forme d’un avertissement, d’une menace, il ne pourra susciter que les critiques correspondantes. Mais je n’ai pas d’image claire du texte. Et je répète, s’il s’agit d’une déclaration d’intentions, il est question de savoir dans quelle mesure cette déclaration va à l’encontre ou non des résolutions du Conseil de sécurité. Pour ma part, je pense que ces intentions vont à l’encontre des résolutions ; car il est clair qu’il y a un Etat et un gouvernement reconnus au niveau international. Si ce message est transmis sous la forme d’une menace, il ne mérite que notre désapprobation.
M. SOURMELIDIS : Est-ce que la délimitation du plateau continental qui a été donnée à la société norvégienne a un caractère contraignant pour ce qui est des négociations qui seront menées à l’avenir ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: Je voudrais être clair sur ce point pour éviter les malentendus. Les données que nous avons transmises portaient sur la façon dont la Grèce envisage la délimitation du plateau continental grec, et dans le cas présent, le plateau continental de l’île de Castellorizo – sur la base de la Convention sur le droit de la mer les îles disposent d’un plateau continental – mais s’agissant seulement de la zone de recherche. Il ne s’agissait pas d’une délimitation globale du plateau continental. C’est-à-dire, nous avons parlé, dans le cadre de cette zone de recherche, des limites du plateau continental grec, conformément à la position grecque.
La Grèce n’a rien à cacher s’agissant de ses positions relatives à la délimitation de ses frontières terrestres ou maritimes ou des zones maritimes sur lesquelles elle a des droits souverains.
M .SOURMELIDIS : Sur la base toujours des eaux territoriales actuelles.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que cette délimitation ne concernait que la zone incluse dans cette NAVTEX précise.
M. FOURLIS : S’agissant de cette zone qui est, à votre opinion, dans le cadre de la NAVTEX, avez-vous informé les organisations internationales ou seulement la Norvège?
M. G. KOUMOUTSAKOS : S’agissant de la période dont nous parlons, une communication a été faite au gouvernement norvégien et à la compagnie propriétaire de ce navire et bien entendu au capitaine de ce navire. S’agissant toujours de la période à laquelle nous nous sommes référés ces derniers jours.
M. FOURLIS : (hors micro)
M. G. KOUMOUTSAKOS: J’ai dit « bien entendu » en me référant au capitaine.
M. FOURLIS: (hors micro) Pourquoi la communication avait été faite seulement à ces personnes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je vous ai dit que cela concernait les actions entreprises ces derniers jours, sans préjuger des actions que nous entreprendrions.
M. KALLARITIS : Monsieur le porte-parole, d’après des articles parus dans la presse, l’envoyé spécial des Nations Unies chargé de la question chypriote, M. Alexander Downer, ancien ministre des Affaires étrangères de l’Australie, a été embauché en tant que conseiller dans une compagnie britannique créée par des anciens agents secrets de MI6. Les activités de cette compagnie portent sur le rassemblement des informations de l’Etat qui sont par la suite vendues à d’autres compagnies dans le but de prendre des décisions. Elle vend ces informations à des compagnies multinationales. Par ailleurs, en 2001 cette compagnie a été accusée d’avoir embauché un ancien agent secret allemand pour pénétrer dans des organisations écologiques pour le compte de compagnies, comme SHELL et BP. Dans quelle mesure l’envoyé spécial des Nations Unies peut exercer en toute crédibilité les fonctions qui lui ont été confiées par l’organisation internationale, vu qu’il est employé dans une compagnie qui rassemble – je le répète – des informations de l’Etat et les vend à des multinationales ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Nous prenons note de votre question. Je ne peux prendre position vu que je n’ai pas à ma disposition les informations nécessaires.
Mme FRISSA : Mes questions portent sur le Kosovo et la Bosnie. Lors du dernier Conseil « Affaires générales » et dans le cadre de la discussion menée sur le Kosovo, les deux pays qui ne le reconnaissent pas, la Roumanie et Chypre, ont demandé l’imposition du plan en six points à Pristina pour le déploiement d’EULEX. Pour sa part, la Grèce figure parmi les pays soutenant qu’il faut continuer d’exercer des pressions sur Pristina. Qu’attendons-nous de ce geste ? Une deuxième question portant sur la Bosnie. Lors de la discussion sur la promotion du plan de son européanisation, il y a eu des pays dont la Grèce, qui ont demandé la suppression du plan Dayton. Est-ce que cette position que nous partageons est compatible avec notre soutien ferme aux positions serbes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je commence par la première question. La Grèce a toujours agi en vue de parvenir à une solution de sorte que la mission de l’UE soit présente au Kosovo car nous pensons que cela contribuera de manière substantielle à la stabilité de la région.
Du moment que la Serbie s’est montrée favorable à l’égard du plan en six points et l’a accepté, il est question maintenant de savoir si ce plan permettra le déploiement de la mission d’EULEX.
La Grèce entreprendra toutes les actions nécessiares afin de rendre opérationnelle cette mission.
S’agissant de votre deuxième quesion, il est très important que la Bosnie procède à ses propres regulations intérieures pour aller de l’avant. C’est à elle de décider si le maintien de certaines dispositions de l’Accord Dayton est jugé nécessaire. Mais notre position est que la Bosnie doit avancer dans un contexte de stabilité.
M.SANTAMOURIS : Est-ce que, à votre opinion, M. Nimetz en tant que négociateur actuel des Nations Unies adopte une attitude différente de celle qu’il avait en tant que négociateur des Etats-Unis? Deuxième question : l’affaire relative aux prospections effectuées par le navire norvégien n’a-t-elle pas été réglée ? Est-ce la raison pour laquelle nous devons informer en la matière les organisations internationales. Merci.
M. G. KOUMOUTSAKOS : On décidera de la forme et de la date à laquelle s’effectuera cette communication d’informations aux organisations internationales en fonction des appréciations du ministère. Vous avez parlé d’un autre élément qui a sa propre logique, à savoir qu’il faut attendre la fin des recherches pour avoir un aperçu global de l’affaire.
Pour ce qui est de l’attitude de M. Nimetz, je n’ai pas l’intention de discuter de l’attitude de M. Nimetz et de la façon dont il exerce ses fonctions. Tout est jugé en fonction des résultats.
M. SANTAMOURIS : Je vous ai demandé si la Grèce constatait des différences dans la façon dont M. Nimetz exerce actuellement ses fonctions par rapport à l’époque où il était l’envoyé des Etats-Unis.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Dans le cadre d’un point de presse, il m’est impossible de faire une évaluation globale et comparative des actions de M. Nimetz, portant sur la période avant 1995 et après 1995.
M. SANTAMOURIS : Acceptez ce commentaire en tant que proposition et non en tant que question.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Bon. En tant que proposition, je l’accepte.
M. SOURMELIDIS : L’arbitre exerce-t-il ses fonctions comme il faut les exercer ou non ? C’est ce que demande M. Santamouris.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il demeure l’arbitre.
M. HADOULIS : Revenons sur la question de Skopje, vous avez dit que la Grèce n’avait pas violé l’accord intermédiaire, n’est-ce pas ? Dès lors que cet article parle de l’obligation de la Grèce de ne pas entraver l’adhésion de l’ARYM aux organisations internationales, pourquoi la Grèce considère-t-elle ne pas l’avoir violé après le veto qu’elle a posé ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Telle est la position. La Grèce n’a pas violé l’accord intermédiaire. Comme vous le comprenez, je n’ai pas l’intention de développer toute l’argumentation qui étaye notre position, car en ce moment nous sommes au début d’une longue procédure devant la Cour de la Haye. Je vous assure que tout ce qui est dit n’est pas dit au hasard.
Cela étant, il est absurde que le pays voisin utilise son appellation constitutionnelle dans son recours devant cette Cour qui est une institution des Nations Unies, pour protéger son appellation provisoire, une appellation que ce pays n’a jamais utilisée au sein des organisations internationales, comme il devait le faire.
M. FOURLIS : Je voudrais revenir sur la question précédente relative au navire : quelle est la position du gouvernement grec sur l’éventualité d’extraction de pétrole ? Envisage-t-il une telle éventualité, à savoir effectuer des prospections géophysiques comme celles menées par le navire norvégien pour le compte de la Turquie ? Et qu’est-il advenu des propositions présentées cet été à la ministre des Affaires étrangères, au Premier ministre et à son gouvernement par certains services qui proposent que notre pays intensifie ses actions dans ce sens ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : D’après ce que je me rappelle, la Grèce n’a pas effectué des recherches de ce genre dans la zone de son plateau continental. Cela dit, vous vous référez aux notes de service ou plutôt à l’une des nombreuses notes opérationnelles et aux analyses que les services du ministère des Affaires étrangères et d’autres ministères sont tenus d’élaborer.
Je ne peux pas parler des intentions du gouvernement grec, d’autant plus que je ne connais pas les intentions auxquelles vous vous référez.
M. CAKA: La crise entre les deux pays, la Grèce et Skopje, suscite des inquiétudes tant en Albanie que dans les pays de la région…
M. G. KOUMOUTSAKOS: Vous demandez si ces pays sont préoccupés par cette crise ou bien est-ce que vous affirmez qu’ils sont préoccupés ?
M. CAKA : Je vous demande si cette crise suscite des inquiétudes pour les pays de la région, c’est-à-dire si cette crise entre en compte dans le retard constaté dans leur processus d’adhésion à l’UE.
M. G. KOUMOUTSAKOS: La Grèce n’a jamais affirmé cela. La question qui préoccupe Skopje et Athènes est une question qui, selon la Grèce, pourrait être réglée à travers une solution mutuellement acceptable. Nous n’avons jamais parlé de l’impact sur le parcours d’autres pays vers l’UE ou l’OTAN.
Par ailleurs, cela s'est manifesté également dans notre attitude lors des discussions menées au sein des différentes organisations auxquelles veulent adhérer les pays candidats de la région, comme l’Albanie.
M. CAKA : Ce que je veux dire M. Koumoutsakos est que l’UE au lieu de rester pleinement mobilisée sur le dossier d’adhésion de ces pays, cherche à trouver une solution à ce problème.
M. G. KOUMOUTSAKOS : Je ne peux pas faire une évaluation de ce genre, à savoir évaluer le degré de mobilisation de l’UE sur les différents dossiers, car je constate que le processus du rapprochement entre l’UE et les pays de la région progresse sans heurts.
A mon opinion, la question du nom du pays voisin qui demeure en suspens n’a pas infuencé, ni suspendu le progrès réalisé par les autres pays de la région.
M. POLLATOS : Répondant aux accusations selon lesquelles vous vous êtes informés du recours de Skopje par la presse, vous avez affirmé que vous étiez au courant de cette question. Pourriez-vous nous expliquer comment l’avez-vous appris et avez-vous entrepris des actions pour faire changer d’avis Skopje ? Et une clarification aussi : les deux procédures, la négociation et le recours de SKopje sont elles distinctes ?
M. G. KOUMOUTSAKOS : Il s’agit de deux procédures distinctes.
M. POLLATOS : Si vous me le permettez, je voudrais achever ma question. Vous avez dit que les négociations ont été en quelque sorte suspendues ? Les négociations se poursuivent-elles ? Acceptez-vous de négocier avec un pays qui vous accuse de ne pas respecter ce qui a été convenu ?
M. G. KOUMOUTSAKOS: La négociation se poursuit. Elle se poursuit et la Grèce y participe. J’ai parlé d’une sorte de suspension car au cours du dernier mois – et je parle de ce mois seulement – l’autre partie n’a pas de négociateur. Elle n’a pas désigné de négociateur.
Par conséquent, l’absence de l’un des deux négociateurs entraîne certains effets. Le processus de négociation ne peut pas continuer lorsque l’une des deux parties à la négociation est absente. C’est à cela que je me suis référé. Cela dit, la négociation en tant que processus se poursuit et on verra ce qu’il adviendra par la suite.
Les deux processus sont distincts. L’un est une affaire juridique qui porte sur un article précis d’un accord. Les négociations sont menées sur les instructions du Conseil de sécurité et sur la base de ses deux résolutions.
Merci.
Traduction non officielle