« La Grèce demeure fermement attachée au soutien de la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine », a déclaré M. Droutsas, qui effectue une visite de deux jours en Bosnie-Herzégovine, lord d’une interview accordée à l’agence de presse FENA.
« Le soutien de la Grèce à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine demeure ferme et nous reconnaissons que l’écrasante majorité des habitants du pays partagent la vision européenne. Par ailleurs, nous demeurons attachés au parcours européen de votre pays, tel que défini par l’Agenda de Thessalonique en 2003 sous la présidence hellénique de l’UE », a déclaré M. Droutsas.
« Toutefois, nous avons l’impression qu’un nouvel élan doit être donné à la perspective européenne de tous les pays de la région ».
Dans ce contexte, le Premier ministre grec, M. Papandréou a proposé l’élaboration d’une nouvelle feuille de route, une promesse politique pour réaliser la vision de paix et de prospérité en Europe du Sud-est ».
M. Droutsas a expliqué que cette feuille de route, appelée « Agenda 2014 » vise à l’adhésion des pays des Balkans occidentaux à la famille européenne d’ici à 2014, une année revêtant un caractère particulièrement symbolique car elle marque les cent ans depuis le déclenchement de la Première guerre mondiale.
On pourrait à juste titre soutenir que la guerre de 1914 est la cause d’un grand nombre de problèmes qui tourmentent les Balkans. La position de la Grèce est que le moment est venu pour l’UE – qui constitue le plus grand modèle de paix dans l’histoire – d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de cette région de l’Europe et d’aider les pays de la région – y compris la Bosnie-Herzégovine bien entendu – dans leur parcours vers leur intégration européenne », a souligné M. Droutsas.
« Cela ne signifie pas que l’Union européenne sera moins exigeante à l’égard des critères que les pays aspirant à adhérer à l’UE doivent remplir. Par conséquent, nous avons beaucoup de travail à faire et la Grèce veut être la force motrice qui aidera les pays de la région à parvenir aux résultats exigés », a-t-il ajouté.
Se référant à la situation politique actuelle en Bosnie-Herzégovine et à la position de l’UE sur le parcours euro-atlantique du pays, M. Droutsas a affirmé :
« Comme il est mentionné dans le dernier Rapport sur les progrès réalisés de la Commission européenne qui a été rendu public ce mois, le consensus recueilli en Bosnie-Herzégovine concernant les premières priorités en matière de réformes n’a pas été suffisant.
Les retards continus constatés dans la réalisation des réformes les plus importantes ne doivent pas saper les efforts consentis pour parvenir au consensus et à la coopération nécessaires entre les deux entités ». Interrogé sur la suspension du fonctionnement du Bureau du Haut représentant en Bosnie-Herzégovine et la nomination d’un représentant spécial de l’Union européenne, le ministre adjoint a déclaré : « S’agissant du Bureau du Haut représentant et de sa transformation en poste de Représentant spécial de l’Union européenne, nous pensons que la présence internationale demeure indispensable en Bosnie-Herzégovine.
Compte tenu de la situation intérieure, une participation plus active de l’Union européenne est jugée nécessaire étant donné notamment que le pays à travers la signature de l’Accord de Stabilisation et d’Association avec l’UE s’est vu doter d’une perspective européenne bien claire.
L’objectif final étant bien entendu d’assurer la stabilité politique et de renforcer les efforts de réforme, ce qui constitue la seule garantie de la participation du pays lui-même au processus : une Bosnie-Herzégovine stable et efficace qui prendra en main ses propres affaires ». Il a ajouté que la Grèce a d’emblée salué et soutenu l’initiative gréco-américaine, un effort visant à donner un nouvel élan en vue de réaliser des progrès tangibles et de parvenir à un consensus concernant les questions demeurées en suspens ».
« Je suis optimiste car malgré l’issue des deux rencontres à Camp Butmir je pense que nous avons réussi à communiquer à toutes les parties le message qu'elles pouvaient saisir l'occasion se présentant et permettre à leur pays et à leur peuple d'avancer encore plus vers l’UE », a-t-il ajouté.
« Je pense qu’il est encourageant de constater que tout le monde s’accorde sur le fait que la perspective européenne et son issue positive revêtent une importance vitale pour l’avenir de la Bosnie-Herzégovine. La Grèce invite vivement les dirigeants politiques du pays à participer de manière constructive à l’initiative visant à relancer le processus de réforme.
En ce qui concerne les réformes constitutionnelles, je réalise qu’il s’agit d’une question sensible. Toutefois, il ne fait aucun doute qu’une relation privilégiée avec l’UE et l’OTAN est nécessaire.
Nous avons incité les dirigeants de la Bosnie-Herzégovine à renforcer leurs efforts et à accélérer les réformes nécessaires pour la mise en œuvre de la feuille de route relative à leur pays. Ce sera là la seule modalité préalable à la décision de l’UE qui devrait être prise l’année prochaine et qui concerne l’abolition du régime des visas pour les ressortissants de Bosnie-Herzégovine également.
La Grèce est depuis longtemps l’un des membres de l’UE qui s’est positionné en faveur de la libéralisation du régime des visas pour tous les citoyens des Balkans occidentaux. Nous avons pour la première fois soumis cette question dans le cadre de l’Agenda de Thessalonique en 2003 et plus tard, lors de la récente initiative de la Grèce des 5 propositions ; nous avons soutenu le même point de vue et avons fixé la date butoir de novembre 2007. La coopération entre la Grèce et la Bosnie-Herzégovine a été particulièrement constructive ces dernières années. Nos relations bilatérales ont enregistré un progrès important dans tous les domaines clés.
Nous avons conclu une série d’accords bilatéraux importants et je suis heureux de vous annoncer que nous faisons d'importants pas en avant vers une perspective nouvelle, plus qualitative pour nos relations, tout en soulignant la nécessité de renforcer nos liens d'amitié », a déclaré M. Droutsas. «Dans le même temps, nous partageons des points de vue similaires concernant de nombreuses questions régionales, notamment la nécessité d’instaurer un régime de coexistence pacifique régionale en Europe du Sud-est ».
Et M. Droutsas de poursuivre : « Dans ce contexte, nous avons réussi à développer une coopération plurielle sans parler des forums régionaux et des initiatives y relatifs ».
Outre le fait que les relations économiques et commerciales entre la Grèce et la Bosnie-Herzégovine se sont développées lentement mais sûrement au cours des dix dernières années, M. Droutsas a noté qu’il existait selon lui des possibilités d'améliorer les échanges commerciaux bilatéraux et la coopération économique dans son ensemble.
« Comme vous le savez déjà, la Grèce assure la promotion active de la coopération au développement avec la Bosnie-Herzégovine ces dernières années par le biais du Plan grec de reconstruction économique des Balkans (ESOAB) ».
Après notre coopération réussie concernant la mise en œuvre du programme portant sur la reconstruction du bâtiment de l'Amitié Grèce - Bosnie-Herzégovine à Sarajevo, la Grèce cofinance un projet important, la reconstruction de l’hôpital Kassindo à l’est de Sarajevo.
D’un autre côté, le volume de nos échanges commerciaux bilatéraux ne reflète pas les possibilités existantes et il reste encore à achever nos projets concernant le cadre économique et juridique bilatéral », a conclu M. Droutsas.