Athènes, le 20 novembre 2009
M. D. DROUTSAS : J’effectue une petite tournée dans les pays des Balkans occidentaux et l’étape d’aujourd’hui est Monténégro et Podgorica. J’ai eu l’occasion et la joie de m’entretenir avec le Premier ministre, M. Djukanovic. Je pense que nous nous sommes accordés sur le fait que nos relations bilatérales, entre la Grèce et le Monténégro, sont excellentes et nos relations économiques peuvent encore s’améliorer.
Le nombre d’investissements grecs au Monténégro est d’ores et déjà satisfaisant. Nous sommes convenus que les deux parties déploieront des efforts pour renforcer nos relations économiques à l'avenir.
J’ai par ailleurs exprimé la satisfaction de la Grèce concernant la libéralisation imminente du régime des visas pour le Monténégro. La raison de cette satisfaction est que je pense que nous devons tous travailler pour le bien de nos peuples, des citoyens de nos pays et il est très important que les citoyens du Monténégro puissent bientôt voyager librement en Union européenne.
L’Union européenne et l’Europe constituent pour nous l’avenir de la région des Balkans occidentaux et du Monténégro bien entendu. Cela a été le principal message que je voulais transmettre au Premier ministre ici au Monténégro.
S’agissant de cette question, vous savez que la Grèce et le Premier ministre grec, M. Papandréou a fait une nouvelle proposition bien précise pour la promotion du parcours d'adhésion de la région des Balkans occidentaux. Nous parlons d'une date butoir qui marquera l'achèvement de l'intégration européenne de tous les pays des Balkans occidentaux et la date que nous avons choisie est 2014.
2014 est une date symbolique puisqu’elle marque les cent ans depuis le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, dans cette région, remontent à cette date. Ainsi notre message est à la fois simple et symbolique : l’Union européenne, qui représente pour nous le modèle de paix en Europe le plus réussi et le plus efficace, doit assumer ses responsabilités pour la région des Balkans aussi, elle doit s’acquitter de ses obligations et contribuer de manière déterminante à la paix et à la stabilité dans notre région également.
Tel est l’esprit de cette proposition, de cette idée et nous espérons, grâce à cette proposition, créer de nouveau la dynamique nécessaire pour le parcours d’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’UE.
J’aimerais mentionner que cette idée, cette proposition est directement liée au Monténégro pour une raison pratique : le Premier ministre, M. Papandréou, a eu l’occasion de présenter pour la première fois cette idée ici, au Monténégro, à Budva précisément, en été dernier, à l’occasion du Congrès de l'Internationale Socialiste organisé ici, au Monténégro.
Ainsi, le message simple que nous voulons transmettre dans la région et ici, au Monténégro est le suivant : l’avenir de la région des Balkans occidentaux se trouve au sein de l’Union européenne, de l’Europe unie et dans le cadre de la réalisation de cet objectif, la Grèce peut et veut jouer un rôle de premier plan. Merci
COORDINATEUR : Y a-t-il des questions ?
JOURNALISTE : Pourquoi la Grèce n’a toujours pas ratifié l’Accord de Stabilisation et d’Association ?
M. D. DROUTSAS : Comme j’ai eu l’occasion de le souligner également lors de nos entretiens d’aujourd’hui, nous sommes à la tête du gouvernement depuis 40 jours. Pour des raisons bureaucratiques s’agissant du processus au Parlement grec, un retard est enregistré concernant la ratification de cet accord de la part de la Grèce. Et comme je l’ai indiqué au Premier ministre, pour nous, pour le nouveau gouvernement grec, la ratification est une priorité de premier plan et nous envisageons la question de manière active.
JOURNALISTE : Est-ce que pendant la rencontre avec le Premier ministre la question du nom de Skopje a été soulevée et est-ce que le Premier ministre a mentionné le rôle du Monténégro dans la résolution de la question ?
M. D. DROUTSAS : J’ai eu l’occasion, lors des consultations, d'indiquer que la volonté de la Grèce de promouvoir le parcours européen d’adhésion de tous les pays des Balkans occidentaux était sincère et il en est également de même pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.
S’agissant de cette question, le parcours européen d’adhésion pour tous les pays signifie qu'il y a des critères et des modalités préalables qui doivent être réalisés. J'ai réitéré la position claire de la Grèce, à savoir que la modalité préalable au parcours d’adhésion de Skopje, à l'ouverture de négociations d'adhésion entre Skopje et l'Union européenne est la résolution préalable de la question du nom.
La position de la Grèce s’agissant de cette question est claire, comme elle doit l’être. Cette position est connue de tous et nous exprimons le souhait que Skopje participe avec un esprit constructif à ces efforts visant à régler la question du nom.
JOURNALISTE : (hors micro) Hier, M. le ministre, le Premier ministre turc, M. Erdogan a fait une proposition bien précise concernant la question chypriote et j'aimerais votre commentaire à ce sujet.
M. D. DROUTSAS : Le processus de résolution de la question chypriote est un processus unique, connu et en évolution. C'est un processus mené sous l'égide des Nations Unies, ce sont les pourparlers engagés il y a un certain temps entre le Président de la République chypriote, M. Christofias et le dirigeant de la communauté chypriote turque, M. Talat. Je pense que nous devrons tous nous concentrer sur ce processus qui est juste et chaque partie devra s’employer de toutes ses forces à ce que ce processus ait une issue positive.
Merci beaucoup.