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Athènes, le 21 décembre 2009

 


 

Mme S. KOSIONI : Nous commencerons la semaine en essayant de comprendre ce qui s’est finalement passé à Copenhague. Quand on lit la presse étrangère et grecque, les mots récurrents sont fiasco, échec, honte, etc.

 

M. Kouvelis, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères est avec nous. M. Kouvelis, bonjour et bonne semaine. Vous étiez à Copenhague n’est-ce pas ? 

 

M. S. KOUVELIS : bonjour Mme Kosioni.

 

Mme S. KOSIONI : Est-ce que Copenhague a été un fiasco, une honte, un compromis ? Comment le qualifieriez-vous ?

 

M. S. KOUVELIS : Tout d’abord permettez-moi de dire ce qui s’est passé, plutôt que ce qui ne s’est pas passé, cela nous prendra moins de temps. J’estime, et personnellement je suis très déçu, que ce qui a résulté des deux semaines de négociations et des deux années de préparation, de Bali jusqu’à aujourd’hui, est en faite un accord politique sans substance qui, à mon sens, est très loin de Kyoto.

 

Toutefois, certains pensent que les pays comme les Etats-Unis et la Chine, qui jusqu’à présent ne reconnaissaient pas la question du changement climatique et la nécessité d’entreprendre des actions, se sont engagés. Qu’ils ont convenus d’un financement, mais l’accord auquel ils sont parvenus ne veut absolument rien dire.

 

Il s’agit d’un accord politique disant « oui, nous comprenons bien le problème… »

 

Mme S. KOSIONI : et non contraignant certainement...

 

M. S. KOUVELIS : Oui non contraignant.

 

Mme S. KOSIONI : En ce qui concerne le présent. Non contraignant aussi pour l’avenir.

 

M. S. KOUVELIS : C’est exactement pourquoi je dis que nous avons fait des pas en arrière.

 

Mme S. KOSIONI : C'est-à-dire que personne ne s’engage à ce qu’il y ait en 2010 un accord contraignant.

 

M. S. KOUVELIS : Non, personne ne s’engage sur rien, c’est pourquoi je dis que nous avons fait de nombreux pays en arrière. Car avant il y avait le protocole de Kyoto, qui du moins était un accord contraignant mondial, même si les Etats-Unis et d’autres pays n’étaient pas d’accord.

 

Pour parler simplement, le mouton noir était celui qui n’était pas d’accord. Aujourd’hui, tous les pays sont des moutons blancs car il n’y a pas d’accord sur lequel les pays pourraient s’engager.

 

Ainsi, quoi que les pays fassent, ils ne rendent des comptes à personne. Et il importe que nous le précisions et que nous affirmions que cet accord a été accepté par l’ensemble des pays participants.

 

Il a été passé entre 5 pays et a été accepté par 28 pays, mais quand la plénière s’est réunie, elle a dit qu’elle notait cet accord, ce qui signifie que le nombre de pays à ne pas avoir accepté cet accord est très grand. Nous parlons de 120 pays environ.

 

Donc, nous en sommes au point de départ et l’espoir de voir les choses changer jusqu’en décembre 2010 dépend notamment des intentions des pays lors de la prochaine rencontre. Si les intentions sont les mêmes, comme ce fut le cas des Etats-Unis et de la Chine, alors je pense que nous n’avancerons pas.

 

Mme S. KOSIONI : Un dernier mot concernant l’attitude de l’Union européenne à ce sommet. De nombreuses voix ont affirmé que la barre avait été placée très haut et qu’à la fin les 27 étaient passés sous la barre.

 

M. S. KOUVELIS : Malheureusement, je suis d’accord, dans le sens où l’Union européenne pouvait être le meilleur acteur sur le plan international, en s’étant engagé unilatéralement sur les 20% et elle pouvait faire pression en disant « vous voyez, nous au moins, nous nous engageons », mais finalement elle a accepté cet accord, qui n’en dit pas long et qui n’a pas valorisé son avantage comparatif.

 

D’un autre côté, je pense bien entendu que cela est positif à long terme pour l’Europe. C’est la seule région du monde à avoir accepté la nouvelle réalité, à savoir que le monde change, que la donne change et comme elle fera avancer l’objectif de 2020 elle mettra en avant la nouvelle technologie. C’est une erreur que font les autres régions, mais que voulez-vous y faire.

 

Mme S. KOSIONI : De toutes façons, nous ne pouvons rien faire d’autre, M. Kouvelis, et nous avons les yeux rivés sur la nouvelle année, 2010, malheureusement néanmoins…

 

M. S. KOUVELIS : Et sur la préparation.

 

Mme S. KOSIONI: … aussi optimiste que nous le voudrions.

 

M. S. KOUVELIS : Et sur la préparation que nous ferons, car nous avons dit que la Grèce prendra des initiatives au niveau régional, afin qu’elle puisse tenir le coup, dans le bon sens du terme, pour les accords conclus afin que nous allions à Mexico en 2010 dans de meilleures circonstances.

 

Mme S. KOSIONI : Et avec des attentes. Merci beaucoup M. Kouvelis.

 

M. S. KOUVELIS : Merci à vous et bonne journée.

 

Mme S. KOSIONI: Merci et bonne journée.

 




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