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Athènes, le 19 janvier 2010

 

 

 

JOURNALISTE : Nous avons en ligne le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas.

 

JOURNALISTE : Bonjour, monsieur le ministre.

 

M. DROUTSAS : Bonjour. Bonjour, à vos auditeurs aussi

 

JOURNALISTE : Hier, le Président de la République, M. Papoulias s’est entretenu avec M. Erdogan. Lors de cette rencontre deux questions ont surgi concernant le dossier gréco-turc. D’une part, il a été annoncé que le Premier ministre grec répondrait à la lettre de M. Erdogan dans les jours à venir et d’autre part, une invitation a été adressée à M. Erdogan pour effectuer une visite à Athènes.

 

M. DROUTSAS : Tout d’abord, la réponse du Premier ministre grec, M. Papandréou, à la lettre de M. Erdogan, sera envoyée le moment opportun, comme nous l’avons, à maintes reprises, affirmé. Je crois que la réponse sera remise dans les jours à venir.

 

JOURNALISTE : Voulons-nous par ce retard montrer à l’autre partie que nous n’agissons pas avec précipitation ?

 

M. DROUTSAS : Il n’y a pas de retard. Nous avons reçu la lettre et il y a eu dernièrement des contacts avec la partie turque. Force est de rappeler la rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutoglu début décembre ici à Athènes à l’occasion du Conseil ministériel de l’OSCE lorsque la présidence était exercée par la Grèce. Nous pensons que le temps est venu d’envoyer la réponse du Premier ministre grec à la lettre de M. Erdogan. Il n’y a rien de plus à dire.

 

Nous n’agissons pas avec précipitation. Nous exerçons une politique de petits pas prudents et en faisant une préparation sérieuse, par étapes. Et comme je vous l’ai déjà dit, la réponse à la lettre de M. Erdogan sera envoyée dans les jours à venir.

 

JOURNALISTE : M. Papandréou a invité M. Erdogan à Athènes. Pour quelle raison et quel jour ?

 

M. DROUTSAS : Si vous vous souvenez, il y a un certain temps, le Premier ministre grec, M. Karamanlis avait visité Ankara. Selon la pratique courante, le Premier ministre turc doit également effectuer une visite à Athènes. Nous avons affirmé notre volonté d’avoir des contacts et une coopération avec la partie turque.  Dans cet esprit, le Premier ministre grec doit inviter son homologue turc à visiter Athènes. Cela va de soi. Toutefois, cette visite – je le souligne pour éviter tout malentendu – aura lieu le moment opportun.

 

JOURNALISTE : Cela veut-il dire que vous n’êtes pas actuellement en mesure de nous communiquer les dates éventuelles de cette visite ?

 

M. DROUTSAS : Certainement que non. La date sera annoncée dans les mois à venir. D’ici là, nous devrons renforcer nos contacts et notre communication avec la partie turque. Et, si possible, développer notre coopération afin qu’une rencontre entre les deux Premiers ministres apporte des résultats précis.

 

JOURNALISTE : Est-ce qu’un dialogue sur toutes les questions pourrait être engagé avec la Turquie, comme l’affirme M. Erdogan ?

 

M. DROUTSAS : Il ne faut toujours axer notre attention sur les déclarations de l’autre partie, et dans le cas précis, celles de la partie turque.

 

Il faut davantage axer notre attention sur les affirmations de la partie grecque, du gouvernement grec. Nous avons affirmé notre volonté d’avoir des contacts, une coopération mais ce, à certaines conditions bien claires et sur des questions qui à notre sens donnent matière à discussion.

 

Maintenant, si la partie turque veut discuter d’autres questions, personne ne peut l’empêcher de les mentionner. Toutefois, cela ne signifie pas que la partie grecque engagera une discussion ou un dialogue quel qu’il soit sur des questions de ce genre.

 

Par conséquent, pour nous il n’est pas question d’engager un dialogue sur toutes les questions, car cette expression est beaucoup utilisée.

 

JOURNALISTE : Au-delà de ce stéréotype concernant l’ouverture d’un dialogue sur toutes les questions, nous constatons une certaine obsession de la part de la Turquie. Par exemple, dans ses déclarations hier, M. Erdogan revient sur la question de la réciprocité des problèmes qui existent, à son sens, en Thrace du sud et dans la communauté grecque à Constantinople, et par extension, au Patriarcat.

 

M. DROUTSAS : Comme vous l’avez affirmé vous-mêmes, il s’agit d’une obsession et par conséquent je ne me fatiguerais pas à répéter la réponse que j’ai donnée d’emblée. S’agissant de la minorité musulmane en Thrace, c’est une question ayant trait à des citoyens grecs. Et le gouvernement n’a pas l’intention de discuter avec des gouvernements étrangers de questions qui concernent des citoyens grecs.

 

Nous savons très bien quelles sont les actions qui doivent être entreprises et dans quelle mesure l’Etat grec doit entreprendre des actions concernant la minorité musulmane en Thrace. Nous en sommes conscients. Nous avons nous-mêmes la volonté de respecter nos obligations et nul ne doit se permettre de faire des commentaires ou intervenir.

 

C’est pourquoi, ce gouvernement n’aborde pas les questions de ce genre avec des gouvernements étrangers.

 

Comme vous avez soulevé la question des droits du Patriarcat œcuménique, j’aimerais de nouveau souligner que ces questions font désormais partie des obligations assumées par la Turquie vis-à-vis de l’UE dans le cadre de son parcours vers l’adhésion. Et, tel est le cadre le plus approprié pour aborder ces questions avec la Turquie.

 

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, je suis surpris de voir que vous refusez avec insistance d’aborder des questions relatives à la communauté musulmane grecque en tant que questions de réciprocité. Donc, vous sous-entendez que les autres gouvernements ont abordé ces questions en tant que tel.

 

M. DROUTSAS : Non, je ne sous-entends pas cela, à savoir que les autres gouvernements discutaient de ces questions. Tout simplement, puisque nous sommes actuellement au pouvoir – et je souligne que ce gouvernement a été dès le départ confronté à cette question lorsque la partie turque l’a soulevée – la réponse a été immédiate et qui plus est au niveau du Premier ministre lui-même, à savoir que le gouvernement grec ne discute pas de ces questions avec des gouvernements étrangers.

 

JOURNALISTE : D’après nos informations, à la fin de cette semaine vous effectuerez un déplacement à Londres en vue de participer à la Conférence internationale sur l’Afghanistan. Est-ce qu’une rencontre est prévue avec votre homologue turc M. Davutoglu ?

 

M. DROUTSAS : Cette conférence internationale se tiendra effectivement à Londres la semaine prochaine. D’après mes informations, le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutoglu sera également à Londres et c’est pourquoi il est possible que j’aie une rencontre avec M. Davutoglu dans le cadre de cette conférence.

 

Mais comme je vous l’ai dit, nous sommes en train d’examiner cette éventualité, nous devons l’examiner, vérifier si M. Davutoglu participera à cette conférence, voir si l’on a assez de temps à notre disposition et faire des arrangements pratiques. Toutefois, en ce qui me concerne – et je l’ai d’emblée souligné – nous voulons avoir des contacts. Nous ne restons pas sur la défensive. Nous voulons avoir des contacts et il est possible qu’en marge de la Conférence de Londres je m’entretienne avec le ministre turc des Affaires étrangères.

 

JOURNALISTE : Et, lorsque nous parlons de la Conférence internationale sur l’Afghanistan, est-ce qu’on envisage de retirer les forces grecques de ce pays vu que la situation s’est détériorée.

 

M. DROUTSAS : Le Conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de défense a récemment émis une décision. En tant que nouveau gouvernement, nous avons immédiatement fait face à cette question aussi. Nous suivons de près bien entendu les évolutions et nous entreprendrons les actions nécessaires. La Grèce peut aussi contribuer à cette question importante de l’Afghanistan et j’aimerais souligner cela.

 

Il ne s’agit pas seulement d’une contribution au niveau militaire. Pour nous, pour la Grèce, selon notre philosophie et approche, l’aide apportée par notre pays dans le domaine de la formation des forces en Afghanistan et notamment des forces de police, ainsi que dans le domaine de l’aide humanitaire, revêtent une importance primordiale. 

 

C’est dans ce domaine que nous axons notre attention. Car nous pensons que ce pays doit reposer sur ses pieds. C’est pourquoi une formation efficace et immédiate portant sur toutes les structures de l’Etat peut apporter à ce dernier une aide précieuse.

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, hier M. Erdogan, a  affirmé qu’Ankara soutenait de manière sincère le processus des négociations entre le Président chypriote et M. Talat, le dirigeant Chypriote turc.  Est-ce que le gouvernement grec pense qu’Ankara affirme ces propos en toute sincérité ?

 

M. DROUTSAS : Comme nous l’avons affirmé, le dirigeant Chypriote turc, M. Talat a soumis dernièrement des propositions. Hier, le Premier ministre lors de sa rencontre avec le Président de la République de Chypre, M. Christofias a qualifié ces propositions de négatives, en affirmant de surcroît que la Turquie par ces propositions faisait un pas en arrière.

 

Malheureusement, ces propositions ne vont pas dans la bonne direction, ce qui est nécessaire pour le règlement de la question chypriote. Et, bien entendu, à chaque occasion nous faisons des appels dans toutes les directions, et bien entendu, vers Ankara, afin que cette dernière adopte une attitude constructive vis-à-vis de ce processus et que ses propositions aillent dans le bon sens.

 

Et lorsque nous parlons de la bonne direction, permettez-moi de souligner une chose très importante à mon sens. La République de Chypre est aujourd’hui un Etat membre de l’UE. Et elle le sera toujours même après le règlement de la question chypriote. Cela signifie qu’elle doit pouvoir fonctionner de manière efficace au sein de l’UE.

 

Quel sera le résultat ? La solution convenue devra prendre pleinement en compte et respecter l’acquis communautaire, les règles de l’UE. Cela doit être respecté aussi par M. Talat dans ses propositions. Malheureusement, en ce moment, ces propositions ne sont que décevantes. Car il s’agit d’un pas en arrière et qui plus est dans la mauvaise direction.

 

JOURNALISTE :   Est-ce que vous vous inquiétez de ce que ce processus soit voué à l’échec ?

 

M. DROUTSAS : Je ne voudrais pas utiliser ces termes. Il s’agit bien entendu d’un processus difficile. Le Président Christofias fait tout ce qui est en son pouvoir, il déploie des efforts laborieux et fait preuve d’une attitude que M. Talat devrait également adopter dans le cadre de ce processus.

 

Ce processus n’est pas facile, et comme je l’ai déjà affirmé la partie Chypriote turque n’adopte pas l’attitude convenable ce qui nous vaut d’envisager les choses avec pessimisme.

 

Toutefois, nous voulons continuer de croire que nos efforts ainsi que les efforts déployés par le Président Christofias valent la peine. Et M. Christofias sait, tout comme Chypre et le peuple chypriote,  qu’il a le plein soutien de la Grèce et que le gouvernement grec lui accorde une confiance totale.

 

JOURNALISTE : Une autre question. M. Papandréou envisage-t-il d’effectuer un déplacement à Moscou ? Les dates ont-elles été fixées ?

 

M. DROUTSAS : Un grand nombre de déplacements sont inscrits à l’agenda du Premier ministre. Parmi ces déplacements figure une visite à Moscou qui aura bientôt lieu.

 

JOURNALISTE : Avant Washington.

 

M. DROUTSAS : Comme je vous l’ai dit, ces dates vous seront communiquées aussitôt qu’il y aura un accord final. Soyez patients, tous ces détails seront bientôt annoncés. Toutefois, je vous assure que le Premier ministre lui-même ainsi que le ministère des Affaires étrangères œuvreront de manière intensive dans les semaines à venir. Tel est le mandat qui nous a été confié par le peuple grec et nous sommes honorés de sa confiance.




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