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Athènes, le 21 janvier 2010


M. D. DROUTSAS : C’est avec un grand plaisir que je souhaite la bienvenue à Athènes à Michael Spindelegger, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche et très bon ami.

Lors de notre rencontre nous avons eu l’occasion de passer en revue nos relations bilatérales excellentes ainsi que d’examiner la perspective d’une coopération renforcée tant au niveau politique qu’économique.

Nous avons axé notre attention sur la question de la perspective européenne des Balkans et, dans ce cadre-là, sur l’initiative grecque, ledit « Agenda 2014 » qui, comme il est bien connu, s’inscrit dans le prolongement de l’initiative grecque précédente pour les Balkans en 2003 à travers la Stratégie de Thessalonique.

Pour diverses raisons, nous avons constaté que cette dynamique créée par le parcours européen des Balkans s’était affaiblie au cours des dernières années. Notre conviction commune est que nous devons doter ce processus d’une nouvelle dynamique, à savoir la perspective européenne des Balkans occidentaux. C’est pourquoi la Grèce a présenté cette proposition, l’ « Agenda 2014 ». 2014 est une date charnière qui marque 100 ans depuis le déclenchement de la Première guerre mondiale. Une date revêtant un caractère symbolique, une date à laquelle nous espérons que l’Union européenne, 100 après le déclenchement de la Première guerre mondiale, assumera ses responsabilités et contribuera encore une fois de manière efficace à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans.

J’aimerais remercier mon cher ami, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, Michel Spindelegger pour notre initiative commune d’adresser une lettre à tous les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne en vue de promouvoir cette idée relative à la perspective d’adhésion des Balkans.

Notre objectif est d’entreprendre encore plus d’actions communes avec l’Autriche. La Grèce et l’Autriche ont des intérêts communs dans la région. La Grèce est le centre de la région, dirais-je, l’Autriche a un passé et une histoire très riches dans la région des Balkans et je pense que cette initiative commune et ces actions communes contribueront de manière substantielle à l’adhésion des pays des Balkans à l’UE.

Cher Michel, je voudrais de nouveau vous souhaiter la bienvenue en Grèce et, comme nous l’avons déjà dit, j’attends avec intérêt notre coopération très étroite, dans d’autres domaines également, pas seulement dans la question des Balkans.

Dr M. SPINDELEGGER : Merci beaucoup cher Dimitris.

Mesdames et messieurs, je voudrais en ma qualité de ministre des Affaires étrangères vous dire que c’est une grande joie pour moi d’avoir pu venir à Athènes.

Après la discussion préparatoire que j’aie eue avec Dimitris à Vienne, nous pouvons vous présenter une initiative commune. Notre objectif est de concrétiser cette initiative commune et de permettre aux pays des Balkans de se rapprocher de l’Union européenne.

Et ce, notamment au cours de 2010 car il s’agit d’une année marquant une étape décisive en vue de surmonter les obstacles éventuels, les exclusions existantes et de permettre à ces pays de se rapprocher de l’Union européenne.

La Grèce à une expérience particulièrement précieuse pour ce qui est de ses relations avec les pays des Balkans. D’autre part, l’Autriche entretient bien entendu des liens historiques avec ces pays. Par conséquent, je pense que ces deux pays sont en mesure de permettre le rapprochement des pays des Balkans avec l’Union européenne.

Notre objectif est, dans un délai raisonnable, de faire en sorte que tous les pays situés entre l’Autriche et la Grèce deviennent des Etats membres de l’Union européenne. Par conséquent, je pense que le début de 2010 est une date particulièrement appropriée pour rédiger cette lettre adressée aux ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et donner ainsi le coup d’envoi qui permettra la poursuite de cette initiative.

Permettez-moi de remercier chaleureusement le ministre grec, M. Droutsas qui aussitôt après la prise de ses fonctions, a voulu donner un nouvel élan à cette initiative, une initiative qui, à mon sens, est susceptible d’apporter des résultats.

 

JOURNALISTE :  Que pensez-vous de l’article paru dans un journal turc concernant des plans élaborés par le milieu militaire visant à susciter des tensions en mer Egée avec l’objectif ultime de provoquer un incident armé ? Et dans quelle mesure cette pratique entrave-t-elle le rapprochement entre les deux pays ?

M. D. DROUTSAS : Lors des entretiens avec M. Spindelegger nous avons, bien entendu, discuté et discuterons des questions relatives aux relations avec la Turquie, la question chypriote et les autres évolutions dans les Balkans. Et, bien entendu, la question de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

S’agissant de la question que vous soulevez ci-dessus, les informations révélées attestent de la mentalité qui prévaut dans le pays voisin. Ces informations attestent des obstacles auxquels nous sommes confrontés dans notre effort pour établir des relations de confiance et de coopération avec la Turquie. La question fait actuellement l’objet d’un examen. Pour notre part, nous suivrons de près les développements et l’évolution des recherches. Toutefois, je ne peux qu’exprimer ma contrariété et ma tristesse à l’égard de ces scénarios. J’espère au moins que ces scénarios feront bientôt partie du passé.

JOURNALISTE : Je souhaiterais poser une question relative à la question du nom. Avez-vous abordé cette question ? Et que devons-nous attendre ces six prochains mois ? Merci.

M. D. DROUTSAS : Nous discuterons plus amplement de cette question avec M. Spindelegger, ministre des Affaires étrangères. Vous connaissez la position de la Grèce et la façon dont la Grèce envisage cette question.

Nous avons soumis une proposition très précise en vue de résoudre cette question. Vous savez que la Grèce discute d'une appellation avec détermination géographique erga omnes et nous pensons que sur la base de cette proposition la question pourra être résolue une fois pour toutes.

Vous savez que tout de suite après les élections, le gouvernement grec et le Premier ministre lui-même, M. Papandréou a pris l’initiative d’inviter le Premier ministre Gruevski à une rencontre. Deux rencontres de ce genre ont déjà été organisées et nous avons montré que la Grèce voulait avancer dans le sens du règlement de la question.

De cette façon, nous exprimons notre volonté absolue de parvenir à une solution. La Grèce a fait preuve d’une attitude constructive et continue de le faire.

Nous serions très heureux que Skopje en fasse de même et arrive à la table des négociations menées dans le cadre de l’ONU avec la même attitude constructive.

Nous aimerions de nouveau envoyer un message très clair au peuple du pays voisin : la Grèce souhaite la prospérité de ses voisins. Comme il ressort des discussions sur l’initiative pour l’Agenda 2014, nous attendons avec intérêt la promotion efficace du parcours européen d’adhésion de tous nos pays voisins des Balkans.

Cela est également valable pour Skopje. Et pour être efficace, nous sommes d'avis qu'il est nécessaire de résoudre préalablement la question du nom. Et à notre avis, l’heure du règlement de la question est venue. Merci.

M. Μ. SPINDELEGGER : Pour ma part, j’aimerais souligner ce qu’a dit Dimitris. Nous avons besoin d’une solution à cette question sensible et nous savons que les négociations se déroulent dans le cadre de l'ONU. Je pense que nous devons nous accorder sur une proposition mais à mon avis il y a une condition à la résolution de la question : les deux parties doivent davantage dialoguer et faire preuve d’une meilleure compréhension. J’espère que cette initiative de la part de la Grèce constituera réellement un pas en avant qui permettra très vite de trouver une solution.

 




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