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Athènes, le 21 décembre 2009

 

  
                                         La Grèce à l’avant-garde du changement climatique

 

Le résultat final des travaux du Sommet de Copenhague a malheureusement confirmé les mauvais augures. Jusqu’au dernier moment, les négociations n’ont pas été couronnées de succès, elles n’ont pas abouti à l’engagement juridique nécessaire pour lutter contre le changement climatique.

 

Sans méconnaître les difficultés, qui étaient connues dès le début, il y a toujours eu des espoirs qui ont été déçus puisque les rencontres préparatoires n’ont pas produit de résultats positifs. Et ce, parce qu’il y a encore de nombreux pays qui n’ont pas accepté de parvenir à un accord juridiquement contraignant assorti d’objectifs précis.

 

Le Sommet de Copenhague était la conférence la plus importante au niveau international. Elle s’inscrit dans la lignée du Sommet de Kyoto en 1997, qui a accouché du premier accord mondial pour la lutte contre le changement climatique.

 

En dépit de nos décisions, qui ont été en-deçà de nos espérances, je soutiens que le sommet de Copenhague doit être la seule voie possible pour lutter contre le changement climatique. Le Sommet de Copenhague a abouti à un accord a minima sans véritable engagement, et ce, pour de nombreuses raisons. Le vrai problème est le changement climatique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays développés, la fin de la déforestation, la restriction des émissions par les transports aériens et maritimes internationaux. Même si tous nous accordons sur les véritables problèmes, ceux qui nécessitent une solution immédiate et radicale, il n’en demeure pas moins que le sommet s’est penché sur d’autres questions. Pendant le débat politique, une attention particulière a été accordée à la question du financement, une question qui a fait la une de l’actualité et a largement été couverte par les médias. Je ne néglige pas l’importance du financement. Celui-ci est important, certes, mais il ne suffit pas. Je constate que de nombreuses questions liées concrètement au changement climatique n’ont pas été abordées.

 

Par ailleurs, il a été prouvé que la plupart des pays n’étaient pas prêts à prendre des décisions contraignantes. Les Etats-Unis, en dépit de leur volonté de remanier le cadre législatif qui leur aurait permis de s’engager, n’ont pas réglé les questions de législation, tandis que l’UE a encore des questions à résoudre concernant le financement. Jusqu’au dernier moment, de nombreux pays ont eu une attitude attentiste et non d’engagement. Malheureusement, sur la base de ces données, nous avons abouti à un accord a minima.

 

Dès le début, la Grèce s’est positionnée en faveur des engagements concrets pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Elle est déterminée à compter parmi les pays qui seront à l’avant-garde des actions visant à lutter contre le changement climatique et qui participeront concrètement au règlement de ces questions. Et pas seulement au niveau des intentions ou de choix politiques. Ce que nous devons garder à l’esprit est que cette attitude est une nécessité pour notre pays. Elle doit figurer parmi les pays qui sortent du lot en s’efforçant de promouvoir le développement vert en tant que nécessité et opportunité pour l’avenir. Il est manifeste que nous nous trouvons devant un défi très complexe. Les solutions doivent procéder d’une gestion collective de ce phénomène qui prendra en compte tous les paramètres et aura comme principal critère l’homme et l’environnement naturel. Indépendamment de l’accord, des interventions et des coopérations sont nécessaires au niveau bilatéral pour la mise en œuvre des résultats auxquels le sommet de Copenhague a abouti.

 

S’agissant de cette question, nous devons valoriser nos avantages comparatifs. Ces avantages comportent l’établissement d’une nouvelle relation productive avec l’environnement, une relation créative et novatrice entre l’économie et la connaissance, une relation démocratique entre la technologie et les citoyens, une autocritique et une relation pédagogique entre la tradition et l’histoire, des infrastructures et une consommation à l’échelle humaine. La Grèce aura un rôle très important à jouer dans ces questions.

 

Le ministère grec des Affaires étrangères a d’ores et déjà entrepris des initiatives visant à établir des relations bilatérales et multilatérales avec les Etats de la région élargie de la Méditerranée, des Balkans et de la Mer noire en vue de développer et de mettre en place un plan régional dans le cadre de la promotion et de l’établissement d’une coopération politique au développement. Dans les mois à venir, j’effectuerai une tournée dans les pays des Balkans, de la Mer noire et de la Méditerranée orientale en vue de promouvoir le développement vert et la coopération avec ces pays dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. A l’issue des contacts et des discussions que j’ai eus avec les ministres de l’Environnement de ces pays à Copenhague, je suis convaincu que la coopération entre les régions de la Méditerranée et de l’Afrique est possible et constitue la réponse de la Grèce, l’initiative grecque en faveur du climat et du développement.

 

La Grèce constitue un carrefour entre l’Europe et l’Asie au point de rencontre entre trois mers : la Caspienne, la Mer Noire et la Méditerranée orientale. Il est de notre devoir de contribuer aux efforts en faveur du développement social et économique, de la création et du maintien des conditions de prospérité dans la région, et notamment en faveur  de l’application du modèle de développement vert et de la promotion des actions entreprises pour s’adapter au changement climatique et atténuer ses effets.

 

Notre politique, notre pari est de parvenir à de bons résultats dans ce domaine aussi crucial pour l’humanité. Et, ce tant au niveau des choix et des politiques à l’échelle européenne et mondiale, qu’à celui des initiatives de notre pays dans notre région élargie.

 

 

 

 




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