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Athènes, le 22 février 2010

 

 

M. D. DROUTSAS : Les travaux du Conseil « Affaires générales et Relations extérieures » sont achevés et les discussions se poursuivront bientôt lors d’un dîner de travail avec la participation du Président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy.

 

Pour ce qui est de la session « Relations extérieures », je voudrais tout d’abord me référer à la discussion engagée sur la situation en Haïti. Comme nous l’avons constaté, les conditions demeurent malheureusement tragiques et l’ampleur de la tragédie complique les efforts de reconstruction consentis de manière collective. L’UE dans son ensemble, mais aussi la Grèce au niveau national jouent un rôle déterminant dans la lutte contre la crise. Comme vous le savez, il y a quelques jours l’aide grecque – la première aide fournie par la Grèce – est arrivée en Haïti  à bord d’un avion.

 

Nous avons également discuté de la question de la coopération entre l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique. S’agissant de cette question, les positions de la Grèce sont fermes et connues. Nous pensons qu’une priorité doit être donnée à la diplomatie et que l’unité de la communauté internationale sur cette question critique et sa gestion doit être assurée tout en mettant l’accent sur les processus dans le cadre de l’ONU. Cela constitue pour nous une règle immuable qui nous sert de guide dans la gestion des questions de ce genre.

 

Nous avons eu également l’occasion d’aborder les relations entre l’UE et l’Ukraine à l’issue des élections présidentielles tenues dans le pays ainsi que la question relative aux restrictions d’entrée sur le territoire libyen imposées aux citoyens des pays  de l’espace Schengen. Nous avons également discuté des évolutions relatives au Niger et, enfin, de la nomination de l’ancien ministre des Affaires étrangères de la Lituanie au poste de représentant de l’UE en Afghanistan.   

 

La  session « Affaires générales » a été dominée par deux questions majeures. Premièrement, la Stratégie de l’UE pour 2020 qui viendra remplacer la stratégie de Lisbonne décidée en 2000 ainsi que les prochains pas à entreprendre concernant la question du changement climatique. Force est de signaler que la Stratégie de l’UE pour 2020 constitue l’un des plus importants instruments façonnés actuellement et déterminera  dans une grande mesure le modèle de développement de l’Europe pour la prochaine décennie. S’agissant de cette question, la Grèce met l’accent sur la question de la lutte contre les inégalités sociales ainsi que sur la question de la création des emplois. C’est à ces attentes des citoyens européens, des citoyens grecs que l’UE devra répondre à travers l’application de sa stratégie et de sa politique de développement. Une troisième question que soulève la Grèce – qui a également trait à la société civile – est la participation et la meilleure information des citoyens sur justement ces objectifs et sur la Stratégie de l’UE pour 2020. 

 

Pour ce qui est du changement climatique, nous avons signalé qu’en dépit des faibles résultats de la Conférence de Copenhague, nous avons devant nous une nouvelle date butoir, la Conférence du Mexique. Il est clair que l’échec n’est pas permis. L’UE doit regagner son rôle de protagoniste dans ce dossier de sorte qu’un élan soit donné – par l’UE elle-même aussi – à la discussion y relative au niveau mondial.

 

Enfin, je voudrais souligner qu’en marge de cette discussion j’ai eu l’occasion de revenir –  suite également au récent Conseil informel européen – sur la question de la lutte contre la crise et la situation économiques mais aussi sur la question de l’attaque spéculative lancée contre notre pays. J’ai notamment souligné que la Grèce avait un gouvernement crédible lequel avait dès les premiers instants fait preuve d’une attitude sérieuse vis-à-vis de cette crise en entreprenant des actions systématiques. Le gouvernement a élaboré et présenté un programme sérieux de stabilité et de développement qui a été accepté par la Commission européenne. Le gouvernement s’est dit prêt à prendre des mesures supplémentaires, si besoin est, en vue de parvenir à l’objectif que nous avons fixé, à savoir la réduction du déficit de 4% en 2010.  Toutefois, j’ai souligné que la Grèce n’avait pas demandé à ses partenaires une aide financière. La Grèce n’a demandé et ne demande à ses partenaires que leur soutien politique clair et leur solidarité. Toute autre aide ne fait que saper non seulement les efforts de la Grèce, mais aussi l’union économique elle-même que représente l’euro.

 

J’aurai la possibilité, si cela est nécessaire, d’engager une discussion ultérieure et de présenter tous les détails des positions grecques lors du dîner qui se tiendra par la suite, comme je vous l’ai déjà dit, avec le Président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy.

 

Enfin, je voudrais vous dire qu’en marge des travaux j’ai eu une entrevue avec M. Giorgos Chatzimarkakis, Président de la Commission  parlementaire mixte de l’UE avec l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ainsi qu’avec M. Thaler, rapporteur du Parlement européen pour l’Ancienne République de Macédoine. Ils m’ont également informé des contacts qu’ils ont eus lors de leur récente visite à Skopje.

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, je voudrais une clarification de votre part. Il y a une confusion incroyable sur le dossier financier pour ce qui est des déclarations faites à Athènes et celles faites à l’étranger. Vous avez affirmé que la Grèce ne voulait pas un soutien économique mais un soutien plutôt politique. D’autre part, le gouvernement affirme – M. Pangalos l’a également affirmé aujourd’hui –  que l’Europe n’a pas été à la hauteur et qu’elle ne nous a pas fourni dans le passé l’aide nécessaire. Ma question est très simple : voulez-vous l’intervention des partenaires européens, voulez-vous que ceux-ci achètent des obligations, oui ou non ?

 

M. D. DROUTSAS : Nous avons affirmé que la Grèce était capable à travers les mesures qu’elle avait prises, de parvenir aux solutions nécessaires. Afin qu’une aide soit fournie à la Grèce dans ce sens, nos partenaires européens doivent  nous apporter leur soutien politique clair. Nous demandons un soutien clair de ce genre afin d’éviter que des voix intermédiaires transmettent des messages qui ne sont pas assez clairs vers les marchés internationaux aussi. Nous insistons là-dessus, telle est notre demande à l’UE, à savoir ce que nous avons reçu sous la forme d’un soutien politique lors du Conseil informel européen des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Nous pensons qu’il est nécessaire de transmettre de manière claire ce message  au niveau international.

 

JOURNALISTE : Par conséquent, Monsieur le ministre vous n’avez pas besoin des précisions concernant la déclaration du Conseil européen car j’ai écouté M. Papakonstantinou parler en Grèce d’une précision. Qu’est-ce que « précision »signifie  pour vous ?

 

M. D. DROUTSAS : Comme vous le savez, les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont participé au Conseil informel européen ont affirmé dans leur déclaration commune que l’Union européenne serait aux côtés de la Grèce et prendrait des mesures si cela était jugé nécessaire. Cette question, lorsque l’heure viendra et si besoin est, devra être précisée. Permettez-moi de souligner encore une fois que la Grèce fait ce qu’elle doit faire, elle met en place des mesures ainsi que le programme qu’elle a présenté et nous espérons qu’avec le soutien clair de la part de nos partenaires aussi, l’application de ces mesures portera ses fruits de sorte qu’aucune autre intervention ne soit pas nécessaire.

 

JOURNALISTE : Vous parlez toujours d’un soutien politique ?

 

M. D. DROUTSAS : Oui, je parle toujours d’un soutien politique.

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, qui sont ceux qui altèrent ce message, le message que nous voulons rendre clair ? Deuxième question : avons-nous besoin d’une précision, oui ou non ?

 

M. D. DROUTSAS : Comme vous le savez, à l’issue du Conseil informel européen différentes voix se sont élevées, différents messages ont été transmis par différentes parties, des voix qui, à notre sens, ont altéré le message clair transmis par les chefs d’Etat et de gouvernement.

 

JOURNALISTE : Comme nous parlons du Conseil informel européen, le président de la zone euro, M. Juncker a déclaré que le premier ministre grec avait accepté un texte soumis par le pays de la zone euro, et ce, avec aucune modification. Pourriez-vous confirmer cela ?

 

 

M. D. DROUTSAS : Je ne suis pas au courant des déclarations de M. Juncker. La seule chose que je peux vous dire est que lors de ce Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement le Premier ministre a eu une très bonne discussion. La déclaration commune des 27 Chefs d’Etat et de gouvernement a été communément convenue. Nous voudrions un soutien politique clair et une expression de solidarité envers la Grèce et nous y sommes parvenus.

 

JOURNALISTE : Est-ce que ce texte a fait l’objet d’une négociation ?

 

M. D. DROUTSAS : Il va de soi que lorsqu’il s’agit d’une déclaration commune des 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, une discussion est engagée sur ce texte. Je pense que cela est logique et évident.

 

 

JOURNALISTE : Monsieur le ministre, est-ce que vous envisagez ces questions de manière bilatérale ? Entreprenez-vous certaines actions ? Pas vous personnellement mais au niveau du gouvernement et au niveau bilatéral. Autrement dit, chaque fois nous leur demandons de ne pas troubler les eaux et, en fait, nous devons pouvoir parler au niveau bilatéral avec ceux qui troublent les eaux.

 

M. D. DROUTSAS : Je pense que la réponse est évidente. Il est clair que des efforts systématiques et coordonnés sont déployés par l’ensemble du gouvernement. Lors de nos contacts avec les acteurs internationaux nous discutons tous de ces questions. Et je vous ai dit qu’aujourd’hui lors du Conseil « Affaires générales » dont l’agenda ne prévoit pas une discussion sur ce dossier, j’ai pu réitérer nos messages, nos positions comme je l’ai fait lors des contacts bilatéraux que j’ai eus ces derniers jours à Bratislava et à Prague. Force est de signaler que, comme l’ont affirmé les ministres des Affaires étrangères de ces pays dans leurs déclarations, le gouvernement grec a obtenu la confiance et la solidarité de ses partenaires européens.

 

JOURNALISTE : Avez-vous discuté aujourd’hui avec vos homologues de la question financière ? Y-a-t-il un échange de vues ?

 

M. D. DROUTSAS : Non, il n’y a pas eu d’échange de vues. Comme nous l’avons affirmé, ce Conseil n’est pas compétent en la matière. Cela fait simplement partie d’un effort coordonné visant à fournir à nos partenaires des informations  à tous les niveaux.

 

JOURNALISTE : Pourriez-vous nous donner quelques détails sur la rencontre avec M. Chatzimarkakis et M. Thaler ?

 

M. D. DROUTSAS : Comme je l’ai déjà affirmé, ils m’ont informé sur leur récente visite à Skopje. Je pense que notre discussion a été très utile puisque ils m’ont fait partager les discussions qu’ils ont eues. Il est toujours utile d’avoir un échange de vues avec ces acteurs institutionnels qui sont en contact avec Skopje.

 

JOURNALISTE : Concernant la visite de M.Nimetz ?

 

M. D. DROUTSAS : M. Nimetz a visité la région sur notre propre initiative.  Cela s’inscrit dans le cadre de l’approche générale du gouvernement grec lequel veut parvenir à un règlement de la question. Par conséquent, si l’on n’entame pas le processus formel, à savoir le processus dans le cadre des Nations Unies, on ne parviendra à aucun résultat. Nous avons adressé une invitation à M. Nimetz, ce qui va de soi pour nous. Et, je souligne qu’il s’agit du premier contact officiel de M. Nimetz avec le nouveau gouvernement grec. Par conséquent, cela à lui seul détermine le cadre de ces contacts. Il s’agit, si vous voulez, d’une première rencontre de prise de contact ce qui nous permettra en tant que nouveau gouvernement grec de présenter à M. Nimetz de manière directe notre propre approche, nos propres points de vues. Et, bien entendu, nous aurons l’occasion d’écouter le point de vue de M. Nimetz sur l’état actuel des choses suite à sa visite à Skopje qui précèdera celle effectuée à Athènes.

 

JOURNALISTE : Nombreux sont les hauts fonctionnaires de l’UE et les Etats-Unis qui pensent que dans les mois à venir une fenêtre d’opportunité sera ouverte. Partagez-vous ces estimations ? Et, quoi qu’il en soit, s’il n’y a pas de progrès d’ici à juin, qu’arrivera-t-il lors du Sommet ?

 

M. D. DROUTSAS : Je commence par la deuxième question. La réponse est évidente. La position grecque est claire et connue et valable depuis le premier moment. Sans le règlement préalable de la question du nom, il n’est pas question que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine entame les négociations d’adhésion. Cela est clair et connu de tous. Cela a été d’ailleurs noté également dans les conclusions du Conseil européen en décembre. Pour ce qui est maintenant de la fenêtre d’opportunité, force est de signaler encore une fois que le gouvernement grec a l’intention de promouvoir cette question en vue de parvenir à une solution. Notre proposition est claire et connue. Il s’agit de ladite ligne nationale rouge. Telle est la proposition que nous avons soumise à la table de négociations. Nous espérons que Skopje et notamment M. Gruevski réalisera que les atermoiements et les gestes visant à détourner l’attention du processus de négociation menée sous l’égide des Nations Unies, n’ont aucun sens. Si M. Gruevski prend conscience de cela et s’il veut véritablement voir son pays adhérer bientôt à l’UE, il devra raisonner avec logique et adopter une attitude constructive lors des négociations sous l’égide des Nations Unies, ce que nous demandons, afin de voir si nous pouvons parvenir à une solution. J’espère que les points de vue soutenus par les hauts fonctionnaires étrangers, auxquels vous vous référez, à savoir que M. Gruevski est en train de changer son approche et d’adopter une attitude moins intransigeante, seront avérés justes.

 

JOURNALISTE : Est-ce que vous savez – d’après les informations qui vous ont été données par la présidence espagnole –  quand sera abordée cette question lors de la réunion au sommet ou si la discussion sur ce dossier sera engagée au niveau de la session « Affaires générales » ?

 

M. D. DROUTSAS : Aucune discussion de ce genre n’a été engagée. Il n’y a aucune information y relative.  D’après les conclusions du Conseil de décembre, au cours de la prochaine présidence des efforts y relatifs devront être consentis et cette question devra être soulevée au cours de la présidence espagnole. Mais, comme je vous l’ai déjà dit, aucune discussion n’a été menée sur cette question. La position grecque est claire et connue. Sans règlement préalable de la question du nom, il n’est pas question que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine entame des négociations d’adhésion. Cela est connu de tous. Tout le monde a compris cette position et la respecte. Merci.

 

 




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