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Athènes, le 20 novembre 2009

 

Journaliste : M. Papandréou a déclaré lors de la réunion au sommet à Bruxelles que « les pays des Balkans occidentaux » adhéreraient au cours de 2014 à l’UE » (l’année 2014 est une année symbolique car elle marque cent ans depuis le déclenchement de la Première guerre mondiale). Que symbolise cette année ? Quel sera le rôle de la Grèce dans le cadre de cette vocation ? Et comment la Grèce soutiendra concrètement ce processus ?

 

M. D. DROUTSAS : Permettez-moi de rappeler que la Grèce a toujours été une pionnière – et continue de l’être – du parcours européen de tous les pays des Balkans vers l’UE. C’était sous la présidence hellénique de l’UE en 2003 que la Stratégie de Thessalonique a vu le jour, marquant ainsi une étape officielle dans le parcours à ce jour de tous les pays des Balkans occidentaux vers l’UE. Aujourd’hui, à l’issue d’une période de réflexion difficile pour l’Union, nous pensons qu’un nouvel élan dynamique doit être donné à cette perspective. La Grèce devient de nouveau pionnière de la perspective d’adhésion de la région.

 

Le Premier ministre grec propose l’agenda de 2014, un date politique butoir qui viendra renouveler la perspective européenne des Balkans occidentaux et dotera d’une nouvelle dynamique les réformes dans les pays de la région tout en renouvelant l’engagement de l’UE à l’égard des Balkans. Nous avons fixé la date butoir de 2014 qui dans un même temps revêt un caractère symbolique car elle marque cent ans depuis le déclenchement de la Première guerre mondiale qui est la cause des problèmes qui continuent de tourmenter notre région. L’année 2014 pourrait devenir la date qui symbolisera l’espoir et la vision européenne pour la région : les Balkans occidentaux constituent une partie intégrante de l’Union européenne et leur adhésion est notre devoir.

 

Journaliste : Quelle est l’importance de l’adhésion des Balkans occidentaux dans l’Europe de demain ?

 

M. D. DROUTSAS : L’Union européenne est probablement le modèle de paix le plus réussi dans l’histoire de l’humanité. L’importance de l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE se reflète dans chaque pays qui adhère à l’UE, dans notre voisinage et, bien entendu, au sein de l’Union européenne elle-même. L’adhésion est le couronnement  de vos efforts et montre la voie vers un meilleur avenir. Elle atteste de manière tangible de la consolidation et de l’approfondissement des institutions démocratiques, de la réussite des réformes, de la consolidation des relations de bon voisinage. Elle signifie la participation égale à la famille européenne. Les peuples des Balkans participent aux décisions prises par l’Union. L’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’UE est synonyme pour notre voisinage d’un nouvel élan donné à la coopération régionale sur la base des principes et des valeurs européens. L’adhésion signifie de nouvelles perspectives pour notre coopération bilatérale. Pour l’UE, l’adhésion des pays des Balkans occidentaux constitue la concrétisation de sa vision pour la région, et dans la pratique, l’accomplissement de l’unification pacifique du vieux continent. Elle signifie la consolidation de la paix, de la stabilité et de la prospérité en Europe.

 

Journaliste : Est-ce que, parmi les pays balkaniques, figure un pays dont l’adhésion à l’UE n’est pas prévue ?

 

M. D. DROUTSAS : D’après ce que j’ai affirmé jusqu’à présent, il n’y a aucune marge de malentendu concernant la volonté et le soutien global apporté par l’Union européenne et les autres Etats membres à la perspective européenne des Balkans occidentaux. Telle est la substance de l’agenda de 2014. L’objectif est de transmettre aux peuples des Balkans un message clair, à savoir que leur avenir proche est au sein de l’Europe. Toutefois, nous devons être clairs. L’adhésion à l’UE qui est d’ailleurs soutenue par l’écrasante majorité des peuples des pays des Balkans occidentaux, présuppose le plein respect des critères et des modalités européens. Tout au long de ce parcours des exceptions ne doivent pas être faites, ce qui est dans l’intérêt des peuples de la région. L’adoption des principes et des valeurs européens est une question d’application globale. Le message est clair : la réussite de ce parcours dépend de vous-mêmes et la Grèce soutiendra votre vision européenne.

 

JOURNALISTE: L’UE a récemment reçu la demande de l’Albanie d’obtention du statut de pays candidat à l’adhésion. Quelle est l’importance de cette action pour l’Albanie ? Est-ce que cela constitue un vrai indicateur de l’adhésion rapide de ce pays à l’UE ?

 

M. D. DROUTSAS: La récente décision prise au sein du Conseil concernant le renvoi de la demande de l’Albanie à la Commission européenne afin que cette dernière donne son avis, vient confirmer le soutien de l’Union européenne à l’avenir européen de votre pays. C’est, bien entendu, à l’Albanie qu’il revient de poursuivre ses efforts et de promouvoir les réformes nécessaires qui seront soumises au jugement objectif de l’Union européenne.

 

Une preuve tangible de la reconnaissance des efforts déployés par l’Albanie dans son parcours vers l’intégration européenne est, je l’espère, l’adhésion bientôt de l’Albanie au régime de libéralisation des visas.

 

Tout au long de votre parcours, la Grèce sera toujours aux côtés du peuple albanais que nous espérons accueillir bientôt au sein de la famille européenne.

 

JOURNALISTE : En qualité de ministre des Affaires étrangères de la Grèce comment voyez-vous les relations gréco-albanaises aujourd’hui (dans les domaines de la politique étrangère, de l’économie et de la culture), par rapport aux relations gréco-albanaises sous gouvernement Karamanlis. Que prévoyez-vous pour l’évolution des relations bilatérales ?

 

M. D. DROUTSAS : L’objectif du nouveau gouvernement est que la Grèce devienne à nouveau un protagoniste dans son voisinage. Qu’elle soit de nouveau dotée d’une voix forte pour les grands dossiers internationaux. Grâce à l’Agenda 2014, nous avons montré que nous accordions la priorité à la région des Balkans occidentaux. Il est naturel que l’Albanie soit l’un des pays les plus importants de la région, il est naturel que nous accordions une importance capitale aux relations avec ce pays.

 

Les relations entre la Grèce et l’Albanie se sont développées de manière positive au fils du temps et aujourd’hui elles sont à un très bon niveau. La principale réalisation est la relation de confiance mutuelle que les deux forces politiques ont réussi à créer des deux côtés de la frontière. Nous devons garantir cet acquis et le valoriser afin que nous puissions élargir et renforcer notre coopération dans tous les domaines des relations interétatiques. C’est dans ce sens que vont les actions de notre gouvernement. Tant dans le cadre de la coopération avec l’OTAN, et notamment à la lumière de la perspective européenne de notre pays, je ne peux qu’être optimiste quant aux perspectives ultérieures de nos relations bilatérales.

            

JOURNALISTE : Y a-t-il sur l’agenda du gouvernement Papandréou un point se référant à la libéralisation du régime de visas pour les citoyens albanais ?

 

M. D. DROUTSAS : Le nouveau gouvernement grec soutient clairement l’abolition de l’obligation de détention de visas pour les citoyens de tous les pays des Balkans occidentaux sans exception. Cela implique toutefois la réalisation préalable des critères y relatifs et nous espérons que ce processus sera bientôt achevé pour l’Albanie aussi.

 

La vision concernant la suppression de visas pour les citoyens des pays des Balkans occidentaux a été formulée pour la première fois dans la « Stratégie de Thessalonique » adoptée sous présidence grecque de l’UE en 2003. Depuis, la Grèce promeut cette question de manière systématique, comme nous l’avons d’ailleurs observé en novembre 2007 avec la proposition de mesures soumises par notre pays. Ces mesures prévoyaient expressément la « création d’une feuille de route qui aboutira à la libéralisation du régime des visas, comme preuve tangible de la perspective européenne pour les peuples des Balkans occidentaux ».

 

A partir du 19 décembre 2009, trois pays des Balkans occidentaux seront intégrés au système de suppression des visas. Je saisis l’occasion de cette interview pour encourager l’Albanie à poursuivre les réformes nécessaires et à s’acquitter des critères y relatifs, afin que la suppression des visas soit également valable pour elle dans le courant de l’année 2010. Cela constituera un pas décisif vers son rapprochement à la grande famille européenne et à son adhésion à l’UE. Il est particulièrement important que les citoyens d’Albanie puissent voyager sans entraves au sein de l’espace européen, l’espace de leur avenir prochain.

 




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