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Athènes, le 23 février 2010


M. M. Lajčák :
Mesdames et messieurs, c’est un grand plaisir doublé d’un grand honneur de recevoir aujourd’hui mon cher ami Dimitris Droutsas, ministre adjoint des Affaires étrangères de la Grèce. 

La Slovaquie et la Grèce sont deux pays amis, alliés, membres de l’Union européenne et de l’OTAN. Nous avons des points de vue presque identiques sur une multitude de questions majeures internationales, telles que les Balkans occidentaux, une question qui revêt un grand intérêt pour les deux pays et à laquelle nous nous consacrons. Nous avons parlé des modalités qui nous permettront d’intensifier nos relations bilatérales. Telle a été la deuxième raison pour laquelle je me réjouis de la visite du ministre adjoint des Affaires étrangères de la Grèce, M. Droutsas. Il s’agit de la première visite effectuée par un membre du gouvernement grec depuis l’adhésion de la Slovaquie à l’Union européenne et M. Droutsas est le premier ministre grec des Affaires étrangères à se rendre en Slovaquie depuis 1999.

Nous avons tous deux constaté que l’absence de problèmes entre nos deux pays, nous conduit parfois à penser que  l’échange de visites n’est pas nécessaire et que les rencontres à Bruxelles ou lors d’autres conférences internationales étaient suffisantes.

Or, les discussions d’aujourd’hui ont prouvé qu’il y avait un assez grand nombre de questions qui devraient faire l’objet d’une consultation et d’une discussion détaillée et nous sommes convenus d’organiser des visites de haut niveau dans l’année courante.

Les citoyens de la Slovaquie connaissent bien entendu la Grèce qui est la deuxième destination touristique slovaque la plus célèbre ce qui permet le rapprochement entre nos deux pays. Nous avons également évoqué l’amélioration de la coopération économique, l’augmentation des investissements grecs en Slovaquie ainsi que les perspectives d’investissements slovaques en Grèce.

Nous avions bien entendu discuté de la question qui se trouve au centre des préoccupations en Europe, à savoir la crise financière en Grèce. J’ai écouté avec un grand intérêt les informations que m’a fournies M. Droutsas sur les mesures prises par le gouvernement grec pour lutter contre la crise. Je lui ai fait part du plein soutien du gouvernement de la Slovaquie aux mesures prises par le gouvernement grec et je l’ai assuré de ma confiance en la capacité du gouvernement grec et de l’économie grecque à surmonter ces problèmes provisoires et, bien entendu, sa capacité à regagner la pleine confiance du système.

En outre, nous avons abordé de manière approfondie les questions internationales et notamment les dossiers relatifs aux Balkans occidentaux et aux perspectives d’élargissement de l’Union européenne tout en mettant l’accent sur des questions plutôt européennes. A titre indicatif, je mentionnerais la constitution du futur Service d’action extérieure de l’UE et je voudrais dire que nos vues convergent pour ce qui est d’un très grand nombre de questions. Par conséquent, je suis particulièrement heureux que nous ayons engagé ces discussions. Je voudrais encore une fois souhaiter la bienvenue à Bratislava à Monsieur Droutsas.

 

M. D. DROUTSAS : Tout d’abord, je voudrais te remercier Miloslav pour l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé. Nous avons eu l’occasion de passer en revue nos relations bilatérales. Comme M. Lajčák l’a affirmé, nos relations bilatérales sont très bonnes et par conséquent nous pouvons axer nos discussions sur une série de questions régionales et internationales à l’égard desquelles nous avons des approches communes.

Dans ce cadre, je saisis l’occasion qui m’est offerte pour exprimer mon estime pour la participation de la Slovaquie à Chypre, sa présence importante au sein de la force de paix de l’ONU, mais aussi pour les initiatives de l’Ambassade de Slovaquie à Nicosie au niveau bicommunautaire ce qui revêt une importance majeure pour les développements.

Je voudrais également mettre l’accent sur les évolutions dans les Balkans. A mon avis, cette question a été au centre de nos discussions d’aujourd’hui. A cet égard, nous avons de nouveau constaté notre convergence de vues sur ces questions.

Comme vous le savez, la région des Balkans constitue pour la Grèce une haute priorité ce qui a été mis en avant par la Grèce dans le passé et plus particulièrement en 2003 lorsque la Grèce exerçait la présidence de l’UE, à travers l’Agenda de Thessalonique qui constitue jusqu’aujourd’hui la pierre angulaire de la politique balkanique de l’UE.                 

Par conséquent, l’adhésion de tous les pays des Balkans occidentaux à l’UE constitue une priorité absolue pour la Grèce. Dans ce contexte, le nouveau gouvernement grec a élaboré une nouvelle proposition, une nouvelle initiative, appelée « Agenda 2014 » dans le but de fixer une date butoir pour l’adhésion des pays des Balkans à l’UE. Cela transmettra un message clair à la région, à savoir que la mise en place des réformes nécessaires vaut d’être poursuivie afin que les pays de la région puissent remplir les critères et les modalités qui leur permettront de devenir membres de l’UE.

Par ailleurs, nous proposons une date symbolique, l’année 2014, qui marque cent ans depuis le déclenchement de la Première guerre mondiale, un événement qui pourrait être considéré comme la source de la plupart des conflits demeurés en suspens dans les Balkans.

À travers cette initiative nous voulons rappeler aux Etats membres de l’UE et à l’opinion publique que l’UE constitue le modèle de paix le plus réussi et qu’elle doit assumer ses responsabilités vis-à-vis de la région des Balkans aussi et promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Cela peut être atteint de la meilleure façon qui soit en incluant ces pays dans notre famille européenne.

Telles ont été les principales questions que nous avons abordées lors de nos discussions et j’aimerais de nouveau vous remercier pour votre accueil chaleureux. J’espère que bientôt vous me donnerez l’occasion de vous accueillir en Grèce.

Enfin, j’aimerais vous remercier de vos propos francs et de la solidarité de la Slovaquie et de votre gouvernement avec la Grèce et le gouvernement grec dans les efforts consentis pour relever les défis et surmonter les difficultés de la situation économique. J’aimerais vous assurer que le gouvernement grec fait le nécessaire pour venir à bout de cette situation.

Ce dont nous avons plus que jamais besoin est que nos partenaires européens nous envoient un message politique fort de confiance à la crédibilité de la Grèce et du gouvernement grec. Et les mots que tu as exprimés, cher Miroslav, sont très précieux pour nous à l’heure actuelle.

J’aimerais de nouveau vous remercier de la solidarité dont vous avez fait preuve.

Journaliste : Une question pour M. Lajčák, que pensez-vous de l’initiative «Agenda 2014» et de quelle façon les autres Etats membres de la région peuvent-ils contribuer à cet effort ?

M. M. Lajčák : Tout d’abord, comme je l’ai souligné lors de nos discussions, j’estime que l’Agenda 2003 qui a été convenu à Thessalonique lors de la présidence grecque est le pas le plus fiable accompli par l’Union européenne et concernant la région des Balkans occidentaux. Il s’agit d’un programme substantiel en vigueur encore aujourd’hui. Pour nous, l’Agenda 2014 est considéré comme un effort visant à redéfinir notre vision, comme une stratégie dont l’objectif est de regagner la crédibilité du processus d’élargissement et c’est en tant que tel que nous le saluons.

Je ne saurais toutefois dissimuler mon avis critique sur la situation actuelle dans laquelle se trouve la politique d’élargissement qui a perdu de sa crédibilité. Comparé à la dernière vague d’élargissement de l’UE, l’approche actuelle n’offre pas comme objectif visible l’adhésion à l’UE. De ce fait, elle n’offre pas de motivation, elle n’incite pas les pays à procéder à des changements et des réformes. De ce point de vue, nous considérons l’Agenda 2014 comme un effort visant à redéfinir la vision et à regagner la crédibilité perdue du processus d’élargissement.

Il est très important que les pays des Balkans occidentaux perçoivent l’Agenda 2014 comme une motivation pour intensifier leurs changements de réformes car l’Union européenne est synonyme de réformes. Ils doivent prendre conscience de leurs devoirs et du fait que personne ne pourra les accomplir à leur place. Ils ne doivent à aucun moment penser que nous assumons la responsabilité de réaliser leurs objectifs. La responsabilité première leur incombe. Dans cet esprit, la Slovaquie salue bien entendu l’Agenda 2014.

 




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