Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Avant de commencer, permettez-moi l’observation suivante :
Dans leurs interventions, certains cadres de l'opposition ont eu le courage de faire leur autocritique et de reconnaître les erreurs et les lacunes de leur parti lors de leur récent mandat.
Néanmoins, la plupart des cadres de la Nouvelle Démocratie continuent de provoquer le sens commun des citoyens en multipliant les déclarations contradictoires et les accusations contre le gouvernement actuel, allant même jusqu’à dire que le PASOK est responsable de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays.
Nous observons par ailleurs que la Nouvelle Démocratie, après l’élection du nouveau gouvernement, feint de ne pas avoir de passé, notamment un passé gouvernemental et des responsabilités, feint même d’être né de la « conception immaculée » - si vous me permettez l’expression.
Mesdames et Messieurs de la Nouvelle Démocratie, vous avez l’entière responsabilité de la situation actuelle dans laquelle se trouve notre pays.
Et nous ne pouvons permettre au peuple grec de l’oublier.
Mesdames et Messieurs de la Nouvelle Démocratie, nous attendions au moins de vous que vous ayez le courage et la sensibilité de demander pardon aux Grecques et aux Grecs pour avoir conduit le pays dans la situation actuelle.
Et avec tout le respect que je vous dois, je dirais qu’il est de votre devoir de le faire.
Aujourd’hui, on peut entendre, notamment de la part des cadres de la Nouvelle Démocratie, des personnes de renom et membres du gouvernement précédent, des positions différentes de celles que vous souteniez il y a peu, en tant que gouvernement, même en matière de politique étrangère.
Et je m’interroge :
Est-ce que, lorsque vous étiez au gouvernement, vous croyiez en ces positions, telles que vous les exprimez aujourd’hui ?
Ou bien est-ce que vous exprimez aujourd’hui une position différente pour faire le discours de l’opposition ?
Moi, qui appartient à la génération plus jeune, je souhaiterais affirmer qu’il faut enfin mettre fin à cette tactique et pratique.
Nous ne pouvons plus nous accuser mutuellement, pour la simple raison que nous pensons que c’est ce que nous dicte notre rôle, que ce soit au sein du gouvernement ou de l’opposition.
La situation actuelle est telle que le pays ne peut plus supporter ce genre de jeux.
La situation actuelle dans le pays nécessite des positions claires, des propos clairs, beaucoup de travail, une action immédiate et que nous tous fassions preuve de franchise.
Le Premier ministre a présenté des positions et des propositions qui nous permettraient de sortir de la crise et qui se basent sur les vrais raisons des problèmes auxquels le pays est confronté. Des propositions tournées vers l’avenir.
Et c’est exactement ce dont la Grèce et le peuple grec ont besoin :
De propositions sur l’avenir du pays. Enfin une vision, dont la Grèce a été privée ces dernières années. Une vision qui guidera les Grecques et les Grecs dans leur combat.
Le citoyen, Mesdames et Messieurs les députés, ne s’intéressent nullement à nos petites luttes intestines.
Le citoyen grec en est las.
Le citoyen s’intéresse à l’avenir, son avenir proche, celui de sa famille, de ses enfants.
Le citoyen a de hautes exigences et attend beaucoup de nous – non seulement du gouvernement actuel, mais de nous tous.
Prenons enfin conscience que nous avons une grande responsabilité vis-à-vis du pays et de nos compatriotes, de nous tous. Et qui plus est dans la situation actuelle.
Mesdames et Messieurs les députés,
Pendant l’exercice de la politique étrangère de notre pays, nous voulons connaître les grandes questions internationales et avoir notre mot à dire à ce sujet.
Une attitude constructive, des initiatives et des propositions.
Nous recherchons des solutions.
Nous avons besoin d’une diplomatie intelligente qui doit aller au-delà de nos grandes causes nationales – certes cruciales – comme la question chypriote, les relations gréco-turques et la question du nom de Skopje.
Notre objectif est que la Grèce soit de nouveau dotée d’une présence et d’un poids diplomatique dans la région du Moyen-Orient, en Méditerranée, dans le Caucase, dans la région de la Mer Noire, où nous assumerons très bientôt la présidence de la CEMN.
La politique étrangère ne peut aujourd’hui être exercée avec les outils du passé.
La diplomatie contemporaine nécessite une action à plusieurs niveaux, une approche globale et une information continue.
Pour un pays comme la Grèce, qui est membre de l’Union européenne et de l’OTAN et qui a une position clé en Europe du Sud-est, les occasions et les défis ne manquent pas.
Et les réponses que nous allons donner au cours des prochaines années, détermineront l’évolution de notre région et de la région tout entière.
La Grèce mérite vraiment d’être présente dans les enceintes de prise de décisions.
Elle doit l’être avec des positions claires, une voix forte et une capacité d’intervention.
A cette fin, nous devons valoriser toutes nos forces et développer nos avantages comparatifs.
Dans le cadre de cet effort, la politique étrangère traditionnelle ira de pair avec les formes modernes de la diplomatie, la diplomatie économique, culturelle ainsi que la diplomatie « verte » et « environnementale ».
Nous valoriserons l’énorme capital de la Civilisation dont malheureusement on a oublié l’existence en vue de rehausser l’image de la Grèce en tant que pays attaché à des valeurs universelles et d’établir des relations d’amitié et des alliances partout dans le monde.
Dans le cadre de la diplomatie « environnementale », nous promouvrons la coopération notamment avec les pays des Balkans occidentaux, de la Mer noire et de la Méditerranée orientale en vue de lutter contre les effets du changement climatique dans notre région.
Pour ce qui est des sources d’énergie renouvelables et de la gestion de l’environnement, la Grèce fournira le savoir faire nécessaire pour mettre en place des synergies dans le domaine de la recherche et des affaires.
Notre objectif est de valoriser ces possibilités au niveau régional afin que la Grèce devienne un pôle important d’action entrepreneuriale et diplomatique.
La diplomatie économique est une composante centrale de la mission du ministère des Affaires étrangères dont les axes principaux sont la promotion des intérêts économiques grecs, le renforcement des investissements et des activités entrepreneuriales ainsi que la promotion des produits et des services à l’exportation.
En cette conjoncture économique, il est impératif d’entreprendre de nouvelles initiatives qui mettront en valeur les avantages comparatifs de notre pays.
Nous soutiendrons avec tous les moyens que nous avons à notre disposition l’organisation réussie des missions d’affaires et d’autres actions visant à l’ouverture du pays sur l’extérieur.
Au-delà des produits traditionnels exportés, nous mettrons en valeur les domaines dynamiques et extrovertis de l’économie grecque, notamment les domaines représentés par des entreprises ayant un savoir faire et une spécialisation dans des produits et des services de haute technologie.
Mesdames et Messieurs les députés,
Nous devons tous faire des économies en vue d’aider notre pays à sortir de la crise.
Au ministère des Affaires étrangères, nous serons toujours guidés par le principe de la « représentation de la Grèce avec fierté et dignité, sans exagérations et gaspillage ».
Et, nous faisons preuve de cette attitude au quotidien.
Même les mesures de petite envergure pour économiser des ressources et réduire les gaspillages sont importantes.
Et permettez-moi de signaler ce qui suit :
Si, de cette manière-là, nous pouvons économiser au maximum, nos efforts serons aboutis.
Au-delà des dépenses incompressibles, telles que nos abonnements aux organisations et aux programmes internationaux et les dépenses liées au fonctionnement des quelque 150 autorités de notre pays à l’extérieur, tout autre dépense est d’ores et déjà passée au crible fin.
Nous limitons les déplacements des fonctionnaires ainsi que les services de courrier diplomatique tout en nous limitons à l’essentiel.
Nous accordons une importance particulière aux billets les plus économiques possibles et à la renégociation des contrats avec des hôtels dans tout le monde.
Nous réduisons les frais de fonctionnement dans les domaines des communications, des fournitures, des travaux de réparation et de maintien et dans tout autre domaine où l’on peut réduire les dépenses liées à la location des maisons et des bureaux à l’étranger.
En 2009, en déployant de grands efforts, le ministère des Affaires étrangères a réduit de 40 millions ses dépenses tandis qu’il a contribué dans la réserve de l’Etat à hauteur de 21 milliards d’euros environ, somme provenant des recettes consulaires.
Toutefois, la crise se poursuit.
Tout comme nos efforts pour l’année prochaine.
Nous devons fournir à nos cadres les outils appropriés à travers une formation continue et l’utilisation de nouvelles technologies.
L’Académie diplomatique et le Centre scientifique d’analyse et de planification assumeront de nouveau la mission que nous leur avons confiée.
Le ministère des Affaires étrangères dispose d’excellentes ressources humaines.
Il est de notre devoir de le soutenir, de lui fournir des outils et des connaissances, surtout, nous dirigeants politiques, de lui faire confiance.
La modernisation du ministère des Affaires étrangères et de ses services, la formation continue de ses ressources humaines, des diplomates et d’autres fonctionnaires employés dans les autres secteurs du ministère, sont notre priorité absolue et un engagement personnel.
Il s’agit d’un investissement dans la qualité et l’efficacité de notre service diplomatique.
Un investissement qui apportera bientôt des profits économiques pour le budget de l’Etat.
Pour ce qui est de la technologie, le ministère des Affaires étrangères développe des programmes de communication et de gestion de l’information novateurs dans le but d’économiser de l’argent, d’améliorer la productivité des cadres et fournir des services efficaces au profit du citoyen.
A titre indicatif, le programme N-VIS viendra remplacer le système d’information Schengen, le nouveau système de gestion électronique des documents, le Portail électronique consulaire et la téléphonie par Internet ce qui nous permettra de limiter les dépenses de télécommunications.
Mesdames et Messieurs les députés,
Pour ce qui est des grandes questions relevant de la politique étrangère, nous avons besoin de propos clairs, d’arguments solides et de positions franches.
Notre politique étrangère doit être de nouveau dotée d’une colonne vertébrale.
Ce processus avance au jour le jour.
Au cours de ces deux mois de notre gouvernance, nous avons fait les premiers pas important dans ce sens.
S’agissant de nos relations avec la Turquie :
Des propos clairs et de la confiance.
Nous sommes en faveur du rapprochement, de la coopération.
Nous sommes en faveur de l’amélioration des relations entre les deux pays.
Nous prenons des initiatives à travers des actions.
Nous définissons le cadre approprié et donnons le ton sans nous hâter.
Nous faisons une bonne préparation avant de procéder aux prochains pas.
Des pas qui nous conduiront à des résultats.
Les gestes visant à impressionner ne nous intéressent pas.
Nous continuons de soutenir la pleine adhésion de la Turquie à l’UE.
Non de la Turquie actuelle mais de la Turquie européenne.
Et, ce sans chèques en blanc.
L’adhésion d’une Turquie respectueuse de ses citoyens qui défendra les libertés religieuses et les droits des minorités.
Une Turquie qui écoutera avec attention le chef mondial de l’orthodoxie, le Patriarche œcuménique et qui embrassera le Patriarcat œcuménique.
Je souhaiterais, à ce stade et à l’occasion des derniers événements, exprimer depuis cette tribune – la tribune du Parlement hellénique – le soutien sans faille de la Grèce au Patriarcat œcuménique et au Patriarche œcuménique Bartholomée.
Nous soutenons le parcours d’adhésion de la Turquie qui servira les relations de bon voisinage.
Une Turquie qui cessera de contester notre intégrité territoriale et coopérera en vue de relever les grands défis, comme l'immigration clandestine.
Une Turquie qui ne s’immiscera pas dans nos affaires intérieures.
Une Turquie qui libèrera enfin le processus de résolution de la question chypriote.
Qui retirera son armée d’occupation à Chypre et contribuera activement à l’atteinte d’une solution équitable, durable et fonctionnelle, en vertu des décisions de l’ONU et de l’acquis européen.
La Grèce continuera de soutenir de toutes ses forces les efforts du Président Christofias.
La Grèce se trouve, de nouveau, aux côtés de Chypre et du peuple chypriote, concrètement et non théoriquement.
Nous avons donné le ton avec la visite du Premier ministre à Chypre et la coopération étroite, la parfaite coordination en vue du Conseil de décembre.
La Grèce et Chypre, de nouveau, d’une même voix.
Nous avons réussi à remettre les choses à leur place, et ce, dans des circonstances difficiles.
Nous avons jeté les bases afin de pouvoir franchir les prochaines étapes décisives.
Nous avons mené une lutte diplomatique de concert et avons atteint nos objectifs dans des conditions particulièrement difficiles.
Je ne me réfère pas seulement aux points que nous avons ajoutés dans le texte, mais aux formulations dangereuses que nous avons réussi à retirer, comme la référence aux dits différends bilatéraux qui ne devraient pas, selon la Commission empêcher le parcours d’adhésion [de la Turquie].
Nous avons atteint nos objectifs et maintenant d'autres sont contraints d'apporter des précisions après-coup, des précisions sans aucune importance.
Mesdames et Messieurs les députés,
La Grèce devient de nouveau la force motrice pour la perspective d’adhésion des pays de notre voisinage.
Avec l’ « Agenda 2014 » nous invitons l’Europe à axer de nouveau son attention sur les Balkans et à donner une promesse politique d'intégration européenne aux peuples de la région.
Nous l’invitons à assumer ses responsabilités historiques et à donner une perspective de paix, de développement et de progrès.
Dans notre vision, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine a une place de choix.
Nous voulons un avenir de paix et de coopération avec le peuple voisin.
Un avenir basé sur des relations claires – sur la « ligne nationale rouge ».
Et c’est sur cette « ligne nationale rouge » que nous devons tous nous concentrer.
Cette position commune, ce front commun est un exploit.
Nous ne devons pas y renoncer au nom d’une discussion sur l’avenir des forces politiques conservatrices du pays.
Mesdames et Messieurs les députés,
Ce gouvernement fait confiance à la Grèce.
Nous avons confiance dans la capacité des Grecs à accomplir de grandes et belles choses.
Cela nous confère de l'assurance et la certitude que nous pouvons sortir de la crise.
Nous avons organisé des Jeux Olympiques remarquables.
Nous avons réussi à intégrer notre pays à la zone euro.
Nous avons garanti l’adhésion de la République de Chypre à l’Union européenne.
Nous avons lutté contre la médiocrité et avons réclamé plus de choses pour la Grèce et les Grecs.
Mais toute équipe, l’équipe grecque, aussi apte soit-elle, ne peut avancer, ne peut être créatrice sans leader.
La Grèce avait besoin d’un leader
Elle avait besoin d’une orientation et d'objectifs audacieux.
Elle avait besoin d’une proposition de développement différente.
Et maintenant elle l’a.
Nous recherchons le consensus.
Nous souhaitons avancer avec toutes les forces politiques car la lutte que nous mèneront est pour le bien de notre patrie.
Toutefois, j’aimerais être clair.
Nous ne laisserons aucun opportunisme politique mesquin, aucun intérêt politique obtus, conservateur ou corporatiste entraver la réalisation des espoirs du peuple grec.
Le people grec nous a donné un mandat clair.
Le mandat de tout changer.
Et soyez sûr, nous y parviendrons.
Je vous remercie.