Athènes, le 24 novembre 2010
Seul le prononcé fait foi
Points principaux :
[Sur les deux initiatives grecques portant sur le parcours européen des Balkans occidentaux et de la Turquie:]
· La première proposition concerne les Balkans et l’organisation par la Grèce en 2014 pendant la présidence grecque d’une conférence au sommet UE – Balkans occidentaux, comme ce fut le cas à Thessalonique en 2003. L’objectif est de donner une nouvelle impulsion, dans le cadre de l'initiative «Agenda 2014», à la perspective d’adhésion des Balkans occidentaux.
· Par ailleurs, il a été proposé d'organiser un sommet UE - Turquie à la fin du mois de juin ou en automne afin de discuter ouvertement du processus d'adhésion de la Turquie, de la phase dans laquelle se trouve ce processus, des obstacles rencontrés et de la façon dont nous avancerons.
· Nous pensons qu'il existe à l'heure actuelle une réalité, tant au niveau du processus d'adhésion des Balkans, que de la Turquie, qui n'est dans l'intérêt ni de notre pays, ni de l'intégration européenne – une perspective à long terme – dans notre région. La Grèce a un objectif stratégique, celui de créer une région, une zone de stabilité, de sécurité et de développement et la participation à l’Union européenne des pays voisins est le principal axe de cette politique.
· Un processus de négociation virtuel, un processus d'adhésion virtuel n'est pas dans l'intérêt de la Grèce et entrave la crédibilité de l'Union européenne, mais aussi la perspective du processus d’adhésion. Pour cette raison, nous recherchons des idées nouvelles qui pourront donner une nouvelle impulsion à ce processus.
· Telles ont été les positions développées par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères lorsqu’il a annoncé l’ « Agenda 2014 ». Telle est la politique constante que nous suivons vis-à-vis du processus d'adhésion de la Turquie et je peux tout naturellement vous donner de plus amples détails par la suite, si vous le voulez, en vous parlant de notre proposition visant à organiser une conférence au sommet entre l'Union européenne et la Turquie.
· Dans ce processus, nous devons surmonter les obstacles bureaucratiques et technocratiques qui existent et parler à nouveau sur le plan politique. Nous devons voir comment cette relation évolue car à l’heure actuelle elle est confrontée à certains obstacles.
· Premièrement, le rythme lent des réformes mises en place par la Turquie – le fait que dans ce processus la Turquie n'avance pas de façon décisive dans le processus des réformes.
· Le deuxième obstacle est le scepticisme qui existe quant au résultat final de ce processus. A savoir dans quelle mesure la Turquie peut réellement devenir membre à part entière de l’Union européenne et nous devons parler de manière claire à ce sujet.
· Le troisième obstacle est le refus obstiné de la Turquie de s'acquitter de ses obligations prévues par le Protocole d’Ankara, son obligation de reconnaître la République de Chypre et de normaliser ses relations avec cette dernière.
· Cette rencontre, ce sommet est une réunion ad hoc entre l'UE et la Turquie qui vise à donner une impulsion politique à un processus.
· Cela étant, il y a la relation institutionnelle de l’UE avec la Turquie qui devra être respectée pour qu’elle puisse produire les résultats voulus. La question pour nous est néanmoins de réitérer notre engagement politique, d'affirmer que nous avançons réellement de manière décisive dans l’approfondissement de cette relation.
· Les scénarios noirs ne contribuent guère à la réalisation de nos objectifs et notre parcours a été très positif tout au long de ce processus et nous avons joué un rôle de premier plan. Notre pays a façonné le cadre du processus d’adhésion de la Turquie ainsi que le cadre offrant une perspective européenne aux Balkans occidentaux.
[Sur l’ARYM :]
· M. Milososki ne contribue pas au processus. Son rôle n’est pas constructif. M. Milososki s’attaque à toute occasion à la Grèce d’une manière provocatrice et entrave le processus mené dans le cadre des Nations Unies.
· Je ne peux considérer comme sincères des déclarations de ce genre sur les progrès réalisés dans le cadre du processus mené sous l’égide des Nations Unies, quand il cherche à toute occasion à diffamer la Grèce auprès de l’opinion publique de l’ARYM et en effet de miner les perspectives de cette négociation.
· Pour notre part – et cela doit être très clair et nous l’affirmons à chaque occasion et vous le constatez vous-mêmes par notre refus de répondre à ces déclarations provocatrices de la part de M. Milososki – nous voulons que du progrès soit réalisé. Afin de réaliser des progrès il faut que le climat dans les relations des deux pays soit changé.
· Si M. Milososki essaye de manière systématique à dresser l’opinion publique du pays contre la Grèce, il est évident qu’il n’y aura aucun progrès. Une fin doit être mise à cette attitude et nous devons axer tout notre attention sur le processus, ce dernier étant le processus mené dans le cadre des Nations Unies.
M. D. DELAVEKOURAS : Bonjour. Commençons par le programme. Tout d’abord, vendredi se tiendra à Thessalonique la réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'Organisation de la Coopération économique en Mer Noire. Cette réunion constitue un événement décisif de la présidence grecque de l'Organisation qui a débuté le 1er juin 2010 et lors de cette réunion la Grèce passera le relais à la Roumanie.
Lors de la cérémonie d’ouverture, M. Droutsas, ministre des Affaires étrangères et M. Kouvelis, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères prononceront une allocution tandis qu’à 14h45 des déclarations à la presse sont prévues. Un dîner en l’honneur des participants sera par la suite offert par le ministre des Affaires étrangères.
Le résultat final de la réunion devrait être une déclaration commune de tous les ministres dans laquelle il sera, entre autres, reconnu que la région de la Mer Noire est vulnérable et sensible au changement climatique et que tous les Etats membres s'accordent à consentir des efforts communs en vue de lutter contre ce problème et en mettant l’accent sur des programmes de développement durable et de prévention des catastrophes naturelles et en assurant la promotion de l’innovation et de l’entreprenariat vert.
Cette déclaration sera par la suite déposée par la Grèce, au nom de la CEMN et de ses Etats membres à la Conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Mexico le mois prochain.
En marge de la réunion ministérielle, le SEV a prévu d'organiser un forum d'affaires consacré aux différents aspects du développement vert et de l'entreprenariat auquel participeront de nombreux hommes d'affaires de tous les pays membres de l'Organisation.
Demain, jeudi 25 novembre, le ministre des Affaires étrangères effectuera une visite de travail à Budapest où il s’entretiendra entre autres avec le ministre des Affaires étrangères de la Hongrie en vue de la présidence imminente hongroise de l’Union européenne.
Cette rencontre sera suivie de déclarations à la presse et par la suite les deux ministres assisteront à un déjeuner de travail. Les entretiens devraient porter sur les dernières propositions présentées par le ministre des Affaires étrangères à Bruxelles.
A noter que le 29 novembre, Mme Xenogiannakopoulou, ministre adjointe des Affaires étrangères visitera la Hongrie suite à l'invitation de la Secrétaire d’Etat aux affaires européennes afin de poursuivre les contacts en vue de la présidence hongroise.
Le 30 novembre, le ministre se rendra à Astana, Kazakhstan en vue de participer à la rencontre de la Troïka de l’OSCE qui devrait avoir lieu en vue du Sommet d’Astana, les 1 et 2 décembre. Le Premier ministre grec représentera notre pays.
Pour ce qui est du programme de Mme Xenogiannakopoulou. Outre sa visite en Hongrie, j'aimerais souligner que le mardi 30 novembre à 11h00 elle prononcera une allocution à la conférence organisée par la représentation de la Commission européenne en Grèce et le Bureau du Parlement européen sur le thème « opportunités pour le renforcement de la sécurité, de la stabilité et du développement par le biais de l'élargissement de l'Union européenne dans la région de l'Europe du Sud-est ».
En ce qui concerne le programme de M. Kouvelis. Aujourd’hui à 14h30, il aura une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et le Directeur exécutif du Programme pour l’environnement, M. Steiner, en visite en Grèce. A 18h00, le Secrétaire d'Etat prononcera une allocution à la conférence annuelle du Centre international des Etudes de la Mer Noire (DIKEMEP) au «King George Palace». Le principal intervenant sera le Secrétaire général adjoint et le titre du discours « Vers une économie verte – Opportunités pour la région élargie de la Mer Noire ».
Lundi 29 et mardi 30 novembre, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères accompagnera le Premier ministre grec à Tripoli, Libye en vue de participer au sommet UE - Afrique, tandis que M. Kouvelis prolongera son séjour d'un jour pour avoir des contacts bilatéraux.
Le Secrétaire général du ministère, M. Zepos rencontrera, le 26 novembre, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères de l’Albanie dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays. Enfin, j'aimerais vous informer que dans le cadre de l'évaluation périodique universelle de tous les Etats membres des Nations unies par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, la Grèce doit soumettre un rapport qui fera l'objet d'un examen lors de la 11e réunion du groupe de travail de l’évaluation périodique universelle du Conseil qui aura lieu à Genève, entre le 2 et le 13 mai 2011. En vue de la préparation dudit rapport, les représentants de la société civile sont invités au ministère des Affaires étrangères le 2 décembre 2010 à 11h00. Les inscriptions ont lieu soit par téléphone, au 210.3682102 ou par e-mail à l’adresse : d04@mfa.gr.
Je suis maintenant à votre disposition pour la séance de questions. Merci.
Mme Κ. FRYSSA : Je voulais le commentaire du ministère des Affaires étrangères sur le communiqué fait aujourd’hui par le vice-président de la Nouvelle Démocratie concernant l'initiative du ministère des Affaires étrangères consistant à convoquer un sommet UE - Turquie.
M. G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, le ministre des Affaires étrangères ne manque pas une occasion de participer à des séances de la Commission Affaires étrangères et Défense du Parlement grec en vue discuter de questions relevant de la politique étrangère et c'est ce qu'il a l'intention de faire cette fois aussi.
A noter qu’il s’agit en fait de deux propositions qui ont été faites pour notre région. La première concerne les Balkans et l’organisation par la Grèce en 2014 pendant la présidence grecque d’une conférence au sommet UE – Balkans occidentaux, comme ce fut le cas à Thessalonique en 2003. L’objectif est de donner une nouvelle impulsion, dans le cadre de l'initiative «Agenda 2014», à la perspective d’adhésion des Balkans occidentaux.
Par ailleurs, il a été proposé d'organiser un sommet UE - Turquie à la fin du mois de juin ou en automne afin de discuter ouvertement du processus d'adhésion de la Turquie, de la phase dans laquelle se trouve ce processus, des obstacles rencontrés et de la façon dont nous avancerons.
Tel est le contexte et bien entendu une communication d’information y relative sera faite au parlement hellénique.
Mme Κ. FRYSSA : La Nouvelle Démocratie a émis des critiques au sujet de la convocation d'un tel sommet.
M. G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, je n’entrerais pas dans un discours politique entre partis. Ce que je peux vous dire c'est qu'il s'agit d'une proposition qui en fait soulève les questions de manière ouverte et souligne la nécessité de discuter honnêtement de toutes ces questions. Nous pensons qu'il existe à l'heure actuelle une réalité, tant au niveau du processus d'adhésion des Balkans, que de la Turquie, qui n'est dans l'intérêt ni de notre pays, ni de l'intégration européenne – une perspective à long terme – dans notre région. La Grèce a un objectif stratégique, celui de créer une région, une zone de stabilité, de sécurité et de développement et la participation à l’Union européenne des pays voisins est le principal axe de cette politique.
Un processus de négociation virtuel, un processus d'adhésion virtuel n'est pas dans l'intérêt de la Grèce et entrave la crédibilité de l'Union européenne, mais aussi la perspective du processus d’adhésion. Pour cette raison, nous recherchons des idées nouvelles qui pourront donner une nouvelle impulsion à ce processus.
Telles ont été les positions développées par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères lorsqu’il a annoncé l’ « Agenda 2014 ». Telle est la politique constante que nous suivons vis-à-vis du processus d'adhésion de la Turquie et je peux tout naturellement vous donner de plus amples détails par la suite, si vous le voulez, en vous parlant de notre proposition visant à organiser une conférence au sommet entre l'Union européenne et la Turquie.
Il faut toutefois garder en tête que lors de ce processus nous devons surmonter les obstacles bureaucratiques et technocratiques qui existent et parler à nouveau sur le plan politique. Nous devons voir comment cette relation évolue car à l’heure actuelle elle est confrontée à certains obstacles. Premièrement, le rythme lent des réformes mises en place par la Turquie – le fait que dans ce processus la Turquie n'avance pas de façon décisive dans le processus des réformes. Le deuxième obstacle est le scepticisme qui existe quant au résultat final de ce processus. A savoir dans quelle mesure la Turquie peut réellement devenir membre à part entière de l’Union européenne et nous devons parler de manière claire à ce sujet.
Le troisième obstacle est le refus obstiné de la Turquie de s'acquitter de ses obligations prévues par le Protocole d’Ankara, son obligation de reconnaître la République de Chypre et de normaliser ses relations avec cette dernière. Dans ce contexte, il est clair qu’il ne peut y avoir perspective. Le processus d’adhésion ne peut continuer à ce rythme. Nous voulons qu'il soit réel et substantiel. C’est ce que j’avais à dire brièvement, mais nous pourrons en reparler par la suite si vous le voulez.
MME Α. PELONI : Sur le même sujet, je voulais savoir si vous avez demandé des avis de vos partenaires européens, si vous les avez consultés pour voir ce qu’ils pensent de cette proposition et si l’on admet que cette proposition est adoptée qu'est ce qui vous fait penser que cette fois la Turquie ne fera pas les choses comme il se doit, puisque depuis 1999 jusqu'à aujourd’hui elle a procédé à certaines réformes mais pour les questions plus sensibles elle n'a montré aucune volonté.
M. G. DELAVEKOURAS : J’aimerais vous dire que dès demain le ministre des Affaires étrangères sera à Budapest et la ministre adjointe le rejoindra par la suite afin justement que soient abordées ces propositions, ces pensées de la partie grecque afin de soutenir l'effort de la Commission européenne dans le processus d'élargissement et l'œuvre de la présidence.
Par la suite, nous aurons naturellement des contacts avec la présidence polonaise qui fera suite à la présidence hongroise et avec tous nos partenaires afin de voir comment ces idées vont évoluer, tant pour ce qui est des Balkans, à l'horizon 2014, que de la Turquie, à l'horizon juin ou en automne.
Concernant la deuxième partie de votre question, à savoir sommes-nous sûrs que la Turquie s’acquittera de ses obligations, la réponse est : nous ne le savons pas. Nous ne pouvons savoir dans quelle mesure la Turquie s'acquittera de ses obligations et s'investira honnêtement dans ce processus.
Nous voulons toutefois créer les conditions nécessaires pour engager un dialogue clair et raviver ce processus pour qu'il puisse être doté d’un contenu politique et d'objectifs clairs qui prévoiront la réalisation d’engagements précis.
Nous estimons que ce processus a perdu de sa dynamique et cela – comme je vous l’ai dit tout à l’heure – est dû à plusieurs facteurs. Il y a deux alternatives. La première est de continuer sur la voie actuelle. Or cette voie ne profite ni au processus, ni ne semble pouvoir apporter les changements importants qui sont nécessaires. Les changements en Turquie tout d’abord, les réformes en Turquie, son évolution afin qu’elle puisse répondre aux normes communautaires et dans le même temps les grands changements dans l’attitude de la Turquie vis-à-vis du monde. Et j'entends par là l'occupation d'une partie de la République de Chypre par l’armée turque qui se poursuit. Telle est la non satisfaction des obligations de la Turquie, telle est la non conformité de celle-ci aux critères de bon voisinage.
Tout cela devra être mis sur le tapis. Nous pensons qu'un dialogue franc et honnête lors d'un sommet UE - Turquie permettra à tous les dirigeants de donner leur avis, d’exprimer leur politique et de réitérer leur engagement en faveur de la pleine adhésion de la Turquie à l’Union européenne et de faire le grand pas en avant qui est aujourd’hui nécessaire.
Sinon, je le répète, il y a toujours la voie de l’inertie, mais comme la Grèce a ce rôle particulier dans la région et dans le processus des élargissements, nous voulons surmonter cette situation, faire ce grand pas en avant. Pour cette raison, nous créons un nouveau contexte, sur lequel nous pouvons travailler, sans ignorer et en respectant pleinement le cadre institutionnel pour les relations aussi bien des Balkans avec l'Union européenne, que de la Turquie avec l'Union européenne, contexte qui doit être respecté et nous mener aux résultats voulus. Mais là nous parlons de conditions politiques.
M. A. ATHANASSOPOULOS : Sur le même sujet, j’imagine que lorsque mon confrère vous demandait si vous vous étiez mis d’accord avec tous les partenaires, il ne voulait pas seulement parler des présidences, mais principalement des deux grands pays qui ont leur mot à dire dans les élargissements, à savoir la France et l’Allemagne. Votre commentaire à ce sujet. Deuxièmement, n’y a-t-il pas déjà une feuille de route que la Turquie suit ? Est-ce que cette feuille de route sera ignorée, y aura-t-il une autre feuille de route, c’est là l’objectif ? Car le ministre parlait également de feuille de route.
Troisième question, l’existence d’un sommet UE – Turquie ne rehausse pas la Turquie au niveau de l’Union européenne ? Cela n’ouvre-t-il pas la voie à une discussion sur une relation spéciale ? Quatrième question, si ce processus avance, avez-vous l’intention d’y lier les différends gréco-turcs en Egée ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : Comme je vous l’ai dit, nous coopérerons et nous élaborerons cette proposition avec tous nos partenaires. Ainsi nous nous accorderons avec la prochaine présidence hongroise et il y aura des contacts avec tous nos partenaires. Il s’agit d’une proposition positive, de « diplomatie agressive » et naturellement nous voulons coopérer avec tout le monde afin que cette proposition produise des résultats.
M. A. ATHANASSOPOULOS : (hors micro, question concernant la France et l’Allemagne, si une entente a été faite…)
M. G. DELAVEKOURAS : Non pas pour le moment, c'est ce que je vous dis, nous commençons avec la présidence hongroise. Concernant la deuxième question, sur la feuille de route, oui il y a un processus et nous le respectons pleinement. Cette rencontre, ce sommet est une réunion ad hoc entre l'UE et la Turquie qui vise à donner une impulsion politique à un processus.
Cela étant, il y a la relation institutionnelle de l’UE avec la Turquie qui devra être respectée pour qu’elle puisse produire les résultats voulus. La question pour nous est néanmoins de réitérer notre engagement politique, d'affirmer que nous avançons réellement de manière décisive dans l’approfondissement de cette relation.
Quant à la question de savoir si la Turquie acquiert un poids spécial plus important en raison de sa participation à une telle rencontre, je répondrais en aucun cas non. Et je ne vois pas d'objections similaires par exemple concernant le sommet UE - Balkans occidentaux.
Ici nous parlons d’un pays candidat et nous voulons discuter de son processus d’adhésion. La relation de l’Union européenne avec la Turquie est strictement déterminée par la demande de ce pays de devenir membre de plein droit de l’Union européenne.
Telle est la relation de l’Union européenne avec la Turquie, donc en aucun cas nous ne pouvons parler de changement, qu’il soit hypothétique ou théorique, pour ce qui est du poids spécial ou de la relation de la Turquie avec l’Union européenne. Mais ce que nous voulons, c'est donner une impulsion politique à ce processus.
La Turquie est un pays candidat, pays candidat signifie aussi droits et obligations, réformes concrètes. L’Union européenne et la Grèce ont tout intérêt à ce que ces réformes soient accomplies.
Enfin, en ce qui concerne la question des relations gréco-turques, comme vous le savez le cadre institutionnel et le processus d'adhésion de la Turquie prévoient certains engagements de la part de la Turquie, pour ce qui est des relations de bon voisinage, le respect des minorités et des libertés religieuses, ses obligations vis-à-vis de la République de Chypre.
Ce sont des éléments du processus d’adhésion de la Turquie et de sa relation avec l’Union européenne, donc manifestement elles sont comprises.
M. G. PANTAZOPOULOS : J'aimerais savoir si la co-exploitation de l'Egée, pour laquelle des discussions ont été engagées, fait partie de ses obligations ? M. Markezinis a déclaré qu’une sorte d’accord sera conclu avant Noël. En sait-il plus à ce sujet ? Soit il est question de recourir à la Cour de la Haye, soit il est question de co-exploitation en Mer Egée. Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : Permettez-moi de ne pas commenter les déclarations de M. Markezinis. Toutefois j’aimerais dire que les déclarations sortant de temps à autres de la bouche de personnalités turques, comme celles de M. Bagis sont probablement dites pour des raisons de communication car par définition il est clair qu’elles sont infondées tant que le plateau continental entre les deux pays n’est pas délimité.
C’est exactement la raison pour laquelle l’accent devra être mis sur le renforcement et la promotion de ce processus, le processus des contacts exploratoires, afin de parvenir à la délimitation du plateau continental. Tel est l'objet et sans cela il ne peut y avoir d'autres discussions.
MME C. BOITARD: Compte tenu entre autres de l’attitude de la France, comment pouvez dire d’avance qu’un dialogue clair et franc conduirait à la réaffirmation de la perspective de pleine adhésion de la Turquie ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non, je ne peux pas le dire à l’avance. Ce que nous disons c'est que c'est l'objectif que nous voulons atteindre, que c'est en réalité la teneur du processus. Si nous ne pouvons y arriver, alors l'autre alternative est le conflit, comme l’a dit le ministre dans son discours.
Mais en ce moment, cela est une réalité. Autrement dit, si jusqu’en juin la Turquie ne s’est pas acquittée de ses obligations vis-à-vis de l’Union européenne et de ses Etats membres concernant l’application du protocole d’Ankara, la normalisation de ses relations avec la République de Chypre, alors le processus sera gelé de par la force des choses.
Ce que nous devons donc faire, profitant de la dynamique qui sera créée par un nouveau gouvernement élu en Turquie et par la réalité du processus d’adhésion à l’heure actuelle, les dirigeants de l’UE et de la Turquie s’assoiront à la table des négociations et discuteront précisément de la direction dans laquelle doit aller cette relation.
Cela ne fait pas de sens de continuer un processus lors duquel une semaine avant la fin de chaque présidence nous essayons au dernier moment d'ouvrir un chapitre. La Turquie doit faire ces réformes, ce qui veut dire qu'elle doit de nouveau s'engager dans ce processus et dans sa volonté de devenir membre de l'Union européenne.
De son côté, l’Union européenne doit faire clairement comprendre à la Turquie que lorsqu'elle aura accompli ces réformes, la voie vers la pleine adhésion à l'UE sera ouverte. Autrement, si nous fermons préalablement cette porte, elle ne sera pas motivée pour accomplir les réformes.
Nous reconnaissons naturellement également que chaque Etat dans ce processus, chaque Etat membre de l'Union européenne, mais aussi la Turquie elle-même devront à un moment donné prendre cette décision, se positionner, soit par référendum, soit par voie de ratification à un parlement.
A ce moment là, vous jugerez non pas la Turquie actuelle, mais une Turquie qui aura achevé le processus d’adhésion, une Turquie qui aura accompli toutes les réformes dont nous parlons et qui sera une Turquie européenne et non pas la Turquie dont nous parlons aujourd’hui.
MME C. BOITARD: Oui, mais est-ce que la partie grecque examine l'éventualité non pas d’une pleine adhésion mais d’une relation spéciale, autrement dit est-ce que la proposition portant sur l’organisation d’un sommet est valable si cette position n’est pas réaffirmée ?
M. G. DELAVEKOURAS : Nous estimons en fait que la question de la relation spéciale n’existe pas à partir du moment où nous avons des engagements explicites de l'UE dans un processus d'adhésion prévoyant la pleine adhésion et notre objectif est que cela soit réaffirmé.
Cela étant, une relation spéciale ne répond ni aux espérances de l’Union européenne ni à celles de la Turquie, car en fait elle supprime la perspective de l’intégration que nous nous sommes engagés à réaliser.
M. S. BERBERAKIS : Concernant cette question, est-ce qu'il a été décidé de geler les relations de l'UE avec la Turquie si cette dernière ne s'acquitte pas de ses obligations d'ici juin ou bien est-ce une proposition de M. Droutsas?
M. G. DELAVEKOURAS : Ce n’est pas une proposition, c’est la réalité qui est décrite. A l'heure actuelle, le fait est que la moitié quasiment des chapitres de négociation sont gelés et l'autre moitié des chapitres ont été ouverts, à trois exceptions près.
Cela montre bien où nous allons. Nous allons vers une situation où l’on ne pourra pas ouvrir d’autres chapitres, donc le processus d’adhésion aura été gelé et nous ne voulons pas que cela se produise, c’est la raison pour laquelle nous disons que nous devons parler clairement et que la Turquie doit s’acquitter de ses obligations.
Dans le même temps elle doit avoir une perspective bien claire de pleine adhésion à l’UE. Tout cela est lié.
M. S. BERBERAKIS : C'est donc une question de procédure, autrement dit les chapitres seront de toutes façons gelés si elle ne s'acquitte pas de ses obligations?
M. G. DELAVEKOURAS : Comme je vous l’ai dit, c’est une réalité.
MME A. VOUDOURI : Comme vous l'avez dit, les déclarations récentes de M. Bagis ont été faites pour des raisons de communication. Est-ce pour les mêmes raisons qu’ont été faites les déclarations ambigües du ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutoglu et du Premier ministre Erdogan sur le progrès des contacts exploratoires et leur thématique ?
M. G. DELAVEKOURAS : La thématique des contacts exploratoires est connue de tous.
Actuellement nous ne pouvons pas affirmer qu’il y ait du progrès mais nous continuons les consultations dans le cadre des contacts exploratoires en vue de réaliser des progrès.
Cela dit, l’objet des négociations et l’objectif que nous nous sommes fixés est la délimitation du plateau continental entre les deux pays.
M. ATHANASSOPOULOS : Revenons sur la question du gel, monsieur le porte-parole. Vous avez dit que le processus serait de fait gelé et que la Turquie n’a pas entrepris les actions qu’elle devait entreprendre. Qu’allez-vous faire ?
M. G. DELAVEKOURAS : Mais, je vous l’ai dit tout à l’heure, il n’y aura pas de processus d’adhésion puisque celui-ci sera gelé. Nous ne sommes pas en faveur du gel du processus d’adhésion.
M. ATHANASSOPOULOS : (hors micro) … admettons que la réunion au sommet n’ait pas lieu et que le processus soit gelé en juin, qu’allez-vous faire ?
M. G. DELAVEKOURAS : Avec votre question vous préjugez que la réunion au sommet aura lieu et qu’elle ne conduira à aucun résultat et qu’après cette réunion nous chercherons à voir quelles seront les futures actions à entreprendre.
Je n’ai pas l’intention de m’engager dans une discussion de ce genre car nous avons actuellement une position positive d’après laquelle face à l’impasse qui s’annonce, face à un processus qui avance comme une tortue et vu qu’en juin en Turquie des élections seront tenues, nous proposons l’organisation d’une réunion au sommet qui pourrait donner un élan politique et un second souffle à ce processus.
Telle est notre proposition.
M. ATHANASSOPOULOS : Si en juin aucun progrès n’est réalisé et il n’y a aucun accord, en raison du rejet de notre proposition par la France et l’Allemagne, qu’envisagez-vous de faire si le processus demeure gelé ? Est-ce que vous laisserez ce processus traîner, allez-vous dire que la Turquie n'a pas appliqué le protocole et que ce processus doit se terminer et que son effort visant à adhérer à l’Union européenne est plutôt « comique ». Qu’allez-vous faire, c’est ce que je vous demande.
M. G. DELAVEKOURAS : Je ne voudrais pas porter aucun jugement prématuré.
Nous devons trouver un processus qui pourrait donner un élan et nous fournir un cadre qui définira les pas précis que la Turquie doit entreprendre, ses obligations et les réformes qu’elle devra mettre en place ainsi que les actions que l’Union européenne devra entreprendre en vue d’ouvrir la voie vers sa pleine adhésion à l’Union européenne ce qui est notre objectif.
M. FOURLIS : Monsieur le porte-parole, d’après mes informations, l’Union européenne n’a levé aucun obstacle à l’adhésion de la Turquie, la voie est grande ouverte, sauf si vous ne le voyez pas.
Bruxelles a même fait des propositions ces deux dernières semaines à la Turquie, des propositions bien précises. L’une de ces propositions, et la plus importante, a été un appel fait à la Turquie afin que cette dernière commence à se conformer à son obligation d’appliquer le protocole d’Ankara afin que le processus d’adhésion soit débloqué, le processus étant bloqué en raison de sa faute.
Vous faites une autre proposition mais avez-vous une proposition précise ou vous proposez en général l’organisation d’une réunion au sommet ? Si vous avez une proposition, pourquoi ne nous la présentez-vous pas ? Sauf si vous proposez que la Turquie n’applique pas le protocole d’Ankara et qu’un élan soit donné au processus en dépit de cela.
M. G. DELAVEKOURAS : J’ai aujourd’hui dit à plusieurs reprises que la Turquie était invitée à appliquer le Protocole d’Ankara et à s’acquitter de ses obligations.
Notre proposition est, je la répète, l’organisation d’une réunion au sommet ad hoc entre l’UE et la Turquie lors de laquelle nous aurons l’occasion de parler ouvertement et de regarder la réalité en face.
M. FOURLIS : Et, vous allez tous vous asseoir autour de la table lors du sommet. Que proposera le Premier ministre grec ? Pourriez-vous nous dire ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vais vous le dire certainement. Il proposera la mise en place, comme je vous l’ai tout à l’heure dit, d’un nouveau processus à l’exemple de celui d’Helsinki, un nouveau calendrier qui comportera des obligations précises, des engagements précis et des délais précis pour toutes les étapes du processus d’adhésion de la Turquie.
Il donnera un nouvel élan en laissant une porte ouverte à la pleine adhésion de la Turquie à l’UE. Il n’est pas question de prolonger le processus. Telle est la réalité. Et selon la réalité actuelle, il n’y a pas d’autres chapitres à ouvrir. Tant que la Turquie ne s’acquitte pas de ses obligations, les chapitres du processus d’adhésion demeurent gelés et cela signifie qu’il n’existe pas de processus d’adhésion.
Et, nous disons que cela n’est ni dans l’intérêt de l’Union européenne ni de la Grèce. Nous sommes en faveur d’un réel processus d’adhésion et non pas d’un processus d’adhésion virtuel.
M. FOURLIS : Prenons votre scénario et assumons que la réunion au sommet ait lieu et que la Turquie ne se conforme pas à ses obligations, que ferez-vous ? Allez-vous bloquer le processus ? Ma question est bien précise et vous éviter d’y répondre. Je vais répéter ma question pour vous facilitez la tâche : assumons qu’en juin, le processus après les élections turques, demeure gelé. La Turquie n’a réalisé aucun progrès. En dépit de cela, votre proposition relative à l’organisation d’une réunion au sommet est acceptée et le sommet a lieu. Et la Turquie demeure campée sur ses positions, quelle sera votre position ?
M. G. DELAVEKOURAS : Oui, j’ai compris. Je répète qu’il n’y aura pas de processus car celui-ci sera gelé. Il n’y aura plus de chapitres à ouvrir.
M. FOURLIS : Mais le processus sera gelé.
M. G. DELAVEKOURAS : Oui.
M. FOURLIS : Un processus gelé est une chose et un processus qui n’existe pas en est une autre.
M. G. DELAVEKOURAS : Non, le processus sera gelé.
M. FOURLIS : Par conséquent, vous ne ferez rien pour le dégeler.
M. G. DELAVEKOURAS : Nous sommes contre une telle éventualité.
M. FOURLIS : En tout état de cause, la Grèce pourrait-elle éventuellement proposer l’arrêt définitif ou la suspension du processus d’adhésion ? Cela est-il valable ? Vous savez que d’autres pays européens envisagent sérieusement cette éventualité.
M. G. DELAVEKOURAS : Cela n’est pas valable mais, quoi qu’il en soit, je n’ai pas l’intention de décliner la position de la France
M. FOURLIS : Cela est valable d’après mes informations. Vous dites que les autres pays n’ont pas formulé de propositions de ce genre ? Quoi qu’il en soit, je ne vous demande pas de nous dire ce que font les autres pays. Je vous demande si l’on peut exclure l’éventualité, même en cas de gel du processus d’adhésion comme vous le dites, que la Grèce propose son arrêt définitif ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous répondrai de nouveau que ce processus sera gelé par la force des choses car il n’y aura plus de chapitres à ouvrir. Pourquoi est-il nécessaire d’engager une discussion aussi longue d’une manière négative sur une proposition positive visant à activer et à raviver le processus d’adhésion de la Turquie avec l’Union européenne. Je ne le comprends pas.
Outre cela, je vous décris la réalité et selon cette réalité, il est nécessaire d’entreprendre une initiative susceptible de donner un élan politique au processus. Tel est notre objectif. Nous voulons que ce processus soit substantiel.
M. FOURLIS : Mais, hormis le bon scénario, il existe aussi le scénario noir, c’est la vie. Que ferons-nous ?
M. G. DELAVEKOURAS : Bien évidemment mais les scénarios noirs ne contribuent guère à la réalisation de nos objectifs et notre parcours a été très positif tout au long de ce processus et nous avons joué un rôle de premier plan. Notre pays a façonné le cadre du processus d’adhésion de la Turquie ainsi que le cadre offrant une perspective européenne aux Balkans occidentaux.
Si nous avions choisi une autre approche, rien de cela ne serait réalisé. C’est pourquoi nous continuons de faire preuve de cette attitude, à savoir entreprendre des initiatives positives et formuler des propositions positives.
M. FOURLIS : (hors micro) Vous avez donc formulé certaines propositions. Nous vous demandons ce que vous ferez dans l’un ou l’autre cas. Vous nous dites ce que vous ferez mais vous ne nous présentez pas votre raisonnement.
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous dis que les progrès sont réalisés à travers des propositions positives et non pas à travers des scénarios noirs. C’est ce que je vous dis.
M. GOGAS : Avez-vous considéré l’éventualité d’un nouveau partenariat – appelons-le ainsi – qui ne comportera pas…
M. G. DELAVEKOURAS : Ne l’appelez pas ainsi.
M. GOGAS : Appelez-le comme vous voulez. Alors, avez-vous considéré l’éventualité que ce nouveau partenariat ne comporte pas les obligations de la Turquie qui ont été jusqu’à présent définies par les textes communautaires ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non.
M. GOGAS : Vous êtes catégorique à cet égard.
M. G. DELAVEKOURAS : Oui.
M. GOGAS : Puisque la Turquie doit actuellement surmonter l’obstacle de la reconnaissance de la République de Chypre, l’application du Protocole d’Ankara.
M. G. DELAVEKOURAS : Cela ne devrait pas être un obstacle.
M. GOGAS : Oui, mais la Turquie considère cela comme un obstacle. Pourquoi le gouvernement grec allonge-t-il en effet le délai d’application de cette obligation ? Car si votre proposition est concrétisée, le délai de juin sera reporté au mois de septembre, après en juin prochain et par la suite à une date quelle qu’elle soit. Avez-vous considéré cette éventualité ?
Et une deuxième question pour finir : après la réunion du Conseil sur la politique étrangère, vous aviez annoncé la création d’un comité spécial constitué d’universitaires, d’ambassadeurs lesquels examineraient le nouveau concept stratégique pour la politique étrangère. Pourriez-vous nous donner plus d’informations sur ce comité ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je commencerai par votre deuxième question. Le premier projet sur lequel sera axé ce débat avec tous les organismes participant au façonnement du concept pour la politique étrangère sera élaboré par le ministère des Affaires étrangères. Ce projet servira de base et par la suite aura lieu la deuxième étape à laquelle vous vous êtes référés.
Pour ce qui est de votre première question, l’état des choses est connu de tous. Actuellement, le processus d’adhésion de la Turquie ne manifeste aucune dynamique. Il n’y a même plus de chapitres à ouvrir. Telle est la réalité.
Nous voulons créer une dynamique en vue de surmonter ces obstacles. Tel est notre objectif et nous voulons parvenir à un engagement politique. Vous parlez d’une prolongation du délai. Il n’est pas question d’allonger le délai car il n’existe pas de délai, celui-ci étant gelé.
M. GOGAS : A savoir, qu’est-ce qui est plus important pour vous la reconnaissance de la République de Chypre ou le parcours d’adhésion de la Turquie ? Est-ce que le ministère grec des Affaires étrangères considère qu’il est plus important de donner un second souffle au processus d’adhésion de la Turquie au lieu de reconnaître la République de Chypre ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non, il ne s’agit pas d’un dilemme, le dilemme n’est pas réel car ce que vous dites est de choisir entre une situation d’impasse et une situation sans impasse. Pour ne pas que nous nous trouvions dans une impasse, la Turquie devra honorer ses obligations vis-à-vis de la République de Chypre. Par conséquent, dès lors qu’il y aura un processus d’adhésion, cela signifiera que la Turquie a rempli ses obligations vis-à-vis de la République de Chypre.
M. ATHANASSOPOULOS : Est-ce qu’il y a une entente avec Nicosie concernant cette proposition – première question. Deuxième question : fixerez-vous une date butoir pour le règlement des différends gréco-turcs après cette réunion au sommet afin de raviver le processus ? Y aura-t-il une date limite ? Vous vous souvenez du processus d’Helsinki. Ce dernier n’existe plus. Donc, les obligations ne sont pas décrites de la même façon.
M. G. DELAVEKOURAS : Nous voulons fixer des calendriers et des dates butoirs pour toutes les questions et éventuellement pour les relations relatives aux relations de bon voisinage. Toutefois, je ne peux pas dès aujourd’hui vous dire quelle sera la forme de cette déclaration politique qui serait le fruit d’une réunion au sommet UE – Turquie.
Mais justement, nous voulons fixer des calendriers et des dates butoirs bien précis selon lesquels la Turquie devra remplir ses obligations alors qu’elle avancera sur son parcours d’adhésion, un parcours orienté vers sa pleine adhésion à l’Union européenne.
Pour ce qui est de la première question, il y a eu un contact entre le ministre des Affaires étrangères et le ministre chypriote des Affaires étrangères et je pense que cette question a été abordée de manière d’ailleurs non détaillée hier lors de la rencontre entre le Premier ministre et le Président Christofias.
Et, bien entendu, nous poursuivrons notre coopération avec la République de Chypre en vue de doter ce processus d’un contenu bien précis en vue de la réunion au sommet en juin ou en automne.
M. ATHANASSOPOULOS : (question hors micro sur la position de la République de Chypre).
M. G. DELAVEKOURAS : Le porte-parole adjoint du gouvernement a d’ores et déjà pris position sur cette question et nous poursuivrons nos contacts.
Mme S. RISTOVSKA: Pour ce qui est de la question du nom. Il y a quelques jours le ministre des Affaires étrangères, M. Milososki a affirmé qu’il serait bon d’organiser une nouvelle rencontre avec M. Nimetz. Qu’y a-t-il de nouveau ? Le moment est-il venu pour parvenir à une solution ? Car M. Nimetz il y a deux ou trois mois à New York avait affirmé que le moment n’était pas opportun pour élaborer une nouvelle proposition. Pensez-vous que la situation a changé après le sommet de l’OTAN ? Première question. Et deuxième question : des articles ont paru dans la presse dans lesquels on parle des obstacles délibérément levés par la Grèce, afin que Skopje abandonne la négociation sur le nom.
M. G. DELAVEKOURAS : Je pense pouvoir à travers ma réponse vous fournir toutes les informations dont vous avez besoin. M. Milososki ne contribue pas au processus. Son rôle n’est pas constructif. M. Milososki s’attaque à toute occasion à la Grèce d’une manière provocatrice et entrave le processus mené dans le cadre des Nations Unies.
Je ne peux considérer comme sincères des déclarations de ce genre sur les progrès réalisés dans le cadre du processus mené sous l’égide des Nations Unies, quand il cherche à toute occasion à diffamer la Grèce auprès de l’opinion publique de l’ARYM et en effet à miner les perspectives de cette négociation.
Pour notre part – et cela doit être très clair et nous l’affirmons à chaque occasion et vous le constatez vous-mêmes par notre refus de répondre à ces déclarations provocatrices de la part de M. Milososki – nous voulons que du progrès soit réalisé. Afin de réaliser des progrès il faut que le climat dans les relations des deux pays change.
Si M. Milososki essaye de manière systématique de dresser l’opinion publique du pays contre la Grèce, il est évident qu’il n’y aura aucun progrès. Une fin doit être mise à cette attitude et nous devons axer tout notre attention sur le processus, ce dernier étant le processus mené dans le cadre des Nations Unies.
Tel est l’objectif que nous voulons atteindre et nous voulons, si cela serait possible, que votre pays entame dès demain les négociations avec l’Union européenne et devienne membre de l’OTAN. Tel est notre souhait car cet objectif s’inscrit dans le cadre de notre stratégie en faveur de l’instauration de la sécurité et de la stabilité dans notre région et parce que nous sommes des voisins et finalement nous vivrons ensemble.
Nous serons des partenaires et des alliés et c’est pourquoi nous devons le plus tôt possible parvenir à une solution à cette question.
Toutefois, la condition à tout cela est d’établir au minimum une bonne relation, de faire cesser ces provocations et participer au processus de manière constructive.
M. FOURLIS : Est-ce que des progrès ont été réalisés pour ce qui est de la question des eaux territoriales et du plateau continental, puisque cette discussion a été lancée, heureusement ou malheureusement, ces derniers jours et le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères de la Turquie ont pris position sur cette question ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je pense que cette discussion est inopportune, le processus se poursuit et aura lieu une nouvelle rencontre après les contacts exploratoires. Mais en ce moment nous n’avons rien à annoncer. Nous continuons d’œuvrer en faveur de la délimitation du plateau continental qui fait l’objet de toutes ces discussions.
Tel est l’objectif que nous voulons atteindre. Toute notre attention est axée sur cet objectif. Les deux gouvernements ont fait preuve de leur engagement politique à l’égard de ce processus. Cela dit, nous n’avons encore rien à annoncer. Nous poursuivrons nos efforts et je vous assure qu’aussitôt qu’il y aura une évolution, vous en serez informés.
M. FOURLIS : Nous savons que ces contacts sont confidentiels du point de vue de la procédure suivie mais s’agissant de la méthodologie, pourriez-vous nous dire si vous avez abouti à la conclusion que la question de la délimitation du plateau continental passe par la question des eaux territoriales ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous ai déjà dit que depuis cette tribune je ne ferais aucune déclaration sur le contenu des contacts exploratoires. Ceux-ci sont régis par les règles de confidentialité et nous devons tous les respecter.
Y a-t-il d’autres questions? Merci.