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Athènes, le 25 février 2010


M. G. DELAVEKOURAS :
Bonjour. Je voudrais commencer par le programme du ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas.

Comme vous le savez, le ministre adjoint a eu aujourd’hui une rencontre avec le conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies, M. Downer – nous parlerons par la suite de cette rencontre – et en ce moment il participe à la rencontre du Premier ministre avec le Président de l’Autorité palestinienne, M. Abbas tandis que par la suite il assistera à un déjeuner offert par le Président de la République en l’honneur du Président de l’Autorité palestinienne à 13h30.

Demain, à 9h30, M. Droutsas prononcera un discours d’ouverture lors d’une conférence organisée par le Centre des recherches sur la politique progressive sur le thème : « La Grèce et la Turquie au 21e siècle » qui se tiendra à l’hôtel « Grande Bretagne ».

A 11h30, le ministre adjoint s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec l’envoyé personnel des Nations Unies sur la question du nom de l’ARYM, M. Nimetz tandis qu’à 14h30 il devrait participer à la rencontre qu’aura également le Premier ministre avec l’envoyé spécial.

Lundi 1er mars à 12h00, M. Droutsas aura une entrevue au ministère des Affaires étrangères avec le ministre des Affaires étrangères de la Roumanie qui effectuera une visite de travail dans notre pays. Il s’agit de la première visite de M.  Baconschi à l’étranger après la prise de ses fonctions et nous aurons l’occasion de discuter de notre coopération bilatérale ainsi que des questions régionales et internationales et, bien entendu, de la coopération entre les deux pays dans le cadre de l’Union européenne ainsi que de la proposition grecque relative à l’Agenda 2014.

Mardi 2 mars à 12h00, M. Droutsas participera au Comité permanent « Défense nationale et Affaires extérieures » du parlement qui se réunit en vue d’aborder la question de la ratification de deux accords de coopération avec l’Arabie saoudite et le Pakistan.

Jeudi 4 mars à 12h00, M. Droutsas offrira un déjeuner de travail en l’honneur du Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, M. Timmermans.

Enfin, vendredi 5 et samedi 6 mars le ministre adjoint des Affaires étrangères participera à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (Gymnich) qui se tiendra à Cordoba.

Lors de cette réunion devraient être abordées des questions portant sur les défis auxquels est confrontée la politique étrangère de l’Union européenne après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, les nouvelle institutions de la politique étrangère et de sécurité commune, le progrès réalisé concernant la mise en place d’un Service européen d’action extérieure, la politique européenne vis-à-vis des marchés émergents, tels que l’Inde, la Chine et le Brésil, la situation dans les Balkans occidentaux et l’avenir du processus de paix dans le Moyen-Orient ainsi que sur le rôle de l’Union européenne dans ce cadre.

Pour ce qui est du programme de M. Kouvelis, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, participera aujourd’hui et demain au Forum économique d’affaires « Aliments et Boissons » qui est organisé par l’Association des entrepreneurs du Nord de la Grèce à Bucarest.  Lors de sa visite, M. Kouvelis aura des entretiens avec le ministre adjoint de l’Economie, du Commerce et des Entreprises ainsi qu’avec le ministre adjoint chargé du commerce bilatéral.

Par la suite, M. Kouvelis s’entretiendra au ministère des Affaires étrangères avec le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères chargé des Relations internationales économiques et de la Diplomatie économique. En marge de sa visite, il inaugurera l’école grecque « ATHINA ».

Mardi 2 mars, M. Kouvelis participera à la conférence du journal économique EXPRESS à Thessalonique sur le thème « Coopération transfrontalière, opportunités et perspectives ».

Enfin, jeudi 4 mars, se tiendra une séance d’information du Secrétaire d’Etat à l’intention les membres du Comité « Défense nationale et Affaires extérieures » sur des questions relevant de la diplomatie économique.

Voilà pour ce qui est du programme. Je suis prêt pour la séance de questions.

M. FOURLIS : Est-ce que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères sont satisfaits de la façon dont l’Allemagne envisage les efforts grecs en vue de rétablir le développement et de maîtriser ses problèmes budgétaires, tels que ces efforts sont décrits par la presse allemande et les hauts fonctionnaires dans leurs déclarations publiques ?

M. G. DELAVEKOURAS : La Grèce est en train de consentir de très gros efforts pour regagner sa crédibilité sur les marchés internationaux et mettre de l’ordre dans ses affaires budgétaires. Le vecteur de ce grand effort est le Programme de stabilisation et de développement qui a été présenté par la Grèce et approuvé par la Commission et par tous nos partenaires à l’Union européenne.

En outre, dans une position commune,  les 27 chefs d’Etat et de gouvernement ont exprimé leur plein soutien aux efforts grecs ainsi que leur confiance en la capacité de la Grèce à y parvenir. C’est justement cela qui nous intéresse et dans cet effort, un effort non seulement de la Grèce mais aussi en faveur à la fois de celle-ci et de la stabilité de notre monnaie commune, la Grèce demande le soutien politique clair et la solidarité de ses partenaires afin que nous puissions, forts de nos propres efforts, appliquer avec succès le Programme de stabilité et parvenir aux résultats souhaités. Et nous y parviendrons. Nous avons des contacts et une coopération continus avec tous nos partenaires et nous pensons que tous nos partenaires au sein de l’Union européenne devront parler d’une seule voix, à travers laquelle sera exprimée de manière claire cette solidarité.

Je parle de solidarité car ce n’est pas seulement sur la Grèce et l’économie grecque que pèse la menace mais sur l’ensemble de l’Europe et de l’économie européenne. C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter une attitude cohérente.

 

Toutefois, nous ne parlons pas d’aide économique. La Grèce n’a pas demandé une aide économique. Elle a à sa disposition le plan de stabilité qu’elle appliquera avec succès.

 

M. Gilson : Quelques questions concernant le dossier gréco-turc : Pensez-vous que les arrestations des généraux et des officiers supérieurs des forces armées de la Turquie pourraient provoquer une certaine tension dans les relations gréco-turques ? Car, la Turquie a l’habitude d’ « exporter » ses problèmes intérieurs ce qui a un impact sur ses relations avec la Grèce.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous suivons de près les développements à l’intérieur de la Turquie. Aussitôt que les informations relatives à l’opération appelée « masse de forgeron » ont vu le jour, nous avons fait part de notre contrariété ainsi que de notre inquiétude à l’égard du fait qu’en Turquie même aujourd’hui – ou au moins dernièrement, en 2003 et en 2004 –  il existe des milieux, des personnes en position de force qui investissent dans les tensions et les conflits entre les deux pays.

 

Nous continuons de suivre de près les évolutions actuelles en Turquie et, bien entendu, nous sommes parés à toute éventualité. Il est évident que rien n’est exclu c’est pourquoi nous suivons de près les évolutions actuelles en Turquie.

 

M. Gilson : Des articles sont paru dans la presse où il est écrit que les Nations Unies demandent à Athènes d’exercer des pressions sur la République de Chypre afin que cette dernière fasse certaines concessions ce qui permettrait de faire avancer un plan sur le règlement de la question chypriote. Est-ce que M. Downer a formulé une demande précise et quelle est l’attitude du ministre des Affaires étrangères face à l’éventualité d’une rencontre tripartite entre la Grèce, la Turquie et le Royaume Uni sur la question chypriote ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il s’agit de la première rencontre du conseiller spécial du Secrétaire général, M. Downer avec le nouveau gouvernement grec et c’était une occasion d’avoir un échange de vues substantiel.  Il était utile que M. Downer vienne à Athènes et nous expose son point de vue sur l’évolution des négociations.

 

En effet, il nous a parlé de l’état actuel des négociations, du progrès réalisé à ce jour et des perspectives futures.

 

Pour notre part, nous avons réitéré les positions connues et immuables de la Grèce, à savoir qu’il est nécessaire que tout  le monde soutienne le processus de négociation, que celui-ci ne doit pas être défini en fonction des calendriers artificiels que les deux communautés doivent être libres de négocier la solution qu’elles seront elles-mêmes invitées à appliquer dans leur pays, la République chypriote  réunifiée dans le cadre de l’Union européenne. Nous avons également répété que cette solution devrait être axée sur les résolutions du Conseil de sécurité et, bien entendu, sur l’acquis communautaire car tel est justement l’environnement dans lequel la République de Chypre continuera de fonctionner en tant que membre de l’Union européenne.

 

Toutefois, puisque vous avez également soulevé la question des pressions exercées par la Grèce sur la République de Chypre, nous devons faire la distinction entre le rôle de la Grèce et le rôle de la Turquie dans la question chypriote.

 

La Grèce est aux côtés des dirigeants chypriotes, du gouvernement et du peuple chypriotes. Notre soutien est acquis, continu et non négociable et ce non seulement en théorie mais en pratique aussi et porte sur tous les domaines où nous pouvons prêter notre assistance à la République de Chypre.

 

Toutefois,  le rôle de la Turquie n’est pas le même dans la question chypriote. La Turquie joue un rôle déterminant avec travers les forces d’occupation qu’elle maintient sur l’île mais aussi l’influence qu’elle libérant de son influence le dirigeant Chypriote turc, M. Talat afin que ce dernier puisse négocier de la manière la plus constructive qui soit dans le cadre du processus mené sous l’égide des Nations Unies.

 

Le rôle de la Grèce est complètement différent et M. Downer n’a pas soulevé une question de ce genre.

 

Pour ce qui est de la rencontre tripartite, en ce moment rien n’est prévu. Je suppose que vous parlez d’une rencontre concernant les garanties. Il y a de nombreux scénarios qui parlent d’une rencontre tripartite, quadripartite ou d’une rencontre réunissant cinq parties. Rien n’est prévu jusqu’à ce jour.

 

La question des garanties doit être abordée et réglée. Mais avant tout, afin que cette discussion ait du sens, les négociations doivent progresser de manière substantielle.

 

M. Gilson : S’agissant du soutien accordé à Athènes, M. Droutsas a fait une remarque concernant l’entretien entre le Secrétaire général des Nations Unies et M. Talat, audit «  Palais présidentiel » du pseudo-Etat. Est-ce que cette question a été abordée lors des discussions d’aujourd’hui ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Oui, cette question a également été abordée aujourd’hui. De toute façon, le ministre adjoint des Affaires étrangères avait abordé cette question lors de sa rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies à New York il y a deux semaines.

 

M. VATIKIOTIS : A qui impute M. Downer la responsabilité pour la stagnation à ce jour des négociations ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : M. Downer est le conseiller spécial du Secrétaire général chargé de soutenir les négociations et il n’a pas essayé d’imputer des responsabilités. Il n’a pas ce rôle-là. Son rôle est de faciliter le processus des négociations.

 

Toutefois, pour notre part, d’après notre estimation, si la Turquie et la partie chypriote turque voulaient vraiment faire progresser les choses, nous pourrions réaliser du progrès. C’est une question de volonté politique qui n’a aucun rapport avec le nombre de visites échangées, ni les calendriers artificiels ou les pressions extérieures.

 

C’est tout simplement une question de volonté politique. S’ils veulent vraiment que nous parvenions à une solution, ils pourront réussir à le faire car ils ont devant eux un interlocuteur, le Président Christofias dont le nom et la présidence sont étroitement liés à l’atteinte d’une solution.

 

M. VLAVIANOS : Je voudrais revenir sur la question de l’Allemagne. Vous avez dit que nous étions en coopération continue et étroite avec tous et que nous voulions parler d’une seule voix. Est-ce que vous voulez dire de manière indirecte – c’est ma propre constatation, corrigez moi si je me trompe – que l’Allemagne  s’éloigne  de cette « ligne commune » ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Actuellement, de nombreuses voix s’élèvent de la part tant des personnes compétentes qu’incompétentes en la matière. Tout le monde exprime son point de vue concernant l’état de l’économie grecque et ses perspectives. Nous savons – et nos partenaires partagent également cette opinion – que la Grèce a soumis un plan de stabilité et de développement qui peut être appliqué avec succès, que la Grèce a assumé ses responsabilités vis-à-vis de ses partenaires et qu’elle a pris les mesures nécessaires à l’intérieur de sorte que l’économie grecque soit remise en ordre.

 

Cela dit, le gouvernement allemand tout au long de ce processus, a soutenu cet effort conformément à la position commune adoptée par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement. Il a soutenu nos efforts inlassables de continuer notre chemin dans ce sens. Cela ne signifie pas que nous cesserons de parler avec nos partenaires. Nous avons des contacts continus car il s’agit d’une crise en évolution à laquelle nous devons faire face ensemble. Nous pensons que cette crise a un impact sur l’Europe dans son ensemble et c’est pourquoi nous voulons avoir une coopération étroite avec nos partenaires ce qui est déjà le cas.

M. PAPATHANASSIOU : A ce sujet, êtes-vous satisfait de la déclaration faite aujourd’hui par l’ambassadeur d’Allemagne?

M. G. DELAVEKOURAS : L’ambassadeur d’Allemagne a dit l’évidence, à savoir qu’un article qui fait la une de l’actualité ou encore dix articles écrits par certains cherchant à faire impression ne reflètent pas l’Allemagne ni le peuple allemand. Nous ne parlerons pas sur la base de ces conditions. Nous avons de graves problèmes à régler et nous y faisons face. Il va sans dire que des articles de ce genre nous dérangent.

Il va sans dire que l’altération de la réalité nous dérange car souvent les choses sont déformées et présentées de façon sélective. Cela n’annihile toutefois pas les efforts constants que nous déployons pour nous attaquer au fond du problème. Et le fond du problème est ailleurs.

M. FOURLIS : Monsieur le porte-parole, le président du Parlement est intervenu à ce sujet ; il invite l’ambassadeur d’Allemagne à discuter de cette question. Je ne sais pas si le ministère des Affaires étrangères entend faire la même chose. On se serait attendu à ce que le ministre l’ai fait dans d’autres conditions ou encore il aurait été plus logique qu’il l’ai déjà fait. Quoi qu’il en soit, avez-vous l’intention d'établir des contacts, notamment avec l’Allemagne au niveau de ministres, secrétaires d’Etat ou à un autre niveau, car l’on comprend bien que les 27 doivent avoir une seule voix, mais tous les 27 n’ont pas le même poids. L’Allemagne a sans doute le plus gros poids à l’Union européenne.

 

M. G. DELAVEKOURAS : L’Allemagne est sans aucun doute l'économie la plus importante. Le poids de l'Allemagne est manifeste et c'est pourquoi nous avons une coopération permanente avec l'Allemagne tout spécialement. Nous continuerons de coopérer à tous les niveaux, du niveau du Premier ministre qui a eu des rencontres avec son homologue d’Allemagne, jusqu’aux autres niveaux, celui du ministre adjoint, des fonctionnaires et bien entendu au niveau des ministères des Finances. La coopération va de soi, elle est constante, cela ne fait aucun doute.

 

M. FOURLIS : Quand Mme Merkel a-t-elle rencontré le Premier ministre.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Mme Merkel a rencontré le Premier ministre à Bruxelles en marge du Conseil européen.

 

MME KORIDIS : Est-ce que la Grèce entend demander à l’Allemagne des indemnités de guerre vu qu’elle est le seul pays à ce jour à ne pas avoir été indemnisé ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : La question des indemnités que l’Allemagne doit verser n’a pas fait l’objet d’un arrangement définitif et j’aimerais préciser que la Grèce n'a jamais abandonné ses prétentions. Toutefois, j'aimerais dire que la question des indemnités de la part de l'Allemagne n'est pas liée au problème que nous rencontrons aujourd'hui.

 

A l’heure actuelle, nous devons faire face à la crise économique. La coopération entre tous nos partenaires est nécessaire et cela n’infirme en aucun cas nos positions concernant d'autres questions relevant de nos relations bilatérales.

 

M. Gilson: Quelle interprétation donne donc le gouvernement grec, sur quoi porte exactement l'accord interétatique de 1960 s’il ne porte pas sur les indemnités?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Cet accord concerne une partie des indemnités. Il y a des informations détaillées sur les positions de la Grèce à ce sujet. Mais à l’heure actuelle, la question que nous devons régler est toute autre et c’est là-dessus que nous devons nous concentrer.

 

MME VOUDOURI : Concernant la visite de M. Nimetz demain, pouvez-vous nous dire ce que nous en attendons étant donné qu'il n'est pas porteur d'une nouvelle proposition, selon ses propres affirmations ? En outre, après sa rencontre avec M. Gruevski, il a constaté une approche plus constructive de la part de Skopje. Partageons-nous cette impression ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il s’agit en fait du premier contact officiel de M. Nimetz, envoyé personnel du Secrétaire général, avec le nouveau gouvernement grec. Il aura l’occasion d’être informé sur nos positions et nos points de vue s’agissant de la façon dont nous pouvons avancer. Ce sera une occasion de jeter les bonnes bases de ces discussions se déroulant dans le cadre des Nations Unies.

 

La Grèce a montré concrètement qu’elle voulait avancer. Elle veut parvenir à un règlement. Le Premier ministre grec a pris des initiatives, il a rencontré son homologue de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine lors d'entretiens privés. Nous essayons d'instaurer un meilleur climat dans les relations entre nos deux pays et je dois avouer que l'autre partie ne répond pas toujours à nos attentes.

 

Nous estimons que la rhétorique utilisée par Skopje à l’encontre de la Grèce, l'effort systématique visant à présenter la Grèce comme un ennemi, ne contribue pas aux efforts et à l'instauration de ce climat positif. Cela nous empêche d’avancer, de faire des pas en avant pour parvenir enfin à un règlement de la question.

 

Les positions de la Grèce sont claires. Elles sont logiques et aboutissent à l’atteinte d’un règlement. La Grèce discute d'une appellation à détermination géographique et pour tous les usages. Une détermination géographique car nous ne pouvons permettre à la partie de représenter le tout et l’insistance de M. Gruevski à ce que [la partie] représente le tout nous préoccupe.

 

Une appellation pour tous les usages car s’il en est autrement nous faisons perdurer la situation actuelle, selon laquelle Skopje viole l’accord intermédiaire, les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies et ne manque pas une occasion d’utiliser un nom qui est différent du nom convenu.

 

Tel est le cadre de la discussion, je ne peux vous dire si nous voyons une approche plus constructive de la part du Premier ministre de Skopje. Nous espérons que oui. Nous attendons avec intérêt de voir comment M. Nimetz a perçu les choses pendant sa visite dans ce pays et nous espérons que nous pourrons avancer, parvenir à une solution, de sorte que la perspective euro-atlantique du pays voisin puisse se libérer et que la Grèce puisse jouer le rôle de l'ami qui l'aidera à avancer vers l'UE et l'OTAN.

 

MME RISTOVSKA : Concernant cette même question, M. Nimetz a dit « Le premier point à régler est la question du nom, puis suit la question de l'identité, de la langue, etc. ». Avez-vous un commentaire à ce sujet ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Ce n’est pas ce qu’a dit M. Nimetz exactement. Il a dit que « la question du nom est le problème le plus important ».

 

Pour nous, les deux pays doivent parvenir à une solution sur la question du nom du pays, dans le cadre des négociations menées sous l’égide des Nations Unies. Cela est prévu dans les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies et les dispositions de l’Accord intermédiaire, c’est ce que nous voulons faire.

 

Et tous les arguments avancés au sujet de l’identité est en fait un subterfuge utilisé par M. Gruevski pour ne pas négocier. Nous voulons que l’autre partie arrive à la table des négociations dans un esprit positif et constructif afin que nous puissions parvenir à une solution et nous voulons que cette solution soit trouvée le plus rapidement possible.

 

MME VIDALI : En ce qui concerne la question de l'identité et de la langue, est-ce que cela veut-dire que la partie grecque accepte de résoudre la question du nom seulement et que [le reste] doit être réglé par l’ARYM, que cette dernière définisse comme elle l’entend la question de l’identité et de la langue ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous voulons que Skopje arrive enfin à cette négociation en ayant une attitude constructive qui permettra de parvenir à une solution. Ce n'est pas ce qu'elle fait en ce moment. En ce moment, elle refuse en fait de négocier. Elle utilise différentes excuses pour se dérober. Mais celle qu’elle utilise le plus souvent est la question de la fameuse «identité».

 

MME VOUDOURI : Des hauts fonctionnaires européens et américains, et je me réfère particulièrement à l'Ambassadeur des Etats-Unis à Skopje et aux ambassadeurs respectifs de l'Union européenne, adoptent le point de vue selon lequel la perpétuation de la question du règlement du nom peut déstabiliser l’Ancienne république yougoslave de Macédoine du point de vue politique, et de manière plus générale la région du Kosovo etc. Partagez-vous ces préoccupations et que pensez-vous des déclarations faites en ce moment où il existe une perspective d'ouverture de nouvelles négociations ? Est-ce un moyen de pression?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il y a à l’heure actuelle à Skopje un gouvernement très fort, un gouvernement de coalition qui représente la communauté slave et la communauté albanaise du pays. Ce gouvernement est tellement fort qu'il peut, s'il a vraiment la volonté politique, parvenir à un règlement de la question du nom.

 

Votre question devra sans doute être posée à M. Gruevski qui opte pour la non solution, il opte pour l’inertie, l’immobilisme, il choisit d’ériger des obstacles à l’effort constructif que nous déployons systématiquement pour parvenir à un règlement.

 

MME GALONAKI : Je n’étais pas au début de cette réunion d'information et les questions que j’aimerais poser sont peut-être hors sujet. Premièrement, en ce qui concerne la question des finances de la Grèce, j'aimerais savoir si le ministère des Affaires étrangères ou si le gouvernement a pris la décision de créer un comité et de demander de l'argent aux Allemands en raison de l'occupation. Car nous constatons une certaine insolence de la part des Allemands qui d’un côté nous bloquent, de l’autre disent que la Grèce n'aurait pas dû faire partie de la zone euro.

Deuxièmement, avant-hier vous nous avez communiqué l'information selon laquelle la Commission européenne a donné raison au Grec qui avait des biens à Constantinople, si la Grèce créé...

 

M. G. DELAVEKOURAS : Vous voulez dire la Cour européenne des droits de l’homme.

 

MME GALONAKI : Oui, la Cour européenne des droits de l’homme, si la Grèce créé un comité qui concernera tous les Grecs qui ont un droit sur leurs biens situés dans la Turquie actuelle.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Concernant votre première question, j'ai déjà répondu, je répèterais brièvement que la question des indemnités n’a pas encore fait l’objet d’un arrangement définitif, c’est une question ouverte, à laquelle la Grèce n'a jamais renoncée. En ce qui concerne l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme, vous n'êtes pas sans savoir que la Grèce est intervenue dans cette affaire, ainsi que dans toutes les autres qui ont précédé et elle a l'intention d’intervenir dans toutes les autres qui suivront.

 

Une jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme est établie et cela est particulièrement positif. Cette jurisprudence consacre pleinement le droit des Grecs à Constantinople d’acquérir des biens par héritage. Pour cette raison donc, le gouvernement grec soutiendra tout effort de ce genre, tout recours de ce genre.


M. FOURLIS :
Une précision concernant le programme que vous nous avez présenté. A la fin du mois nous attendons le Comité directeur avec la Turquie et début mars nous attendons une visite du ministre adjoint, pouvez-vous le confirmer?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il n’y a pas encore de communiqués, de date. Nous continuons de nous occuper de la question de la réunion du Comité directeur et nous vous communiquerons les dates bientôt, lorsqu'elles seront arrêtées définitivement et par la suite aura lieu une visite en Turquie du ministre adjoint des Affaires étrangères.

 

M. VATIKIOTIS : L’ordre du jour de la rencontre avec le président de l'autorité palestinienne?

 

M. G. DELAVEKOURAS : La Grèce a des contacts permanents avec l'autorité palestinienne. Par ailleurs, elle suit de très près les développements au Moyen-Orient. Ainsi c’est une bonne occasion d’établir des entretiens et d’échanger des vues avec le président de l'autorité palestinienne.

 

Nous discuterons de tous les aspects du dossier Moyen-Orient, à savoir comment est la situation à l'heure actuelle, comment créer les conditions nécessaires à la réouverture des négociations, tous les aspects de cette question. Bien entendu seront abordés la coopération bilatérale entre la Grèce et l'autorité palestinienne, les programmes de développement et les initiatives humanitaires de la Grèce dans la région.

 

Merci.




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