Athènes, le 21 octobre 2010
Points principaux :
[Sur la tournée au Moyen-Orient :]
· Une tournée de quatre jours dans les pays du Moyen-Orient s’est achevée hier soir. Une des principales conclusions de ces rencontres de très haut niveau est que la Grèce se trouve dans une position unique à l’heure actuelle, car elle est non seulement un pays de l’Union européenne, mais aussi un pays de la région ; elle a donc pleinement connaissance des sensibilités et des équilibres dans notre région.
· Dans ce contexte s’inscrit également l’intention du ministre des Affaires étrangères de désigner un envoyé spécial qui envisagera l’ensemble de la région sous son aspect régional, à savoir la question du Moyen-Orient sous tous ses aspects.
· Un autre objectif est de renforcer davantage la coopération institutionnelle de la Grèce avec l’Union arabe; cette question a d’ailleurs fait l’objet de discussions lors de la rencontre du ministre des Affaires étrangères avec le Secrétaire général de l’Organisation et nous pensons, les deux parties pensons que cela serait particulièrement utile pour de meilleurs contacts.
[Sur l’article publié dans le journal « TA NEA » au sujet de la rencontre du SG du ministère des Affaires étrangères et du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de la Turquie :]
· Il n’y pas de négociations secrètes.
· En ce qui concerne la rencontre du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, je dois dire que lorsque le Conseil de coopération de haut niveau a eu lieu entre les deux pays, parmi les accords signés, il y avait un accord portant établissement de consultations régulières au niveau des Secrétaires généraux des deux ministères.
· C’est dans ce contexte que des rencontres des deux Secrétaires généraux ont eu lieu. Maintenant est-ce que la Turquie soulèvera les positions que tout le monde connaît ? La Grèce n’a aucune raison d’esquiver cette question ou de la craindre. Nos positions sont tout à fait claires, la Turquie les connaît, nous ne manquons une occasion de les réaffirmer.
· Si la Turquie décide à un moment donné d’appliquer le droit international, comme elle le doit, il est manifeste que cette tension qui existe cessera et cela fonctionnera de manière bénéfique pour les relations bilatérales entre les deux pays.
· J’aimerais toutefois être clair sur le fait que tant que cette pratique et ce comportement continueront, il ne pourra y avoir normalisation des relations gréco-turques et cette manière d’agir aura des conséquences sur le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
· Il convient également de bien faire comprendre que la politique de la Turquie en matière de communication ne doit pas aboutir à une politique appliquée en Grèce. Le fait que le Premier ministre turc ou tout autre haut fonctionnaire turc choisisse de faire des déclarations, de soulever des questions ne veut pas dire que la Grèce accepte, cela ne veut pas dire que la Grèce fait marche arrière, cela ne veut pas dire que la Grèce ne défend pas ses intérêts, tels que définis par le droit international.
[Sur l’ARYM :]
· Notre position est qu’il est bon d’organiser à toute occasion des rencontres entre les deux Premiers ministres. C’est pourquoi, nous avons été déçus par la décision de M. Gruevski de ne pas venir à New York comme il avait initialement annoncé. Nous espérions que la réunion de l’ONU serait une occasion pour les deux chefs de se rencontrer de nouveau car ces rencontres créent de meilleures conditions ainsi qu’un meilleur climat ce qui nous permettra de parvenir à une solution à travers le processus de l’ONU.
[Sur la rencontre avec M. Rasmussen :]
· S’agissant de la question du nom de l’ARYM, l’OTAN a pris une position claire à Bucarest, une position qui demeure valable dans son intégralité et est unanime. Toutefois, il n’est pas exclu que lors des entretiens une discussion soit de nouveau engagée sur notre volonté sincère – et je suis sûr que telle est également la volonté du Secrétaire général de l’OTAN – de réaliser des progrès rapides dans le règlement de la question du nom ce qui ouvrira bien entendu la voie à l’ARYM d’adhérer à l’Alliance et d’entamer des négociations avec l’Union européenne.
Texte intégral du point de presse :
M. G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Je commencerais par le programme de la direction politique.
Aujourd’hui à 13h00, le ministre des Affaires étrangères rencontrera le Secrétaire général de l'OTAN qui est en visite dans notre pays dans le cadre de la préparation de la conférence au sommet qui se tiendra au Portugal les 19 et 20 novembre. A l’issue de la rencontre il y aura des déclarations conjointes du ministre des Affaires étrangères et du Secrétaire général de l’OTAN, puis un déjeuner de travail offert par le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense de la Grèce en l'honneur du Secrétaire général et par la suite une rencontre avec le Premier ministre grec.
Pendant le déjeuner seront abordés le nouveau concept stratégique de l’OTAN qui devrait être adopté lors de la conférence au sommet, ainsi que d'autres questions intéressant l'Alliance, comme le développement d'un système de défense antimissile, les relations de l'OTAN avec la Fédération de Russie, les relations de l'OTAN avec des organisations tierces, comme les Nations Unies, l'Union européenne et l'OSCE.
Ce soir, le ministre des Affaires étrangères offrira un dîner privé au ministre des Affaires étrangères de la Turquie, qui se rend en Grèce accompagné du Premier ministre turc dans le cadre de la conférence internationale sur le changement climatique qui se tient à Athènes.
Demain, le ministre des Affaires étrangères participera aux travaux de cette conférence au sommet à l’hôtel « ASTERAS », il participera également aux rencontres du Premier ministre avec ses homologues, qui participent à la conférence.
Il devrait avoir des entretiens avec les Premiers ministres de la Turquie, de l’Autorité palestinienne et de Malte. Il y aura également d'autres rencontres, mais le programme n'est pas encore défini.
Dimanche 24 octobre, le ministre participera à un dîner offert par le président du Conseil européen, M. Rompuy et consacré à la préparation du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles, les 28 et 29 octobre.
Le lendemain, le ministre et la ministre adjointe des Affaires étrangères, Mme Xenogiannakopoulou, participeront aux travaux du Conseil Affaires générales et extérieures.
Au Conseil Affaires extérieures seront abordées les questions relatives à la préparation de la Conférence au sommet Union européenne – Etats-Unis, Union européenne – Ukraine, la perspective de la réalisation de la Conférence de l’Union pour la Méditerranée, les relations avec Cuba et la Géorgie, le processus de paix au Moyen-Orient et la politique européenne de voisinage.
A l’ordre du jour du Conseil Affaires générales figure la préparation du Conseil européen.
Mercredi 27 octobre, M. le ministre participera à une manifestation du Service des Archives diplomatiques et historiques du ministère des Affaires étrangères qui est organisée à l'occasion du 70e anniversaire du «NON».
Dans le cadre de la manifestation, un film intitulé « les héros se battent comme des Grecs » produit par le Service des Archives diplomatiques d'après des documents historiques des archives cinématographiques du ministère des Affaires étrangères sera diffusé.
Par la suite, au rez-de-chaussée du ministère des Affaires étrangères, à la rue Akadimias, une exposition photo sera inaugurée ainsi qu'une exposition de documents, de souvenirs et autres objets historiques ayant trait à la période de la 2e guerre mondiale.
L’après midi de ce même jour, M. le ministre rencontrera le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, qui effectue une visite dans notre pays, tandis que jeudi 28 et vendredi 29 octobre, M. Droutsas accompagnera le Premier ministre au Conseil européen.
Le Conseil européen sera consacré à la préparation des positions européennes en vue du Sommet du G20 qui se tiendra à Séoul les 11 et 12 novembre, la préparation de la Conférence sur le changement climatique qui se tiendra à Cancun ainsi que les relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis.
Pour ce qui est du programme de M. Kouvelis. Aujourd’hui, à 15h30, il recevra dans son cabinet le présidium de l’Association gréco-russe. Pendant la rencontre seront examinées les perspectives d’investissement, ainsi que le renforcement ultérieur des relations bilatérales.
Vendredi 22 octobre, il participera à la conférence sur le changement climatique et prononcera un discours à 14h00.
Lundi 25 octobre, il se déplacera à Ankara en vue de participer au Comité interministériel mixte Grèce – Turquie, tandis que lundi 26 octobre il participera au Forum d’affaires qui aura lieu à Istanbul.
J’aimerais également vous informer du fait que mercredi 27 octobre, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Ioannis Alexios Zepos se déplacera à New Delhi où dans le cadre des consultations annuelles établies entre la partie grecque et indienne il échangera des vues avec des hauts fonctionnaires indiens sur des questions régionales et internationales.
Il sera par ailleurs reçu par le ministre des Affaires étrangères de l’Inde à qui il transmettra l’invitation du ministre des Affaires étrangères de la Grèce de visiter notre pays.
Pendant son séjour en Inde, le Secrétaire général aura des contacts à Bombay avec des acteurs économiques dans le but d’examiner les perspectives ultérieures visant à promouvoir les relations économiques et commerciales entre la Grèce et l’Inde, à attirer des investissements, à renforcer l’afflux de touristes dans notre pays et à établir une liaison aérienne directe entre nos deux pays.
C’est tout ce que j’avais à vous dire concernant le programme. Je suis prêt pour la séance de questions.
MME E. BEKATOROU : Avons-nous le programme de la visite de M. Erdogan ?
M. G. DELAVEKOURAS : La rencontre avec le Premier ministre grec est prévue pour demain à 12h00. Cela dit, il participera aux travaux de la conférence et suivra un programme privé.
MME E. KOLLIOPOULOU : (question hors micro concernant le programme de la visite de M. Erdogan)
M. G. DELAVEKOURAS : Cet après-midi, je n’ai pas l’heure exacte, il arrive cet après-midi et comme je l’ai dit, d’après les informations que je possède – mais tout cela sera annoncé par le cabinet du Premier ministre – il y aura un dîner privé offert par le Premier ministre grec en l’honneur de son homologue turc, tandis que le ministre des Affaires étrangères offrira un dîner privé en l’honneur de M. Davutoglu qui accompagnera M. Erdogan.
MME E. KOLLIOPOULOU : Pour donner suite à votre question, savez-vous s’il y aura ...
M. G. DELAVEKOURAS : Le programme du Premier ministre vous sera annoncé par le cabinet du Premier ministre.
M. A. SANTAMOURIS : Nous avons entendu ce matin M. Droutsas annoncer la création d’un poste d’envoyé spécial de la Grèce en Israël ou pour le conflit israélo-palestinien. Je n’ai pas exactement compris comment, est-ce que vous pouvez nous donner quelques précisions ?
Et ma deuxième question est si la personne a déjà été sélectionnée ?
M. G. DELAVEKOURAS : Une tournée de quatre jours dans les pays du Moyen-Orient s’est achevée hier soir. Des visites ont eu lieu en Jordanie, en Israël, sur les territoires palestiniens, en Egypte et au Liban. Une des principales conclusions de ces rencontres de très haut niveau est que la Grèce se trouve dans une position unique à l’heure actuelle, car elle est non seulement un pays de l’Union européenne, mais aussi un pays de la région ; elle a donc pleinement connaissance des sensibilités et des équilibres dans notre région.
C’est la raison pour laquelle il est très important qu’elle puisse être attentive aux sensibilités de la région et les transmettre à l’Union européenne afin que les positions adoptées, à savoir les positions communes de l’Union européenne sur le Moyen-Orient, soient plus efficaces et confèrent finalement un rôle plus grand à l’Union européenne dans la région du Moyen-Orient.
Dans ce contexte s’inscrit également l’intention du ministre des Affaires étrangères de désigner un envoyé spécial qui envisagera l’ensemble de la région sous son aspect régional, à savoir la question du Moyen-Orient sous tous ses aspects.
L’objectif est d’assurer à la Grèce une plus grande présence au niveau régional. Un autre objectif est de renforcer davantage la coopération institutionnelle de la Grèce avec l’Union arabe ; cette question a d’ailleurs fait l’objet de discussions lors de la rencontre du ministre des Affaires étrangères avec le Secrétaire général de l’Organisation et nous pensons, les deux parties pensons que cela serait particulièrement utile pour de meilleurs contacts.
Pour ce qui est du poste d’envoyé spécial, je dirais que cette position viendra compléter la présence bilatérale de la Grèce avec nos ambassades établies dans tous les pays et envisager la question sous son aspect régional. Il n’a pas encore été décidé qui occupera cette fonction.
M. N. MELETIS : Est-ce que l’information selon laquelle le Qatar a annulé son investissement à Astakos est parvenue par la voie diplomatique comme l’avait demandé M. Kouvelis ? Si oui, quand cette information nous est-elle parvenue ? Qui a fait parvenir l’information, l’ambassadrice grecque là-bas ? L’ambassadeur du Qatar ici ? Quand exactement ?
M. G. DELAVEKOURAS : L’information est parvenue lundi à 18h10, par la voie diplomatique, c’est-à-dire par le biais de notre ambassade à Doha.
MME M. KOURBELA : Pour ce qui est de votre première question sur l’envoyé spécial. Est-ce qu’il coopèrera avec la haute représentante ? Deuxième question : est-ce que l’éventualité existe pour Israël de demander son adhésion à l’Union européenne ?
M. G. DELAVEKOURAS : Concernant votre question, je dirais que l’on verra, que le poste n’a pas encore été créé et que lorsque le poste sera créé nous verrons quelles sont exactement les conditions. En ce qui concerne la relation d’Israël avec l’Union européenne, une telle question ne s’est pas posée, du moins jusqu’à présent.
MME Ι. MALSANG: (hors micro)… will there be any announcement on the outcome of the exploratory talks between Greece and Turkey tomorrow? (Y aura-t-il un communiqué sur les résultats des discussions exploratoires entre la Grèce et la Turquie demain?)
M. G. DELAVEKOURAS : En ce qui concerne la question de la délimitation du plateau continental, il y a une procédure bien précise qui est en cours, depuis de nombreuses années, mais ces derniers temps les deux parties ont exprimé leur volonté d’intensifier ces contacts, les contacts exploratoires. Ceux-ci portent sur la délimitation du plateau continental entre les deux pays. Ces contacts sont établis par les envoyés spéciaux des deux pays et non au niveau des Premiers ministres ou des ministres des Affaires étrangères.
M. N. MELETIS : Monsieur le porte-parole, j’aimerais savoir quelle est la raison de la tension en Mer Egée, selon le ministère des Affaires étrangères ?
M. G. DELAVEKOURAS : La raison de la tension en Mer Egée est la manière d’agir illégale de la Turquie qui en réalité présente une série de revendications et contestations du cadre légal existant comme des litiges. Nous ne voulons pas de cette tension et nous pensons que cela doit cesser. La manière la plus sûre de faire cesser cette tension est que la Turquie change sa manière d’agir et c’est la raison pour laquelle nous avons été clairs sur le fait qu’il ne peut y avoir normalisation des relations gréco-turques si la Turquie ne change pas sa manière d’agir. Le meilleur moyen d’y parvenir est le respect du droit international. Toutes les questions sont régies par des dispositions très claires que la Turquie doit respecter.
M. N. MELETIS : Monsieur le porte-parole, vous voyez tout à fait pourquoi j’ai commencé par cette question. J’aimerais simplement demander qui donne les pouvoirs et en quelle qualité un représentant du ministère des Affaires étrangères négocie avec la Turquie des droits souverains de la Grèce en considérant et en légitimant la contestation de la souveraineté grecque par la Turquie, car quand on parle de violations, la violation, comme vous l’avez dit, est une violation du droit international et c’est là l’origine du mal. Lorsqu’on parle du fait de savoir comment ces violations pourraient devenir plus modérées, qu’est-ce que peut encore être la discussion sur les droits souverains ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : J’en conclus que vous vous référez à la « fuite » d’aujourd’hui dans le journal «ΤΑ ΝΕΑ», la divulgation d’un document du ministère des Affaires étrangères. Je dirais à ce sujet...
M. N. MELETIS : (hors micro)
M. G. DELAVEKOURAS : Bien entendu, une enquête sera ouverte. Cela va de soi. Ce qui s’est passé est inacceptable, cela montre que certaines personnes occupent des postes à responsabilité et elles ne respectent pas cela ; c’est pourquoi nous enquêterons sur la question et j’espère que nous trouverons l’auteur de ces faits.
Cela étant, voyons un peu le fond de la question. Vous soulevez des questions, en fait vous les présentez selon certains stéréotypes que nous rencontrons depuis des années. Il n’y a pas non plus de négociation secrète qui se déroule.
J’aimerais dire que ce genre de logique – comme le titre de l’article d’aujourd’hui – renvoie à une logique de stéréotypes au sujet de négociations secrètes, en fait de chantage de la part de la Turquie auquel cède la Grèce.
J’aimerais être très clair. Ces choses là n’existent pas, elles ne reflètent pas la réalité. Nous avons une situation donnée, nous avons un voisin qui, en violant le droit international, créé des tensions dans notre région.
Nous estimons que cette tension est inadmissible, qu’elle doit cesser et nous sommes prêts à examiner des moyens qui permettront de mettre un terme à cette conduite.
Toutefois, le moyen le plus sûr – comme je vous l’ai dit – est l’application du droit international et c’est cette voie que la Turquie doit suivre. Cela étant, la Grèce n’a aucune raison de craindre de discuter sur toutes les questions, quelles qu’elles soient, dès lors qu’il y aura plein respect des droits souverains, du droit international et des intérêts de notre pays. Cela va de soi et cela est valable dans tous les cas, vous ne devez avoir aucun doute là-dessus. Il n’y a donc aucune raison d’essayer de faire impression.
En ce qui concerne la rencontre du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, je dois dire que lorsque le Conseil de coopération de haut niveau a eu lieu entre les deux pays, parmi les accords signés, il y avait un accord portant établissement de consultations régulières au niveau des Secrétaires généraux des deux ministères.
C’est dans ce contexte que des rencontres des deux Secrétaires généraux ont eu lieu. Maintenant est-ce que la Turquie soulèvera les positions que tout le monde connaît ? La Grèce n’a aucune raison d’esquiver cette question ou de le craindre. Nos positions sont tout à fait claires, la Turquie les connaît, nous ne manquons une occasion de les réaffirmer.
Si la Turquie décide à un moment donné d’appliquer le droit international, comme elle le doit, il est manifeste que cette tension qui existe cessera et cela fonctionnera de manière bénéfique pour les relations bilatérales entre les deux pays.
J’aimerais toutefois être clair sur le fait que tant que cette pratique et ce comportement continueront, il ne pourra y avoir normalisation des relations gréco-turques et cette manière d’agir aura des conséquences sur le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
M. G. VLAVIANOS : J’aimerais revenir à la question de mon confrère et insister un peu. Si le document n’est pas faux, cela signifie que des discussions ont lieu et que nous ne sommes pas informés de ces discussions, c’est pourquoi nous avons toutes les raisons de parler de consultations secrètes. C’est tout ce que je voulais dire.
M. G. DELAVEKOURAS : Je répèterais ce que j’ai dit. Je n’ai bien entendu aucune intention de faire des commentaires sur un document hautement confidentiel. Je répèterais simplement que je considère comme inadmissible qu’il y ait de telles fuites. Cela étant, je dirais que lors d’une rencontre entre deux Secrétaires généraux, tous les sujets peuvent faire l’objet de discussions. La Turquie est en droit de faire connaître ses points de vue.
Cela ne veut pas dire que la Grèce a quelque raison de craindre de discuter. Est-ce que nous sommes en manque de positions ? Non, les positions de la Grèce sont très fortes et elles sont fondées sur le droit international. La Turquie ne peut le contester. C’est une des cartes fortes de la Grèce et elle n’a aucune raison d’avoir peur. Si la Turquie veut que nous parvenions à une normalisation de nos relations, il y a une voie claire : celle du droit international. Si elle ne le veut pas, nous avons les capacités de répondre.
Cela étant, nous aspirons à l’amélioration de nos relations et c’est ce à quoi nous nous employons, sans avoir aucune raison de craindre quoi que ce soit, cela doit être bien clair.
Il convient également de bien faire comprendre que la politique de la Turquie en matière de communication ne doit pas aboutir à une politique appliquée en Grèce. Le fait que le Premier ministre turc ou tout autre haut fonctionnaire turc choisisse de faire des déclarations, de soulever des questions ne veut pas dire que la Grèce accepte, cela ne veut pas dire que la Grèce fait marche arrière, cela ne veut pas dire que la Grèce ne défend pas ses intérêts, tels que définis par le droit international.
Nous avançons avec prudence, nous avançons à notre rythme, notre objectif est d’améliorer les relations gréco-turques, car cela est dans l’intérêt de notre pays avant tout et sachez que nous n’avons pas l’intention d’avoir peur de discuter de quoi que ce soit. Nos positions sont très fortes.
M. A. FOURLIS : Puisque nous n’avons rien à craindre, pourquoi avons-nous eu peur d’annoncer cette rencontre ? A l’heure où vous annoncez toutes les rencontres, des dizaines, des centaines de communiqués au ministère des Affaires étrangères portent sur des rencontres de secrétaires généraux, de directeurs politiques, outre les contacts exploratoires bien entendu et les rencontres de la direction politique. Pourquoi cette rencontre n’a pas été communiquée et soit dit en passant en lisant l’article du journal « TA NEA » je comprends qu’il n’y a pas eu qu’une seule rencontre, mais une autre au niveau de fonctionnaires lors de laquelle des documents contenant les positions des deux parties ont été échangés. Cette information est-elle juste ou bien est-ce que vous la démentez ? Car c’est une deuxième rencontre.
M. G. DELAVEKOURAS: Le Secrétaire général du ministère grec des Affaires étrangères a rencontré plusieurs fois – je ne me souviens plus du nombre de fois – le Secrétaire général du ministère turc des Affaires étrangères. Jusqu’à présent, nous ne communiquions pas les rencontres du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Vous ne trouverez aucun communiqué sur le programme du Secrétaire général du ministère.
Je comprends toutefois que ses rencontres suscitent un intérêt de votre part et c’est pourquoi aujourd’hui par exemple j’ai annoncé son voyage en Inde. Dorénavant le programme du Secrétaire général du ministère vous sera communiqué.
M. A. FOURLIS : (hors micro, question relative à la rencontre du Secrétaire général avec le Secrétaire d’Etat turc aux Affaires étrangères)
M. G. DELAVEKOURAS : Il n’y a pas eu d’échange de documents avec les positions des deux parties. La Grèce n’a pas présenté de document à la partie turque. Cela doit être bien clair. Une telle question ne se pose pas.
M. N. MELETIS : Monsieur le porte-parole, vous travailliez au sein de la direction de l’Information sous la direction précédente. Savez-vous pour quelles raisons la direction précédente du ministère des Affaires étrangères a refusé pendant deux ans de discuter et de considérer comme base de discussion le code de conduite que la Turquie a proposé avec insistance ?
M. G. DELAVEKOURAS : Vous parlez d’un document dont je ne peux vous confirmer l’existence.
M. N. MELETIS : Pourquoi ne demandez-vous pas à M. Zepos de vous dire pourquoi il en a parlé avec les Turcs ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous redis que nous n’avons aucune raison de craindre quoi que ce soit. Que la Turquie présente ses positions par écrit, par oral ou sous quelque forme qu’elle le souhaite ne veut en aucun cas dire que la Grèce a une raison de craindre de discuter ou de dire ses positions. Ces positions, nous les réitérons à chaque occasion et au même titre les positions de la Turquie que vous m’avez décrites sont consignées et bien connues.
M. N. MELETIS : Puisque vous n’avez peur de rien M. le porte-parole, est-ce que cela veut dire que vous dialoguez sur les zones grises ? Y a-t-il eu un dialogue sur le code de conduite ?
M. G. DELAVEKOURAS : Le cadre légal en Mer Egée est clair.
M. N. MELETIS : Pour vous. Pour les Turcs, il ne l’est pas, vous discutez avec les Turcs, M. le porte-parole.
M. G. DELAVEKOURAS : Les Turcs peuvent présenter leurs positions aussi souvent qu’ils le souhaitent.
M. M. POLLATOS : Est-ce que vous contestez le document officiel du ministère des Affaires étrangères. Y aura-t-il une enquête ? Allez-vous mener une enquête M. le porte-parole ? Allez-vous mener une enquête sur un document inexistant ? Car vous avez dit que vous alliez enquêter sur la fuite de ce document confidentiel.
M. G. DELAVEKOURAS : Oui.
M. M. POLLATOS : Est-ce que le document dont vous parlez existe ? N’oubliez pas que vous vous adressez à des personnes qui ont une certaine intelligence.
M. G. DELAVEKOURAS : Si vous voulez interpréter l’interprétation que fait l’article sur un document du ministère des Affaires étrangères, libre à vous de le faire.
M. M. POLLATOS : Je ne fais aucune interprétation. Le code de conduite a fait l’objet de discussion, ce que les deux gouvernements refusent de discuter ; M. Zepos en discute avec son homologue turc et vous n’avez pas peur. Allez-vous répondre à ma question sur les zones grises ? En discutez-vous ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vais bien entendu vous répondre. Les positions de la Grèce sont claires et elles sont fondées sur le droit international. La Turquie peut dire ce qu’elle veut. Cela ne veut pas dire que la Grèce l’accepte, ni que la Grèce commence la négociation ou quoi que ce soit.
Que la Turquie présente ses positions, cela ne regarde qu’elle. Comment la Grèce va y répondre ne regarde que la Grèce et la Grèce répond avec des positions claires à chaque fois qu’il y a quelque chose qui puisse porter atteinte aux droits souverains de la Grèce ou droits tout court. Cela doit être absolument clair.
Votre effort consistant à présenter le ministère des Affaires étrangères comme faisant quelque chose de différent reste lettre morte. Cette base n’existe pas. Ce stéréotype que vous essayer de projeter n’existe pas, à savoir que soi-disant elle fait des négociations secrètes.
JOURNALISTE : (hors micro)
M. G. DELAVEKOURAS : Cela n’a pas de sens, car aucun des deux n’est entendu. Je pense que ce que j’ai dit est clair, il n’y a ni négociation secrète, ni aucune raison pour la Grèce de ne pas présenter de manière claire ses positions, qui sont fondées sur le droit international.
Maintenant, si la Turquie veut – dans une interview ou lors d’un entretien ou autre – mettre en avant ses positions, des positions qui sont contraires au droit international, elle peut le faire. Mais cela ne veut pas dire que nous acceptons ces positions ou que nous engageons des négociations.
Cela étant, oui il est vrai que nous ne voulons pas de tensions, oui nous voulons améliorer notre relation avec la Turquie. Si cela peut se faire au travers de la discussion où la Turquie affirmera reconnaître ce qui est valable au niveau du droit international, alors tant mieux. Mais tant que la Turquie adopte cette conduite, cela ne risque pas d’arriver, mais les positions de la Grèce sont claires et elle n’a rien à craindre.
M. M. POLLATOS : Est-ce que l’enquête sera effectuée par la police grecque, comme ce fut le cas dans l’affaire du piratage informatique (hacking) du communiqué de la ministre adjointe des Affaires étrangères ou bien par le ministère des Affaires étrangères ?
M. G. DELAVEKOURAS : Une enquête administrative est menée par le ministère des Affaires étrangères.
M. M. POLLATOS : Donc le document est authentique ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous l’ai déjà dit, la question de la fuite fera l’objet d’une enquête.
M. M. POLLATOS : Je n’ai pas parlé de la fuite, j’ai demandé si le document était authentique.
M. G. DELAVEKOURAS : L’enquête administrative porte sur la fuite. Cela étant, nous avons un document qui présente certaines choses. Comme je l’ai dit tout à l’heure à M. Vlavianos, il est exclu que je commence à faire des commentaires sur un document du ministère des Affaires étrangères classé secret.
M. M. POLLATOS : Très bien. Vous avez dit par ailleurs que vous n’avez aucune raison de craindre ou de discuter de quoi que ce soit. Et je vous demande : est-ce que vous abordez tous les sujets, n’y a-t-il pas un sujet qui ne soit pas négociable ? Est-ce que dans la négociation, la Turquie...
M. G. DELAVEKOURAS : N’essayez pas de créer des impressions. Les discussions sont une chose, les négociations en sont une autre.
M. M. POLLATOS : Ma question est donc la suivante : Le gouvernement a affirmé qu’il n’avait rien à craindre et qu’il discuterait de toutes les questions, quelles qu’elles soient. Est-ce que cela signifie que nous discuterons de toutes les questions en levant tous les tabous ? Y a-t-il des questions qui ne sont pas à négocier ? Oui ou non ?
M. G. DELAVEKOURAS : Une rencontre c’est une chose, une discussion en est une autre et une négociation est encore autre chose. La Grèce ne négocie pas ses droits souverains, elle ne négocie pas sa souveraineté, mais elle déclare de la façon la plus claire ses positions. Ces positions sont fermes et axées sur le droit international.
Cela dit, si la Turquie élève des contestations sur une question quelle qu’elle soit, cela est le problème de la Turquie. Nos positions sont fermes et le statut bien clair. Si la Turquie souhaite véritablement, comme l’affirment à toute occasion ses chefs politiques – du Premier ministre jusqu’aux hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères – une amélioration des relations entre les deux pays, elle doit adopter une attitude conforme à cet esprit, sinon, nous ne pourrons pas aller de l’avant.
Cela toutefois ne porte en aucun cas préjudice à nos positions claires. Et, je vous prie encore une fois de ne pas alimenter ce stéréotype.
La Grèce n’a rien à craindre, ses positions sont fermes. Cela dit, lorsque la partie turque évoque une question quelle qu’elle soit, que ce soit dans le cadre d’une interview ou d’une déclaration, cela ne signifie pas que ces questions sont devenues un objet de négociation et que la Grèce fait des concessions et mène des négociations secrètes. C’est pourquoi, il est important de ne pas alimenter ce stéréotype. Car tel est le cas malheureusement.
M. M. POLLATOS : Vous avez également dit que la rencontre entre les deux Secrétaire généraux s’inscrit dans le prolongement de l’un des deux accords signés le 14 mai lors de la dernière visite de M. Erdogan à Athènes. J’imagine donc que ces rencontres se poursuivront.
M. G. DELAVEKOURAS : Evidemment.
M. M. POLLATOS : Est-ce que vous démentez le contenu de l’article paru dans la presse dans lequel il est dit que sur instruction du Premier ministre ont été gelés les pourparlers sur des questions relevant de la navigation aérienne et ne se poursuivront pas. Est-ce que nous mettons un veto à ces questions ? Discutons-nous de ces questions sur la base de l’agenda fixé par la Turquie ? Cessons-nous de discuter de ces questions ? Discutons-nous de tous les dossiers, sauf de ces questions ? Nous avons besoin d’une clarification. Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : Les rencontres entre les Secrétaires généraux n’ont pas pour objet les questions relevant de la navigation aérienne. Il s’agit de consultations politiques entre les deux ministères des Affaires étrangères et, bien entendu, elles se poursuivront. Elles s’intègrent dans le même cadre que les rencontres instituées entre les ministres des Affaires étrangères, les Premiers ministres ; c’est dans le cadre du Conseil de coopération de haut niveau que nous avons pris la décision d’organiser des consultations plus fréquentes entre les deux ministères des Affaires étrangères sur un grand nombre de questions, sur les questions bilatérales et régionales ainsi que sur des questions horizontales mondiales.
Et c’est dans ce cadre que s’est tenue la rencontre entre le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères de la Turquie.
Cela dit, nous ne voulons pas qu’il y ait de la tension en Egée et c’est pourquoi nous sommes prêts à discuter de toutes les questions, quelles qu’elles soient, sans problème.
M. M. POLLATOS : Et, M. Erdogan partage le même avis.
M. G. DELAVEKOURAS : Et bien, puisqu’il est du même avis, son pays doit changer de comportement. Je l’espère car nous ne voulons pas qu’il y ait des tensions. Et nous sommes très contents de voir que les chefs politiques turcs déclarent aussi leur volonté dans ce sens.
Mais pour changer l’état actuel des choses, il faut que la Turquie change de comportement, il n’y a pas d’autre moyen. Ses belles paroles doivent être traduites dans des actes. Mais la Grèce n’a rien à craindre. Cette logique qui consiste à penser que lorsque la Turquie dit quelque chose, la Grèce doit tout d’un coup se cacher ou avoir peur, l’idée que nous avons perdu nos droits ou que nous avons renoncé à nos positions, n’existe pas. Elle n’existe que sous la forme de stéréotype, d’un mauvais stéréotype.
Dès lors que nous sommes disposés à discuter de toute question, quelle qu’elle soit, sur la base du droit international, il va de soi que toute autre question en dehors du cadre du droit international, ne peut servir de base pour engager une discussion.
M. M. POLLATOS : Les Turques ont donc soulevé des questions en dehors du cadre du droit international ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vous l’ai tout à l’heure dit, je ne veux émettre aucun commentaire sur le contenu du document. Je n’émettrai en aucun cas un commentaire sur un document confidentiel. Mais les positions de la Turquie sur toutes ces questions sont bien connues. Tous les hauts fonctionnaires turcs ne manquent pas une occasion pour présenter les positions de leur pays, c’est-à-dire ils accordent des interviews, ils prononcent des discours, etc. Nous connaissons très bien les positions turques.
Cela dit, le message politique que l’on peut retenir de la part de la Turquie est cette volonté d’améliorer les relations et cela est très simple.
M. M. POLLATOS : Excusez-moi mais cela est un peu ambivalent.
M. G. DELAVEKOURAS : Exactement. Cela est ambivalent car on ne peut pas manifester notre volonté d’améliorer nos relations et dans le même temps enfreindre le droit international. La Turquie doit changer de comportement non pas en théorie mais dans la pratique.
M. N. MELETIS : Votre politique est-elle exercée sur la base des paroles ou des actions ?
M. G. DELAVEKOURAS: Sur la base à la fois des paroles et des actions.
M. N. MELETIS : Mais vous prenez au sérieux les paroles et vous ne prêtez pas attention aux actions pour le moment.
M. G. DELAVEKOURAS : Non, ce n’est pas vrai. La Grèce réagit toujours par la voie diplomatique et opérationnelle à toute action de la Turquie enfreignant le droit international. Je vous l’assure. En tout état de cause, les positions sont claires et sont toujours matérialisées sur le plan à la fois opérationnel et diplomatique.
M. N. MELETIS : Puisque j’ai abusé du temps disponible, je vous poserai une dernière question : Vous dites que la Grèce n’a rien à craindre. Mais, dans le cas présent, il y a eu une rencontre de haut niveau entre les deux pays et lors de cette rencontre ont été soulevées ces questions. Quel a été l’objet de la discussion dans le cadre de laquelle ont été soulevées ces questions ? Pourquoi cette rencontre entre M. Zepos et M. Sinirlioglu a-t-elle eu lieu et ces questions ont-elles été soulevées ? Les deux hommes ont-ils reçu des instructions de la part des deux Premiers ministres de discuter de la désescalade des tensions en Egée ? La discussion a-t-elle porté sur la désescalade des tensions en Egée ? Telle est ma question.
M. G. DELAVEKOURAS : Je répète que nous ne voulons pas qu’il y ait de la tension en Egée. Les deux Premiers ministres ont déclaré leur volonté de prévenir les tensions en Egée et nous sommes prêts à discuter de toute solution qui permettrait d’éviter les tensions en Egée, mais ce sur la base des droits, de la souveraineté et du droit international.
M. KAPOUTSIS : Serait-il utile d’interrompre notre discussion et de faire intervenir M. Zepos afin qu’il réponde à certaines questions ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non.
M. A. SANTAMOURIS : Monsieur le porte-parole, les droits souverains d’un pays sont en partie définis et protégés par le droit international, et ce, de manière claire. Toutefois, il y a certaines questions qui sont réglementées par des formes juridictionnelles inférieures, des questions que la Turquie conteste également au sujet de l’Egée.
Est-ce que dans ce domaine les positions grecques demeurent les mêmes ? C’est-à-dire à l’égard des questions qui ne sont pas réglementées par le droit international et qui figurent dans l’agenda des revendications de la Turquie, est-ce que la position de la Grèce change ou bien discutons-nous plutôt des questions qui sont clairement réglementées par le droit international ? Car, comme vous le savez, il existe des revendications qui ne tombent pas sous le coup du droit international, d’accords militaires, etc.
M. G. DELAVEKOURAS : Les positions de la Grèce demeurent les mêmes. Les positions de la Grèce sont régies par un cadre juridique international qui est très clair et englobe des dispositions réglant toute éventualité. Il existe des dispositions du droit international portant sur toute question que ce soit et c’est dans ce cadre que ces questions doivent être envisagées. La Turquie n’a qu’à se conformer au droit international. Si elle le fait, il n’y aura évidemment pas de tensions en Egée et les relations avec la Grèce seront normalisées.
M. K. SIMEONIDIS : Monsieur le porte-parole, indépendamment du document confidentiel et en vue de la visite de M. Erdogan, la partie grecque discute ou négocie-t-elle des questions ayant trait au désarmement des avions en Egée ?
M. G. DELAVEKOURAS : Non, et il faut également signaler que nous discutons d’un incident survenu en juin.
M. M. POLLATOS : Ma question porte sur des informations que j’ai trouvées sur le site internet de l’OTAN. Cet article se réfère à la force déployée en Afghanistan ainsi qu’aux pays qui participent à l’opération de paix. Une référence est également faite à la force grecque déployée à l’aéroport de Kaboul, une force qui a été rapatriée en Grèce si je ne me trompe pas.
M. G. DELAVEKOURAS : Oui, cette force s’est retirée après quelques jours.
M. M. POLLATOS : Néanmoins, d’après les données actuelles qui nous sont parvenues par l’état-major de la Défense nationale, 150 officiers grecs se trouvent à Kaboul mais il n’y a nulle part une référence y relative. La question est bien claire. Ce dossier est en suspens depuis décembre 2009, presque un an. A une époque marquée par la crise économique, nous finançons pendant une année le déploiement d’une force qui se trouve à Kabul sans rien faire et sans qu’aucune référence y relative soit faite dans les documents officiels de l’OTAN. Pourquoi ces officiers ne retournent-ils pas en Grèce ?
Pour quelle raison cette force qui ne fait rien en Afghanistan, elle ne figure même pas dans les documents officiels de l’OTAN, ni dans le cadre des missions de formation ni au niveau opérationnel, ne se retire pas de l’Afghanistan ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : D’après mes souvenirs, je pense que cette question a été déjà abordée, vous avez dit que cette force ne faisait rien en Afghanistan et je voudrais…
M. M. POLLATOS : Des données actuelles attestent de cela…
M. G. DELAVEKOURAS : Non, je suis sûr que vous contacterez l’état-major de la Défense nationale, nous contacterons également nos représentations à l’OTAN et nous verrons.
La réalité est que notre force en Afghanistan accomplit une œuvre très importante. En effet, elle contribue également à la reconstruction de l’Afghanistan pendant toute cette période. Dans le même temps, elle met en place un projet de formation très important ce qui est également reconnu par tous nos alliés. J’ai pu constater moi-même lors des réunions avec nos alliés la très grande reconnaissance dont jouit la Grèce pour ce qui est de sa contribution sur le plan militaire et du développement car une très grande partie de l’aide humanitaire et de l’aide au développement de la Grèce est acheminée vers l’Afghanistan.
Cela dit, je vous assure que nous poursuivrons notre œuvre en matière de formation car en ce moment le plus important est de renforcer les capacités des institutions afghanes à gérer les affaires de leur Etat.
C’est la voie la plus sûre pour que les efforts consentis par l’Afghanistan soient couronnés de succès. Dans ce cadre, notre présence dans la région et se poursuivra.
Mme E. KOLLIOPOULOU : Je voudrais revenir sur la réunion de demain sur le développement vert. Qu’attend la Grèce de cette réunion sur le plan environnemental mais aussi sur le plan politique, pour ce qui est notamment de l’accès des Palestiniens à l’eau ? Merci.
M. G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, l’objectif de cette initiative sur le plan politique est de montrer que notre région doit parler d’une seule voix, à savoir que les pays de la Méditerranée, indépendamment de leur origine politique ou culturelle, sont capables de s’asseoir autour de la même table et de coordonner leurs forces à l’égard de questions d’importance majeure auxquelles est actuellement confrontée la planète et de parler d’une seule voix en vue de la conférence de Cancun.
C’est pourquoi a été formulée cette proposition de signer un document dans lequel seront consacrées ces positions et qui instituera un processus visant à la coordination de tous les pays de la région.
Il est important de constater que cette réunion rassemblera des chefs d’Etat et de gouvernement provenant d’un grand nombre de pays de notre région. Nous voulons à travers cette initiative mettre en valeur la dimension de la coopération entre les secteurs, public et privé, en vue de développer un nouveau modèle de développement pour notre région, le modèle de développement vert, le modèle du développement durable qui permettra à toute la Méditerranée, une région directement menacée par le changement climatique qui ressentira les effets néfastes du changement climatique, de pouvoir adopter une nouveau modèle de développement.
Mme KOURBELA : Monsieur le porte-parole, vous avez parlé des partenariats public-privé. Est-ce que lors de ce congrès des propositions seront formulées sur des projets précis dont la mise en place est également prévue par l’Union pour la Méditerranée ? Car tant la Turquie que la Grèce sont deux pays membres de l’Union pour la Méditerranée.
M. G. DELAVEKOURAS : D’après les informations que j’ai à ma disposition, au congrès assistera le Secrétaire général de l’Union et il va sans dire qu’il s’agit d’une organisation très importante. La Grèce a joué un rôle déterminant dans sa mise en place et sa voix sera certainement importante pour les travaux de ce congrès aussi.
M. KAPOUTSIS : Monsieur le porte-parole, la Grèce a-t-elle l’intention de participer aux projets de l’OTAN portant sur l’extension du bouclier antimissile ?
M. G. DELAVEKOURAS : La question de la défense antimissile figure parmi les dossiers abordés actuellement en vue de la réunion au sommet qui se tiendra au Portugal. Il existe le système de l’OTAN et le système américain qui est en cours d’élaboration et dont la forme définitive n’a pas encore été définitivement fixée.
Notre avis est que nous devons avoir une très bonne coordination entre les pays de l’OTAN ainsi qu’avec des acteurs tiers qui jouent un rôle très important. Tel est bien entendu le cas de la Russie. A notre avis, il est important d’établir un dialogue continu avec la Russie car cette dernière dispose des moyens pouvant s’avérer très utiles et c’est pourquoi nous voulons établir ce dialogue pour lequel existe déjà un cadre institutionnel, le Conseil OTAN-Russie. De plus, en ce qui nous concerne, nous déployons également des efforts considérables à cet égard dans le cadre de notre présidence de l’OSCE au sein de laquelle nous avons lancé le processus de Corfou et amorcé la discussion sur un cadre unique, sur une architecture unique pour l’Europe.
M. KAPOUTSIS : Est-ce que la Grèce participera à ce projet ?
M. G. DELAVEKOURAS : La Grèce participe de toute façon à la dimension « otanienne » de cette entreprise. C’est la coopération entre le système de l’OTAN et celui des Etats-Unis qui fait l’objet, entre autres, de la discussion actuelle. Mais pour ce qui est de la présence physique des moyens, aucune question y relative n’est actuellement abordée.
M. G. VLAVIANOS : Monsieur le porte-parole, parmi les accords signés lors de la dernière visite de M. Erdogan à Athènes, il y avait un accord autorisant les Turc à visiter les îles grecques sans l’obligation de visa, et ce, pour une durée de 24 heures. Où en sommes-nous avec cette affaire ?
M. G. DELAVEKOURAS : Nous sommes particulièrement intéressés à cette affaire. Nous voulons voir du progrès car cela est très important pour nos îles, pour les activités touristiques de nos îles.
Comme vous le savez, la Grèce est un pays membre de l’espace Schengen et en fait il s’agit d’un cadre juridique communautaire auquel doit se conformer chaque initiative que nous entreprendrons. Nous avons entrepris certaines questions auprès de la Commission européenne, nous avons décliné les positions juridiques sur la base desquelles ce projet pourrait être mis en œuvre à notre avis.
Nous poursuivrons ces efforts afin que ce projet soit au moins mis en place sous sa forme pilote la prochaine saison touristique. Nos contacts avec la Commission européenne se poursuivent et nous pensons que les positions de la Grèce sont fermes et, comme vous le comprenez, nous sommes en coordination tant avec la Commission qu’avec nos partenaires de l’espace Schengen.
Force est également de signaler que notre initiative concernant les passeports de service, lesdits passeports verts, les passeports turcs, ont d’ores et déjà apporté des résultats pour ce qui est du développement touristique des îles.
Cela est bien entendu différent car cette possibilité d’entrer sur le territoire grec sans obligation de visa dans le cadre des croisières, ne concernera pas seulement les ressortissants turcs mais tout ressortissant qui pourrait entrer dans le pays, bien que normalement un visa soit requis pour cette période de temps donnée.
Par conséquent, cette mesure ne concerne pas la Turquie mais le flux de touristes en provenance de la Turquie et à destination de la Grèce pendant la saison touristique. Cela est valable non pas seulement pour les ressortissants turcs mais aussi pour tout ressortissant qui aurait normalement besoin d’un visa pour entrer sur le territoire grec et qui se trouve dans la zone côtière et pourra entrer sur le territoire de la Grèce pour une période de temps bien précise sans obligation de visa.
M. G. VLAVIANOS : Est-ce que cet accord a été adopté par la Convention de Schengen et la Commission européenne ?
M. G. DELAVEKOURAS : Il n’est pas question de parvenir à un accord avec la Turquie. La Grèce discute de cette question avec ses partenaires de l’espace Schengen.
Mme S. RISTOVSKA : Il y a deux jours, si je ne me trompe pas, M. Gruevski a affirmé qu’il voulait avoir un nouvel entretien avec M. Papandréou avant la réunion de l’OTAN. Est-ce qu’il existe une telle éventualité ?
Deuxième question : La question du nom devrait-elle être abordée lors de la rencontre de M. Droutsas aujourd’hui avec M. Rasmussen?
M. G. DELAVEKOURAS : S’agissant de votre première question, comme vous le savez déjà, car je l’ai à maintes reprises affirmé, notre position est qu’il est bon d’organiser à toute occasion des rencontres entre les deux Premiers ministres. C’est pourquoi, nous avons été déçus par la décision de M. Gruevski de ne pas venir à New York comme il l’avait initialement annoncé. Nous espérions que la réunion de l’ONU serait une occasion pour les deux chefs de se rencontrer de nouveau car ces rencontres créent des meilleures conditions ainsi qu’un meilleur climat ce qui nous permettra de parvenir à une solution à travers le processus de l’ONU.
Donc, dans ce cadre nous sommes prêts à aller dans ce sens et il est sûr que si l’occasion se présente, le Premier ministre voudrait avoir une rencontre avec M. Gruevski si, bien entendu, ce dernier assiste à la réunion.
Pour ce qui est de la rencontre avec M. Rasmussen, je vous ai tout l’heure présenté l’ordre du jour qui comporte des questions d’intérêt majeur pour l’alliance, la plus importante étant celle du nouveau concept stratégique de l’Alliance. S’agissant de la question du nom de l’ARYM, l’OTAN a pris une position claire à Bucarest, une position qui demeure valable dans son intégralité et est unanime. Toutefois, il n’est pas exclu que lors des entretiens une discussion soit de nouveau engagée sur notre volonté sincère – et je suis sûr que le Secrétaire général de l’OTAN a la même volonté – de réaliser des progrès rapides dans le règlement de la question du nom ce qui ouvrira bien entendu la voie permettant à l’ARYM d’adhérer à l’Alliance et d’entamer des négociations avec l’Union européenne.
Mme M. RIGOU: Le ministre autrichien des Affaires étrangères a récemment réitéré la position de son pays sur la perspective européenne de l’ARYM. Indépendamment du règlement de la question du nom, je voudrais votre commentaire à cet égard. A cette occasion je voudrais vous poser une autre question aussi : qu’y a-t-il de nouveau concernant les négociations, y aura-t-il bientôt une proposition ou une certaine mobilité ?
M. G. DELAVEKOURAS : En ce qui nous concerne, la partie grecque est prête, à tout moment, à aller de l’avant. Nos positions ont été présentées de manière très claire et nous pensons que la solution assortie d’un déterminatif géographique qui sera utilisée à l’égard de tous est une solution juste et nous attendons du pays voisin de prendre finalement la décision de faire un pas déterminant dans ce sens. A savoir, participer de façon constructive au processus de la négociation, ce qui n’est pas toujours le cas.
Le processus est en cours, l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies est en contact avec les négociateurs mais afin que nous puissions voir du progrès, il faut qu’il y ait des changements substantiels. C’est-à-dire il ne sert à rien de se rencontrer si l’ARYM ne se présente pas à la table des négociations en faisant preuve d’une attitude différente. J’espère que nous pourrons voir ce pays adopter une telle attitude et je vous assure qu’aussitôt que cela sera le cas, nous aurons un progrès essentiel.
Mme M. RIGOU : Toutefois, l’autre partie aussi avance le même argument.
M. G. DELAVEKOURAS : Oui, cela est vrai mais tout le monde comprend désormais laquelle des deux parties est disposée à traduire réellement ces paroles en actions. En d'autres termes, la Grèce a entrepris des actions importantes en vue de faciliter ce processus. Des actions qui ont été difficiles mais qui attestent de la volonté de la Grèce de parvenir à une solution. Les chefs politiques de l’ARYM emploient toujours la même rhétorique et procèdent souvent à des actes de provocation et à des attaques contre la Grèce.
Bien évidemment, nous n’avons pas l’intention de suivre ce chemin. Nous continuerons d’avoir une attitude constructive et d’être favorablement disposés à leur égard. Toutefois, nous attendons un pas déterminant de leur part. Et je pense qu’il est désormais clair à tous que si nous ne parvenons pas à cette solution, il n’y aura pas du progrès pour ce qui est du processus euro-atlantique de l’ARYM.
Mme M. RIGOU : A l’égard de la position de Vienne ?
M. G. DELAVEKOURAS : Il est évident qu’il n’y a pas de convergence de positions sur cette question. Nous pensons qu’il est bon que l’Union européenne ait une position unique à l’égard de cette question en vue de transmettre un message prônant la nécessité de parvenir à une solution. Je pense que les hauts fonctionnaires du ministère autrichien des Affaires étrangères le savent très bien. Nous avons des contacts réguliers avec eux et une bonne coopération dans le domaine des Balkans occidentaux car nous sommes justement intéressés par la perspective européenne de la région toute entière.
Bien évidemment, nous continuerons d’avoir ces contacts et je suis certain que ces messages sont finalement transmis par nos partenaires à l’ARYM lors de nos contacts, afin que la classe politique du pays voisin comprenne qu’elle doit faire ce pas. Pour notre part, nous sommes prêts à aller dans ce sens.
M. A. SANTAMOURIS : Une clarification monsieur le porte-parole à l’égard d’une réponse précédente : Puisque au niveau de l’OTAN, sont abordées à la fois la version otanienne et la version américaine concernant le bouclier antimissile, la Grèce discute-t-elle de deux versions ?
Est-ce que la position de la Grèce, d’après laquelle les 27 parviendront à une position coordonnée sur le bouclier antimissile des Etats-Unis, demeure toujours valable ?
M. G. DELAVEKOURAS : Actuellement, les Etats-Unis ont des contacts bilatéraux avec certains pays en vue de convenir d’une éventuelle installation d’un tel système américain dans ces pays. Cela dit, l’OTAN dispose d’un système et l’on examine l’éventualité d’établir une coopération entre les deux systèmes. Mais il s’agit tout simplement d’une discussion c’est pourquoi il est trop tôt pour vous donner des réponses à ces questions.
Les discussions sur cette question se poursuivront jusqu’ à la réunion au sommet de l’OTAN au Portugal et après celle-ci. Et, de toute façon, il s’agit d’un projet qui sera mis en place après une assez longue période de temps.
Actuellement, les Etats-Unis ont des contacts avec certains pays. Cette question est traitée par ces organisations et ces pays. Nous examinerons cette question en fonction de l’évolution de la discussion y relative.
M. A. FOURLIS : Qu’avez-vous à nous dire sur l’agenda de la discussion entre le Premier ministre et M. Erdogan demain mais aussi ce soir lors du dîner ? Est-ce que les deux Premiers ministres discuteront des questions qui ont été abordées lors des entretiens de M. Zepos car vous avez tout à l’heure fait une distinction entre la discussion et la négociation ? Donc ma question porte sur la discussion.
M. G. DELAVEKOURAS : Je constate cette tendance à alimenter ce stéréotype. Je voudrais donc préciser que les deux Premiers ministres discutent de la coopération entre les deux pays. Dans le cadre des relations gréco-turques il existe un champ élargi de coopération.
Il y a quelques mois, le Premier ministre turc a visité la Grèce et nous avons signé 22 accords importants. Nous avons institué une nouvelle instance qui symbolise justement la revalorisation de nos relations bilatérales, le Conseil de coopération de haut niveau. Il y a un grand nombre de domaines dans lesquels nous pourrons coopérer.
Il existe actuellement un champ élargi de domaines tels que l’économie, les investissements, le tourisme, des domaines qui influent sur notre vie quotidienne et qui sont utiles pour la Grèce. La Grèce et la Turquie sont deux pays voisins et nous devons justement valoriser cette relation.
Je vous ai dit que seraient abordés tous les aspects des relations gréco-turques avec clarté, au niveau des Premiers ministres.
M. A. FOURLIS : Monsieur le porte-parole, à mon avis cela pose un problème même si vous ne considérez pas cela comme un problème car en effet pendant des mois entiers vous nous assurez qu’avec la Turquie vous discutez, outre les questions dites moins délicates, de la délimitation du plateau continental et des contacts exploratoires et aujourd’hui nous avons découvert que ce n’étaient pas seulement ces dossiers qui figuraient à l’agenda de vos discussions.
Μ. G. DELAVEKOURAS : Aujourd’hui rien n’a été divulgué. Nous avons été clairs sur le fait que l’objet des contacts exploratoires est la délimitation du plateau continental. A plusieurs reprises vous avez demandé si d’autres sujets sont abordés lors des contacts exploratoires et nous vous avons répondu que l’objet de ces contacts est la délimitation du plateau continental, cela est clair.
Cela étant, il existe tout une série de contacts bilatéraux entre la Grèce et la Turquie. Dans le cadre de ces contacts qui vont des hauts fonctionnaires aux Premiers ministres, des questions sont abordées et ces questions concernent les relations des deux pays. Cela est manifeste. La Turquie dit ce qu’elle veut, présente ses positions, cela ne veut pas dire que la Grèce doit accepter. Cela doit être bien clair. Nous avons, à maintes reprises, dit, le ministre l’a dit, je l’ai dit, que nous sommes disposés à discuter de toutes les questions, quelles qu’elles soient, dans le cadre de la sauvegarde des intérêts de la Grèce, de la protection des droits souverains de la Grèce et du droit international.
Cela a été dit par le Premier ministre grec à Ankara lors de sa rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, publiquement, dans les déclarations qui avaient été faites. Il ne faut donc pas me dire que vous n’en avez pas entendu parlé. Parce que cela n’est pas vrai. Nous ne voyons aucun inconvénient à discuter avec la Turquie, mais vous devez bien comprendre que nous ne craindrons pas de discuter de quelque question que ce soit. Il n’y aucune peur de notre part. Une telle question ne se pose même pas.
M. N. MELETIS : Vous affirmez ne pas avoir peur, etc. Les contacts exploratoires portent seulement sur le plateau continental dans toute la Grèce. Ma question est la suivante : pourquoi est-ce que la question de la délimitation n’a pas été résolue dès la première rencontre dès lors que la Grèce a des positions bien claires et que c’est sur la base de ces positions que nous déciderons ?
M. G. DELAVEKOURAS : Car les positions de la Turquie sont contraires aux positions de la Grèce et au droit de la Mer
M. N. MELETIS : Est-ce que dans ce contexte la Turquie a soulevé la question des zones grises dans la négociation ?
M. G. DELAVEKOURAS: Je vous le répète, une telle question ne se pose pas pour la Grèce.
M. N. MELETIS: Alors pourquoi n’avez-vous pas résolu la question de la délimitation dès la première rencontre ?
M. G. DELAVEKOURAS : Je vais vous le dire : le contenu des contacts exploratoires est confidentiel. Je ne peux donc pas vous dire ce que la Turquie a dit car je ne le sais pas. Je connais toutefois le cadre de la discussion. Je sais que les discussions portent exclusivement sur la délimitation du plateau continental. La Turquie peut donc dire ce qu’elle veut. La position de la Grèce est claire : il n’est pas question des zones grises. Cela est clair.
Tout comme le cadre légal de la Mer Egée est clair. La délimitation du plateau continental est une question juridique qui peut être réglée par le biais des contacts exploratoires et finir devant la Cour internationale de Justice. C’est la voie la plus sûre pour résoudre ce litige. Si la Turquie le veut, elle peut suivre cette voie. Autrement, nous ne pourrons parvenir à une solution.
Merci