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Athènes, le 27 janvier 2010



Mme BIZOGLIS : Nous avons en ligne le ministre adjoint des Affaires étrangères, M. Droutsas qui se trouve à Londres.

 

Bonjour, M. Droutsas

 

M. DROUTSAS : Bonjour, Mme Bizoglis.

 

Mme BIZOGLIS : Demain, vous assisterez à un dîner avec M. Davutoglu. Cette rencontre intervient peu après que le Premier ministre a envoyé la lettre à M. Erdogan. Une évaluation sera-t-elle faite de la lettre ou attendons-nous de nouvelles évolutions ?

 

M. DROUTSAS : Comme vous l’avez  affirmé, le Premier ministre a envoyé une lettre à son homologue turc, M. Erdogan. Dans cette lettre nous présentons clairement les positions grecques et proposons certains pas à entreprendre et certaines perspectives de coopération. Ma rencontre de demain avec M. Davutoglu nous offre l’occasion d’examiner les modalités qui nous permettrons de faire progresser cette coopération dans la pratique et de confirmer à travers cette rencontre le climat qui est en train de se créer entre les deux pays et les deux gouvernements. Un climat positif qui vise à cette coopération étroite.

 

M. KOUTRAS : Après votre visite à Londres, vous effectuerez un déplacement aux Etats-Unis où vous vous entretiendrez avec Mme Clinton. N’est-ce pas ?

 

M. DROUTSAS : Oui, une rencontre est prévue.

 

M. KOUTRAS : Hormis les informations que vous allez nous donner sur votre rencontre avec Mme Clinton, je voudrais rendre plus concrète ma question : qu’y a-t-il de nouveau concernant la question des visas ?  

 

M. DROUTSAS : Comme on l’a affirmé, le 2 février j’effectuerai un déplacement à Washington en vue d’avoir des contacts avec le State Department, avec Mme Clinton. D’après les informations qui nous ont été parvenues par la partie américaine, la question du visa avance à un rythme souhaitable et dans le bon sens.

 

M. KOUTRAS : Y a-t-il quelque chose de concret ? Car si je me rappelle bien, avant, bien entendu, que vous assumiez vos fonctions avec le Premier ministre au ministère des Affaires étrangères, cette question était censée être en voie de règlement. Toutefois, le processus a duré deux à trois ans et la question demeure aujourd’hui en suspens. Qu’y a-t-il de nouveau sur cette question M. Droutsas ?  Une question qui concerne, bien entendu, un grand nombre de nos citoyens souhaitant voyager aux Etats-Unis.

 

M. DROUTSAS : Certainement, cette question revêt pour nous aussi une très grande importance et la partie grecque a procédé à toutes les actions nécessaires et a fait tous les préparatifs y relatifs. La partie américaine  a souligné que les préparatifs étaient en train d’être achevés et j’ose espérer que bientôt nous pourrions officiellement clore cette question.

 

Mme BIZOGLIS : Quelles questions seront abordées lors de votre rencontre avec Mme Clinton et M. Steinberg ? Une discussion sera-t-elle engagée sur la valorisation des relations gréco-américaines, les questions gréco-turques et la question de Skopje ? Qu’attendons-nous de cette rencontre ?

 

M. DROUTSAS : Lors des rencontre de ce genre, on discute toujours des questions d’intérêt pour les deux pays, les dites questions bilatérales et, bien entendu, en tout premier lieu, des questions relevant de l’actualité internationale. Cette rencontre sera sûrement une bonne occasion pour nous, en tant que nouveau gouvernement, de présenter également nos réflexions et nos approches sur des questions d’intérêt particulier pour nous, à savoir nos relations avec la Turquie, les évolutions relatives à la question chypriote et, bien entendu, la question de Skopje. Toutefois, j’aimerais souligner que lors de tous nos contacts, nous ne mettons pas l’accent sur ces questions seulement.

 

Nous présentons l’image de la Grèce, l’image du pays dont nous voulons être les citoyens, un pays qui participe de manière active à toutes les évolutions internationales. Nous pouvons apporter une contribution importante. Et la Grèce joue un rôle primordial dans son voisinage, les Balkans et le Moyen-Orient. Et nous allons bien entendu soulever ces questions.

 

Mme BIZOGLIS : La date de la visite du Premier ministre sera-t-elle également fixée ?

 

M. DROUTSAS : Comme vous le savez, un processus est en cours. Le Président américain, M. Obama a adressé une invitation personnelle à M. Papandréou lors de leur récente rencontre de courte durée dans le cadre de la Conférence de Copenhague. Les deux parties sont en train de fixer par la voie diplomatique la date définitive de la visite du Premier ministre grec à Washington.

 

M. KOUTRAS : Monsieur le ministre, de nombreuses questions de la diplomatie grecque demeurent en suspens. Toutefois, une question est pour la première fois inscrite à l’agenda : Il y a peu, nous avons appris que la Cour constitutionnelle de Tirana a jugé inconstitutionnelle une orientation relative aux zones maritimes convenue entre la Grèce et l’Albanie. Quelle est la position du ministère grec des Affaires étrangères sur cette question ?

 

M. DROUTSAS : Nous avons également appris aujourd’hui ces évolutions. Il s’agit bien entendu d’une évolution négative de laquelle nous ne sommes guère contents. Toutefois, il s’agit, et je voudrais le souligner, d’une question résultant d’un processus intérieur en Albanie que nous devons respecter car nous n’avons pas d’autre choix. Nous attendons la communication d’informations officielle de la part de l’Albanie, et, bien entendu, les propositions du gouvernement albanais concernant la façon dont ce dernier a l’intention de gérer cette question.

 

Toutefois, permettez-moi de souligner, puisque vous avez soulevé cette question, que lors de ma récente visite à Tirana tous mes interlocuteurs du gouvernement albanais ont confirmé, sur tous les tons, l’importance et la priorité qu’accorde l’Albanie à cet accord. Et, cet après-midi dans le cadre de la Conférence internationale sur l’Afghanistan j’aurai l’opportunité de discuter avec le ministre albanais des Affaires étrangères, M. Meta, de cette question et écouter ses premières réflexions.

 

Mme BIZOGLIS : Après vos visites à Londres et à Washington, envisagez-vous de faire un déplacement à New York où vous pourriez éventuellement vous entretenir avec M. Moon ? En vue bien entendu des rencontres de M. Talat avec M. Christofias ?

 

M. DROUTSAS : Oui, ma rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies avec M. Ban Ki-moon à New York  a été d’ores et déjà fixée. Il s’agit, bien entendu, d’une bonne occasion de discuter de la question chypriote, vu l’intensification des évolutions  relatives à ce dossier.

 

Nous aurons aussi l’occasion d’évoquer également la question du nom de l’ARYM. Comme il est bien connu, des  négociations sont en cours sous l’égide des Nations Unies. Nous soutenons pleinement ce processus. En outre, il y a quelques jours, j’ai eu un entretien téléphonique avec l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour la question du nom de l’ARYM, M. Nimetz. Je l’ai invité à visiter Athènes pour avoir un premier contact officiel avec le nouveau gouvernement grec de sorte que nous puissions lui présenter nos approches et examiner les modalités qui nous permettrons de faire progresser cette question.

 

M. KOUTRAS : Une dernière question pour conclure notre discussion sur les questions qui relèvent de votre responsabilité : Est-ce qu’en raison de la situation de l’économie grecque et du problème budgétaire de la Grèce vos contacts à travers le monde sont plus difficiles ?

 

M. DROUTSAS : Il est tout à fait logique que les problèmes économiques ne me facilitent  pas la tâche. Toutefois, je voudrais souligner que le nouveau gouvernement dès le début de son mandat a eu une grande crédibilité aux yeux de la communauté internationale, pour ce qui est notamment de la politique étrangère.

 

En tant que gouvernement, nous nous sommes attachés dès le premier moment à entreprendre des initiatives, à montrer que la Grèce pouvait vraiment apporter une contribution et qu’elle était un facteur de stabilité dans la région.

 

Je me réfère notamment à notre initiative sur la perspective européenne des Balkans, ledit « Agenda 2014 ». Je me réfère également à la rencontre entre le Premier ministre grec et M. Erdogan au mois d’octobre. Je me réfère à nos initiatives concernant la question du nom de l’ARYM. S’agissant de cette question, la Grèce, le gouvernement grec a fait preuve de sa capacité à gérer les questions relevant de la politique étrangère. Et, en dépit du fait que la Grèce traverse une période marquée de défis, pour ce qui est des questions de la politique étrangère, la communauté internationale a dès le premier moment compris que la Grèce pourrait y apporter sa contribution.

 

Mme BIZOGLIS : Avant l’émission, quand Babis Koutras vous a annoncé au cours du bulletin d’informations, il a dit et je cite « nous nous entretiendrons par la suite avec le ministre des Affaires étrangères, M. Droutsas ». Ne serait-ce pas là un lapsus révélateur ? Est-ce que vous serez bientôt nommé ministre des Affaires étrangères ?

 

M. DROUTSAS : Je suis ministre adjoint des Affaires étrangères de la Grèce et je n’émettrai aucun autre commentaire.

 

Mme BIZOGLIS : Nous vous remercions. Bon après-midi.

 

M. DROUTSAS : Je vous remercie beaucoup.




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