Athènes, le 28 février 2011
Dès le déclenchement de la crise en Libye, le ministère des Affaires étrangères a activé dans les plus brefs délais, en coordination avec le Secrétaire général du ministère, la cellule de crise tandis qu’en coopération avec le ministère de la Défense, 3 appareils étaient prêts à décoller. Une autorisation d’atterrissage a été demandée auprès des autorités libyennes pour cinq aéroports (Tripoli, Surt, Sabha, Benghazi et Jalu).
Le Centre de crises a ressemblé toutes les informations relatives à la présence et à la situation des ressortissants grecs.
Il a été demandé aux entreprises actives en Libye, des entreprises de construction dans leur majeure partie, de déclarer les Grecs qu’elles employaient au moment du déclenchement de la crise ainsi que le site ou le chantier dans lequel ils travaillaient.
Environ 270 ressortissants grecs, des numéros de téléphone ainsi que les coordonnées des bureaux de liaison en Grèce ont été enregistrés, en dépit des problèmes de communication, notamment au niveau de la téléphonie mobile.
Les Grecs en question étaient dispersés sur tout le territoire libyen à des distances allant jusqu’à 1200 km et souvent dans des régions difficilement accessibles dans le désert.
Sur la base de ces données, un plan d’action a été élaboré en vue de rassembler la plupart des Grecs, dès lors que ces derniers avaient la possibilité de se déplacer en toute sécurité, dans cinq régions clés sur tout le territoire libyen (Tripoli, Surt, Sabha, Benghazi et Jalu) afin de les évacuer par la suite par voie aérienne et maritime.
L’opération a commencé par l’évacuation de 46 Grecs qui se trouvaient dans la ville de Benghazi ainsi que des ressortissants chinois qui ont été transportés à bord d’un navire de la marine marchande grecque à destination de l’île de Crète puisque l’aéroport de Benghazi avait subi de graves dégâts et n’était pas opérationnel.
Au terme de démarches diplomatiques soutenues, les autorités libyennes ont donné une autorisation de survol et d’atterrissage pour trois avions C – 130.
Deux avions à bord desquels étaient embarqués le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Dollis ainsi que des fonctionnaires diplomatiques, dont des arabophones, se sont rendus à Tripoli pour évacuer 171 personnes, Grecs et Chypriotes ainsi que certains ressortissants d’autres pays. Parmi les personnes évacuées, était un fonctionnaire de l’ambassade de Grèce qui a été blessé par balle.
Un troisième avion à bord duquel était le Conseiller d’Ambassade M. Vassilokonstantakis s’est rendu à l’aéroport de Sabha situé à 662 km au sud de Tripoli et a évacué 36 personnes, Grecs et Chypriotes et certains ressortissants d’autres pays. Les personnes évacuées provenaient de quatre régions à 200 km de Sabha. Il est à noter que l’avion grec C -130 était le deuxième avion qui a opéré une évacuation depuis cet aéroport qui ne dispose pas de systèmes d’assistance électroniques.
Par la suite, le même C -130 a atterri à Surt et a évacué 23 ressortissants grecs et chypriotes présents dans cette région. Parmi les personnes évacuées étaient des ressortissants grecs qui travaillent au port d’Es Sider situé entre Tripoli et Benghazi, puisque les autorités libyennes n’ont pas permis leur embarquement dans le navire de la marine marchande grecque qui avait amarré au port plus tôt et s’est proposé d’aider à l’évacuation.
Encore deux personnes de la région de Tripoli ont été évacuées et ont été transportées à Bucarest où elles ont été accueillies par l’ambassade de Grèce qui a veillé à leur déplacement à Thessalonique.
Hier soir, suite à une coopération entre le ministère grec des Affaires étrangères et le ministère allemand des Affaires étrangères et l’armée de l’air allemande – laquelle à mis à disposition deux avions C -160 à l’aéroport de Souda – s’est achevée à travers l’aéroport de Nafura l’opération d’évacuation de huit ressortissants grecs qui se trouvaient à Jalu, à 400 km au sud de Benghazi. 11 Chypriotes ainsi que 113 ressortissants d’autres pays ont été également évacués. Il s’agit de la première opération d’évacuation par voie aérienne qui a été menée depuis cette région difficilement accessible.
Les ressortissants grecs et chypriotes ont été transportés une heure après leur arrivée de Libye à Athènes à bord d’un vol de l’aviation civile tandis qu’en concertation avec la Préfecture de Crète de la nourriture et du logement ont été mis à disposition pour les étrangers dont les documents de voyage n’étaient pas valides jusqu’à ce que les consulats de leurs pays veillent à leur rapatriement.
Au cours de l’opération d’évacuation, la frégate « PSARA » de la marine de guerre longeait les côtes libyennes.
Force est de noter que l’opération d’évacuation par voie aérienne s’est déroulée sans presque aucune communication puisque, à quelques exceptions près, les téléphones cellulaires ne fonctionnent pas sur le territoire libyen.
Enfin, le rôle de notre pays dans cette opération humanitaire de rapatriement des ressortissants étrangers en Libye est primordial puisque la Grèce sert de pivot pour les milliers de Chinois et les centaines de ressortissants des pays tiers.